Guide de La Réunion : Mode de vie

A part les embouteillages, La Réunion est une île très appréciée pour sa qualité de vie et attire toujours plus de métropolitains. En tant que DROM, elle permet de partir travailler à l'autre bout du monde sans avoir à s'expatrier, santé, sécurité, niveau de vie inclus. Malgré un taux de chômage catastrophique et le PNB le plus faible de France, la réalité réunionnaise est à nuancer : il existe de formidables opportunités, en particulier pour les investisseurs, dans le tourisme, l'agriculture et le bâtiment.

Vie sociale

L'éducation. On comptait plus de 241 192 élèves scolarisés à La Réunion, à la rentrée 2017-2018. Dans l'éducation comme dans l'économie et les transports, La Réunion a assisté à un phénomène important de rattrapage  : alors qu'il y a aujourd'hui plus d'une centaine de collèges et de lycées publics, on n'en comptait qu'un seul en 1960  ! Un rajustement spectaculaire s'est effectué, alors qu'à l'époque 60 % de la population était analphabète. Maternelle, école primaire, collège, lycée, baccalauréat et études secondaires suivent le même programme que la métropole, et les diplômes sont identiques. L'histoire, la langue créole et la culture réunionnaises sont enfin enseignées. Au niveau universitaire, à la rentrée 2017, près de 15 640 étudiants sont répartis dans les deux campus réunionnais, et dans divers établissements d'enseignement. La grande majorité est au campus du Moufia, à Sainte-Clotilde dans la banlieue de Saint-Denis.

Le campus du Tampon, non loin de Saint-Pierre, ne compte, assure principalement les formations sportives. L'extension de ce dernier s'est faite naturellement et continue à se développer, ce qui permet sensiblement de désengorger Saint-Denis. Divers établissements (BTS, DUT) proposent des formations moins générales que l'université, et plus directement liées au contexte réunionnais  : pêche, tourisme, mais aussi informatique. La première école d'ingénieurs de La Réunion a ouvert ses portes, Sup'Info, spécialisée en informatique, tandis que le secteur de la santé est riche d'une école d'infirmières, de kiné et de médecine.

La mobilité est de plus en plus encouragée, avec des programmes Erasmus similaires à la métropole, mais qui permettent à de nombreux Réunionnais de quitter pour la première fois leur île, et de visiter l'Europe. Les stages en métropole sont de toute façon un passage obligé pour beaucoup, qui caressent le plus souvent l'espoir de trouver un boulot sur l'île par la suite, après une expérience en métropole.
Aujourd'hui, l'université de La Réunion est d'une importance régionale et internationale majeure. En effet, 20 % de ses inscrits seraient d'origine étrangère, Erasmus d'Europe et du monde entier, mais surtout Malgaches, Comoriens et Mauriciens.

Famille. Les créoles ont un goût inné pour la famille. Cependant, l'évolution des moeurs depuis les années 1960 et l'arrivée en force de la société de consommation ont un peu bousculé les structures traditionnelles. Dans les Hauts, les traditions restent très ancrées  : la famille remonte aux petits cousins : "  Té, la famille, lé sacré  ! ". Par ailleurs, La Réunion se prête parfaitement à un tourisme familial. Les structures d'hébergement sont petites et nombreuses, avec beaucoup de locations saisonnières.

Habitat. Le logement est un des gros problèmes auquel doit faire face l'île. La pénurie guette, et la croissance démographique est très dynamique. Le résultat de cette confrontation de l'offre et de la demande tire naturellement les prix vers le haut. Les pouvoirs publics ont engagé depuis plusieurs années une ambitieuse politique de construction de logements sociaux. 20 % des Réunionnais, soit la moitié de l'ensemble des locataires de l'île, habitent déjà en logement social, les communes usant de la préemption pour bâtir. Saint-Denis est la ville qui en compte le plus. Le parc immobilier actuel est malgré tout de bon niveau, si on le compare au reste de la zone. L'habitat insalubre qui subsiste a lui-même succédé aux cases traditionnelles en terre et rocaille, et aux toits en paille de vétiver. Aujourd'hui, le béton les remplace de plus en plus, et si certaines erreurs d'urbanisme ont été faites, notamment du côté du Chaudron ou du Port, les nouveaux ensembles résidentiels sont plutôt habitables et intégrés au paysage.

