Guide du Portugal : Mode de vie

Vie sociale
<p>Partie de cartes à l'ombre à Faro.</p>

Partie de cartes à l'ombre à Faro.

Famille

La structure familiale est encore très traditionnelle. Il n'est pas rare de voir cohabiter trois générations sous le même toit. Dans les villages, le cercle familial est encore plus étendu. La notion de famille est ici plus qu'ailleurs très importante mais elle a ses inconvénients et elle peut être un carcan pour certains. C'est probablement grâce à elle que, hormis à Lisbonne et Porto, vous ne croiserez que vraiment peu de SDF au Portugal et puis, en période de canicule, cette proximité (ou promiscuité) évite aussi les hécatombes ! Les jeunes, même lorsqu'ils travaillent, restent souvent chez leurs parents jusqu'au mariage.

La crise a modifié la vie de couple. Des études récentes ont montré que les couples portugais se marient moins car ils ne peuvent pas se payer la coûteuse cérémonie mais qu'ils divorcent aussi beaucoup moins car il est plus rentable de vivre à deux pour partager les frais du quotidien en temps d'austérité économique....

Mœurs et faits de société
Éducation

L'un des grands problèmes du Portugal aujourd'hui, même si l'analphabétisme a presque disparu alors qu'il était encore de 10 % en 1999, est l'héritage du système salazariste qui préférait former une élite plutôt que d'enseigner à lire et à écrire à la population entière. A cette époque, seulement 4 années d'école étaient obligatoires. Aujourd'hui, la scolarité en enseignement secondaire est obligatoire jusqu'à 18 ans. Et si selon les statistiques, 99 % des enfants fréquentent l'école jusqu'à cet âge, en réalité nombre d'entre eux la quittent après le premier cycle du secondaire. Le système d'éducation actuel est très centralisé et présente un déficit de professeurs et d'écoles. Avec la crise, la situation s'est aggravée. Les gouvernements ont, durant plusieurs années, fait de larges coupes budgétaires dans l'éducation. En 2013 par exemple, des milliers de professeurs ont vu leurs contrats ne pas être renouvelés. De nombreux établissements scolaires se retrouvent en manque de professeurs ce qui pousse les parents à envoyer leurs enfants dans des écoles privées alors que, bien évidemment, tous les parents n'en ont pas les moyens. Il y a un risque de retour au système d'éducation inégalitaire et à deux vitesses.

En ce qui concerne les filières d'excellence, un phénomène grave est à l'oeuvre. Aujourd'hui, au contraire de ce qui s'est passé dans les années 1960, ce ne sont pas les Portugais les moins instruits qui émigrent, mais bien les diplômés de haut niveau, privant le pays du retour sur investissement que constitue une éducation majoritairement financée par l'Etat.

Santé

Il existe le système national de santé (SNS), qui offre un droit (a priori) gratuit aux soins pour tous. Les habitants sont directement affiliés à un centre de santé en fonction de leur résidence. Ce droit à la santé gratuite et pour tous est inscrit dans la Constitution depuis la Révolution de 1974, mais en réalité il en est autrement. Les patients payent une part de leurs soins. A titre indicatif, pour une consultation chez le médecin de famille, le montant de cette participation est de 4,50 € ; de 14 à 18 € pour les urgences. C'est le principe du ticket modérateur. Cette participation est censée baisser le coût des dépenses publiques en termes de santé. Mais le vrai problème au Portugal en termes de soins est l'attente pour pouvoir se faire soigner dans certaines situations. Les patients qui ont les moyens se tournent donc vers le système privé. Il n'est pas rare de devoir attendre un an pour une opération ! Tous les médicaments ne sont pas remboursés, la prise en charge s'évalue entre 20 et 100 %. Suite au plan d'aide de la troïka, le budget de la santé a été réduit de 9 % pour faire une économie de 70 millions d'euros. De nombreuses mesures ont été prises pour réduire et rassembler les services. Il y a de moins en moins de service de proximité dans les campagnes, les centres ont été rassemblés dans les grandes agglomérations. Peu à peu l'Etat revient sur les droits hérités au sortir de la Révolution.

Système de retraite et d'allocation

Le système de retraite a été largement modifié ces dernières années en raison de la crise. Avant, son calcul était fait sur les 5 meilleures années de carrière, aujourd'hui c'est une moyenne générale. Ce qui entraine une baisse de 10 à 20 % du montant de l'allocation. L'âge légal de la retraite est pour l'instant de 65 ans. Cependant, en raison des économies imposées par la troïka, le gouvernement avait annoncé en mai 2013 qu'il réformerait le système des retraites avec un report de l'âge du départ à la retraite à taux plein à 66 ans afin de limiter les dépenses de la sécurité sociale. Pedro Passos Manuel a finalement annoncé en août 2014 qu'il renonçait à cette réforme.

Pour avoir accès au chômage, il faut avoir travaillé au moins 450 jours dans les 24 derniers mois. Le montant de l'allocation correspond à 65 % du salaire, et la durée est de 9 à 24 mois. Le chômage a fortement augmenté cette année avec la crise, atteignant le chiffre alarmant de 15 %. Les allocations familiales sont beaucoup moins importantes qu'en France. Elles dépendent du revenu et de la composition du ménage, elles seront au maximum de 140 € par mois. Suite aux restrictions budgétaires, le gouvernement a baissé de 17 % le montant des allocations familiales et réduit le nombre de bénéficiaires.

