LA CATHÉDRALE SAINT-PAUL

Églises, cathédrales, basiliques et chapelles

L'avis du Petit Futé sur LA CATHÉDRALE SAINT-PAUL

Plaque millesim 2018

Dominant la lagune du haut de ses 70 mètres, la cathédrale Saint-Paul fait l'effet d'un véritable ovni architectural au milieu des tours high-tech du quartier des affaires. Achevée au coût total de 4,5 milliards FCFA, cette construction de facture italo-israélienne s'impose sur les rebords de la lagune, spectaculaire, audacieuse, agressive, parfois aussi décriée (" La cathédrale ? Ubu de béton, Goldorak rôdant sur la cité, oui... "). On y accède en empruntant le boulevard Angoulvant jusqu'à l'avenue Jean-Paul II qui débouche sur la cathédrale. Incroyable d'audace et de prouesse technique - surtout si l'on tient compte du fait qu'elle a été construite à peine vingt ans après l'Indépendance -, ce colossal bâtiment érigé à la gloire du Seigneur peut plaire ou au contraire choquer, mais ne laissera certainement pas indifférent. Surtout si l'on se penche un peu sur son histoire et sur la signification attachée à son architecture si surprenante.

Genèse de la plus grande cathédrale d'Afrique. Le projet d'édifier une cathédrale à Abidjan remonte au début des années 1930, précisément à l'année 1934 où la ville est choisie pour être la capitale officielle de la Côte d'Ivoire. Il est motivé par un désir de rassembler les fidèles dont le nombre ne cesse d'augmenter, sous l'impulsion des missionnaires. Cependant, dans un premier temps, on conçoit davantage la cathédrale comme un lieu de culte destiné à accueillir les colons européens et les nantis résidant au Plateau que les Ivoiriens habitant Adjamé et Treichville et se contentant par ailleurs de leurs églises de quartier. Malgré un début de cotisation des membres de la communauté catholique, ce projet n'aboutira pas. Un second projet voit alors le jour entre 1945 et 1948, où il est question d'ériger une cathédrale qui s'inspire de la cour africaine. Cependant il ne fait pas l'unanimité et est, lui aussi, vite abandonné. Le troisième projet, conduit au début des années 1950, connaît un sort plus heureux et débouche sur la construction de Notre Dame de Treichville, inaugurée en 1956 lors d'une fête populaire rassemblant plusieurs milliers de fidèles. La capitale a enfin une église capable d'accueillir de grandes manifestations religieuses. Seule ombre au tableau : la position excentrée de celle-ci qui contredit la vocation de rassemblement du lieu de culte. Un autre projet est alors proposé, mais il sera laissé de côté par Mgr. Bernard Yago, qui estime qu'il est plus important de construire chapelles, églises et autres édifices religieux dans les nouveaux quartiers se développant autour du vieil Abidjan que de se focaliser sur un bâtiment unique. C'est dans ce contexte qu'entre 1964 et 1966, le PDCI lance l'opération " Édifices religieux ". À cette occasion, le Trésor public est chargé de prélever sur les salaires des fonctionnaires une somme correspondant à la construction d'une église catholique, d'un temple protestant et d'une mosquée, chacun - et ce jusqu'aux sociétés privées -, cotisant en fonction de son appartenance religieuse. Grâce aux fonds récoltés, le gouvernement, en accord avec les autorités ecclésiastiques, peut alors lancer l'opération " Cathédrale d'Abidjan ". Officialisée en 1980 à la faveur d'une visite du Pape Jean-Paul II, celle-ci se concrétise par la destruction de l'ancienne préfecture et de la maison d'arrêt, alors sises à l'actuel emplacement de la cathédrale Saint-Paul. C'est ainsi que le 11 mai, le Pape bénit la première pierre de la cathédrale d'Abidjan, tandis qu'au même moment, l'architecte italien Aldo Spirito achève l'élaboration d'un projet architectural ayant reçu l'aval du chef de l'État et des autorités religieuses. Les travaux commencent le 15 février 1983 et s'achèveront à peine 30 mois plus tard.

Un emblème malmené. Bien qu'elle constitue une référence en matière d'architecture et soit un lieu emblématique pour de nombreux fidèles, la cathédrale a longtemps souffert de sérieuses dégradations et d'un manque d'entretien et de moyens. Une situation encore aggravée par la crise post-électorale de 2010-2011 et les fortes précipitations survenues pendant les saisons des pluies de ces dernières années. Pendant la bataille d'Abidjan en effet, la Cathédrale a accueilli quelque 2 000 réfugiés, et des tirs d'obus ont gravement endommagé sa toiture tandis que les impacts des balles venaient briser ses vitraux. Résultat : des fuites, ruissellements et inondations ponctuelles à l'intérieur du sanctuaire rongé par l'humidité et menaçant de s'effondrer à tout instant. En 2008, l'ensemble des travaux de réhabilitation de l'édifice (climatisation électricité, toiture, étanchéité, etc.) s'élevait déjà, selon la Fondation Saint-Paul d'Abidjan, à quelque 750 millions FCFA. En 2012, ce chiffre atteignait 1,5 milliard FCFA, et en 2014, le sauvetage de l'édifice religieux se chiffrait à quasiment 3 milliards FCFA. Fin mars de cette même année, l'État ivoirien a décaissé 2,1 milliards FCFA pour la réhabilitation du sanctuaire, tandis que la somme récoltée auprès des fidèles et personnes de bonne volonté se montait à 200 millions FCFA. Les travaux de réhabilitation de la cathédrale ont ainsi pu être entamés au mois d'avril 2014, permettant de rendre son lustre d'antan à cet édifice emblématique.

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