Santé et retraite. Le système de santé réunionnais touche à l'excellence. La Réunion, en matière de santé, partait d'un gros handicap : celui de l'éloignement. Elle en a fait un atout, car cela l'a poussée à se doter de spécialités médicales devant éviter les rapatriements sur la métropole. Ainsi, en cinquante ans, l'espérance de vie a progressé de vingt-cinq ans, pour rattraper quasiment le niveau de la métropole. Aujourd'hui, l'île compte quatre groupes hospitaliers et douze cliniques privées, et pratique des spécialités aussi pointues que la neurochirurgie, la cardiochirurgie ou le traitement des grands brûlés.

La Réunion est même dotée d'un des cinq cyclotrons de France, un accélérateur de particules permettant de détecter les cancers. Quant aux systèmes de santé et de retraites, ce sont exactement les mêmes qu'en métropole.

Mœurs et faits de société

Mariage. Non seulement la mariée porte une robe somptueuse, mais la voiture est aussi pimpante et ficelée avec recherche dans de superbes noeuds roses et blancs... Un mariage créole est bruyant, cérémonie, repas, fête... l'occasion de réunir tout le monde et de fêter ça comme il se doit  ! Un dicton créole dit  : mariaz lé pas rougay tomat, "  le mariage n'est pas aussi facile qu'un rougail tomate  ".

Autrefois, le jeune homme n'avait que le droit de s'asseoir à côté de sa fiancée, sans la toucher, bien entendu. En attendant le mariage, le fiancé devait trouver une case, ou mieux, la construire. Lors de la cérémonie, le bal continuait après le départ des époux  ; au matin, la pureté virginale de la mariée était vérifiée par deux femmes représentantes des deux parentés. Si le résultat était positif, un coup de fusil était tiré en l'air pour avertir l'assistance de l'heureux dénouement. Si les époux avaient consommé le mariage avant la cérémonie, on disait qu'ils avaient fêté Pâques avant de faire carême. Tout cela vous fait sourire, et vous vous dites que cela a beaucoup changé. Mais dans certaines communautés, la tradition prévaut.

Place de la femme. Intégrée à la vie active et à la vie sociale, la place de la femme réunionnaise diffère peu de celle de la femme métropolitaine. Le salaire moyen d'une femme sur l'île est égal à 92 % de celui d'un homme, contre seulement 75 % en métropole. Mais cela ne signifie pas que ce soit dû à une recherche d'égalité plus prononcée, la plupart des salaires sont simplement au niveau du SMIC, identique pour hommes et femmes. Dans certains milieux ruraux ou religieux, la femme reste confinée à la maison. De nombreuses femmes dirigent des entreprises et jouent un rôle dans la vie économique, politique et culturelle de l'île.

Charte G2F

Les signataires de la charte Gay Friendly & Family s'engagent à garantir à leurs clients et salariés une tolérance et une ouverture d'esprit totale, évitant tout acte ou attitude discriminante ainsi que tout esprit communautariste. Parmi la soixantaine de signataires, les établissements hôteliers sont joints par des restaurants, des supérettes, des salons bien-être ou encore des... experts-comptables. Certains d'entre-eux mettent à l'entrée de leur site la plaque G2F, mais pour connaître la liste de ces établissements, rendez-vous sur les sites Internet : www.gayfriendly.re ou www.orizon.run

Religion

Catholicisme. La religion catholique est la plus importante à La Réunion. On estime que 95 % des chrétiens sont de confession catholique. Les créoles manifestent leur piété au bord des ravines, dans le creux des falaises, sous forme de ti'bon Dieu, petites chapelles et oratoires surmontés d'une croix, avec une Vierge au parasol ou une Vierge noire. On vient y déposer des offrandes, allumer des bougies, accrocher des ex-voto. On collectionne aussi des personnages légendaires  : La Buse, Sitarane, saint Expédit, dotés de pouvoirs magiques. Au cours de votre séjour, n'oubliez pas de visiter ces lieux très évocateurs que sont les cimetières...

