Arts et culture

Architecture
Case typique de Hell-Bourg.
Case typique de Hell-Bourg.

Les cases créoles ont hérité de la tradition néoclassique du XVIIIe siècle à laquelle sont venues s'ajouter les influences architecturales des comptoirs des Indes et, au XIXe siècle, des éléments de construction victoriens. Les premières maisons, en général rectangulaires ou carrées, furent mises en chantier par les charpentiers venus de diverses régions de France. Bâties comme des navires, avec des charpentes en bois, leurs murs sont traditionnellement recouverts de bardeaux de tamarin. On y entre directement par la varangue, prolongement extérieur du salon central, qui donne accès à la salle à manger, puis à de petits salons ou bureaux et aux chambres distribuées de part et d'autre d'un couloir central. Superbe perspective qu'offre le jeu des innombrables portes à bascule, toujours ouvertes, qui ventilent merveilleusement bien la maison ! La salle de bains et la cuisine étaient séparées du reste pour éviter les risques d'incendie, la cuisine étant faite au feu de bois. La vie domestique se déroulait à l'arrière, à l'abri du regard des visiteurs.

Il semble étonnant d'appeler " cases " des demeures souvent cossues, et toujours coquettes et élégantes, mais c'est ainsi. De la modeste bicoque en tôle à la villa coloniale de luxe, elles sont des centaines dispersées dans l'île, colorées, pimpantes. Espace intermédiaire entre le social et l'intime, où l'on reçoit ses amis, la traditionnelle varangue (petit auvent, galerie ouverte, véranda, péristyle), fermée ou ouverte, leur donne un charme fou. De même que les lambrequins, ces délicates dentelles de bois ou de tôle, qui ourlent les toits ; ou les bardeaux qui couvrent les murs. On ne peut quitter La Réunion sans avoir pénétré dans la fraîcheur et la pénombre de l'une de ces cases, qu'elle soit musée, monument protégé, maison d'hôte ou domaine privé. Elles ont en commun la recherche de l'harmonie et un parfum d'Orient. La varangue, inspirée de demeures de Pondichéry, s'est prêtée à toutes les influences, tantôt péristyle, tantôt galerie ornée de colonnes, de pilastres, de corniches, tantôt petit auvent de tôle sans apparat pour les minuscules et pauvres cases des ravines. Un espace de dix pièces est petit pour une case créole traditionnelle. Les demeures des grands domaines en possèdent plutôt vingt.
Face à la démolition sauvage de ce superbe patrimoine culturel, un mouvement de sauvegarde et de restauration a vu le jour en 1979 autour d'Yves Augeard, architecte des Bâtiments de France. Certaines habitations ont été classées par les Monuments historiques. Dans les villes, on impose dorénavant un type d'habitat qui se marie avec l'architecture créole. Dans certains bourgs typiques de l'île, l'organisme Villages Créoles coordonne des actions comme l'entretien et la protection du patrimoine, le fleurissement, les opérations coup de pinceau pour refaire les peintures... Pourvu que ça dure.

Artisanat
Que ramener de son voyage ?

Sachez que s'il existe des restrictions d'importation à la Réunion, il n'en est pas de même dans l'autre sens : vous pouvez ramener pratiquement tout ce que vous voulez en métropole, sauf les alcools qui sont limités (voir Formalités). Pour ne pas vous encombrer ou bien si vous êtes déjà rentré, pensez aux colis à expédier (voir rubrique Gastronomie).

Produits alimentaires

C'est souvent ce à quoi les touristes consacrent l'essentiel de leur budget souvenirs. Hormis les fruits et les fleurs, encombrants et périssables, on remplira sa valise de produits authentiques et emblématiques de l'île en sillonnant les marchés forains, en visitant les producteurs, voire en poussant son chariot au supermarché.

Du rhum, bien sûr, même si on trouve de plus en plus souvent les marques locales en métropole, et des rhums arrangés, punchs, liqueurs. Industrielles ou artisanales, le choix est large et varié.

Des préparations pour rhums arrangés, plus difficiles à trouver en métropole, ces sachets d'herbes ne prennent pas de place dans la valise et sont indispensables pour faire son rhum arrangé maison.

Des gousses de vanille Bourbon, une des meilleures du monde, rentreront aussi sans problème dans votre valise. Vous en trouverez sur les marchés mais attention à ne pas acheter de la vanille malgache vendue comme de la locale... mieux vaut l'acheter directement aux producteurs, à la coopérative de Bras-Panon, dans les boutiques ou même au supermarché.

Des herbes et épices vous permettront de cuisiner avec le goût créole pendant des mois : curcuma, massalé, faham, géranium, baies roses...

Et aussi... le fameux café Bourbon Pointu, un des meilleurs du monde, des petits pots de piment, du miel de letchi, du vin de Cilaos, des chocolats Mascarin, des confitures artisanales, des sucres artisanaux... Plus d'idées dans la rubrique Gastronomie.

Tee-shirts

Vous trouverez un grand choix de modèles et différentes marques, tee-shirts souvenirs, ambiances : locale, tropicale, réunionnaise, surfeur, comique...

Artisanat

Les marchés forains réunionnais foisonnent d'artisanat... surtout d'origine malgache ou indonésienne. Estampillés " Ile de la Réunion ", en bois taillé et poli, en bambou tressé... ce sont des souvenirs peu coûteux mais pas toujours du meilleur goût : coffres à bijoux, cadres photos, animaux en bois (margouillats, tortues, dodos...), cendriers, sacs de plage, lampes, paréos...

