Guide d'Islande : Survol de l'Islande

Géographie

L'Islande, littéralement " Terre de glace ", est une grande île de l'Atlantique nord. Par sa superficie, elle constitue la deuxième île d'Europe (103 125 km²), après la Grande-Bretagne. Elle compte 4 970 km de côtes et s'étend du nord au sud entre les îles Vestmann, sur le 63e parallèle nord, et la petite île de Grímsey, traversée par le cercle polaire arctique. Et d'est en ouest, entre 13 et 24° de longitude ouest. Les voisins les plus proches sont le Groenland (à 280 km à l'ouest) et les îles Féroé (à 470 km au sud-est). La Norvège se trouve à 970 km à l'est.

Variété des paysages

Le voyageur sera surpris par la variété des paysages de cette île à nulle autre pareille. L'activité volcanique a façonné la terre d'Islande. Ses côtes sont essentiellement rocheuses, plus ou moins élevées, parfois découpées en fjords profonds ou en péninsules comme celle de Snaefellsnes à l'Ouest. Volcans et sources chaudes côtoient les glaciers. La mousse et l'herbe verte bordent les déserts de sable noir et les champs de lave. Les hautes terres de l'intérieur sont inhabitées, la faible population se répartit entre les villes et les villages de la bande côtière. La route nationale circulaire (1 330 km), qui permet de faire le tour de l'île, longe généralement la côte avec quelques incursions dans les terres. Au sud, la route contourne une vaste plaine de sable noir parcourue d'une multitude de rivières. Les falaises, fréquentes sur les côtes, se retrouvent parfois à l'intérieur, comme à Ásbyrgi dans le nord où elles bordent une dépression en forme de fer à cheval, à l'abri de laquelle pousse une forêt. L'intérieur est composé de montagnes, de plateaux et de collines, de landes et de déserts. Parmi les montagnes, on remarque de nombreux volcans tabulaires, au sommet plat souvent enneigé, comme l'Herðubreið ou " épaules larges ", massif, solitaire et toujours couvert de nuages, au pied duquel coulent les rares sources d'eau douce du désert de sable noir de l'Ódáðahraun. Entre les montagnes, les rivières ont creusé des gorges immenses, sculptant dans le basalte de grandes orgues. Hljódaklettar est célèbre pour ses étranges rochers de l'Echo, amoncellements en tous sens de colonnes de basalte. Mais les paysages les plus spectaculaires sont bien les déserts de sable noir ou de pierres comme le plateau de Kjölur, situé entre les calottes glaciaires Langjökull et Hofsjökull. C'est surtout le labyrinthe de montagnes de sables multicolores de Landmannalaugar, entre lesquelles s'épanchent des coulées de lave noire, qui remporte la palme de l'étrangeté. Ici, l'activité humaine s'efface devant une nature violente et tourmentée.

Hydrographie : le pays des foss et des jökull

L'eau est omniprésente en Islande, à toutes les étapes de son cycle et dans tous ses états. L'île est entourée d'une mer instable qui pénètre dans les fjords, érode la roche des côtes, des îles plus petites et des récifs, et inonde les plages. Les nombreux lacs - aux eaux limpides - et les marais représentent 2 % de la superficie totale de l'île. Par ailleurs, l'Islande est parcourue par un grand nombre de rivières, tumultueuses, grossies par des précipitations importantes et la fonte des glaces. Certaines, parfois très longues comme la Thjórsá au sud, sont traversées de rapides et d'innombrables chutes. La plus impressionnante reste sans doute Dettifoss, la plus puissante chute d'eau d'Europe, sur la Jökulsá á Fjöllum, une grande rivière aux eaux brunes. En amont, la Selfoss forme un arc de cercle, et plusieurs autres chutes et cascades se succèdent en aval. Au sud, Ófaerufoss se jette sur le bord d'Eldgjá, la " faille du feu ", de même qu'Oxarárfoss se précipite dans l'une des failles volcaniques de Þingvellir. Oxarárfoss et Skógafoss, cette dernière large et blanche, sont parfois traversées d'un arc-en-ciel, de même que Gullfoss, la somptueuse " chute d'or ". Enfin, sur les pentes boisées de Skaftafell dévalent de nombreuses chutes et cascades, notamment la Svartifoss qui se jette d'un surplomb d'orgues de basalte. A l'intérieur, l'eau se fait neige et glace. Même au coeur de l'été, l'enneigement reste important. D'immenses calottes et de gigantesques glaciers, couverts de séracs, creusés de crevasses et de grottes, couvrent 12 % de la surface de l'île. Une randonnée conduit depuis Þórsmörk, le " bois de Thór ", vallée abritée où subsiste une petite forêt, jusqu'à Skógar sur la côte sud par un col enneigé entre deux calottes glaciaires, le Myrdalsjökull et l'Eyjafjallajökull. Le Skaftafellsjökull, glacier crevassé et noirci de débris rocheux, est issu de l'immense calotte du Vatnajökull, le " glacier des eaux ". Dans le lac Jökulsárlón, devant l'Öraefajökull, point culminant de l'Islande à 2 110 m, le Breiðamerkurjökull, également issu du Vatnajökull, se disloque en icebergs aux teintes parfois bleues, de même que le Gigjökull à Lónið.

