Ville la plus à l'ouest du pays, aux confins de la Bosnie et de la Croatie, Bihać possède un petit mais très joli centre historique, l'un des rares à avoir conservé ses remparts médiévaux. Elle profite surtout du cadre magnifique de l'Una. Ce puissant affluent de la Save se déploie en méandres verdoyants, cascades rugissantes et îlots enchanteurs jusqu'au au coeur de la cité. Au-delà, de part et d'autre de cette rivière dont le nom signifie " l'unique ", les paysages urbains sont déjà plus quelconques. Mais c'est vers cette rivière, dont la beauté était déjà vantée par les Romains, que se tournent plus que jamais les habitants durement secoués par la dernière guerre. Pour se prélasser, se promener, se restaurer. Mais aussi pour travailler. C'est elle qui rend si fertiles les plaines environnantes, au coeur du puissant secteur agroalimentaire local. C'est elle aussi qui a récemment ouvert de nouvelles perspectives. Avec la création en 2008 du parc national de l'Una et grâce à la proximité du parc national des lacs de Plitvice, en Croatie (www.np-plitvicka-jezera.hr), Bihać mise désormais sur un développement touristique écolo et vertueux (voir encadré " Capitale du rafting ").

Population

Ville et municipalité - La ville compte 43 000 habitants à 88 % bosniaques et 5 % bosno-croates. Avant la guerre, les Bosniaques étaient déjà majoritaires (66 %), avec d'importantes communautés de Bosno-Serbes (18 %), de Bosno-Croates (8 %) et de Yougoslaves (6 %). Avec les villages et quartiers voisins, la municipalité totalise aujourd'hui 66 000 habitants.

Canton d'Una-Sana - Bihać est le chef-lieu de cette région administrative qui regroupe 270 000 habitants avec notamment 69 000 habitants à Cazim (26 km au nord-est). Dans l'ensemble, le canton compte une très vaste majorité de Bosniaques (90 %) avec de petites minorités de Bosno-Serbes (3 %) et de Bosno-Croates (1 %). Les Bosno-Serbes constituent toutefois la principale communauté (55 %) de la petite ville de Bosanski Petrovac (55 km au sud-est, 3 100 habitants).

Histoire

Depuis l'Antiquité - Si la région est habitée depuis l'Antiquité par les Iapydes (ou Japydes), peuple de culture celte et illyrienne, c'est la ville voisine de Raetinium (aujourd'hui Golubić, 10 km au sud) qui se développe durant la période romaine grâce aux terres fertiles de la vallée d'Una. Le nom de Bihać (" fief royal ") apparaît pour la première fois en 1260 lorsque Béla IV de Hongrie fait don du lieu à des moines de Zagreb. La ville passe alors sous le contrôle des bans (rois) de Croatie et devient un pôle commercial et religieux. Elle compte deux monastères, l'un franciscain, l'autre dominicain, de nombreuses églises et entrepôts. Elle se dote de puissantes murailles avec neuf bastions, six tours et quatre portes. Ainsi, malgré la bataille de Jajce, en 1463, qui permet aux Ottomans de s'emparer de la plus grande partie de la Bosnie et de l'Herzégovine, Bihać ne tombe que plus d'un siècle plus tard, en 1592. Elle devient la capitale du sandjak de Bihać jusqu'en 1622 avant d'être rétrogradée au rang de kapetanija (capitainerie), puis de siège d'un kadiluk (subdivision administrative) du pachalik de Bosnie. Principal rempart au nord-ouest face aux menaces vénitienne et austro-hongroise, elle occupe jusqu'au XIXe siècle un rôle stratégique de premier ordre et voit ses remparts renforcés. Pour s'assurer du contrôle de la région, les Ottomans favorisent les conversions à l'islam et l'implantation de colons musulmans dans la čaršija (le centre commercial de la ville), tandis qu'une partie des habitants catholiques (croates) émigrent vers les faubourgs et la Dalmatie. En septembre 1878, Bihać se soulève contre les nouvelles autorités austro-hongroises. Après dix jours de combat, la révolte est matée. Le retour à la paix s'accompagne d'un formidable développement sur le modèle occidental : urbanisme, services sociaux, éducation, usines, banques, etc. Le mouvement se poursuit au XXe siècle. Si bien que l'ancienne čaršija et ses remparts n'occupent plus qu'une place secondaire dans la ville qui étend ses nouveaux quartiers modernes de part et d'autre de l'Una.

