Le guide : FRANCE À MOTO : La Rochelle et le Marais Poitevin

La Rochelle et le Marais Poitevin

Roadbook circuit D
Roadbook circuit D

Au départ de La Rochelle, la cité qui tint tête à Richelieu et qui fut un grand port vers le Nouveau Monde, partez à la découverte du marais poitevin. Outre La Rochelle et Niort, Luçon, Fontenay le Comte, Coulon, Arçais, Maillezais et Marans font partie des lieux incontournables de votre périple. Le marais se parcourt par les routes et les chemins, bien sûr, mais aussi sur les canaux. Ne l'oubliez pas en passant devant les embarcadères d'où partent de belles balades en barques (dénommées ici yoles ou plates). Ne ratez par le Parc ornithologique de Saint-Hilaire-La-Palud et la Maison du marais Poitevin de Coulon. Le tracé est sinueux mais peut être modifié sans crainte au gré de vos envies. Il y a peu de distance d'une route à l'autre et l'essentiel est de ne pas rater les points d'intérêt que nous vous indiquons.

85 communes, 2 régions (Poitou-Charentes et Pays-de-la-Loire) et 3 départements (Deux-Sèvres, Charente-Maritime et Vendée) couvrent le marais poitevin qui occupe un ancien golfe (le golfe des Pictons), façonné par l'homme dès la fin du Xe siècle et traversé par une foison de cours d'eau menés par la Sèvre niortaise. Classé en un Parc interrégional en 1979, le marais poitevin se caractérise par plusieurs types de paysages. Les marais desséchés couvrent près de 47 000 ha. Proches de l'océan mais protégés des inondations et des marées par un réseau de levées et de digues, ils présentent de larges paysages ouverts où les arbres sont rares. Les marais mouillés (dont la partie la plus orientale est qualifiée de Venise verte) correspondent aux zones d'épandage des crues des rivières. Ils occupent environ 29 000 ha. Enfin, les marais intermédiaires (imparfaitement desséchés) représentent environ 19 000 hectares. La faune est nombreuse et variée. La baie de l'Aiguillon est une zone importante pour des milliers d'oiseaux migrateurs qui viennent se reposer sur les vasières découvertes ou sur les prés salés.

La Rochelle et le Marais Poitevin
La Rochelle et le Marais Poitevin
La RochelleHaut de page

C'est un petit village de pêcheurs qui, au Xe siècle, est à l'origine de la Rochelle. La cité, protégée de l'océan par les îles de Ré et d'Oléron, se développe très vite grâce à son port. Au XIIe siècle, Aliénor d'Aquitaine lui octroie une charte de commune. La Rochelle joue à cette époque un rôle de premier ordre grâce au commerce du vin et du sel produits dans sa région. Les Templiers en font leur port sur l'Atlantique. Lors du second mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec le futur roi Henri II d'Angleterre, La Rochelle devient une province anglaise au milieu du XIIe siècle. Après de nombreuses guerres avec les Britanniques, elle devient définitivement française en 1372 grâce à une victoire de Bertrand du Guesclin. Devenue entièrement protestante au début du XVIe siècle, La Rochelle est progressivement une place forte de la nouvelle religion jusqu'au siège de la ville ordonné par Richelieu en 1627-1628. A l'issue de 13 mois de siège, la cité est décimée. Sur 28 000 habitants, seuls 5 500 survivent. Dès le siècle des Lumières, c'est par la mer qu'elle retrouve son salut, grâce au commerce (sucre des Antilles, commerce triangulaire, fourrures du Canada). Avec la Révolution et l'abolition de l'esclavage, La Rochelle prend en marche le train de l'aventure industrielle : de nombreuses entreprises (chimie, chantiers navals, construction de locomotives) s'y installent. Après la crise économique des années 1970, La Rochelle se tourne vers les nouvelles technologies, le tourisme et la plaisance. Elle ouvre aussi son université et cultive son image de ville verte en créant le premier secteur piétonnier de France dès 1975. Cité millénaire, dotée d'un riche patrimoine historique, industriel et commercial (la ville possède trois ports), La Rochelle est devenue la plus importante ville entre les estuaires de la Loire et de la Gironde. A voir : les tours médiévales du Vieux Port, la porte de la Grosse Horloge, l'hôtel de ville de style Renaissance et d'autres bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècles. Parmi les musées, optez pour le Musée du Nouveau Monde, le Musée rochelais d'Histoire Protestante, le Musée Maritime, voire l'aquarium. Avec un peu plus de temps, rendez-vous également sur l'une de ses trois plages (de la Concurrence, des Minimes, de Chef de Baie). A la pointe des Minimes, contemplez le phare du bout du monde. Il s'agit d'une réplique du phare original érigé en 1884 sur l'île des Etats, en Patagonie, et aujourd'hui détruit.