Périodes glaciaires et formations des fjords

Une période glaciaire se caractérise par une chute continuelle de neige qui, après avoir durci, recouvre une grande partie de la surface de la planète. Si pendant les périodes interglaciaires, comme celle actuellement vécue, les glaciers reposent sur près de 10 % du globe, ils envahissent près de 30 % des océans et 32 % des territoires ayant émergé lors des glaciations. Les glaciers situés au pôle Nord s'étendent alors vers le sud, jusqu'à ce que la température devienne trop élevée pour leur permettre de continuer leur avancée. La Terre doit d'ailleurs prévoir d'autres périodes glaciaires d'ici plusieurs milliers d'années, phénomène qui se verra toutefois retardé par l'effet de serre, qui réchauffe la planète. Lorsqu'ils atteignent aux alentours de 20 m d'épaisseur, les glaciers prennent une imposante stature. Sous l'effet de leur poids, ils se déforment et avancent le long de territoires, entraînant de ce fait une profonde modification des reliefs. Le déplacement se révèle lent, estimé à peu près à un mètre par jour. Les vallées s'arrondissent et le glacier continue sa progression jusqu'à ce qu'il stagne dans un lieu pendant plusieurs milliers d'années. Le retrait du glacier, par la fonte des glaces qui le composent, laisse derrière lui un paysage aux parois abruptes avec une ancienne auge glaciaire envahie par de l'eau. Les fjords, présents en Islande mais aussi dans d'autres contrées comme l'Irlande et la Norvège, sont un exemple de ce résultat dans le paysage.

Le feu : volcanisme et géothermie

Le feu qui jaillit de la terre est également un facteur d'instabilité en Islande. L'île, située sur la partie émergée de la dorsale médio-atlantique, se caractérise par une activité sismique et volcanique importante. Elle est parsemée de volcans de toutes sortes - on en dénombre environ 250 actifs - dont certains se trouvent sous la glace. Une éruption est prévue à peu près tous les cinq ans, et les contours de l'Islande sont loin d'être définitifs. Un des volcans les plus actifs est le Bárðarbunga, le deuxième plus élevé d'Islande avec une altitude de 2 009 m, qui a connu une éruption en août 2014 dans le Holuhraun. Il s'étend sur plus de 65 km2, avec une caldeira de 25 m de profondeur. L'éruption avait alors pour principale conséquence d'affecter la qualité de l'air, et ce jusqu'en France ! Toutefois, les menaces résidaient surtout dans la perturbation du trafic aérien ou encore dans l'apparition d'une immense et dévastatrice innondation (jökulhlaup) suite à une fonte importante de glace du Vatnajökull, la plus grande calotte glaciaire du pays. En 2010, le volcan Eyjafjöll fut également sur tous les écrans de télé. On n'est pas prêt d'oublier les conséquences de son éruption, trois semaines après les premières manifestations de ce volcan qui n'avait pas fait parler de lui depuis près de 200 ans. Survenue le 14 avril 2010, l'éruption s'accompagna d'un imposant nuage de cendres qui, en se répandant dans le ciel, allait causer des perturbations et bloquer le trafic aérien européen et mondial pendant plusieurs jours. L'activité volcanique se poursuivit de manière sporadique pendant plusieurs mois pour ne s'arrêter finalement qu'en octobre 2010. Le Hekla, au sommet enneigé mais entouré de lave noire, fait également partie des volcans les plus actifs du pays. Sa dernière éruption remonte au 26 février 2000, et le feu peut en jaillir à tout moment. Pourtant, les Islandais ont appris à vivre avec ces dangers. Ainsi, sur la petite île d'Heimaey, une ville importante s'étend jusqu'au pied du Kirkjufell, le " mont de l'église ", né de l'éruption, en 1973, de son vieux voisin Helgafell, le " mont saint ". Dans le nord, le Hverfjall, voisin du Ludent, est semblable à une immense assiette creuse. A côté se dressent les volcans fissuraux, Threngslaborgir et Ludentsborgir, dont les coulées de lave, au contact avec l'eau du grand lac Mývatn, ont formé des buttes surmontées d'un cratère, appelées " pseudo-cratères ". Certains cratères sont remplis de lacs profonds : comme le lac bleu-vert de Víti, " l'Enfer ", au pied du mont Krafla ; de même que cet autre cratère, également appelé Víti, rempli d'un lac vert de forme parfaitement circulaire au bord de l'Öskjuvatn ; ou encore le lac bleu du cratère elliptique aux pentes rouges de Ljótipollur. La lave, les scories et les cendres issues des volcans recouvrent une grande partie du sol islandais. Au cours des 500 dernières années, un tiers de la lave produite par les volcans du monde entier est provenu des volcans d'Islande ! Plus les coulées sont récentes, plus elles sont noires, nues et dépourvues de végétation. On s'en rend compte de manière spectaculaire en survolant l'île lors des vols intérieurs ou internationaux. Les différentes coulées apparaissent alors nettement. A Leirhnjúkur par exemple, dans la zone très active de Krafla, les coulées de lave nées de l'éruption fissurale de 1984 sont encore chaudes, fumantes et traversées de failles enfumées. On retrouve le même immense champ de lave plus au nord, à Gjástykki. A Dimmuborgir, les " châteaux noirs ", un chaos de monticules de lave dressés, constitue les restes d'un lac de lave figée. A Hveravellir, le volcan Strútur contient aussi un lac de lave figée. Sur les coulées s'empilent des blocs en désordre, s'enchevêtrent des fissures, des plis semblables à ceux de draps, de chiffons torsadés et de cordes. La chaleur du sol volcanique donne lieu à d'étranges manifestations : émanations de fumée, fumerolles, sources chaudes, mares d'un bleu intense, mares de boue grise, parfois brune, bouillonnant. Enfin des geysers, plus ou moins actifs, jaillissent en colonnes écumant jusqu'à 30 m de hauteur.