La production locale est plus rare, souvent en voie de disparition. La pratique la plus ancienne est le tressage pour les objets usuels (sacs, chapeaux, savates, chaises...) avec différentes matières végétales : vacoa, bambou, choca, latanier... Il existe encore de petits artisans traditionnels qui luttent difficilement contre la concurrence étrangère, ou alors des métiers d'art qui proposent des créations bien plus coûteuses, mais aussi avec des matériaux plus nobles : pierre volcanique, bois de tamarin ou de goyavier...

Le village artisanal de l'Eperon, à Saint-Gilles-les-Hauts, regroupe plusieurs artisans et propose de nombreux souvenirs originaux  : objets fabriqués à partir du cocotier, cuir, bijoux, poterie, vitraux, céramique...

Le domaine des Tourelles, à La Plaine-des-Palmistes, accueille des métiers d'art qui travaillent les matériaux propres à leur région (cannes en goyavier, objets en résine, paniers en chèvrefeuille...). Chaque année, un Grand Prix des métiers d'art y est organisé par le département.

Enfin, quelques objets typiques de l'île pourront trouver leur place dans votre valise :

Des instruments de musique réunionnais. Le kayamb, par exemple, prend peu de place et est spécifique à l'île. C'est une plaque à double fond remplie de grains de riz que l'on secoue.

Des broderies de Cilaos. Appelées "  jours de Cilaos  ", ces fines broderies constituent encore aujourd'hui l'occupation lucrative des femmes du cirque.

Des aquarelles. Quelques artistes ont peint des vieilles cases créoles, des paysages ou des scènes de vie créole. Grand choix dans les galeries de la rue de Paris à Saint-Denis et parfois sur les marchés.

Et aussi... une grègue, cette belle cafetière créole fabriquée localement, un pilon avec son mortier, en pierre taillée, un bertel, ce sac à dos créole tressé en vacoa (nom local du palétuvier), un fauteuil créole, tout en courbes douces, son style indo-anglais est adapté au climat tropical grâce à un cannage aéré mais ira très bien dans un salon métropolitain, ou encore une chaise du Gol, en paille tressée.

Livres, BD, DVD, CD...

Livres. Les librairies de l'île proposent un large choix de beaux livres d'images et de photos, sur tous les thèmes de la Réunion et l'océan Indien (histoire, cases créoles, volcan, cirques, cascades, flore...). Les photographes les plus connus sont Jean-Luc Alègre, Paul-Edouard Gérente et Serge Gélabert. A ne pas négliger aussi, les livres de cuisine créole ou indienne. La bible dans ce domaine reste l'ouvrage de Brigitte Grondin, la "  Maïté  " locale  : Du bonheur dans votre assiette, Editions Quatre-Epices. Vous trouverez du choix dans les librairies des grandes villes, les rayons des grandes surfaces et les sites touristiques (Stella Matutina, Cité du Volcan, Kelonia...)

BD. Les amateurs de BD trouveront une production locale assez prolifique. La plus connue est Tiburce, de Téhem, aux éditions Centre du monde. C'est la BD 100 % réunionnaise, en créole dans le texte. Elle raconte les aventures d'un petit créole aux prises avec les personnages de tous les jours  : l'épicier chinois, le papa buveur de rhum, les jeunes cagnards... Cela sent bon les Hauts et illustre parfaitement l'ambiance créole. D'autres bandes dessinées à découvrir : La Dodo lé pa la de Jef Wesh, Les Fantômes blancs d'Appollo et Li-An...

DVD. La Réunion n'a aucune grande production cinématographique à ce jour. Néanmoins, vous trouverez de nombreuses vidéos du volcan et de ses grandes éruptions, dont celle du siècle en 2007. Celles du cinéaste Alain Gérente - www.alaingerente.com - sont les plus fameuses (Apothéose, Eruption magique). Vous pourrez aussi acquérir des vidéos de survols en hélicoptère ou en ULM, de plongées sous-marines, de sauts en parachute... avec vous-même comme acteur principal  !

CD. Ne négligez pas la musique locale, difficile à trouver en métropole ou même en téléchargement. Voyez la rubrique Musiques pour découvrir les groupes locaux, les disquaires proposent aussi sega mauricien, salegy malgache...

Bijoux

Côté local, quelques artisans proposent des créations originales en bijouterie-joaillerie. L'écaille de tortue est encore utilisée, strictement encadrée par un cadre législatif  : les stocks d'écailles dûment inventoriés avant 1984 peuvent être commercialisés. Plusieurs artisans réunionnais s'en servent en bijouterie ou en coutellerie, ainsi que la nacre, le corail, l'or et l'argent.

Canne, sucre et rhum
La canne à sucre
Champ de canne à sucre en fleur.
Champ de canne à sucre en fleur.