De plus, s'il est un homme incontournable sur l'île, c'est bien monseigneur Aubry, l'évêque de La Réunion, régulièrement interviewé autour de sujets aussi variés que le chikungunya, l'aïd el kebir, les photos osées de Miss France, ou dernièrement pour un miracle qui a enflammé les esprits réunionnais : l'apparition du visage du Christ sur le fauteuil d'un prêtre de Cambuston !

Hindouisme. Religion plusieurs fois millénaire, l'hindouisme met l'accent sur la pureté, la non-violence et l'ascèse. Pour l'hindou, Dieu est un. En effet, les milliers de représentations divines différentes, que l'on peut rencontrer, ne sont qu'une approche humaine de ce Dieu unique. Brahmâ reste le Créateur, le Grand Ancêtre. Cependant, peu de temples lui sont consacrés, justement parce qu'il est le Créateur de ce monde fait de dualités. Les hommes s'adresseront plus facilement à Vishnou, le Conservateur du monde, ou à Shiva, le Destructeur (destruction de la multiplicité pour accéder à une nouvelle naissance), qui équivalent à l'Etre suprême et forment avec Brahmâ la Trinité hindoue. La déesse Kali, très populaire à La Réunion, intervient en tant que manifestation de ce temps construit et déconstruit par Shiva. La couleur bleue symbolise l'infini. Entre le Créateur et le Destructeur se trouve le Protecteur, Vishnou. Ce dernier ne porte pas la responsabilité de la chute de l'homme hors du paradis de l'unité, et il ne se charge pas non plus de détruire le monde dans la conscience duquel vit l'homme. Il protège et guide l'âme pendant son séjour sur terre.

On compte à La Réunion huit grands temples tamouls, qui ont opté pour le végétarisme, mais aussi des centaines de chapelles publiques ou privées, souvent placées près de rivières. On n'en trouve que dans les régions sucrières, là où travaillèrent les premiers Hindous, soit principalement dans le sud (Saint-Louis, Saint-Pierre) et l'est (Saint-André). Très peu sont situés dans les Hauts.

Si vous avez l'occasion d'assister à une cérémonie malbar, ne vous en privez pas. Les portes sont souvent grandes ouvertes et les fidèles aiment parler de leur culte. Citons notamment les marches sur le feu début janvier, le Cavadee au mois de mai ou le Dipavali en octobre.

Islam. Autant que les autres religions implantées à La Réunion, l'islam a parfaitement trouvé sa place au sein d'une société cosmopolite et d'un brassage culturel exemplaire. La communauté musulmane est largement représentée. Les grandes familles se concentrent principalement dans la région Nord autour de Saint-Denis. Contrairement à la religion hindoue où les cérémonies sont fréquentes tout au long de l'année, seules quelques fêtes comme Aid el-Fitr sont suivies. La période du ramadan est aussi comme ailleurs l'un des événements les plus marquants du calendrier religieux musulman. Avis aux curieux : certaines mosquées très fréquentées sont ouvertes au public. C'est le cas de la mosquée Noor-e-Islam, autrement dit " La lumière de l'Islam ", l'une des plus anciennes de France. Située dans la rue Maréchal-Leclerc en plein coeur de Saint-Denis, vous n'aurez aucun mal à la trouver.

Taoïsme, bouddhisme et confucianisme. On estime à quelque 15 000 personnes les Réunionnais d'origine chinoise. Parfaitement intégrés, ils ont même adopté la religion catholique pour certains.