Climat
<p>La piste 614 mène aux grandes étendues de sables rouge orangé de Rauðasandur.</p>

La piste 614 mène aux grandes étendues de sables rouge orangé de Rauðasandur.

Le climat de l'île n'est pas aussi froid que le laisserait supposer son nom et sa position géographique, et depuis quelques années il a tendance à changer. On prévoit même avec le réchauffement promis une hausse de la montée des eaux, une augmentation de l'activité volcanique, la possibilité de cultiver de nouvelles espèces (blé par exemple) et l'arrivée d'oiseaux jusqu'alors habitués à d'autres latitudes. Mais n'anticipons pas... Les côtes sud-ouest, ouest et nord-ouest sont baignées par un des bras du Gulf Stream, tandis que les côtes nord et est reçoivent l'influence du courant polaire du Groenland, qui se mélange au courant chaud sur les côtes est et sud-est. La combinaison de ces courants marins produit un climat océanique froid, caractérisé par une amplitude thermique très faible. L'hiver n'est pas aussi rude que sous des latitudes similaires, puisque la température moyenne du mois de janvier est proche de 0 °C. L'été est relativement frais. Mais depuis quelques années, on bat régulièrement des records de chaleur (il a fait 26,2 °C à Reykjavík le 30 juin 2008), preuve d'un réchauffement évident. Le ciel islandais est particulièrement changeant et les nuages qui le traversent prennent parfois des formes inconnues chez nous. L'humidité permanente mais aussi le vent contribuent à créer une sensation de froid, même si le thermomètre ne le pronostique pas. Pour preuve du caractère extrêmement instable du temps, ce dicton : " Si le temps vous déplaît, attendez juste une minute ! ". Les Islandais disent souvent qu'il y a plusieurs climats dans une seule journée. En raison du relief montagneux, le temps peut être très variable d'un endroit à l'autre.

Les régions du nord-est du pays, relativement épargnées par le vent et les précipitations, sont les plus chaudes. Cette tendance s'inverse en hiver où ces mêmes régions, plus particulièrement à l'intérieur des terres, se révèlent être les plus froides. En général, le sud est plus humide que le nord. Lorsqu'il pleut au nord, il fait beau au sud, et vice-versa. Cette situation, loin d'être immuable, comporte de nombreuses exceptions. Capricieux, le climat peut se révéler tout à fait désagréable. Il faut s'attendre non seulement à un climat plutôt frais, mais également à maints changements de conditions climatiques. Le rare ciel bleu, parfois orné de nuages, se couvre souvent de brouillards épais avec des pluies interminables, ou même de neige en plein été, puis apparaissent alors par surprise de grands arcs-en-ciel. La seule permanence reste celle du vent, qui apporte ces brusques changements du ciel, sculpte la terre et se montre assez fort.

