Naxos est connue pour ses couchers de soleil photographiés au ras des flots à travers la portara du temple d'Apollon. Mais l'île propose bien plus que des clichés : c'est tout simplement la plus complète des Cyclades. Déjà, c'est la plus grande et la plus haute de l'archipel. C'est aussi celle qui offre certaines des plus belles plages d'Europe (immenses étendues de sable blanc ou petites baies désertes) et certains des meilleurs sports de planche à voile et de kitesurf de Grèce. Elle est au coeur de toutes les légendes de la mythologie grecque avec des personnages comme Thésée, Ariane et de nombreux dieux à commencer par Zeus, Poséidon, Apollon et Dionysos. Son patrimoine culturel est unique, marqué par l'Antiquité (kouros d'Apollonas, temple de Déméter, pétroglyphes de la colline Koryfi t'Aroniou...), l'héritage byzantin (des dizaines d'églises construites entre le VIe et le XIIIe siècle, dont une très rare église " iconoclaste " près d'Apiranthos) et la très longue période " vénitienne " avec ses fameuses tours féodales, le kastro de Naxos-ville, sa cathédrale catholique et une importante influence française qui a perduré jusqu'aux années 1970. Ses nombreuses sources et sa riche agriculture en font aussi l'une des rares îles grecques autosuffisantes en eau et en alimentation. Ce terroir et ses diverses influences culinaires lui valent de proposer des produits uniques (pommes de terre, liqueur de cédrat, fromages, viandes) et quelques-unes des meilleures tavernes de Grèce, avec I Axiotissa, à Kastraki, comme fer de lance gastronomique. Enfin, Naxos est une île qui vit vraiment, sans trop dépendre du tourisme de masse (à part sur la côte ouest), avec ses coutumes, ses artistes, ses personnalités qui ont marqué l'histoire et la littérature du pays, ses grands villages à l'identité très marquée, comme Halki, où l'on trouvera (enfin !) de bonnes idées cadeaux à rapporter de ses vacances dans les Cyclades. Moins réputée et moins fréquentée que ses " rivales " Mykonos et Paros, elle propose pourtant un plus large éventail de possibilités et avec surtout plus d'authenticité.

Géographie. Sa large superficie 428 kilomètres carrés a valu autrefois à Naxos le surnom de " petite Sicile ". Le mont Zas (Ζας, en dialecte local Zeus) domine toutes les Cyclades du haut de ses 1 004 mètres. Le relief est ici assez haut pour accrocher les nuages. On compte ainsi de nombreuses sources qui ont permis à l'agriculture de se développer très tôt. Mais la principale richesse vient de son sol avec les carrières de marbre (moins réputé que celui de Paros) et les mines d'émeri, toujours exploitées. L'île compte aujourd'hui 18 000 habitants (les Naxiotes), dont un tiers résident dans la capitale, Naxos (χώρα, Hora ou Chora), sur la côte ouest. À l'intérieur des terres se dressent de merveilleux petits villages gardés par des tours " vénitiennes ". Les paysages se déclinent en hautes montagnes, vallées fertiles et plages variées.

Histoire. L'île a été habitée très tôt, dès le IVe millénaire avant notre ère. Les premières traces d'occupation ont été découvertes dans la " grotte de Zeus ", sur le mont Zas. Pendant des siècles, l'île profitera de sa position centrale et de ses carrières de marbre et d'émeri pour devenir un grand pôle commercial. Longtemps en concurrence avec l'île voisine de Paros, elle envoie ses colons à Amorgos, à Chypre et jusqu'en Sicile (dans la région de Messine, un village porte encore le nom de Giardini-Naxos). Au VIe siècle avant notre ère, le culte d'Apollon prend de l'ampleur à Naxos. En son honneur, la statue du Sphinx des Naxiens est envoyée au sanctuaire de Delphes. Vers 530, le tyran Lygdamis entreprend de lui consacrer un vaste temple sur l'îlot de Palatia, dans le port de l'actuelle capitale. Celui-ci ne sera jamais achevé mais deviendra, bien des siècles plus tard, le symbole de l'île. En 490 avant notre ère, pendant la première guerre médique, les Perses s'emparent de l'île. La ville et les temples sont incendiés. À peine sa puissance restaurée, Naxos se soulève contre Athènes, en 468 avant notre ère. L'île est assiégée, asservie et colonisée. Elle ne fera dès lors plus guère parler d'elle jusqu'à la prise de Constantinople par les croisés (1204). L'île est conquise par le Vénitien Marco Sanudo. Celui-ci fonde le duché de Naxos (1205-1579) qui s'étend à Paros, Antiparos, Milos, Sifnos, Kythnos et Syros. Cet État indépendant, de système féodal, tour à tour sous influence franque, byzantine, vénitienne et ottomane permet aux catholiques et aux orthodoxes de cohabiter librement. Après les raids corsaires turcs d'Amur (1344) et de Barberousse (1537), l'île passe progressivement sous contrôle ottoman. La présence ottomane est toutefois quasi inexistante. Le seul fonctionnaire, chargé des impôts, qui restait encore sur l'île s'enfuit à l'annonce du début de la guerre d'indépendance grecque en 1821. De ce fait, le contrôle des nobles italiens et français sur la population grecque reste très fort jusqu'au XIXe siècle. L'histoire de l'île sera ainsi marquée par de nombreuses révoltes antiseigneuriales, si bien que l'héritage français et vénitien n'est pas toujours très bien accepté de nos jours. Réputés fiers et prompts à prendre les armes, les habitants fournirent un contingent de 800 hommes pour la libération de la Crète (1866-1869). Durant la Seconde Guerre mondiale, l'île fut occupée par les Italiens, puis par les Allemands et libérée par la résistance locale le 15 octobre 1944.