C'est autour de la culture de la canne à sucre que s'est forgée l'identité de l'île, qui, à l'époque des colonies, jouait le rôle de grenier des Mascareignes. Aujourd'hui encore, le sucre et les produits qui en dérivent représentent le premier export local. Les paysages réunionnais sont sans doute les témoins les plus fidèles de cette histoire longtemps vouée à la monoculture sucrière : cachalots (gros camions transportant la canne) rentrant brinquebalants des champs, vestiges d'usines, vieux moulins à sucre, imposantes demeures de planteurs, déboisement... Au-delà de l'économie et de l'industrie, la culture de la canne - par son système d'exploitation et son histoire lourdement marquée par l'esclavage - a joué un rôle important dans la structure sociale, les métissages et la culture réunionnaise, et notamment dans la naissance de sa langue (le créole) et de sa musique (le maloya).
" Plante à tout faire ", c'est au début du XIXe siècle que la canne à sucre supplante la culture du café, longtemps dominante à la Réunion : plus robuste, plus résistante aux cyclones, la canne prospère surtout grâce aux multiples usages qu'elle permet. Le sucre de canne sert en effet à l'alimentation  tandis que la distillation du jus permet d'obtenir du rhum. Les feuilles de canne permettent quant à elles de nourrir les animaux, et la mélasse sert, par ailleurs, à la fabrication de rhums et de vins. Qui plus est, la bagasse, paille sèche blanche issue du déchiquetage des cannes après l'extraction du sucre, est une source précieuse d'énergie. Brûlée dans les centrales de l'île, la canne à sucre assure 20 % de la production électrique de La Réunion. Elle sert également à fabriquer de la pâte à papier, des matériaux de construction, de l'engrais. Au Brésil, elle constitue même la base de certains biocarburants (éthanol), utilisés pour faire rouler les voitures  : mais à La Réunion, pour le moment, l'on préfère y faire du sucre que de produire de l'éthanol.
La canne à sucre est la plante qui fournit la plus grande masse de matière agricole au monde, devant le blé, bien que ce dernier occupe de plus grandes surfaces. A La Réunion, elle est cultivée sur une grande partie des terres  : 270 km², soit 57 % des terres cultivables. Sa récolte s'effectue de juillet à décembre, période durant laquelle vous verrez de nombreux cachalots circuler dans l'île. Les champs réclament de grandes quantités d'eau, c'est pourquoi le projet de basculement des eaux a été lancé. L'expertise et le savoir-faire réunionnais en termes de technologie agricole est de haut niveau  : les nouvelles variétés de canne élaborées sur l'île connaissent un grand succès à l'export, pour leur résistance aux maladies (sans OGM), et des contrats d'assistance technique ont été mis en place avec d'autres pays producteurs.

Histoire. Cultivée en Indonésie depuis 6 000 ans, la canne à sucre a été répandue par les Arabes au VIIIe siècle, puis introduite dans les Amériques par Christophe Colomb en 1493. Ce serait Etienne Regnault, un des premiers gouverneurs, qui l'aurait introduite à La Réunion dès 1665. En 1785, la première sucrerie Bourbon est créée par Louis Lainé de Beaulieu. Elle fonctionne avec une roue horizontale, sur le modèle de Saint-Domingue, autre colonie sucrière de l'Empire français. En 1768, Bougainville introduit une canne venant de Tahiti, sous le nom de "  canne d'Otahiti'  ", qui sera par la suite très largement diffusée dans le monde (Antilles, Louisiane, Brésil, îles Hawaii...) sous le nom de "  canne Bourbon  ", devenant la variété de canne la plus cultivée dans le monde.

A partir de 1815, les champs de canne réunionnais sont cultivés par des producteurs indépendants, qui vendent leur production aux usines sucrières. En 1830, on dénombre déjà 189 usines sur le littoral ; pour le meilleur et pour le pire car, comme toute monoculture, La Réunion devient dangereusement vulnérable aux fluctuations du cours du sucre, et entièrement dépendante du système d'exportation colonial.
A la hausse, elle enrichit la bourgeoisie créole et entretient son art de vivre légendaire, tout en permettant d'équiper l'île d'infrastructures essentielles comme le train ou le port, à la fin du XIXe siècle. A la baisse, concurrencée par le sucre de betterave (inventé au XIXe siècle), ravagée par les maladies végétales (comme le borer en 1863), fondée sur un système esclavagiste qui creuse les inégalités sociales et, par conséquent, économiquement bouleversée par la fin de l'esclavage en 1848, elle engendre des crises dévastatrices.
Deux guerres mondiales plus tard, elle reste la première ressource économique des habitants de l'île, avant d'être dépassée par les aides de l'Etat et le tourisme à la fin du XXe siècle. Avec la concentration industrielle, il ne reste plus que 2 usines aujourd'hui, et environ 187 ruines, éparpillées sur le territoire.

Économie. La canne à sucre représente toujours 90 % des exportations de La Réunion. Les deux usines de l'île produisent 2 millions de tonnes de sucre par an tandis que ses distilleries alignent 120 000 hectolitres de rhum. La filière dans son ensemble assure l'emploi de 12 000 travailleurs, dont 6 000 producteurs de canne.

Quelques dangers pèsent toutefois sur cette plante, vitale pour l'économie de l'île. Il y a d'abord sa fragilité aux parasites, notamment le ver blanc, dont la larve se nourrit des racines de la canne. Egalement l'urbanisation galopante, qui menace à terme la survie de la culture : l'île est petite, et les terres sont rares et chères. Chaque année 5 km² de plantations sont perdus. On estime qu'il faudrait 300 km² pour maintenir une filière rentable, contre 270 km² aujourd'hui. Heureusement, les subventions françaises et européennes maintiennent le prix d'achat du sucre dans les DOM au-dessus des cours mondiaux, ce que l'on appelle les " quotas sucriers "

Le sucre

Pas indispensable dans l'alimentation humaine, c'est un produit de gourmandise et de désir. Les humains, bien avant de le nommer "  sucre  ", consommaient le fructose des fruits et le miel. Ce n'est que très tard que les Européens firent la découverte du sucre, un produit rare venu d'Orient par la route des caravanes. Très cher, il était vendu par les apothicaires, et servait à conserver les aliments  : Nostradamus, lui-même apothicaire, décrit le procédé en 1555 dans son Traité des Fardemens et Confitures. Mais sa consommation, très onéreuse, restait de l'ordre du luxe : le sucre décorait notamment les pâtisseries des fêtes du palais de Versailles. Ramené de contrées exotiques, il s'agissait surtout d'un produit de fascination, choyé par les élites et les bourgeois, au prix de la douleur de l'esclavage. Il fallut attendre la révolution industrielle et l'avènement des usines sucrières pour qu'il se démocratise, puis le marché globalisé du XXe siècle pour qu'il se mondialise.