Le port de La Rochelle.
Le port de La Rochelle.

Evêché depuis plus de sept siècles, cette ville du sud de la Vendée offre quelques beaux monuments, dont la cathédrale et, attenant à l'édifice, un magnifique cloître du XVIe siècle. Hélas, la cité religieuse souffrit beaucoup des guerres de religion et il ne reste que peu de vestiges du travail de bâtisseur de Richelieu, qui fut ici évêque de 1606 à 1623.

Fontenay-le-ComteHaut de page

Fontenay-le-Comte constitue la porte nord du marais poitevin, avec le marais desséché à l'ouest et le marais humide, plus souvent appelé la Venise verte, à l'est, près de Niort. La ville connut un développement économique important dès le Moyen Age, et c'est à l'époque de la Renaissance que sont édifiées les plus belles constructions : les hôtels particuliers, le château de Terre-Neuve, la fontaine des Quatre-Tias (emblème de la ville), l'hôtel de Grimouard, la Sénéchaussée... Au XVIIe siècle, c'est le déclin économique qui s'amorce et qui se confirme avec la révocation de l'édit de Nantes. Fontenay-le-Comte est protestante et ses industries sont ruinées. A partir de la seconde moitié du XIXe siècle, la reprise économique qui s'opère conduit la ville à se développer hors de ses murs. Cette expansion est confirmée par la rapide croissance industrielle connue dans les années soixante. Aujourd'hui, Fontenay-le-Comte, chef-lieu d'arrondissement, compte 15 000 habitants, ce qui en fait l'une des villes les plus importantes de Vendée. Elle possède le label Ville d'Art et d'Histoire.

Foussay-PayréHaut de page

Situé en bordure de la forêt de Mervent, ce village fut, aux XVe et XVIe siècles, une place florissante, comme en témoignent les vestiges des résidences seigneuriales essaimées dans le bourg et la campagne environnante. Classé Petite Cité de Caractère, il s'enorgueillit d'un bel ensemble architectural médiéval et Renaissance. A voir : l'église romane du XIe siècle, les halles du XVIe siècle, la mairie, qui occupe l'ancien prieuré des XIIIe, XVe et XVIIe siècles, et la maison dite de François Laurent (1557).

Champdeniers-Saint-DenisHaut de page

Déjà connues au XVIIIe siècle, les foires de Champdeniers attiraient les marchands de France et de Navarre ainsi que ceux du sud de l'Europe pour sa célèbre Foire aux mules. L'église Notre-Dame (XIe et XVe siècles) est aujourd'hui le principal centre d'intérêt de ce petit village poitevin. On y trouve également le château de Nuchèze, une propriété privée qui date du XVe siècle.

Saint-MaxireHaut de page

A Saint-Maxire, vous pouvez aller voir le château de Coudray Salbart, à 4,5 km à l'est du tracé.