Des Chinois ont sans doute foulé le sol de Bourbon au cours du XVIIIe siècle, mais c'est à partir de 1848 et l'abolition de l'esclavage qu'a commencé une immigration régulière qui a donné naissance à une véritable communauté. Les premiers Chinois arrivèrent comme "  engagés  " pour cinq ans. Ceci s'apparentait à l'esclavage, à une époque où l'industrie sucrière avait besoin de bras.
Une grande partie des Chinois est retournée au pays. Ceux qui sont restés ont rapidement élaboré une activité commerciale à laquelle leur origine rurale ne les prédisposait pas. Les Chinois se sont spécialisés dans l'alimentation, que ce soit le petit boutiquier qui vend du vin, du charbon de bois et des produits de première nécessité ou bien le grossiste qui importe grains et riz en grosses quantités.
Les Réunionnais d'origine chinoise ont adopté le catholicisme, mais perpétuent certains cultes populaires. On ne parle pas forcément de religion, mais plutôt de philosophie. Elles représentent Lao-Tseu (Taoïsme), Bouddha, Confucius ou encore Gwan Di.
Là encore, vous aurez peut-être l'opportunité de pénétrer dans les beaux temples bouddhistes de l'île, notamment à l'occasion du Nouvel An chinois.

Croyances populaires

Il suffit de se rendre dans certains cimetières pour s'apercevoir que les créoles ont des rites peu catholiques. Madagascar et ses esprits ne sont pas loin de cette petite île, où les rites africains sont mêlés à de vieilles superstitions. Il existe des tisaneurs qui préparent des breuvages, il y a aussi des guérisseurs-exorcistes, comme la célèbre Mme Visnelda, décédée en 1991.

Le jacot malbar est un être effrayant qui suivait les processions, le corps couvert de cendres et de chaux, portant un bonnet rouge et une longue queue. Il avait le rôle de fou du roi. Autour des cases, il existe des objets qui sont capables d'éloigner le mauvais oeil ou de l'attirer pour l'éloigner des habitations (tête de poupée, pot de chambre renversé, petit tas de sel, couteau...).

Saint-Expédit. Vous verrez en bordure de route des petites chapelles rouges appelée aussi "  ti'chapelle bon Dieu  ". Il suffit de se promener et, à n'importe quel détour de ravine ou perdu au fond d'un cirque, et même jusque sur le volcan, vous trouverez l'une de ces centaines de lieux de dévotion à saint Expédit, décorés de bougies, de fleurs en plastique et d'une petite Vierge ou de saint Expedit lui-même, représenté par un soldat romain en cuirasse, à la cape rouge, tenant dans sa main une croix, où est écrit "  Hodie  " (aujourd'hui), et écrasant du pied un corbeau qui porte l'inscription "  Cras  " (demain).

Personne ne connaît son origine, mais beaucoup d'histoires circulent  : une lecture de la caisse qui l'amenait de Rome, où "  expeditus  " était indiqué en gros caractères  ; un martyr du 19 avril 303 à Mytilène, en Arménie, décapité à cause de sa foi chrétienne, mort lapidé ou dévoré par un aigle  ; le corbeau regarde le saint et lui dit "  demain  ", alors il l'écrase et lui dit "  non, aujourd'hui plutôt que demain  ".
Ce saint que l'on retrouve aux Antilles, à Haïti et dans l'océan Indien en général est objet de vénération et de crainte. On croit savoir que c'est madame Châtel, vers 1918, qui aurait fait apporter sa première statue. Il est connu pour être celui qui exauce vite (expedit), mais c'est un saint ambigu, non reconnu par l'Eglise (retiré du calendrier liturgique). Il est souvent prié pour obtenir une vengeance, pour nuire à quelqu'un.
C'est un saint jaloux. Une fois le voeu exaucé, il faut payer saint Expedit par un don, sinon, il punit.
Il est considéré comme un saint malbar par beaucoup, à cause de sa couleur rouge, et de son côté vif, vengeur, pareil au feu. On l'apparente à Kali, la déesse indienne. Il arrive souvent que l'on retrouve la statuette décapitée lors d'un culte païen. Ce n'est pas un hasard. Pour certains, il s'agit de voeux qu'il n'a pas exaucés. Pour d'autres, c'est une pratique pour couper un sort.