Depuis quelques années, les usines de Bois-Rouge à Saint-André et du Gol à Saint-Louis ont ouvert leurs portes aux touristes. Leur visite constitue une expérience très instructive, véritable spectacle son et lumière. Cet engouement valorise par ailleurs le travail des ouvriers, toujours pénible malgré les avancées technologiques  : ce métier bi-centenaire, première ressource industrielle de l'île, devient enfin une réelle source de fierté. A noter aussi l'ouverture de la Saga du rhum, le seul musée dédié aux rhums de l'île, à Saint-Pierre, installé au coeur de la plus ancienne distillerie familiale de l'île ; ainsi que le musée Stella Matutina, dédié à l'histoire de la canne à sucre.

Pour en savoir plus : www.sucre.re.

À lire : Quartier français, une histoire réunionnaise de 1923 à aujourd'hui, Félix Torrès, Océan Editions. Sur l'histoire de l'industrie sucrière à La Réunion.

Le rhum

Le rhum est fabriqué dans des distilleries, à partir du jus de canne (fangourin) ou de la mélasse issue du déchiquetage de la canne. Le jus de canne fermenté mais non distillé permettait déjà aux premiers habitants d'obtenir un alcool de canne. Ce n'est qu'au XVIIe siècle que sont apparues les premières distilleries capables de produire du rhum. D'abord réservé aux esclaves, aux boucaniers et utilisé pour ses vertus "  thérapeutiques  ", puis servant de monnaie d'échange dans le troc d'esclaves, il se démocratisa vers le XVIIIe siècle en Europe et aux Amériques. Il est aujourd'hui le 3e  spiritueux le plus vendu au monde, et peut être consommé pur, en cocktail, en rhum arrangé, ou encore utilisé en cuisine.

Trois grandes distilleries sont présentes sur l'île. Seule celle de Savanna à Saint-André peut être visitée ; la visite du musée La Saga du Rhum à Saint-Pierre vous instruira également sur les méthodes de distillation. Les deux procédés de fabrication du rhum sont les suivants  :

Rhum traditionnel. Il est fabriqué par des distilleries directement rattachées aux sucreries de canne. Les mélasses sont mises à fermenter avec des levures. Cette fermentation rapide donne un jus alcoolique qui titre de 5 % à 6 % volumiques. La suite du processus relève du travail classique du maître de chai, nécessitant une colonne à distiller en continu. C'est le type de rhum le plus produit à La Réunion.

Rhum agricole. Il provient de la distillation directe du jus de canne et de la transformation de son sucre en alcool. Le jus est obtenu en écrasant la canne et en la passant dans une presse. Il est ensuite filtré et placé dans des cuves à fermentation. Cela donne un vin appelé " grappe ", dont le taux d'alcool varie entre 5 et 6 degrés. Ensuite, la distillation s'effectue dans des colonnes identiques à celles utilisées pour le rhum traditionnel. C'est le type de rhum le plus produit aux Antilles, et le plus célèbre. La Réunion en possède aussi de bonnes productions, méconnues en métropole.

Pour tout savoir sur le rhum de La Réunion : www.rhumreunion.com

À lire  : Les Rhums de l'île de La Réunion, tradition d'hier, légende de demain, de Michel Hoarau et François-Louis d'Athénas.

Les différentes qualités de rhum

Rhum blanc. Il garde intact les arômes de la canne fraîchement coupée. Après une réduction du degré d'alcool, effectuée à l'eau distillée ou à l'eau de source, son taux varie entre 40° et 55°. Idéal pour les rhums arrangés ou les cocktails.

Rhum ambré. Une partie du rhum blanc produit en distillerie est placée en fûts de chêne, dans lesquels un goût plus corsé et une coloration ambrée s'obtiennent en 18 mois . Le rhum ambré peut également être élaboré à partir d'un mélange de rhums blancs et vieux. Il peut être bu en apéritif, on the rocks (avec des glaçons) ou pur. Le rhum " blond " ou " paille " est moins coloré, avec une maturation d'environ 12 mois.

Rhum vieux. Le rhum devient " vieux " au bout de trois ans, temps au cours duquel un tiers du volume total s'évapore  : c'est ce qu'on appelle la " part des anges ". Les " trois ans d'âge " présentent un degré d'alcoolémie de 45° environ. On peut obtenir un vieillissement plus poussé en conservant certains rhums plus longtemps encore. Consommés en digestifs, les 5 à 15 ans d'âge rivalisent avec les plus grands spiritueux.

Rhum Grand Arôme. C'est un rhum traditionnel très aromatisé du fait de sa longue fermentation (de 8 à 10 jours) avec un mélange de mélasse et de vinasse, dans des cuves de bois. Sa consommation se restreint aux cocktails, à la cuisine et à la pâtisserie. Il peut atteindre 59°.