Dans les vastes plaines de sable désertiques du sud-est, de brusques tempêtes de sable peuvent s'élever et, sur les hauts plateaux intérieurs, des tempêtes de neige peuvent s'abattre, même au mois de juillet. Ici le temps régit tout, depuis la brève floraison jusqu'à la promenade de l'Islandais trempé par une pluie soudaine.

Nuits blanches, nuits noires, nuits multicolores

En juin et au début du mois de juillet, la nuit est absente, ou plutôt éclairée par la lumière orangée du soleil de minuit qui se couche puis se lève juste au-dessus de l'horizon. Sur la côte nord, notamment à Húsavík, ou sur l'île de Grímsey, on peut voir le soleil faire mine de se coucher, puis véritablement rebondir sur l'horizon et remonter dans le ciel. En raison de la quasi-absence de la nuit, les oiseaux pépient constamment. Ceci, conjugué à l'absence de volets, rend parfois les nuits blanches. En juillet, les heures de pénombre augmentent, la lune dorée apparaît dans la nuit encore courte. Passée la mi-août, la nuit réapparaît et les gelées matinales reviennent. En septembre et en octobre, c'est l'automne, et l'hiver s'annonce déjà par les aurores boréales qui illuminent le ciel. Enfin, la période " sombre " commence dès la mi-novembre pour se terminer à la fin du mois de janvier. Le soleil ne fait alors son apparition que quelques heures durant la journée et encore bien faiblement.

Pluviométrie

Les précipitations restent imprévisibles. Elles sont dépendantes des conditions climatiques dont les influences s'avèrent souvent impondérables.

Les saisons

En Islande, les saisons se répartissent de façon très disproportionnée au cours de l'année.

Le printemps débute au mois de mai, ce qui correspond à la fonte des glaces dans la plupart des montagnes, à la première pousse des espèces végétales, mais aussi à l'arrivée de nombreux oiseaux migrateurs qui annoncent la saison suivante.

L'été s'installe de début juin à fin août et représente la période où l'Islande connaît une véritable effervescence. En juin, la vie côtière atteint son point culminant, notamment avec l'arrivée d'une multitude d'oiseaux de mer. La fonte des glaces se poursuit et laisse apparaître davantage les trésors de la nature, auparavant recouverts de neige.

Vient ensuite l'automne, en septembre et en octobre. Le premier de ces mois se caractérise par le début du rassemblement des moutons en montagne, mais aussi par le ramassage de champignons sauvages. Les premières aurores boréales illuminent le ciel. Le second annonce, quant à lui, l'hiver, avec l'arrivée de nombreux mauvais jours.

Le reste du temps, de novembre à avril, l'hiver présente une météo particulièrement rigoureuse, accentuée par l'absence de soleil lorsque la nuit vient à envahir la majorité des journées. En mars et avril, la neige devient en outre plus compacte et permet à de nombreux skieurs de s'adonner à leur passion. L'ouverture des stations de sports d'hiver dépend grandement de l'état des pistes et de l'enneigement.

Environnement – écologie
Une prise de conscience écologique précoce

Depuis de nombreuses années, les Islandais ont appris à respecter la nature. Les périodes qui suivent la colonisation ont d'ailleurs un lien avec cette prise de conscience. Premiers hommes débarqués sur ces terres hostiles, les Vikings ont aussitôt utilisé les ressources qui se présentaient à eux. Parmi celles-ci se trouvait le bois. Ce matériau représentait un incroyable don de la nature, essentiel pour la construction d'habitations mais aussi comme moyen de chauffage. Seulement, à l'exploiter de manière trop abusive, il a peu à peu disparu et ces terres, autrefois décrites comme de vastes forêts, devinrent complètement dépeuplées de la majorité des espèces d'arbres. Les habitants de l'île se sont vite rendu compte que le volcanisme accru ne pouvait les aider à faire repousser le bois disparu.

Depuis le début des années 1960, des associations ont entamé plusieurs projets de reboisement de l'Islande. L'une des plus célèbres campagnes de reboisement reste sûrement la forêt d'Hallormsstaðarskógur (à l'est du pays) même si les espèces qui poussent en Islande sont relativement basses. La protection de la nature ne s'arrête pas aux seuls espaces forestiers. Afin de préserver la faune et la flore, de nombreux parcs nationaux ont été créés. Le dernier, le parc national de Vatnajökull, date de 2008 et englobe notamment les anciens parcs nationaux de Skaftafell et Jökulsárgljúfur ainsi que les zones alentours. Avec ses 12 000 km², il est devenu ainsi le plus grand parc national d'Europe.