Sitarane. L'un des plus puissants mythes réunionnais repose sur des faits réels. Simicoundza Simicourba, de son surnom Sitarane, était un ouvrier agricole modèle et sans histoire. En 1909, Sitarane se fait ami avec un créole du nom d'Emmanuel Fontaine et un métro du nom de Calendrin, une bande de trois copains qui allaient devenir de dangereux malfaiteurs.

Calendrin connaissait les pouvoirs de Datura stramonium, cette plante dont on extrait des médicaments barbituriques. Grâce à des manipulations simples, il put faire croire à ses amis qu'il avait des pouvoirs magiques. La poudre issue de cette plante permettait de fabriquer un puissant somnifère, avec lequel les trois compères endormaient leurs victimes avant de dévaliser leurs maisons. Pendant plusieurs mois, grâce à des trous percés dans les portes et les fenêtres, les cambriolages se multiplièrent, et les habitants prirent peur. Tous se calfeutraient, dressaient des pièges pour les visiteurs nocturnes, sans qu'ils se fassent arrêter.
Mais Calendrin était vraiment un psychopathe. Lui qui avait réussi à faire croire à la population et à ses complices à ses pouvoirs magiques affirmait que l'on pouvait devenir invisible en accomplissant sept crimes  : tuer un enfant de sept ans, le septième enfant d'une famille, un homme marié depuis sept jours, une femme enceinte de sept mois, un vieillard âgé de 77 ans, et une mère et un père d'une famille de sept enfants. Alors les horribles crimes commencèrent à s'accomplir, durant l'année 1909. La légende naît à cette période et la population réunionnaise est alors véritablement effrayée.
Tout le monde est persuadé que Sitarane est un sorcier capable d'invisibilité et d'ubiquité. Après l'un des meurtres, les malfaiteurs sont arrêtés en flagrant délit. Huit personnes sont en réalité impliquées dans l'affaire et elles sont toutes condamnées à mort. Mais, à la surprise générale, le verdict est cassé et rejugé en appel  : seuls Sitarane, Fontaine et Calendrin seront condamnés à la peine capitale. Mais Calendrin obtint une grâce présidentielle  : sans doute sa couleur de peau joua-t-elle en sa faveur. Le principal coupable de l'affaire s'effaça donc, et l'histoire retint Sitarane. Baptisé juste avant d'être exécuté, il est considéré comme lavé de tout péché, et bénéficie ainsi d'une certaine ferveur. On l'invoque pour une guérison, pour se protéger des dangers et repousser les ennemis. La tombe de Sitarane au cimetière de Saint-Pierre est devenue un lieu de dévotion, d'étranges messes noires s'y dérouleraient. On y trouve surtout des bouteilles d'alcool et des mégots de joints.

Grand-mère Kalle (ou Granmèr Kal) est une des croyances réunionnaises les plus connues. Quand on entend ce bruit la nuit  : "  Touououout  ! Touououout  !   ", cela annonce le malheur. Cette croyance répandue a été si déformée qu'il est aujourd'hui impossible de retrouver le sens originel ; il y a de multiples versions.