Littérature

L'île aux poètes a connu sa grande époque au XIXe siècle. Instruits, romantiques, les grandes plumes réunionnaises ont su trouver les mots pour exprimer leur mélancolie et la volupté de leur île. Baudelaire, qui passait par là, a même signé un poème sur le zamal et les Malbaraises. Les Réunionnais, poètes dans l'âme, conservent cette tradition. Il est toujours très courant d'envoyer un poème à sa copine, ou de le lui dédier à la radio.

Auguste Lacaussade. Né enfant illégitime, il démarre mal dans la vie. Brillant élève, son parcours scolaire est d'abord freiné par la discrimination : refusé au Collège royal à cause de sa couleur de peau, il émigre en métropole pour poursuivre ses études. A son retour à La Réunion en 1835, Auguste, révolté par l'esclavage, écrit ses premiers poèmes, amers et engagés, avant de retourner en métropole en 1839. A Paris, il rencontre Leconte de Lisle et publie quelques mois après son premier recueil  : Les Salaziennes. Sa plume, d'inspiration insulaire, détonne et marque les esprits. Fort de son succès, il publie en 1852 Poèmes et paysages et en 1861 Les Epaves. Mort en 1897, il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.

Charles Marie René Leconte de Lisle. Né à Saint-Paul d'un père normand, ce poète réunionnais est sans doute le plus célèbre d'entre tous. Pourtant, il quitte l'île dès l'âge de 4 ans pour la Bretagne et n'y passera que peu de temps. Il revient en 1832 pour ses études et repart en métropole en 1835 pour se former au métier d'avocat. Pendant son séjour réunionnais, il tombe follement amoureux d'une créole de Bellemène, à qui il dédie ses premiers poèmes. Mais celle-ci épouse un rival et décède peu de temps après, un drame qui marquera l'adolescence de l'artiste en herbe. Il revient en 1843 à Saint-Paul mais ne retrouve pas ses marques, et repart, écoeuré par l'esclavage. En 1845, il est engagé par un journal parisien La Démocratie pacifiste. C'est en 1852, après avoir rencontré Auguste Lacaussade, qu'il sort son premier recueil de poèmes intitulé  Poèmes antiques. Véritable succès, le prix de l'Académie lui est décerné. En 1855, Poèmes et Poésies confirme ses qualités de poète. En 1862, Poèmes barbares marque l'invention du Parnasse, un genre où se retrouveront Anatole France, Verlaine, Coppée, Mallarmé, le Réunionnais Léon Dierx... En 1886, il reçoit la consécration ultime en succédant à Victor Hugo à l'Académie de France. A La Réunion, il n'était pas apprécié de la bourgeoisie pour son refus de l'esclavage. Décédé en 1897, ses restes ont été rapatriés en 1977 pour être enterrés au cimetière marin de Saint-Paul.

Léon Dierx. A 15 ans, il quitte l'île à cause d'un chagrin d'amour qui le poursuivra toute sa vie. A la mort de Mallarmé, il est sacré "  prince des poètes  ". Parmi ses chefs-d'oeuvre : Poèmes et poésies (1864), Les Amants (1879)...

Jean Albany. Poète et peintre, né en 1917 à La Réunion, il partage sa vie entre la rue du Dragon à Paris et son île natale. Il fréquente les surréalistes et écrit Bleu Mascarin, premier recueil de littérature créole. On le connaît également pour avoir composé un recueil de poésie intitulé Zamal. Il meurt à Paris en 1984.

Axel Gauvin. Sans doute le plus célèbre des romanciers réunionnais contemporains. Originaire de Bois-de-Nèfles, Axel Gauvin fut d'abord professeur de sciences. Grand défenseur de la langue et de la culture créoles, ses ouvrages sont publiés en métropole. L'Aimé (Le Seuil, 1990), son livre le plus célèbre, raconte les relations entre un enfant et sa grand-mère dans une Réunion rurale et pauvre.

Jean-François Samlong. Le pilier du nouveau roman réunionnais, né à Sainte-Marie. Fondateur du mouvement Créolie, à travers lequel il aide les jeunes écrivains réunionnais à se faire publier, il est l'auteur de L'Arbre de la violence (Grasset, 1994), Danse sur un volcan (2001), Le Nègre blanc de Bel-Air (2002) ou encore L'Empreinte française (2005).

Monique Agénor. Comédienne, réalisatrice et romancière, Monique Agénor vit entre Paris et son île natale. Elle a reçu en 1994 le prix des Mascareignes pour L'aïeule de l'île Bourbon (L'Harmattan, 1993). Dans Bé Maho (Le Serpent à plumes, 1997), elle raconte par ailleurs La Réunion de la Seconde Guerre mondiale. Elle écrit aussi des livres pour enfants.

Médias locaux

Quotidiens locaux. Ils sont deux : Le Quotidien, créé en 1976, est le plus lu et publie également un journal d'annonces hebdomadaires. Son site www.lequotidien.re propose ses articles, mais payants. Le Journal de l'île de La Réunion (ou JIR pour les intimes), créé en 1951, appartient au groupe Cadjee et est un des premiers de France à avoir ouvert sa version numérique - www.clicanoo.re - dès 1998, avec la plus grande partie des articles gratuits, d'autres payants. Et enfin la version mobile, gratuite mais incomplète. Un troisième quotidien, Témoignages, fondé par Raymond Vergès en 1944, était l'organe du Parti communiste réunionnais, mais a cessé sa version papier en 2013. Il subsiste sa version web : www.temoignages.re

La plupart des autres titres de la presse métropolitaine sont également distribués sur l'île, mais arrivent avec le décalage de l'avion, un à quatre jours plus tard, et coûtent plus cher. Toutefois aujourd'hui, avec Internet, les Réunionnais sont aussi bien informés qu'en métropole et les grands titres comme Le Monde ou le Canard Enchaîné sont maintenant imprimés sur l'île.

