L'Herzégovine (Hercegovina/Херцеговина en langues slaves locales) forme la pointe sud du pays. Réputée pour ses vins, son climat et ses paysages méditerranéens, c'est la région la plus touristique. Outre sa capitale, Mostar, classée avec son Vieux Pont au Patrimoine mondial de l'Unesco, elle compte de superbes petites villes comme Blagaj, Počitelj, Trebinje et Stolac, ainsi que la station balnéaire de Neum et le très important site de pèlerinage catholique de Međugorje. De part sa proximité avec Dubrovnik, en Croatie, elle profite aussi de l'afflux d'une partie des millions de visiteurs se rendant chaque année sur la côte dalmate.

Étymologie - Son nom signifie " duché ". Il vient de l'allemand Herzog (" duc ") transformé localement en Herzeg. Cela remonte au XVe siècle, lorsque le plus puissant vassal du royaume de Bosnie, Stefan Vukčić Kosača, prit son autonomie sous le titre d'Herzeg de Saint-Sava (1435-1466). Son territoire s'étendait sur une partie des territoires actuels de l'Herzégovine, de la Dalmatie et du Monténégro. Le nouvel État semi-indépendant fut reconnu par les Ottomans sous le nom de Hersek Sancağı (" Sanjak de l'Herzog ") et fut bientôt appelé par les populations slavophones Herceg Govina (" la terre de l'Herzeg "). Enfin, à partir du XIXe siècle, le nom de l'Herzégovine fut officiellement associé à celui de Bosnie.

Géographie - La différence avec le reste du pays est assez évidente : l'Herzégovine est méditerranéenne. Toutefois, ses contours sont mal définis. D'une manière générale, elle commence au nord, juste en dessous de Sarajevo, avec Jablanica et Konjic, puis descend au sud jusqu'à de Neum (unique débouché maritime du pays) et Trebinje, située près de Dubrovnik, aux confins de la Croatie et du Monténégro. Ainsi, sa surface représenterait entre 22 et 24 % du territoire national (11 400/12 300 km2). Mais, culturellement et historiquement, elle s'étend aussi au nord-ouest du Monténégro et sur une grande partie de la côte dalmate, en Croatie. La région est marquée par des reliefs karstiques, qui comme les causses du Massif central, en France, donnent des paysages tourmentés où dominent une pierre calcaire de couleur claire et une végétation de maquis. La seule rupture majeure dans cet ensemble assez cohérent est la vallée boisée de la Neretva. Aujourd'hui réputé pour ses descentes en rafting, ce fleuve de 225 km de longueur est l'unique grand cours d'eau du pays à rejoindre la Méditerranée et non le bassin du Danube.

Climat - Il est typiquement méditerranéen de Mostar à la mer, tandis que les vallées ouvertes vers l'ouest sont déjà plus continentales. Il est caractérisé par des étés très chauds et secs ainsi que des hivers doux et humides dans les vallées ouvertes (des moyennes hivernales de 6 °C et des pointes estivales à 45 °C). Les saisons sont bien plus marquées dans le reste de l'Herzégovine, plus semi-continentale.

Faune et flore - Dans la partie ouest, les montagnes de Prenj, Velež ou Čvrsnica sont l'habitat des chamois, chevreuils, coqs de bruyère, sangliers et même des ours tandis que plus bas se trouvent des lièvres, perdrix, ramiers, tourterelles, cailles, bécasses et tous les oiseaux de marais. Les cours d'eau sont peuplés de truites abondantes, de chevesnes et d'ombles. La végétation est méditerranéenne dans la plaine de Mostar et les forêts des zones montagneuses sont composées d'arbres à feuilles caduques (érables, chênes, frênes) aux altitudes les plus basses alors que plus haut se trouvent des hêtres de montagne.

Population et politique - On retrouve ici les 3 grands groupes de population du pays avec un total d'environ 400 000 habitants. Les catholiques ou Bosno-Croates sont toutefois majoritaires et représentent 55 % des habitants (47 % avant la guerre), suivis par les musulmans ou Bosniaques (23 % contre 26 % avant guerre) et les orthodoxes ou Bosno-Serbes (21 % contre 20 % avant guerre). Hormis le grand pôle urbain de Mostar, la région est marquée par un habitat rural autour de petites villes. Elle est divisée entre trois entités administratives. Dans la partie centrale se trouve canton de l'Herzégovine-Neretva, le plus mixte et le plus peuplé avec Mostar comme centre politique. Accroché à la frontière croate, le petit canton de l'Herzégovine de l'Ouest est le moins peuplé et compte 98 % de Bosno-Croates autour du chef-lieu de Široki Brijeg. Ces deux cantons appartiennent à la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, tandis que la partie orientale fait partie du vaste territoire de la République serbe de Bosnie avec Banja Luka chef-lieu. Mais localement, Trebinje fait figure de petite capitale de ce que l'on dénomme parfois " l'Herzégovine de l'Est " ou " la région de Trebinje ". Cette partie de l'Herzégovine se distingue en effet par sa population en majorité bosno-serbe. Ce découpage est la résultante du dernier conflit.