Une première histoire raconte que Kalle était une nénène douce et gentille vivant chez des Blancs le long de la rivière D'Abord, à Saint-Pierre (la nénène était à l'époque une sorte de gouvernante-bonne chargée de tenir la maison et d'élever les enfants). Elle élevait un enfant noir malicieux, qui, lors d'une de ses péripéties, tomba dans la rivière. Kalle tenta de sauver l'enfant, mais tous deux furent emportés par les flots. La voix de l'âme de Kalle s'exprimerait par celle d'un oiseau, le tuit-tuit, qui ne vit justement que dans le coin.
Une autre version raconte que Kalle était la fille d'un Noir marron, qui lors de sa fuite, n'avait pas eu le temps de récupérer sa fille. Kalle fut alors élevée par les Blancs, ce qui fit enrager le Noir marron. Ce dernier captura alors Kalle qui disparut pour toujours. L'oiseau serait le chant plaintif de la jeune fille.
Une autre histoire raconte que Grand-mère Kalle, en haut d'une colline, veille sur le temps. On lui pose la question "  Granmèr Kalle kel heur i lé  ?   ", et, suivant l'heure qu'il est, soit elle donne l'heure, soit elle mange les enfants. Si vous vous intéressez au sujet, on vous parlera aussi de la dame blanche qui fait du stop et qui ne parle pas, de la gentille aubergiste qui égorge ses hôtes une fois endormis, ou encore de l'auto rouge, une croyance des années 1950, qui enlevait les enfants.

La double mort, une âme errante, ne s'apaisera qu'une fois dépassé le terme qui avait été originellement fixé à sa vie, elle exigera en outre des cérémonies supplémentaires qui peuvent aller jusqu'à des sacrifices.

Les restes de certains services sont visibles sur la route où à certains endroits bien précis des plages. On retrouve des plumes, des têtes de coq, des bougies, des morceaux de noix de coco et souvent un morceau d'étoffe rouge. La plupart des trésors cachés sont protégés par un envoûtement, lui-même fondé sur la double mort.
Qu'il s'agisse de trésors cachés par les pirates, par les Anglais ou par des riches, dans tous les cas, attention en trébuchant dessus, car ils ont sûrement été envoûtés.
On dit que le butin était placé dans une jarre enterrée dans un trou creusé au pied d'un grand arbre. Du temps de l'esclavage, pour qu'il soit bien gardé, on tuait un esclave qu'on enterrait avec la jarre, ou un matelot pour les pirates. Si quelqu'un d'autre que le propriétaire venait le toucher, il tombait sur le gardien qui l'en empêchait.
Cependant, si le gardien devait mourir de mort naturelle à 80 ans et s'il avait été sacrifié à 30 ans, son âme gardait le trésor pendant 50 ans, puis quand l'âme venait à être ramassée, le trésor se retrouvait sans gardien.
Il arrive, au moment où elle va être ramassée, que le gardien se présente dans un rêve à des gens malheureux et qu'il leur indique le lieu du trésor. Il faut alors vite se rendre à l'endroit et creuser.

La Vierge noire. Figure mythique de la Réunion, la Vierge noire aurait sauvé la vie de Mario, un jeune esclave en fuite ardemment recherché. Appelée aussi " Mère Noire ", son nom est tiré de la couleur de la statue, en bois d'ébène, mais elle est aussi devenue, par son action, la protectrice des esclaves. Sa statue se trouve encore là où Mario l'avait placée, à Rivières des Pluies, dans la commune de Sainte-Marie. La statue est aujourd'hui encore fleurie et vénérée, et chaque année des processions massives ont lieu pour l'honorer. Qu'on y croie ou pas, observer un tel événement est toujours intéressant.

La Vierge au parasol. Initialement déposée dans les champs par un agriculteur de Bois-Blanc pour protéger ses récoltes, la statue de cette Vierge abritée d'un parasol est la seule rescapée d'une coulée de lave : le feu détruit tout sur son passage mais semble contourner la Vierge qui reste intacte. Alors déplacée sur la route des laves, le long de la RN2 pour la protéger des futures éruptions, elle n'échappe pas à la coulée de lave de 1961 qui l'ensevelit. Une réplique est alors moulée puis placée à piton Sainte-Rose, avant de repartir au Grand-Brûlé. Constamment fleurie, les Réunionnais font encore appel à elle pour protéger les habitations d'une éventuelle éruption dévastatrice et chaque année la messe de l'Assomption lui est dédiée. Une réplique a même été faite pour éviter de déplacer la statue officielle. Depuis, la statue a toutefois été profanée à plusieurs reprises et a trouvé refuge à l'intérieur de l'église Notre-Dame-des-Laves où elle est surveillée, mais les débats continuent sur un éventuel retour au Grand-Brûlé.