Périodiques. Plusieurs mensuels thématiques couvrent à peu près tous les domaines. L'Eco Austral est le mensuel économique de l'océan Indien. Plus réunionnais et " domien ", quasi historique (il a été créé en 1970), le magazine Memento traite également d'économie mais aussi d'actualité dans tous les domaines (culturel, social, politique...). Il existe aussi bon nombre d'hebdomadaires de programmes TV (Visu, Star Top...), un trimestriel consacré aux voyages dans la zone (Océan Indien Magazine), des mensuels spécialisés en commerce et distribution (Leader), en informatique (Réunion Multimédia), en jardinage (Jardins et Varangues) ou en automobile (Moteurs). A noter également, la présence de nombreux gratuits que l'on trouvera dans les offices de tourisme, les hôtels, les restaurants  : Cases créoles et Koté PEI parlent de décoration et d'art de vivre, tandis que L'Azenda annonce la programmation culturelle. Depuis 2011, Buz Buz, journal bimestriel gratuit proche du format et de la formule d'À nous Paris, très fashion et new generation, publie des bons plans, des bonnes adresses (restos, bars, magasins, galeries, centres culturels...) et des articles sur tout ce que la vie culturelle réunionnaise peut offrir à la jeunesse branchée de l'île (expos, festivals, concerts...).

N'oublions pas non plus deux titres audacieux qui offrent un regard photographique de qualité sur l'île : Graine d'Imaz et 2512, dont la périodicité manque parfois de rigueur, faute de moyens.

Radios. Il existe de nombreuses radios, soit locales, soit métropolitaines, ou qui fusionnent émissions réunionnaises et métro. A noter : lorsque vous êtes en voiture, les émetteurs, un peu faibles, ne permettent pas de rester sur la même fréquence pendant plus de 20 km).

Largement n° 1 avec 40 % de part de marché, Free Dom est LA radio des Réunionnais, une institution, un véritable lien social. Radio "  blabla  " ou, comme on dit ici, "  ladilafé  ", où tout le monde peut exprimer ses coups de coeur ou ses coups de gueule, retrouver sa voiture volée, un portefeuille égaré ou un ami de longue date perdu de vue, parler politique ou consommation, ou même trouver de la compagnie pour la nuit... Autant de potins insulaires entrecoupés de musique réunionnaise traditionnelle. Pour la petite histoire : créée en 1981, Free Dom connaît un tel succès dès ses débuts que son fondateur, Camille Sudre, décide de créer une chaîne de télévision... vite interdite par le CSA. Cette décision, perçue comme un musellement de la voix du peuple, déclenche à Saint-Denis en 1991 de violents affrontements entre jeunes et CRS : " les événements du Chaudron ". Sudre crée alors un mouvement politique appelé Free Dom et réussit à devenir président du Conseil régional en 1992. Mais l'élection fut annulée l'année suivante et il fut succédé par Margie Sudre, qui devint ensuite ministre sous Chirac.

Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts : Free Dom est revenu à sa vocation d'origine, la libre antenne, choyée par les Réunionnais. C'est d'ailleurs la seule radio qui permet à ses auditeurs de passer directement à l'antenne, sans passer par un standard. Une éruption, un tremblement de terre, une météorite ? 30 secondes plus tard, vous en parlez sur Free Dom !

Réunion Première émet l'info locale et internationale sur les ondes, 18h à 24h par jour.

France Inter est retransmise en direct par satellite.

RTL Réunion, anciennement Radio Festival jusqu'en 2014, diffuse des émissions locales et des retransmissions de RTL. NRJ... Eh bien c'est l'esprit NRJ, mais à la sauce réunionnaise ! KOI, la radio de l'océan Indien basée au Port, diffuse quant à elles quelques bons programmes et, côté musique, propose un mélange de zouk, maloya et de musiques populaires françaises. Toutes les heures, journal de RFI (Radio France International).

Sur Exo FM, vous entendrez beaucoup de maloya, de zouk, de reggae, de séga... C'est la radio des bus urbains de Saint-Denis.

Radio Est propose de son côté de la musique créole et de la variété de l'océan Indien. Kréol FM ne passe pas que de la musique créole, mais beaucoup de musique " soleil ". Quant à Radio Pikan, elle émet surtout dans le Sud de l'île et diffuse de la musique créole moins commerciale que ses concurrentes.

Enfin, les web radios réunionnaises connaissent un essor fulgurant (Reunionfm.com, Azot Radio...) : ouvrez bien vos oreilles sur le net ! (Vous trouverez une liste non-exhaustive sur www.jyannis.com.)

Télévision. Quelques années après la métropole, La Réunion vit une mini révolution télévisuelle depuis l'arrivée de la TNT en novembre 2010. De quoi bousculer le PAF local, jusque-là accaparé par deux chaînes herziennes, Réunion 1ère et Antenne Réunion. La TNT locale a toutefois moins de chaînes que la version métropolitaine, mais la redevance télévisuelle est aussi moins élevée...

Réunion 1ère du Réseau outre-mer 1ère (anciennement RFO) retransmet les actualités réunionnaises, propose des émissions locales et diffuse en différé des programmes de métropole. Le journal de 20h de la métropole peut être suivi sur la 2, à 22h ou 23h, selon la saison. Le journal local (qui diffuse aussi des infos nationales et internationales) s'est aligné sur l'horaire de son concurrent, c'est-à-dire 19h.