Deuxième Guerre mondiale - Capturée par les Allemands le 13 avril 1941, la ville est placée sous administration italo-croate. Elle subit la violence du mouvement oustachi avec environ 15 000 personnes assassinées, principalement juifs et bosno-serbes. Elle est aussi le cadre de la première grande offensive des partisans à partir de juin 1942. Ceux-ci parviennent à libérer la ville et une large portion de l'ouest du pays, donnant naissance à l'éphémère " République de Bihać ". La cité accueille ainsi, le 26 novembre 1942, la première session du Conseil antifasciste de libération nationale de Yougoslavie (AVNOJ), durant laquelle est officiellement fondée l'Armée de libération nationale de Yougoslavie dirigée par Tito. Un petit musée situé dans un ancien cloitre, près de la tour du Capitaine, en marque le souvenir. Bihać est reprise par les Allemands le 29 janvier 1943. En 1944, elle est la cible de bombardements alliés qui détruisent une partie de la vieille ville, en particulier l'église catholique Saint-Antoine-Padoue, en pleine messe de Pâques, causant de nombreuses victimes parmi la population bosno-croate. Elle est libérée par les partisans le 28 mars 1945. Après la guerre, sous l'impulsion du pouvoir socialiste, Bihać devient un grand pôle agricole au sein de la Yougoslavie.

Guerre de Bosnie-Herzégovine - Avec, dans les environs, une forte présence de l'armée yougoslave (passée dès 1991 sous contrôle de la Serbie), notamment sur l'énorme base aérienne de Željava, Bihać est rapidement prise pour cible. Elle fait partie des territoires que les nationalistes serbes comptent intégrer à la " République serbe de Krajina " (1991-1995) créée par les annexions de l'ouest de la Bosnie-Herzégovine et de l'est de la Croatie. Mais la ville résiste. Débute une siège qui va durer 3 ans (juin 1992-août 1995) et causer près de 5 000 morts. Malgré une situation comparable à celle de Sarajevo, la " poche de Bihać " ne bénéficie presque d'aucun secours de l'étranger. À l'été 1995, la situation est si désespérée que les diplomates internationaux se résignent à la chute de la ville. Mais tout change soudainement avec l'accord de Split, le 22 juillet 1995, qui voit enfin la Croatie apporter son aide à la Bosnie-Herzégovine. Dès le lendemain, l'armée bosnienne lance une vaste contre-offensive. Et, dix jours plus tard, l'armée croate passe à l'attaque au nord et à l'ouest (opération " Tempête "). Cette action combinée permet non seulement de mettre fin au siège de la ville, mais aussi de hâter les négociations en vue d'un cessez-le-feu. Grâce à cela, les négociateurs bosniens des accords de Dayton (14 décembre 1995) ont soudain un peu plus de marge de manoeuvre que 4 semaines plus tôt, quand tombaient les enclaves bosniaques de Srebrenica et de Žepa. La configuration actuelle de Bosnie-Herzégovine est en grande partie la résultante de la victoire in extremis de l'armée bosnienne à Bihać. Le revers de la médaille, c'est la fuite quasi définitive d'une large majorité de la population bosno-serbe de la région.

Depuis 1995 - La ville s'est dotée d'une université (1997) et a vu son secteur agro-alimentaire croître avec le développement de deux des plus grandes brasseries du pays (produisant notamment les bières Preminger et Unski Biser). Elle est aussi devenue un acteur majeur du tourisme en Bosnie-Herzégovine grâce à la création de l'activité de rafting sur l'Una qui attire une partie des visiteurs séjournant sur la côte dalmate toute proche.

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