A 379 km de Montevideo. Paysandú est la capitale du département éponyme, située près des côtes du Río Uruguay, à l'ouest du pays. D'après les recherches archéologiques, la zone aurait été habitée il y a déjà plus de 2 000 ans par des tribus de chasseurs-cueilleurs. Ils auraient été suivis par les Guaranis puis par les Charrúas. L'arrivée des premiers Européens eut lieu en 1542 quand deux bateaux de l'expédition d'Alvar Nuñez Cabeza de Vaca empruntèrent par erreur le Río Uruguay pensant arriver directement à Asunción. Par la suite, la région ne reçut que des visites sporadiques essentiellement espagnoles : d'abord par les pères jésuites allant rejoindre leurs missions au Paraguay puis, malheureusement, par la soldatesque allant mater la rébellion de ces mêmes missions insoumises. On doit ainsi aux missionnaires les premières descriptions cartographiques de la région, notamment au père Cayetano Cattaneo qui remonta le fleuve dans une embarcation en balsa en 1729, puis au père Sigismondo Baur qui entreprit le voyage inverse, accompagné de guerriers guaranis, et qui tenta de chasser les Portugais installés à Colonia del Sacramento.

Il faut attendre 1772 pour voir une première mission, composée d'une douzaine de familles et conduite par le capucin Policarpo Sandu, s'installer à environ 5 km de ce qui serait la future ville, établissant l'estancia de Yapeyu. L'économie de cette colonisation va alors surtout reposer sur l'élevage du bétail importé par les Espagnols, ce qui donnera lieu à de nombreux affrontements avec les Indiens charrúas. Néanmoins vers la fin du XVIIe siècle et surtout tout au long du XVIIIsiècle, ce qui n'est encore qu'un petit village commence à prospérer et à exporter vers le sud ses viandes crues ou salées. On bâtit alors un saladero (terme désignant en français la viande de boeuf salée, et en espagnol son lieu de fabrication). Les rébellions indiennes se faisant plus pressantes, une expédition menée par Jorge Pacheco sera envoyée par le vice-roi depuis Buenos Aires en 1801. La répression sera terrible et " nettoiera " la zone de la majorité des Indiens charrúas, notamment par la technique très cruelle du enchalecamiento, inventée par le tortionnaire Pacheco : elle consiste à recouvrir le corps d'un prisonnier de cuir mouillé puis à le laisser sécher au soleil, tandis que le cuir, en se contractant, étouffe et asphyxie le malheureux !

Paysandú sera également témoin de l'exode du peuple oriental, l'épisode fondateur de l'indépendance uruguayenne menée par le héros Artigas. Suite à l'abandon de ses alliés indépendantistes argentins, Artigas et ses fidèles partent de San José et de Montevideo pour une marche vers le nord qui dans l'histoire uruguayenne prend une connotation d'exode biblique. De nombreux sympathisants se joignent à la marche et quand Artigas arrive à hauteur de Paysandú, il est à la tête d'un groupe de près de 6 000 soldats et de 5 000 civils parmi lesquels des esclaves et quelques Charrúas alliés. Il établit son quartier général dans la ville qu'il baptise lui-même Purificación. La suite de l'histoire de Paysandú fait couler des flots de sang en ce milieu du XIXe siècle : elle voit la fin de la campagne d'extermination des Charrúas et des guerres intestines multiples entre blancos et colorados. Pour donner une petite idée de ces affrontements, on se référera seulement à la mort du dernier grand chef indigène de la région, Javier Amarillo, connu comme el Indio Amarillo. Celui-ci vint protester pacifiquement sur les mauvaises conditions infligées aux Indigènes en octobre 1853. En décembre, il tombera dans un piège tendu par la garnison uruguayenne et sera fusillé malgré les promesses de paix. Cinq ans plus tard, durant l'été 1858, aura lieu l'hécatombe de Quinteros. Il s'agit d'une insurrection colorada menée en janvier par le général Diaz, contre un gouvernement également colorado, qui s'embarque avec 2 000 hommes depuis Buenos Aires. Comme il ne peut s'emparer de la capitale, il fait marche vers le nord et se fait surprendre dans le Paso de Quinteros par les troupes gouvernementales, de loin supérieures en nombre. Plus de 150 de ses soldats dont lui-même seront littéralement étripés après avoir été faits prisonniers. Bien sûr, les colorados imputeront ce massacre aux blancos.

