Voisine d'Oran, Tlemcen est une ville de taille plus réduite mais qui est beaucoup plus riche en histoire et en sites culturels. La mentalité y est aussi beaucoup plus conservatrice qu'à Oran qui passe pour une dévergondée à côté... Et ce n'est vraiment pas à Tlemcen que vous ferez la fête, tout au mieux pourrez-vous prendre un bon café en terrasse.

Vous apprécierez de vous promener en ville sous les alignements d'érables bien méridionaux ou de platanes qui lui donnent parfois des airs de Miliana. Pour le shopping, rien de tel que d'aller faire un tour dans le marché très typique de Kissaria d'où vous ramènerez probablement une belle djellaba, tenue typique de Tlemcen.

La ville a accueilli l'événement " Tlemcen, capitale de la culture islamique " en 2011 et a bénéficié à cette occasion de rénovations et de réaménagements. C'est à ce moment-là qu'a été ouvert l'impressionnant hôtel de luxe Renaissance qui appartient au groupe Marriott.

Histoire. Située à 140 km au sud-ouest d'Oran, Tlemcen a été habitée dès la préhistoire avant d'être dirigée par des militaires romains qui lui ont donné à l'époque de Septime Sévère le nom de Pomaria, " vergers ", ce qui laisse entrevoir la richesse agricole de la région.

Au VIIIe siècle, les Arabes musulmans s'installent à Agadir (" falaise ", " citadelle "), menés par Idriss Ier, le fondateur de Fès au Maroc. Le chef almoravide Youssef Ibn Tachfine, fondateur lui de Marrakech, en fait sa capitale en 1079, développant autour de la forteresse et de la toute nouvelle mosquée une ville florissante qui porte maintenant le nom de Tlemcen, du berbère tilmas (" source "), après avoir été appelée un temps Taggrart. La ville est entourée d'un rempart sous les Almohades (XIIe-XIIIe siècles). Sous la dynastie zianide et surtout sous le long règne de Yaghmoracen, Tlemcen est la capitale très active du Maghreb central qui attire autant les marchands africains ou européens que les savants. Sur la route de l'Afrique à l'Espagne, elle bénéficie de tous les courants, économiques et culturels.

A la fin du XIIIe siècle, les Mérinides de Fès fourbissent leurs armes contre la riche cité et, pendant le siège qu'ils organisent, édifient Mansourah qui doit concurrencer Tlemcen. Les Mérinides narguent les Zianides de Tlemcen jusqu'en 1307, date à laquelle ils doivent se retirer de la région. Mais la bataille pour la domination continue et s'intensifie entre 1337 et 1359 jusqu'à ce que Tlemcen tombe et perde son éclat au profit de Mansourah, la nouvelle capitale mérinide. Les Zianides évincés par les Mérinides puis par les Hafsides de Tunis disparaîtront sous les assauts des Espagnols et, surtout, des Ottomans qui prennent Tlemcen en 1555. Délaissée par les conquérants, la ville s'étiole.

Au début des années 1830, les Français divisent Tlemcen entre Kouloughlis, des métis arabo-turcs qui se sont mis au service des occupants, et partisans de l'émir Abdelkader qui s'opposent à la domination européenne. Douze longues années de lutte plus tard, la ville tombe mais garde le souvenir de son combat - Messali Hadj, fondateur de l'Etoile nord-africaine puis meneur du MTLD avant d'être écarté de la lutte nationaliste y est né en 1898.

Au pied du plateau de Lalla Setti, dans une plaine couverte d'oliviers, de vignes et de vergers et cernée de bois de pins, Tlemcen bénéficie de ressources en eau rares, dont les regrettées cascades d'El-Ourit étaient le symbole, et d'un climat tempéré bénéfique aux cultures à la base de sa richesse et de sa renommée, qui a attiré dans ses murs nombre d'étrangers. Les Espagnols musulmans et juifs qui fuyaient la Reconquista sont venus trouver refuge ici et ont recréé leurs conditions de vie andalouses.

Les lieux incontournables de TLEMCEN

Photos de TLEMCEN

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13.95 €
2018-01-03
216 pages
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