Au Xe siècle, Niort est une place forte où, las des invasions normandes, les habitants se sont réfugiés sur les collines. Aliénor d'Aquitaine, épouse du roi de France Louis VII, " offrit " la ville à Albion par son remariage avec Henri II Plantagenêt, qui montera sur le trône d'Angleterre en 1154. Henri II, puis Richard Coeur de Lion, son fils, léguèrent à la ville une enceinte fortifiée longue de près de 3 000 m, le double de celle de Carcassonne. La ville passa tour à tour sous domination française, en 1224, puis anglaise le 8 mai 1360 par le fameux traité de Brétigny et à nouveau française quand les troupes de Du Guesclin reprirent la ville le 27 mai 1373. Les guerres de religion, autour de 1550, furent l'occasion de nombreux troubles jusqu'à la proclamation de l'édit de Nantes en 1598. Sa révocation en 1685 représenta un désastre, tant sur le plan humain qu'économique. Après le tannage des peaux, le travail du cuir, dont le souvenir s'affiche encore dans le nom de l'équipe de foot (les Chamois), et l'industrie du bois, le bassin de Niort est devenu le carrefour des mutuelles et des assurances. Il abrite les sièges nationaux de la MAIF, de la MAAF, de la MACIF et de SMACL Assurances, qui sont le moteur de l'économie locale. Reconnaissable à ses deux tours jumelles, le Donjon est le monument emblématique de Niort. Le Moyen Age, la Renaissance, les XVIIIe et XIXe siècles ont fortement marqué le paysage urbain. La ville conserve également villas et façades d'inspiration Art nouveau, un style qui s'est développé au début du XXe siècle. A ce patrimoine historique se mêle l'architecture innovante du XXIe siècle, comme en témoignent l'Espace niortais ou les Jardins de la Brèche avec leurs " émergences ". A voir en particulier : le donjon, l'hôtel de ville, les halles, les églises (Saint-André, Notre-Dame...), le pavillon Grappelli, Fort Foucault, et, bien sûr, les bord de la Sèvre. A noter que le Musée Bernard d'Agesci regroupe trois musées intéressants.

A voir / A faireHaut de page

Cet écrin de verdure quadrillé par les conches (les voies d'eau qui entourent les parcelles de terre) est le poumon niortais, un espace de nature préservé et, paradoxalement, très fréquenté. Le village maraîchin, bâti de pierres blanches, agréablement fleuri, aux volets bleus ou verts, met à la disposition des visiteurs de nombreux embarcadères. Car on vient surtout ici pour explorer les canaux à bord d'une plate (une barque), en se laissant conter le marais et ses mystères.

Arçais connut son heure de gloire aux XVIIIe et XIXe siècles comme en témoignent les onze entrepôts qui servaient à conserver du vin, du bois ou du poisson en transit vers Niort ou Marans et les deux grues qui servaient à sortir les billes de bois de l'eau. Au-dessus de ces entrepôts, aujourd'hui reconvertis pour le rangement agricole, on peut admirer une élégante demeure construite en 1829. Le village maraîchin est reconnu Petite Cité de Caractère depuis 2013.

MaillezaisHaut de page

Le village celtique originel de l'île de Maillezais a disparu après les pillages normands. Le comte de Poitou, Guillaume Tête d'Etoupe, y établit une forteresse pour empêcher les Normands de remonter la Sèvre. C'est Emma, comtesse de Poitou et épouse de Guillaume Fier-à-Bras, qui va construire l'abbaye, suite au miracle de Maillezais. Au XVIe siècle, Maillezais fut associé à La Rochelle, au centre du diocèse s'étendant de l'Anjou à la Saintonge. Aujourd'hui véritable capitale du marais, Maillezais voit son histoire confondue avec celle de son abbaye.

Marans fut de tout temps la grande place commerciale du marais, comme en témoigne son superbe marché édifié sur le type " Baltard " dans les années 1880, au moment de l'apogée de la construction en fer. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'activité portuaire de Marans était très importante, notamment pour le transport du sel, du vin, du sable et de la chaux. En flânant sur les quais, en découvrant les hôtels particuliers, on imagine aisément l'importance de la cité à l'époque où les habitants du marais venaient en bateaux plats y vendre leur production. Depuis, ce port est devenu un agréable port de plaisance en centre-ville d'une capacité d'accueil de 180 bateaux. L'église Notre-Dame, construite entre 1900 et 1902, vaut également le détour : son clocher futuriste est unique en Europe. Il fut ajouté à l'église en 1988.

Rejoignez la communauté Petit Futé en 1 clic
Suivez-nous sur
Participez
à la communauté
Avis