Tempérament national et lieux communs

A la fois accueillant et ironique, serviable et distant, travailleur et nonchalant, actif et attentiste, poli et direct, bâtisseur et nostalgique, toujours honnête et tolérant, le Portugais est profondément fier de son histoire. D'une manière générale, il a un sens inné de l'entraide mais il est aussi orgueilleux ; plutôt que de dire qu'il ne sait pas, il préférera parfois vous inventer une jolie fable...

Le Portugal reste encore un pays assez machiste, durant longtemps les femmes n'avaient aucun droit sans l'accord de leurs maris. En 1967, sous le régime fasciste, le Code Civil disposait que le mari était le chef de famille et avait un droit de décision sur tout ce qui concerne la vie commune et les enfants. Pour la petite histoire, les hommes avaient le droit d'ouvrir les correspondances de leurs femmes jusqu'en 1976 ! Aujourd'hui encore, il existe de nombreuses situations, notamment dans les couches sociales les plus défavorisées, où les femmes ne connaissent pas leurs droits.

Les Portugais se définissent aussi comme assez stressés (ça ne se voit pas trop, à part sur les routes !), mais leur tempérament est de nature beaucoup plus tranquille que celui de leurs voisins espagnols, par exemple. Malgré le vent de modernisme qui souffle sur le Portugal depuis son entrée dans le Marché Commun, le pays, empreint d'un profond caractère individualiste et nationaliste (bien que chaque province ait son propre folklore), reste avant tout traditionaliste.

Les Portugais paraissent par ailleurs inconscients du temps qui passe. On fait la queue dans les banques, les magasins, à l'arrêt du bus, aux impôts, à l'hôpital, au café... La patience est ici le maître-mot. Arriver avec 20 minutes de retard, c'est être à l'heure.

Passions des Portugais : la famille, le foot, les loteries sous toutes leurs formes (c'est au Portugal qu'il y a le plus grand pourcentage de joueurs à l'Euro-Millions), les voitures et leur pays. En public, quel que soit le milieu social, les hommes bavardent entre eux et les femmes entre elles. " Les amoureux des bancs publics " iront plutôt dans les jardins fréquentés - pour les enlacements - par la jeunesse. La jeune génération, foncièrement plus ouverte d'esprit, plus marquée par la liberté et le besoin de créativité, a largement pris ses distances avec l'influence du salazarisme.

Le mariage homosexuel

Au nom " de la liberté, de la justice, de l'égalité et de l'humanisme ", le Premier ministre Socrates a lancé le débat sur la légalisation du mariage homosexuel au Parlement en début d'année 2010. En février 2010 le texte de loi autorisant le mariage homosexuel a été adopté par le Parlement. Le droit à l'adoption en a cependant été exclu. C'est le septième pays d'Europe à avoir autorisé le mariage homosexuel. Contrairement à ce qu'il pouvait être attendu, ce projet de loi n'a pas suscité une forte réaction de la population et des entités religieuses. Celles-ci n'ont pas exercé de pression sur cette décision politique, argumentant que ce sujet relevait du pouvoir du Parlement. Même si aujourd'hui le Portugal reste un pays où la religion catholique a encore une grande influence, cet exemple révèle la contradiction qu'il peut exister entre d'un côté des traditions conservatrices et de l'autre des décisions politiques et sociales un tant soit peu novatrices. L'homosexualité est assez bien acceptée et visible dans les grandes villes, et notamment à Lisbonne où l'on trouve de nombreux lieux gays et lesbiens. Il en est tout autrement dans les campagnes où le poids de la religion et des traditions restent encore très lourd. Le premier mariage homosexuel a été célébré le 7 juin 2010 à Lisbonne. Souffle nouveau et promesse d'égalité pour les homosexuels qui étaient considérés ici jusqu'en 1982 comme des criminels.

Religion

Au Portugal, la religion catholique est omniprésente. Dans ce pays très croyant, les catholiques dominent la population (84,3 %), devant les protestants (0,5 %), les athées (6,8 %), les juifs (0,2 %), les musulmans (0,2 %). 8,3 % déclarent n'appartenir à aucune religion.

Chez les catholiques très pratiquants, de nombreuses romarias sont célébrées en l'honneur des saints patrons locaux. Les saints populaires (saint Antoine, saint Jean) sont fêtés avec ferveur à travers tout le pays et spécialement dans le Nord. L'un des centres de pèlerinage les plus importants d'Europe est Fátima, et si vous vous trouvez dans le coin les 12 et 13 mai ou les 12 et 13 octobre, vous verrez des milliers de pèlerins se rendre à genoux au sanctuaire... Assez impressionnant !

L'importance de la religion se note dans les discussions quotidiennes, on ne compte pas le nombre de fois où l'on entend " se Deus quiser " (si dieu le veut). Cette expression est utilisée à toutes les sauces, et pour toutes les occasions.

C'est depuis la révolution des oeillets qu'a été inscrit dans la Constitution la liberté de religion, néanmoins aucune loi n'a été établie jusqu'en 2001. Malgré cela, le poids de la religion catholique reste très fort et très visible quotidiennement, notamment dans les couches plus âgées. C'est d'ailleurs probablement à cause de ce fort pouvoir de l'Eglise Romaine, que l'IVG est restée très longtemps illégale et a divisé le pays. Le dernier référendum a eu lieu en février 2007, à l'initiative du gouvernement Socrates, avec 59,9 % de personnes qui se sont exprimées en faveur. La faible participation, en deçà de 50 %, n'a pas permis de prendre en compte le vote. Après de nombreux débats et contestations, la loi légalisant l'IVG est entrée en vigueur le 15 juillet 2007. Aujourd'hui encore, ce sujet reste assez tabou, et il est loin de faire l'unanimité...

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