Problèmes et enjeux

Plusieurs problèmes d'ordre écologique surviennent toutefois dans le pays. Alors qu'il se révèle l'un des pays les moins pollués au monde et qu'il se targue de disposer de l'une des eaux les plus pures, le territoire n'en reste pas moins " menacé ". Les Islandais vivent en effet avec un niveau de vie élevé et représentent quelques-uns des plus gros pollueurs mondiaux avec un rejet de dioxyde de carbone excédant les dix tonnes. La consommation d'énergie est en effet énorme : à titre d'exemple (et pour ne parler que de pays dits développés), elle est de 184 millions de Btu par an et par habitant en France, 250 en Suède, 350 aux Etats-Unis et 480 en Islande ! Il reste également à souligner que l'Islande n'avait pas désiré signer, en 1997, le protocole de Kyoto qui rassemble diverses nations dans le combat pour la réduction d'émission des gaz impliqués dans l'effet de serre. Heureusement, le pays y a toutefois adhéré en 2002. Certains analysent les répercussions et prévoient des perturbations, notamment une dérive du Gulf Stream qui engendrerait des répercussions climatiques importantes, refroidissant l'île et rendant encore plus difficile les possibilités de culture, de pêche et de vie dans la région. Malgré cela, la puissance énergétique de l'Islande reste indéniable. La géothermie n'est actuellement utilisée qu'à un faible potentiel, permettant à une majorité d'obtenir eau chaude, chauffage et électricité. Entre autres débats actuels, l'Islande souhaite aider la population internationale dans un combat commun contre la pollution grâce à sa puissance énergétique. Elle envisage de fournir, grâce à son surplus d'énergie, de l'électricité à la communauté européenne par l'intermédiaire de l'un des plus longs câbles sous-marins jamais conçus. La force de frappe de l'énergie géothermique et hydroélectrique pourrait alors alimenter plus de 6 millions d'individus. Seulement, les inconvénients restent nombreux et coûteux. Bon nombre de pays s'accordent à dire que l'aide que souhaite procurer l'Islande est trop faible en comparaison des besoins réels et des sommes à dépenser. Cette énergie s'avère également moins propre que prévu, avec notamment la nouvelle centrale de Hellisheiði qui, installée en 2006 à 30 km de la capitale islandaise, présenterait un taux de pollution élevé pour les habitants des municipalités environnantes (Kópavogur, Reykjavík, Hveragerði, Selfoss, etc.). En effet, les fumées qu'elle dégage sont toxiques et comportent du sulfure d'hydrogène, du mercure, de l'arsenic et de l'aluminium. Le documentaire Dreamland, sorti en 2009 et inspiré du livre éponyme d'Andri Snaer Magnason, met l'accent sur l'impact environnemental de la centrale hydroélectrique Kárahnjúkar et constitue une bonne piste pour comprendre les enjeux en question. En d'autres termes, le gouvernement islandais semble prêt à vendre la nature islandaise pour tirer son économie vers le haut, et cette tendance se retrouve malheureusement dans les différents projets de construction qui font enrager les défenseurs de la nature... et les amoureux des grands espaces sauvages.

La chasse à la baleine

En matière de protection de l'environnement, d'autres facteurs ont en outre mis l'Islande sur les devants de la scène, notamment en ce qui concerne la préservation de la faune. La chasse à la baleine reste sujette à de nombreuses controverses. Annulant en 1992 son adhésion à la commission baleinière internationale (CBI) qui protège par un moratoire de 1986 de nombreuses espèces appelées à disparaître, l'île avait pour souhait de reprendre cette traque, interrompue depuis 1989. En octobre 2002, coup de théâtre, l'Islande réintègre la CBI malgré son opinion qui n'assure en rien la protection des baleines. L'association Greenpeace s'est engagée dans un combat contre ce type de pêche, arguant que le nombre de touristes venus observer les baleines en Islande s'est accru d'une centaine en 1990 à plus de 115 000 en 2008. Même si les autorités officielles affirmaient à l'époque que la chasse à la baleine ne reprendrait pas avant 2006 en Islande, bon nombre de pêcheurs n'ont pas respecté la loi en prétextant des raisons scientifiques. La situation a toutefois changé et le gouvernement est revenu sur ses pas. Celui-ci a en effet annoncé que ce programme de chasse allait se limiter à la traque de quelques rorquals élancés. Un message considéré comme optimiste par tous ceux qui se consacrent à la sauvegarde de l'espèce, mais non respecté dans les faits. Dès 2008, une nouvelle loi est entrée en vigueur et depuis, les chiffres parlent d'eux-mêmes : 383 baleines tuées en 2014, et des quotas revus à la hausse tous les ans (dans les cinq années à venir) pour notamment approvisionner le marché japonais et combler l'appétit des touristes qui consomment 40% de la baleine pêchée, les Islandais étant de moins en moins friands de cette viande. Face à cela, Greenpeace continue de s'insurger...