Antenne Réunion est aujourd'hui la première chaîne locale privée des DOM. Elle retransmet quelques programmes de TF1 et de M6.

Désormais, avec la TNT et le satellite (la plupart des bouquets satellites de métropole sont disponibles à La Réunion  : TPS, Canal Satellite...), la concurrence devient de plus en plus rude pour ces chaînes " historiques ".

Canal + est aussi présente ici avec une grille horaire adaptée à l'île. Eh oui, les Réunionnais ne sauraient eux non plus se passer des Guignols de l'info, bien que de pâles succédanés existent sur les chaînes locales.

Sites internet. On ne les compte plus, les sites d'information sur La Réunion. Actualités, bonnes adresses, bons plans, agendas... Vitrines commerciales ou non, créées par des natifs de l'île, ou par de simples amoureux anonymes, tous respirent la même passion. Nous en avons dressé une petite liste, non-exhaustive bien entendu.

Musique
Danseurs de séga et maloya.
Danseurs de séga et maloya.

La musique réunionnaise vit un rêve financé par le Conseil général, les mairies, le département, qui, pour relancer la culture créole, ont créé des dizaines de collèges d'enseignement secondaire musicaux, subventionnent les salles, financent les tournées. Près de 30 % à 40 % des fonds destinés à la culture vont d'abord à la musique. Le Pôle régional des musiques actuelles (PRMA), créé en 1997, est devenu une plaque tournante vitale : les jeunes y ont appris les saveurs de la musique au contact de professionnels. Les résultats se sont vite fait sentir et l'on peut parler d'une nouvelle génération aux multiples inspirations  : métis-maloya, séga-seggae, sagaï maloya, magasse, jaafma.
Le résultat  ? La moitié des CD vendus sur l'île sont de la musique péi. La production discographique de La Réunion a quadruplé depuis 1998, et les artistes ont atteint un niveau de qualité sans précédent. Seule fausse note : l'export. Au contraire des Antilles, qui ont su déverser leur zouk-love sur les ondes métropolitaines et même réunionnaises, le maloya et son rythme ternaire se vendent mal. Cela n'empêche pas le milieu de la musique d'être très actif, et la vie culturelle intense. Pour preuve, la chaîne TéléKréol propose, en dehors des heures de diffusion des émissions quotidiennes, des clips de musique uniquement péi.

Quant aux artistes locaux qui s'exportent en métropole, citons Davy Sicard, Ziskakan, Oussanousava, Salem Tradition, Nathalie Natiembé et l'incontournable Danyel Waro.

Enfin, le Sakifo, créé par Jérôme Galabert en 2003, est désormais LE festival incontournable de Saint-Pierre, voire de l'océan Indien, avec une programmation proche de ses grands frères de métropole. Il se déroule sur 4 jours, chaque année au mois de juin.

Séga. Le séga se retrouve sur les îles voisines, il ressemble à la biguine des Antilles. Il tire ses origines de danses traditionnelles d'Europe comme le quadrille, la polka et la valse... tout en étant proche du saleg malgache. Autrefois invariablement rythmé par de généreux déhanchés, il s'est policé au fil du temps, réapproprié par l'industrie du tourisme, qui le déforme à tout va, et par la danse de Salon et ses "  timides  " déhanchements.

Maloya. Né avec l'esclavage, son nom viendrait du malgache " parler ", mais aussi des dialectes africains pour évoquer " la peine, la douleur ". C'est le chant des esclaves, celui qui permettait d'exister et de résister, au fond du fénoir (la nuit). Il exprime la mélancolie, la souffrance, mais aussi la joie de vivre. Son histoire est comparable à celle du " blues " des esclaves américains, mais musicalement, il en est très distant. Fondé sur un rythme ternaire, le maloya utilise les instruments classiques de la musique réunionnaise, rouleur, kayamb, bobre, et se décline suivant différents styles : notamment le maloya piké, populaire avec des chants créoles, ou le maloya kabaré, joué lors de rites religieux " servis kabaré " et nourri de chants malgaches et d'onomatopées. Ces fêtes ont donné naissance au " kabar ", qui a fini par désigner, par extension, les fêtes où l'on joue et où l'on danse le séga et le maloya.

Aujourd'hui, le moloya est plus vivant que jamais et se métisse avec les sonorités actuelles, maloya rock, maloya reggae (" maloggae "), maloya électro, maloya rap... Chant de résistance, il a parcouru un long chemin avant la reconnaissance. Condamné par les colons, il a été interdit jusqu'en 1982 ! Les autorités craignaient que ce terrain d'expression ne soit propice au développement d'une idée d'indépendance, et même du communisme, Paul Vergès se le réappropriant symboliquement à des fins politiques pendant les années 1960, au grand dam de Michel Debré. La police effectuait de violentes descentes dans les kabars et le simple fait de détenir un instrument de musique comme un kayamb était sévèrement réprimé. C'est en 1976 que le maloya, profondément underground, retourne sur le devant de la scène avec l'édition du premier vinyle de Firmin Viry. Puis, les grands noms que l'on écoute encore aujourd'hui sont apparus : Gramoun Lélé, Danyèl Waro, Ziskakan, Baster... Avec le financement public de la culture et notamment le PRMA, le maloya a été mis à l'honneur après avoir longtemps été mis à l'index, jusqu'à la consécration ultime : le 1er octobre 2009, il est consacré patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco.

