Jusqu'à Ndioum, la chaleur est relativement supportable, mais pousser vers Matam et Bakel, c'est entreprendre un voyage au pays du thermomètre. Elle est située à 412 km de Saint-Louis et à 230 km de Podor.

La ville qui semble compter dans la zone aujourd'hui, c'est Ourossogui, carrefour des routes entre Matam, Linguère, Bakel et Saint-Louis. Pour le voyageur, Matam a ceci pour elle qu'elle est située sur les bords du fleuve. Le Sénégal est toujours aussi beau, mais on regrettera la voirie de Podor, les ordures étant ici déposées le long de la berge.

La Mauritanie est plus proche que jamais, à quelques coups de rame en pirogue (départ en bas de l'ancien quai). Quelques bâtisses ont gardé leur chaîne coloniale, et la préfecture est une reproduction conforme de la précédente, laissée à l'abandon un peu plus bas en aval, à l'entrée du département.

Voilà bien plus d'une cinquantaine d'années que la dernière aile du fort, renforcée par le gouverneur Louis Faidherbe, a sombré dans les eaux du fleuve. On retrouve les derniers vestiges de murs et de pierres près du quai, mais il faut bien se dire que le Matam colonial, outre le quai toujours au poste et quelques maisons de commerce, ressemble plus à l'Atlantide qu'à cette ville d'aujourd'hui, plutôt misérable. Une misère, dont l'agriculture et le travail du fer n'arrivent plus à la faire sortir. Restent les gens, si accueillants. En fait, il semble que l'importance de Matam ne survit que dans l'esprit de ceux qui n'y ont pas mis les pieds depuis de nombreuses années.

Histoire.Les rues à la tombée de la nuit et la proximité du fleuve mises à part, Matam ne compte que par son passé. Fondé au XVIe siècle, Matam doit son existence au rêve d'un homme : Boubou Samba Gaye, un Sarakholé de Koughani, village un peu en amont de Bakel. Qu'était-il venu faire dans les parages avec son frère ? L'histoire ne le dit pas. Son frère et lui s'installèrent dans la région, Boubou Samba Gaye choisissant un lieu qu'il dénomma Ourki en raison de l'odeur qui lui rappelait celle d'un fucus (léki ourki en toucouleur). Cet emplacement correspondait à celui de l'usine à glace. Après quelque temps passé sur place sans que personne ne s'installe autour de sa nouvelle cité, Boubou Samba Gaye se décide finalement à écouter un divin inspiré ou un charlatan désabusé, et déménage vers Matam, les premières pierres étant encore là, quartier Gande. Ce n'est qu'à ce moment-là que se construisirent des maisons nouvelles et que l'agglomération se mit à prendre de l'importance. Pêcheurs wolof émigrés du Walo, Toucouleurs, Peuls viennent grossir le village.

En ces temps d'insécurité, de razzias, de rapts et de meurtres, les bras valides en bon nombre étaient importants pour se défendre en cas d'agression. Aussi, Boubou Samba Gaye prit-il un titre, celui de farba (fondateur de Matam), et distribua les terrains de culture pour mieux fixer la population de la toute fraîche Matam. Tout ce petit monde devint toucouleur avec le temps.

L'installation des Français à Saint-Louis allait finir par rajouter un quartier aux deux existant déjà à Matam. Avant la construction du fort en 1857, les commerçants venaient de Saint-Louis avec leurs marchandises dans des pirogues à voile. Le jour, ils dressaient des tentes sous lesquelles ils présentaient leurs marchandises, qu'ils écoulaient contre des produits du terroir (gomme, mil, beurre...). Le soir, ils pliaient bagage, regagnaient leurs pirogues et allaient mouiller au milieu du fleuve, pour plus de sécurité. L'emplacement des tentes devint le quartier Tandadji, siège de l'administration et du commerce.

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le farba jouissait d'une grande autorité, le pouvoir étant au creux de ses mains. Les conseils se tenaient sur appel d'un grand tambour. Avec l'avènement de l'almami Abdel Kader Kane, le pouvoir politique allait se déplacer. L'almami ayant élu domicile à Kobilo, il réorganisa le système administratif du Fouta, exigeant que chaque village soit représenté aux réunions dans sa résidence. Décidé à se soustraire au déplacement peu sûr, le farba délégua son pouvoir à un Peul de la famille Yalalbé. Si, au sein du village, le farba conservait son pouvoir, à l'échelle de la région, il perdit son rôle face à l'importance et la notoriété croissante du Peul yalalbé. Par la suite, le farba changea de titre, devenant pour l'administration un diom, un chef de village. Dans la pratique, il s'agit juste d'un changement de nom de famille.

Jusqu'en 1935, les diom se succédèrent à l'administration du village et se dévouèrent pour envoyer un de leurs fils à l'école de Saint-Louis, tant redoutée. On la soupçonnait du pire méfait : détourner les fidèles de la parole d'Allah. Du farba, il ne reste plus qu'un titre honorifique gardé par le descendant le plus âgé. Le tambour de l'époque fut envoyé à Dakar lors du premier festival des arts nègres, organisé en 1966 par le président Léopold Sédar Senghor. Il ne revint jamais. Aujourd'hui, tout ceci semble bien loin. Matam se perd et se morfond dans sa nostalgie.

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2019-09-18
456 pages
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