Parcs nationaux

Afin de protéger la faune et la flore, l'émergence de parcs nationaux a pris place en Islande. Chacun de ces espaces possède des particularités qui font que les visites ne sont jamais les mêmes. Sur ces lieux, il est indispensable de respecter la nature et les animaux qui y vivent. Les parcs nationaux s'attellent ainsi à garder toute leur authenticité et à préserver la nature et ses espèces qui, sans eux, seraient amenées à disparaître tôt ou tard.

Le parc national de Vatnajökull

Créé en 2007 et élargi en 2008, il est le dernier-né des parcs naturels islandais et de loin le plus vaste car il occupe environ 11 % de l'île. Il couvre notamment au sud la zone comprenant le glacier du Vatnajökull (la plus grande étendue de glace d'Europe), la montagne Grendill (1 564 m), les glaciers Svínafell et Skaftafell qui reste l'une des attractions principales du parc. Cette partie du parc créée en 1967 fut, avant son rattachement au parc Vatnajökull, l'un des premiers parcs nationaux d'Islande. Elle se compose d'une partie du Vatnajökull, le plus vaste glacier d'Europe dont les calottes glaciaires s'étalent sur 8 400 km². Très visité en été, son principal atout étant de pouvoir s'approcher tout près des langues glacières du Vatnajökull. Le nord du parc est plus difficile d'accès car la route 1 passe loin des points d'intérêts tels que le volcan Askja ou le massif Dyngjufjöll, situés à l'intérieur des terres, ou encore le canyon Jökulsárgljúfur. Enfin le parc s'est également étendu à l'est, un nouveau Visitor Center a d'ailleurs ouvert ses portes en 2010 non loin d'Egillstaðir. Les montagnes Kverkfjöll, Brúarjökull un autre bras de glacier ou encore la rivière Kreppa font désormais parties de ce vaste parc qui compte de formidables trésors : volcans sous la glace, montagnes, désert du centre du pays, rivières... Formé surtout de glace, il a bien évidemment été créé dans un but de protection... mais aussi pour compenser les étendues sauvages perdues au profit du Káranhnjúkar (le barrage contesté) et ainsi tenter de calmer les écologistes et l'opinion publique.

Le parc national de Þingvellir

A 50 km à l'est de Reykjavík, point de passage obligé pour les touristes, Þingvellir. Cet emplacement historique, protégé dès 1930, regroupait autrefois le plus ancien Parlement islandais, l'Althing, qui se rassembla pour la première fois en l'an 930. Devant les qualités acoustiques indéniables du site, notamment au niveau des murailles basaltiques de la falaise Lögberg, toute la population venait assister aux sessions du Parlement et écouter ses membres établir de nouvelles réglementations et débattre de faits courants. C'est dans ce lieu que fut ainsi votée la loi d'introduction du christianisme en Islande en l'an mil. Couvrant une vaste superficie, le parc national de Þingvellir est en outre parcouru de failles et d'un graben, témoignages flagrants de la dérive des continents, la séparation franche entre la plaque nord-américaine et la plaque eurasienne apparaissant dès lors au grand jour. Du haut de l'Almannagjá, " la gorge des anciens ", se jette une magnifique chute d'eau, Öxarárfoss. Celle-ci prend le nom de la rivière Öxará qui passe par un profond bassin où étaient noyées femmes infidèles et sorcières, Drekkingarhylur. La chapelle de Þingvellir dévoile, quant à elle, un décor intime, riche et chaleureux. Le pasteur qui y officie n'est autre que le gardien du parc, chargé de protéger les perles rares qui s'y trouvent abritées. Derrière ce lieu de culte, un cimetière avec d'anciennes sépultures apporte à l'ensemble une beauté empreinte d'émotion. Au sud de cet espace s'étend le plus grand lac d'Islande, Þingvallavatn, formé par l'effondrement du sol en raison de la dérive des plaques citées plus haut et couvrant 83 km2, sous 114 m de profondeur. Peningagjá permet enfin aux plus croyants des voyageurs d'effectuer un voeu dans son eau cristalline où des pièces sont jetées à partir du pont qui la traverse. Cet argent luit de manière étrange au contact de l'eau, et les légendes précisent d'ailleurs que, quiconque arrivera à suivre la trajectoire de la pièce jusqu'à ce qu'elle atteigne le fond, verra son voeu se réaliser.