Parallèlement à toutes ces gauloiseries fort réjouissantes, la ville, qui ne compte qu'un peu plus d'un millier d'habitants en 1829, commence à se développer, grâce à l'essor des transports à la fois fluviaux (apparition des bateaux à vapeur sur le río Uruguay) et terrestres (compagnie de diligences Las Mensajerías de Paysandú, les " messageries de Paysandú "). Mais l'essor de la ville va être freiné par un des épisodes les plus tragiques de son histoire qui s'achèvera par sa quasi-destruction. En 1864, le président argentin, Bartolomé Mitre, allié des colorados, décide de leur donner un coup de pouce en envoyant contre le président uruguayen Berro (parti blanco) des troupes chargées de le renverser. Elles sont conduites par le général Venancio Flores qui essuiera deux échecs successifs en 1862 et 1863. Ces revers vont alors décider le Brésil, allié de Mitre et des colorados, à intervenir directement en lançant des troupes qui rapidement contrôleront les villes de Durazno, Florida, Porrongos et le sud de Salto. Seule Paysandú, avec à sa tête le vaillant Leandro Gómez, résiste, avec ses quelque 800 hommes. La ville sera assiégée par une coalition brasilo-argentino-colorada de 20 000 hommes pendant un mois entier entre le 2 décembre 1864 et le 2 janvier 1865. Le 1er janvier, Gómez demande une trêve pour panser ses blessés et enterrer ses morts. Elle lui est refusée et on le somme de se rendre avec pour garantie un traitement correct pour lui et ses hommes. Quand il est conduit au camp des vainqueurs, il est lâchement criblé de balles et de coups de couteau ; il s'effondrera, tenant dans sa main le sauf-conduit qui lui garantissait la vie sauve. Plus de 100 des défenseurs vont également être fusillés et, le 20 février, les troupes brésiliennes entrent dans Montevideo. Cette mainmise argentino-brésilienne allait conduire peu de temps après à la guerre de la Triple Alliance (Argentine-Uruguay-Brésil) contre l'expérience " socialo-utopique " du Paraguay. Après ce sanglant épisode, il fallut rebâtir la cité qui ne tarda pas à se remettre grâce à l'industrie bovine et ses saladeros.

L'essor de Paysandú est aussi dû à l'arrivée d'étrangers, spécialement britanniques, qui révolutionnent l'élevage bovin. Cette arrivée massive d'Européens, dont bon nombre d'entre eux sont aussi français, allemands et italiens, s'explique par la situation géographique de Paysandú qui permet le commerce avec le Brésil, ainsi que par l'instabilité politique en Argentine et les guerres civiles. La famille Liebig va y installer une prospère estancia et on y construira le plus grand saladero d'Uruguay, El Nuevo Paysandú, qui fonctionnera jusqu'en 1913. En 1900, elle compte près de 14 000 habitants ce qui en fait la 3e ville d'Uruguay. Centre intellectuel et d'innovation, il s'y produit au début de notre siècle un boom industriel et commercial avec l'installation de nombreuses usines : textile, bière, raffineries de sucre, industrie d'acide citrique.

Quant à l'origine du nom " Paysandú ", celle-ci est soumise à plusieurs controverses étymologiques. Il pourrait dériver du guarani pai (monsieur), mbai (étranger) et arandú (sage). Une autre source guarani affirmerait que le mot dérive de Y-Pausando ou Ypaazandó qui signifierait " île au milieu du fleuve ". Pour d'autres, ce terme proviendrait tout simplement de l'un des premiers missionnaires ayant officié dans la ville, le père Policarpo Sandu.

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16.95 €
2017-11-22
360 pages
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