La Haute-Loire est connue pour sa nature encore sauvage, son festival de La Chaise-Dieu, sa route sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, son passé religieux, sa dentelle, ses lentilles vertes... et ses champignons. On peut les ramasser, les acheter et, surtout, les déguster. C'est un ravissant prétexte pour s'aventurer dans ce coeur montagnard de la France, palpitant de toutes ses eaux vives, caché sous un verdoyant manteau de prairies, renfermant bien des trésors : pitons, escarpements et orgues jaillissent des vallées pour se couronner de villages et de châteaux.

 

 

A la recherche du roi des forêts

Ici, le champignon est le roi des forêts. Il se négocie parfois sous le manteau ou en plein jour sur les marchés, ou encore lors des foires aux champignons secs qui se tiennent aux environs de la Toussaint dans quelques villages. Une bonne occasion pour s'échanger quelques recettes. Mais avant de cuisiner les champignons, il faut les ramasser. La Haute-Loire possède une grande variété d'arbres et de dénivelés qui lui confèrent quelques avantages pour une pousse diversifiée. Le printemps est la saison des premiers champignons, les gyromitres, que l'on trouve entre autres autour du lac du Bouchet. Ils ressemblent à une morille et sont considérés comme mortels ; cela n'empêche pas les connaisseurs de les déguster entre amis depuis qu'ils ont disparu de la vente. C'est en juin qu'apparaissent dans les bois de feuillus et de sapins - surtout s'il a plu - les premières girolles, que l'on peut ramasser jusqu'en décembre, tout comme les mousserons ou les pieds-de-mouton. La région de La Chaise-Dieu est assez propice. On trouvera aussi, en bordure des bois de feuillus, quelques cèpes d'été que les connaisseurs rechignent à cueillir, arguant d'une qualité moindre sur le plan des saveurs. Lorsque les premières pluies de fin août ou de début septembre viennent rafraîchir la terre, la grande saison commence et toutes les espèces font leur apparition. Les cèpes surgissent dans tous les coins du département, notamment à Sorgues et au lac du Bouchet, de même que les chanterelles grises ou les charbonniers qui poussent dans les bois résineux. En revanche, dès les premières gelées, la grande saison s'achève et le mycélium épuisé se met au repos. Pour les ramasser en " terre inconnue ", il est préférable de s'adjoindre un ou une autochtone qui connaît les bons champignons et les " bons coins ".

 

Une gastronomie diversifiée 

La Haute-Loire est traversée par de nombreux petits cours d'eau qui furent, pendant très longtemps, peuplés d'écrevisses. Aujourd'hui, on en pêche encore quelques-unes, mais cela relève souvent plus du braconnage. Aussi, c'est l'omerta sur les coins préservés. Quelques noms se murmurent parfois comme la Seuge, la Gazeille, le Panis... En revanche, les élevages de saumons sont nombreux car ces poissons remontent la Loire et l'Allier. Brioude fut longtemps considéré comme la capitale du saumon en Europe et sa Maison du Saumon et de la Rivière se veut le conservatoire de ce grand migrateur. Parmi les autres spécialités gastronomiques : la charcuterie, le fromage et les fameuses lentilles vertes du Puy. C'est le seul légume sec d'appellation d'origine contrôlée et une confrérie a même vu le jour en 1995. La verveine du Velay est également très appréciée. C'est une liqueur vieillie en fûts de chêne, à base de plus de 32 plantes et plus particulièrement de verveine cultivée, récoltée et séchée dans le Velay.

 

Un artisanat de qualité...

Le département recèle d'autres trésors, comme la dentelle. Le Centre d'enseignement de la dentelle au fuseau du Puy prouve que cet art n'est pas éteint. Pour les amateurs, Brioude et Retournac sont les deux communes incontournables en la matière. En revanche, toutes les villes vendent de la dentelle et les rues du Puy regorgent de boutiques où dentellières mais aussi dentelliers font des démonstrations.

 

... et une terre de pèlerinage

Le patrimoine religieux est une autre richesse du département. La Haute-Loire est traversée par un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle jalonné de belles églises romanes, d'abbayes et de cathédrales. Celle du Puy-en-Velay se mérite : il faut gravir 134 marches avant de pénétrer dans Notre-Dame, classée au patrimoine mondial de l'Unesco. À l'intérieur, la Vierge noire date en fait du XIXe siècle, l'original offert par Saint Louis au retour de croisade et probablement de facture copte ayant été brûlé par les révolutionnaires. La pierre des Fièvres est une curiosité : cette table volcanique aurait été témoin d'apparitions de la Vierge à l'époque gallo-romaine, suivies de miracles. Aujourd'hui encore, de nombreuses personnes s'y allongent pour obtenir des bienfaits... Le cloître, considéré comme l'un des plus beaux de l'art roman, date des XIe et XIIe siècles. Mais il est impossible de passer au Puy-en-Velay sans que le regard ne s'attarde sur la Vierge à l'Enfant qui domine la ville. Ce projet prit forme à partir de 1853 grâce à de nombreux dons et à une souscription nationale. Pour le matériau, on fit fondre 213 canons de la bataille de Sébastopol et Notre-Dame-de-France fut inaugurée le 12 septembre 1860 devant 120 000 pèlerins. On pénètre à l'intérieur et, des fenêtres, la vue panoramique est exceptionnelle. Cependant, pour gravir le rocher Corneille de 754 mètres de hauteur, il faut monter ses 262 marches ! Le rocher d'Aiguilhe est également une curiosité. C'est en réalité une cheminée de volcan, déchaussée par l'érosion, sur laquelle fut construite au Xe siècle une chapelle dédiée à l'archange saint Michel. À La Chaise-Dieu, l'abbaye impressionne par ses dimensions imposantes : 76 mètres de long pour 24 mètres de large. La célèbre peinture dite " de la Danse macabre " fait également partie de ces merveilles tout comme le tombeau de Clément VI qui trône au milieu de l'édifice.

Le département compte également quelques " Plus beaux villages de France " : Arlempdes, qui a poussé au pied du château du même nom dominant les premiers méandres de la Loire ; Blesle et sa quarantaine de maisons à colombages munies parfois d'encorbellements ; Lavaudieu et ses venelles qui entourent l'abbaye bénédictine médiévale. Enfin, Pradelles conserve dans ses murs fortifiés les traces d'un passé marqué par sa position stratégique, au carrefour des routes de Mende et d'Aubenas.

 

Infos futées

 

Quand ? Pour la cueillette des champignons, c'est en automne qu'il faut s'armer de son panier. Pour le tourisme, il faut éviter le plein hiver où les routes sont souvent enneigées.

 

S'y rendre. La voiture et le train sont les moyens de transport les plus pratiques.

GARE SNCF DU PUY-EN-VELAY - Plus d'informations sur le site

 

Utile. Pour préparer au mieux son escapade.

COMITÉ DÉPARTEMENTAL DU TOURISME DE LA HAUTE-LOIRE - Plus d'informations sur le site

OFFICE DE TOURISME DE L'AGGLOMÉRATION DU PUY-EN-VELAY - Plus d'informations sur le site