Le parc national du Snæfellsjökull

Le parc national du Snaefellsjökull est une réserve naturelle protégée. La région englobe des paysages uniques, des plantes endémiques et une vie animale fascinante, ainsi que des reliques historiques préservées. L'un des buts de ce parc est d'offrir au visiteur des infrastructures pour mieux connaître sa grande beauté. En pleine saison, des gardiens et quelques saisonniers se trouvent sur place afin de diriger et informer les nouveaux venus. Le parc couvre une superficie de 170 km², avec une partie sud atteignant Háahraun dans la région de Dagverðará et une partie nord s'étalant à partir de Gufuskálar. La partie la plus à l'ouest est bordée de longues falaises noires sur lesquelles s'échouent de gigantesques vagues. De nombreux oiseaux se donnent rendez-vous chaque année plus au sud, sur les falaises situées près des villages de Hellnar et Arnastapi. Mais de chaque point cardinal, le parc semble constamment différent, dominé par l'imposant glacier qui a inspiré les écrits de Jules Verne dans Voyage au centre de la Terre. Cette oeuvre conte l'expédition de voyageurs qui se dirigent sous terre, en partance du Snaefellsjökull, pour ressortir à Stromboli en Italie. Pourtant, Jules Verne n'a jamais visité l'Islande, et ses descriptions si exactes sont le fruit d'une étroite collaboration avec un professeur nommé Fridriksson. Le parc national du Snaefellsjökull est en outre la preuve flagrante du volcanisme actif qui s'empare de l'Islande. La région contient un grand nombre de grottes, mais il est déconseillé d'y pénétrer sans l'assistance d'un guide expérimenté. Quelques-uns des plus petits volcans de cet espace protégé se situent dans les basses terres : Purkhólar, Hólahólar, Saxhólar et Öndverðarneshólar. Et si les cratères suscitent l'admiration de beaucoup, l'un d'entre eux, Eldborg, situé à l'extérieur du parc et à l'entrée sud-est de la péninsule de Snaefellsnes, est alors à visiter.

Faune et flore
Faune
<p>Transhumance des moutons.</p>

Transhumance des moutons.

Oiseaux

L'avifaune représente à elle seule une excellente raison de se rendre en Islande. 73 espèces d'oiseaux sont regroupées sur l'île : de très nombreux oiseaux de mer comme le fou de Bassan, le pétrel fulmar, deux espèces de cormorans, cinq d'alcidés dont le macareux moine, deux de labbes, des laridés (mouettes et goélands), la sterne arctique, des anatidés comme le cygne sauvage, l'eider à duvet, le canard colvert, le harle huppé et bièvre, le fuligule milouinan et morillon, le garrot arlequin, le garrot d'Islande, la harelde de Miquelon, des limicoles comme le chevalier gambette, le bécasseau violet, l'huîtrier pie, la barge à queue noire, le courlis corlieu, le phalarope à bec étroit et les oiseaux de l'intérieur, plus rares, comme le grand corbeau, le bruant des neiges, le lagopède alpin, les faucons émerillon et gerfaut. L'observation des oiseaux devient d'ailleurs de plus en plus populaire en Islande. Il faut dire que, outre les 73 espèces qui y nidifient régulièrement, pas moins de 230 autres viennent se poser sur l'île de temps à autre. La caractéristique de l'île en ce domaine est qu'elle regroupe des oiseaux de l'ancien monde à l'ouest du pays et du nouveau monde à l'est. Son emplacement géographique se révèle en effet un point de passage privilégié et régulièrement choisi des oiseaux migrateurs. Les experts dénombrent environ 11 espèces qui se reproduisent sur le territoire de façon irrégulière, ainsi que 11 autres migrateurs de passage, notamment en hiver. Et si les espèces se révèlent nombreuses, chacune d'entre elles arrive en nombre imposant. Un phénomène qui peut s'expliquer par le faible taux d'habitation de l'île, les animaux subissant moins la menace de l'homme, qui n'hésite toutefois pas à les chasser ou à récolter leurs oeufs. Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site Internet : www.oiseaux.net/oiseaux/islande

Mammifères terrestres

En raison de l'insularité, les mammifères terrestres sont rares. Le seul à être parvenu par lui-même sur l'île est le renard polaire. Le vison d'Amérique s'est échappé des élevages dans les années 1930. Le renne, qui a été introduit de Norvège à la fin du XVIIIe siècle, vit maintenant à l'état sauvage au nord et à l'est du Vatnajökull, notamment dans la région du Snaefell. Arrivé avec les premiers colons vikings entre 874 et 930, le cheval islandais est devenu l'un des animaux les plus célèbres de la faune locale. Aux débuts de la civilisation islandaise, les importations d'animaux de ferme étaient interdites. Le cheval nordique put ainsi préserver sa pureté et sa force. Bon ami de l'homme et grand travailleur, cet animal se révéla très vite indispensable. Riches comme pauvres pouvaient faire appel à ses services. Avoir en sa possession un bon cheval donnait d'ailleurs une certaine dignité à son maître.