Terre australe multiculturelle

Le métissage à la croisée de toutes les cultures du monde... Issus des quatre coins du globe et de croyances différentes, ils se mêlent, partagent et grandissent ensemble. Les fêtes religieuses se succèdent tout au long de l'année et c'est l'occasion pour chacun de s'intéresser et de s'approprier une part des traditions locales de l'ensemble des communautés : le Nouvel An chinois en février, le Nouvel An tamoul au mois d'avril et les autres grandes fêtes hindoues, l'Id-ul-Fitr, fête musulmane très suivie à la Réunion et qui marque la fin du Ramadan ou encore les nombreuses célébrations chrétiennes. Il n'est donc pas rare de voir l'un en face de l'autre dans une même ville le clocher d'une église et le minaret d'une mosquée, un temple malbar ou une pagode chinoise. C'est toute la magie de cette Réunion interculturelle. Les édifices tantôt chargés, colorés, ostentatoires, tantôt sobres et discrets sont le reflet d'une diversité culturelle sans pareille. Ici tous les cultes sont librement pratiqués, une leçon universelle ou presque.

Les grands lieux de culte

La Réunion est une terre de croyances. En témoignent toutes les constructions catholiques, hindoues, musulmanes et taoïstes qui jalonnent les routes réunionnaises. En plein centre-ville, en bordure de route de montagne ou niché dans un îlet de Mafate, il y aura toujours un lieu de prière, à la simplicité monacale ou aux couleurs exubérantes. Des lieux à visiter, pour se recueillir ou tout simplement pour admirer leur beauté et leur originalité.

La Vierge Noire. Chaque année, des milliers de Réunionnais viennent prier cette vierge miraculeuse. La Rivière des Pluies à Sainte-Marie.

L'église de Notre-Dame-de-la-Délivrance. Erigée en 1897, l'église renferme la première statue de saint Expédit, ce personnage de culte controversé dont les oratoires rouges fleurissent au bord des routes de l'île. Quartier de la Délivrance, à Saint-Denis.

La grande mosquée Noor Al Islam. Inaugurée en 1905, c'est la plus ancienne de France et la plus grande de La Réunion. Centre-ville de Saint-Denis.

Notre-Dame-de-la-Salette. Chaque année, le pèlerinage en septembre rassemble de nombreux fidèles. Centre-ville de Saint-Leu.

La pagode Guan Di. Erigée en 1920 et dédiée au dieu du commerce, elle est l'un des 4 grands temples chinois de l'île. Rue Marius et Ary Leblond à Saint-Pierre.

Les temples hindous de Ravine Blanche. Le temple Narassingua-Perournal et le temple Karli sont les lieux de culte hindou les plus importants du sud. Respectivement : allée Narassingua-Perournal et rue Mahatma Gandhi à Saint-Pierre.

Le temple hindou du Colosse. Il a été construit sur le site de l'ancien temple datant du XIXe siècle. Chemin de Champ Borne à Saint-André.

L'église Notre-Dame des Laves. En 1977, une coulée de lave épargne miraculeusement l'église, la lave s'arrêtant à ses portes quand tout le village fut, lui, totalement détruit. A voir, même si l'église demanderait à être restaurée. En bordure de la RN2, à Piton-Sainte-Rose.

L'église de Sainte-Anne. Classée Monument historique en 1982, elle a été construite entre 1921 et 1946. Le lieu a servi de décor au film de François Truffaut La Sirène du Mississipi en 1969. En bordure de la RN2, à Sainte-Anne.

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