Mythologie. Naxos est l'île de nombreuses légendes. La tradition veut que Zeus soit né et ait été élevé dans la grotte du mont Zas. C'est aussi ici que le forgeron Cédalion a enseigné l'art de travailler les métaux à Héphaïstos, dieu du feu, des forges et des volcans. C'est encore à Naxos que Poséidon est tombé amoureux d'Amphitrite en la voyant danser. Ni une ni deux, il enlève la belle, divinité de la mer de son état, pour l'épouser. De cette union (la seule légitime pour ce coureur de jupons...) naîtront le dieu marin Triton et ses soeurs Benthésicymé et Rhodé. L'île fut également le lieu de l'affrontement entre Poséidon et Athéna. Vaincu, le dieu de la mer dut abandonner Naxos qui fut confiée à Dionysos. Venant prendre possession de l'île, ce dernier est fait prisonnier par son propre équipage. Dionysos utilise alors ses pouvoirs de " super-héros " pour remplir le navire de lierre et transformer les avirons en serpents tout en faisant résonner des flûtes invisibles. Les pirates, devenus fous, se jettent à la mer en se transformant en dauphins. Ce prodige permet à Dionysos de prouver qu'il est un véritable dieu et de décrocher sa place sur l'Olympe. C'est enfin sur Naxos que Thésée abandonne Ariane qui vient pourtant de lui rendre un fier service en lui permettant, grâce à son fil, de sortir du labyrinthe du Minotaure. Les versions divergent sur les raisons de cet abandon. Avarie de bateau ou relations houleuses ? On ne saura jamais vraiment. Toujours est-il que c'est Dionysos qui prend la belle mortelle sous sa protection et l'épouse sur l'île. Ce célèbre épisode de la mythologie a été une source d'inspiration pour de nombreux artistes. Parmi eux, le Titien a représenté la scène dans le tableau daté de 1523 et intitulé Bacchus et Ariane (Bacchus étant le nom romain de Dionysos), tandis que Richard Strauss a signé l'opéra Ariadne auf Naxos (Ariane à Naxos) en 1912.

Plages et nudisme. Les plages les plus connues sont situées sur la côte ouest, au sud de Chora et de l'aéroport. Aghios Prokopios, Aghia Anna et Plaka sont les plus développées (hôtels, activités nautiques, etc.) mais aussi bondées en pleine saison. Pour trouver plus de calme, il faut passer par l'intérieur des terres, par le village de Vivlos, où une route permet d'accéder aux plages d'Orkos, Mikri Vigla, Kastraki, Aliko et Pyrgaki, toujours sur la côte ouest. Toutes les plages de la côte ouest sont accessibles en bus depuis Chora et restent assez calmes. Pour trouver des plages les moins fréquentées, il faut aller à celles d'Agiassos (côte ouest, à 11 kilomètres de Sangri, aucun bus), Kalantos (pointe sud, aucun bus), Lionas (côte est, à 10 kilomètres de Koronos, aucun bus), Moutsouna (côte est, deux bus par jour depuis Chora), ou Kanaki (au sud de la plage de Moutsouna, 2 bus par jour en été). Naxos fut pendant longtemps La Mecque du naturisme dans les Cyclades. Jusque dans le milieu des années 2000, même les grandes plages du sud de Chora étaient fréquentées par les " non-textiles ". Désormais, en haute saison, la mixité n'est plus de mise sur les plages les plus développées. Lorsqu'il n'y a aucun " textile ", on peut toutefois encore se baigner nu au sud de la plage de Plaka, dans les petites baies au nord de la plage de Pyrgaki et à Psili Amos (aucun bus).

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