Mammifères marins

On peut observer le phoque gris plutôt sur les côtes basses et rocheuses, et le veau marin plutôt sur les plages de sable. Les glaces flottantes, réminiscences des icebergs de l'Arctique, amènent parfois des ours polaires en Islande à la fin de l'hiver et au début du printemps. Ces bêtes, affamées à leur arrivée, ont toujours été abattues. Quant aux baleines, l'Islande était l'une des dernières nations à chasser les baleines, dont elle exportait la viande au Japon. En 1986, deux baleiniers ont été coulés à Reykjavík par l'association écologiste Sea Shepherd. En 1990, à la suite de nombreuses pressions, notamment un boycott du poisson islandais lancé avec succès par Greenpeace en Allemagne et aux Etats-Unis, l'Islande avait dû arrêter le massacre des cétacés. Afin d'essayer de compenser le manque à gagner, des safaris baleines pour touristes ont été organisés avec un succès grandissant. Le petit port de pêche d'Húsavík, dans le nord, a d'ailleurs connu un franc succès. Malheureusement, compte tenu de l'importance économique qu'avait cette chasse, l'Islande a repris une pêche sélective depuis l'été 1999, notamment à des fins scientifiques, mais en 2009, changement de position avec l'annonce d'une chasse de 250 cétacés par an sur cinq ans, le combat est toujours vif entre protecteur et pêcheur...

Autres

Si les poissons sont nombreux en espèces comme en individus, on ne trouve en Islande ni reptiles ni batraciens. L'abondance poissonneuse dans la plupart des rivières est due surtout à la dérive nord-atlantique, prolongation du célèbre courant chaud du Gulf Stream. Truites et saumons sont pêchés par les locaux comme les touristes. Les insectes, quant à eux, sont peu nombreux. Il est ainsi possible de se prélasser dans l'herbe sans ressentir la gêne d'une armée de fourmis sur le corps. Vous n'aurez également rien à craindre des moustiques. Même au lac Mývatn, où ils pullulent en été, ils ne piquent pas.

Flore

Terre glacée et volcanique, l'Islande ne peut accueillir qu'une végétation réduite : arbustes, herbes, petites fleurs, mousses, lichens. Le climat parfois trop froid, l'avancée des glaciers, les éruptions et les moutons ont ainsi raison des végétaux qui y poussent. Les spécialistes de la flore estiment que seulement un quart de la superficie de l'île en est recouverte de manière continue. De vastes étendues laissent alors apparaître des herbages, marécages, roseaux et graminées en grande quantité. Les mousses et lichens s'exposent, quant à eux, régulièrement sur les champs de lave et cachent la froideur du noir qui couvre ces parcelles de roche en fusion refroidie, tout en effritant et rendant ces dernières plus fertiles. Pour que les plantes puissent se remettre d'une coulée de lave, il faut attendre plusieurs centaines d'années. La glaciation et le volcanisme n'ont toutefois pas éradiqué toute la flore puisqu'environ 470 espèces de plantes vasculaires ont survécu à ces grands froids, dont la moitié constitue des espèces boréales. Parmi celles-ci on compte environ 37 espèces de cryptogames, une de gymnosperme, près de 290 variétés de dicotylédones, et 145 de monocotylédones. Au sein de cette flore, une grande majorité pousse également dans le nord de la Scandinavie (97 %), au Groenland (60 %), mais aussi dans les îles britanniques (87 %). Certaines d'entre elles se développent même mieux sur le territoire islandais. Il n'est pas rare d'observer des arbustes bas comme les bouleaux nains, la bruyère, la myrtille ou l'osier. Quelques forêts de bouleaux tortueux ont subsisté et couvrent 1 % de la surface de l'île. Ces bois isolés sont les restes de forêts plus importantes détruites par l'activité humaine. En effet, on estime que la forêt occupait 25 % du sol avant la colonisation de l'île. Le bois d'oeuvre utilisé dans le pays provient des forêts sibériennes. A ce jour, quelque 4 millions de jeunes conifères ont été plantés, ce qui représente environ 16 arbres par habitant. Mais l'Islande se caractérise aussi par de vastes étendues désertiques, où la végétation se retire et ne laisse place qu'au sable noir, au gravier et à la pierre. Ces quelques exemples d'espaces entièrement ravagés par le volcanisme et le froid ne peuvent que davantage pousser les visiteurs à respecter cette nature qu'ils côtoient, l'attrait de l'Islande. Ce pays, situé entre l'Europe et l'Amérique dans l'océan Atlantique, ainsi qu'aux frontières de l'Arctique et des régions boréales, possède d'ailleurs une position phytogéographique des plus intéressantes.

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