Reggae. La mode du reggae a aussi touché les côtes réunionnaises et, depuis environ quinze ans, influence maloya et séga, pour donner le maloggae et le seggae... ce n'est pas mal  ! La mode rasta s'est propagée, et il n'est pas rare de voir les couleurs de la Jamaïque, le rouge, le vert et le jaune, faire leur apparition lors des concerts. Le zamal, lui, était là bien avant.

Groupes et musiciens

Alain Peters. Grand poète et mélodiste réunionnais qui a influencé toute une génération de musiciens sur l'île. Cet artiste au talent unanimement reconnu, est décédé à 43 ans, après quinze ans d'errance dans la rue et d'alcool. Quinze ans plus tard, il est repris par de nombreux musiciens.

Granmoun Lélé. Un chanteur de maloya de La Réunion, décédé en novembre 2004, à l'âge de 74 ans. Granmoun Lélé était l'un des plus grands ambassadeurs du maloya, un genre musical socialement ancré dans la culture de La Réunion. Son succès, à travers plus de 200 chansons, a contribué à faire connaître le maloya à l'étranger. D'origine malgache et comorienne, il n'est pas rare de trouver dans ses textes des expressions issues de ces îles. Discographie  : Zelvoula (2003).

Ousanousava. Ousanousava (en créole dans le texte) a connu le succès en peu de temps. Ce groupe de Saint-Louis a déferlé sur l'île avec un superbe premier album qui a séduit les Réunionnais grâce à des textes lyriques et engagés illustrant les problèmes de la société réunionnaise. Plus de 100 000 albums vendus à ce jour. Discographie  : Les Succès souvenirs (1989), Mon péi in tablo (1999), Tous les enfants (2008), Faut métisser (2013), leur dernier né : le double album Immortel - Sens dessus dessous (2016).

Baster. Le voisin d'Ousanousava. Il s'est d'abord engagé pour le peuple réunionnais avant de devenir un peu mélo. Il reste tout de même un groupe de maloya, de séga et de reggae incontournable, ses qualités musicales n'étant plus à démontrer... Ses textes sont fredonnés par beaucoup de Réunionnais et il a souvent l'occasion de se faire inviter à l'extérieur. Discographie  : Black Out Tour, Mon Royom, Lorizon Kosé, Live 99, Kermès (2003), Lèv' (2006), Du passé au présent (2007), Wiyo (2008).

Ziskakan. Le grand frère qui, en 1979, a montré le chemin. Il a mélangé les instruments traditionnels réunionnais à des instruments indiens pour ensuite intégrer ceux du monde entier lors de ces tournées.

Surnommé l'enfant terrible du maloya réunionnais, il a connu son apogée lors de ses tournées internationales de 1998 et 1999 avec une personnalité influente et charismatique du groupe. Il tourne aujourd'hui, essentiellement à La Réunion avec une formation réduite de quatre musiciens. Discographie  : Batam Lanm, Soley glasé, Rimayer (2001), Live au Casino de Paris, Banjara (2006). Sa fille, Maya Kamaty, reprend le flambeau et remporte en mai 2015 le prix Charles Cros, en catégorie coup de coeur.

Danyel Waro. Sans conteste, il est le chef de file de la contestation par la chanson. Artiste indépendant, dans tous les sens du terme, la musique (et quelle musique  !) est pour lui un moyen d'expression. Avec un timbre de voix impressionnant et unique, il est depuis trente ans l'artisan du combat pour le respect de l'identité culturelle réunionnaise. Défenseur du maloya traditionnel avec des textes très engagés, il revendique le statut de langue régionale pour le créole réunionnais. Il est d'ailleurs reconnu comme le conservateur du maloya acoustique. Ses concerts sont envoûtants, émouvants... A découvrir absolument  ! Discographie  : Batarsité (1994), Foutan Fonnker (1999), Gafourn (2004), Grin n Siel (2006), Aou Amwin (2010), Kabar (2013), Monmon (2017).

Renésens. Créé en 1997, ce groupe familial a choisi un pari étonnant, celui d'intégrer des instruments celtes sur des airs bien réunionnais  : biniou, cornemuse et bombarde  !

Firmin Viry, qui a fêté ses cinquante ans de carrière en 2005, est celui qui a redonné vie au maloya. On l'appelle le Compay Segundo réunionnais  ! Il fut le premier à défendre ce genre, dans sa plus pure tradition, à un moment où il ne faisait pas bon jouer ce son qui rappelle trop les racines africaines de la population réunionnaise. En 1976, il a enregistré le premier album vinyle de Maloya. Combattant culturel de toujours, Firmin Viry est un pilier, un modèle pour beaucoup de groupes de maloya traditionnel. Discographie  : Maloya (1999), Memwar in pep (2006).

Jacqueline Farreyrol. On dit d'elle que c'est la Juliette Gréco de l'océan Indien. Elle est la seule artiste féminine à avoir percé dans le maloya. Son plus grand succès reste la chanson Mon île. Aujourd'hui, elle écrit des contes pour enfants. Discographie  : Couleur créole (2001).

Davy Sicard. Multi-instrumentaliste, il fut sacré meilleur artiste de l'année 2009 aux Trophées des Arts afro-caribéens. En fusionnant maloya et world music, Davy Sicard offre une musique très forte, axée autour du partage, et c'est particulièrement valable sur scène. Discographie : Ker Marron (2006), Kabar (2008).

Enfin, citons Nathalie Natiembé et Christine Salem (Salem Tradition) grâce à qui le maloya n'est pas prêt de s'éteindre.

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