Histoire

Antiquité - Conquise par les Romains en 27 av. J.-C., la région est alors est peuplée par les Vénètes originaires d'Illyrie (actuelle Albanie), à ne pas confondre avec les Vénètes de la partie ouest de la Gaule (mais sans lien entre eux). En 395, la division de l'Empire romain entraîne le rattachement de l'Herzégovine à celui d'Occident. Mais elle demeure à la limite des territoires de Byzance et sera longtemps disputée entre les puissances latines (Vénitiens, Hongrois, Autrichiens) et orientales (Byzantins, Ottomans).

Moyen Âge - Si l'Empire chrétien d'Orient s'impose ici à partir de 535, la région connaît de profonds bouleversements avec l'arrivée des Slaves (VIIe siècle). Devenus majoritaires, ceux-ci conservent leur langue mais adoptent en masse la culture et la religion locale, le christianisme orthodoxe. Après avoir été longtemps placée dans le giron du métropolite de Dyrrachium (aujourd'hui Durrës, en Albanie), la région obtient son autonomie religieuse avec la création de l'Éparchie de Hum au XIIIe siècle. Mais avec depuis recul de Byzance (Xe siècle), elle demeure très divisée politiquement entre les seigneurs serbes et croates. Du IXe au XIIe siècle, elle est dominée par la dynastie serbe des Nemanjić, dont les territoires s'étendent jusqu'au nord de la Grèce. Elle passe ensuite sous le contrôle des bans (rois) de Bosnie Kulin (règne 1180-1204) et Tvrtko Ier (règne 1353-1391). Elle s'émancipe du royaume de Bosnie avec le duc (" Herceg ") Stjepan Vukčić (voir " Étymologie " ci-avant). La population est alors à la fois orthodoxe, catholique, mais aussi bogomile (Église de Bosnie), comme en témoigne la plus forte concentration de stećci (tombes médiévales propres à ce courant chrétien) des Balkans, notamment à Stolac.

Période ottomane - L'Herzégovine sera la dernière à résister à la progression des Ottomans. Annexée tardivement, en 1483, elle connaît ensuite un fortement développement marqué par la création de nouvelles villes et une conversion massive à l'Islam. En 1669, la république de Raguse (Dubrovnik) cède Neum à l'Empire ottoman afin de se protéger des ambitions de Venise. C'est ainsi que ce port constitue encore aujourd'hui le seul débouché maritime. De nombreuses insurrections serbes provoquent une reprise en main musclée, puis la création de l'État semi-indépendant de l'Herzégovine par le vizir Ali-pacha Rizvanbegović (né à Stolac) entre 1832 et 1851. Mais, comme en Bosnie, le mécontentement demeure. En 1875, les Tchetniks serbes d'Herzégovine sont à la pointe d'un grand soulèvement qui aboutira au congrès de Berlin en 1878 par l'annexion de la Bosnie-Herzégovine par l'Autriche-Hongrie.

XXe siècle - Malgré l'action du nouvel Empire qui conduit à une modernisation de la société, les populations apparaissent désormais divisées. Tandis que l'Empire favorise les catholiques et les musulmans, les orthodoxes serbes rêvent d'un rattachement à la Serbie. Le fossé grandit durant la Première Guerre mondiale lorsque les Austro-Hongrois créent localement des milices de volontaires bosno-croates et bosniaques (les Šuckori) pour lutter contre les Tchetniks. La région connaîtra ensuite la période la plus noire de l'histoire du pays durant la Deuxième Guerre mondiale. C'est en Herzégovine que le régime pro-nazi de l'État croate mène en effet les pires massacres en visant principalement les Serbes, les Juifs et les Tziganes. Ainsi, en août 1941, la population serbe de Mostar, qui comptait environ 5 000 personnes, fut réduite à 852. Les atrocités sont telles que l'Italie fasciste et l'archevêque Stepinac de Zagreb (pourtant fervent soutien des Oustachis) dénoncent la barbarie. Les plaies seront très difficiles à refermer. Et, durant la période socialiste, la communauté catholique d'Herzégovine sera longtemps regardée avec méfiance par le régime de Tito.

Guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995) - Elle a entraîné ici nettement moins de massacres que dans le reste du pays. Mais la région a connu son lot de déplacements de populations forcés et de destructions du patrimoine. Autant de souffrances symbolisées par l'effondrement du Vieux Pont de Mostar en 1993. Les combats ont en outre opposé toutes les communautés entre elles, avec parfois d'étonnantes alliances de circonstance, les Bosno-Serbes apportant par exemple ponctuellement leur soutien aux Bosniaques pour combattre les Bosno-Croates. Le résultat est qu'aujourd'hui les trois groupes vivent de manière séparée. Sauf à Mostar, où la population est véritablement mixte. Mais la plus belle ville du pays est aussi la plus divisée.

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