Posé à 377 m d'altitude, Mazar-e-Charif, qui signifie " la tombe noble ", est l'un des grands centres religieux d'Afghanistan : c'est là que se trouve la tombe d'Hazrat Ali, cousin et gendre du prophète Mahomet. Chaque année, des milliers de personnes se rendent dans cette grande ville du Nord pour le nouvel an (Nawroz). Capitale de la province de Balkh, Mazar-e-Charif est une ville commerçante par sa situation frontalière avec l'Ouzbékistan. Avec sa population estimée à plus d'un million d'habitants, c'est la plus grande ville du Nord. La vieille ville a complètement disparu. La grande mosquée d'Ali, avec ses mosaïques bleues, est le seul point d'intérêt local, bien que le bazar mérite également une visite. Mazar n'est pas une belle ville, mais elle présente une autre facette de l'Afghanistan, que caractérisent son mélange de population, son activité incessante et son histoire.

Cette ville très active n'a pas échappé à la vague de constructions qui déferle sur l'Afghanistan depuis 2001. Ainsi, la mairie de Mazar a demandé à plusieurs hommes d'affaires de construire un rond-point. Du jour au lendemain, douze " carrefours giratoires " ont fait leur apparition dans la ville, chacun vantant les mérites de telle ou telle entreprise. C'est aussi la seule ville où l'on trouve autant de feux de circulation !

La population de Mazar est essentiellement ouzbek. On y trouve également des Hazaras et des Tadjiks. La cuisine y est plus variée que dans le reste du pays. Les spécialités locales sont les mantou, les ashak et les bourani. Le gouverneur de la province de Balkh (chef lieu : Mazar-e-Charif) est Atta Mohammed Noor, un ancien chef de guerre tadjik qui rivalise avec l'autre homme fort de la région, Abdul Rachid Dostom.

Histoire. En 1220, après la destruction de Balkh par l'armée mongole de Gengis Khan, Mazar devint à son tour le centre culturel et commercial de la région. Avec la reconstruction du tombeau d'Ali, sous les Timurides, Mazar-e-Charif regagna un certain statut.

En 1886, la ville devint capitale du Turkestan afghan, c'est-à-dire des provinces du nord de l'Afghanistan.

Lieu de naissance de l'Alliance du Nord, mais aussi place forte des Russes dans les années 1980, Mazar-e-Charif n'était qu'à une soixantaine de kilomètres de la frontière soviétique. Après l'évacuation de l'armée Rouge, en 1989, Mazar-e-Charif fut sous le commandement de la milice ouzbek semi-autonome, dirigée par le général Abdul Rachid Dostom. En 1989, Dostom dirigeait la féroce milice ouzbek " Jowzan ", utilisée par Najibullah contre les moudjahidines. Mais, une fois n'est pas coutume, Dostom retourna sa veste. En 1992, il fut le premier à se rebeller contre Najibullah. C'est de là que lui vint sa réputation de traître (par la suite, il s'allia tour à tour avec Massoud, Hekmatyar, les talibans puis Massoud de nouveau, et trahit tous ses alliés). La révolte de Dostom contre le gouvernement de Kaboul, en 1992, lui donna rapidement le contrôle de presque toute la région Nord (il contrôlait six provinces). Cela contribua à la chute du régime communiste. Mazar devint donc très vite la capitale du royaume de Dostom et reçut beaucoup d'argent des pays frontaliers. Les années 1990 furent plutôt paisibles à Mazar, et beaucoup d'Afghans vinrent alors s'y réfugier, fuyant la guerre civile et notamment la destruction de Kaboul. Artistes, danseurs et chanteurs, qui ne pouvaient plus exercer dans le reste du pays, s'installèrent à Mazar et de nombreux pèlerins continuèrent à venir s'y recueillir. Mazar, ancienne place prospère sur la route de la soie, devint une plaque tournante de la contrebande avec le Pakistan, l'Iran et l'Asie centrale. Dostom créa sa propre ligne aérienne : Air Balkh, reliant Mazar à Dubaï. Le commerce avec les pays d'Asie centrale se développa. Les milices ouzbeks de Dostom ont la réputation d'aimer l'alcool et les femmes.

A Mazar, de bons services en matière de santé et d'éducation ont été créés et les femmes vont à la faculté. Dans les années 1990, 1 800 jeunes filles, en jupe et en talons hauts, étudiaient à l'université de Balkh, la seule à fonctionner dans le pays. Pour bon nombre d'Afghans, Mazar était, à cette époque, le seul refuge possible. Abdul Rachid Dostom était alors adoré : sa ville avait été épargnée par les 18 années de guerre et ses habitants n'avaient pas subi le sort de ceux des autres villes... jusque-là, aucune destruction. Et, pourtant, la trahison au sein du clan ouzbek mit bientôt fin à ce calme. Le 19 mai 1997, Malik Palawan, le second de Dostom, demanda aux talibans de l'aider à évincer son chef. Petit à petit, les troupes de Malik, Ouzbeks et Pachtounes confondus, firent tomber les provinces du Nord une à une. Dostom s'enfuit en Ouzbékistan puis en Turquie. Ce fut la chute de Mazar, une victoire pour les talibans. Mais Malik avait signé un pacte avec le diable : il n'eut pas le pouvoir qu'avait eu Dostom, loin de là, car les talibans refusèrent de le partager avec lui.

La vie quotidienne à Mazar prit une autre tournure : les talibans imposèrent la charia, les femmes ne durent plus sortir dans la rue et les écoles fermèrent. Mazar fut sous blocus. Les riches fuirent vers l'Asie centrale, les autres subsistèrent tout juste avec les réserves de nourriture. Pour une ville comme celle-là, multiethnique, la plus ouverte et libérale d'Afghanistan, ces nouvelles lois furent difficiles à appliquer. A cette époque, les talibans souhaitaient contrôler tout le Nord.

Le 28 mai 1997, un groupe de Hazaras refusa de se laisser désarmer par les talibans. La bagarre dégénéra et la population entière se souleva. Mal entraînés et peu habitués au combat de rue, les talibans se firent massacrer. 600 furent tués et plus d'un millier furent emprisonnés. Les troupes de Malik récupèrent quatre provinces du Nord : Takhar, Faryab, Jowzjan et Sari Pul, prises seulement 5 jours avant par les talibans. Au sud, Massoud en profita pour reprendre du terrain : il conquit les territoires du Nord-Est. Ce fut la plus grave défaite des talibans depuis leur arrivée au pouvoir. En septembre 1997, Dostom revint à Mazar, pour rallier ses troupes et chasser les talibans qui commencçaient à revenir dans la région. Il devint alors le seul sauveur possible, aux yeux de la population du Nord et des Etats voisins. La ville fut mise à sac par les Ouzbeks.

Mazar était pratiquement aux mains de groupes hazaras. C'est alors que, voulant se remettre du côté des talibans, Dostom révéla les atrocités commises par Malik (massacre de soldats talibans). Résultat : 2500 talibans armés entrèrent dans la ville et massacrèrent des Hazaras. S'ensuivit une véritable guerre civile, avec des divisions ethniques et sectaires.

En novembre 2001, suite aux attaques américaines, Mazar fut la première ville à être abandonnée par les talibans. Dostom retourna alors dans son fief, sous protection américaine.

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