Guide des Alpes : Histoire

En préambule à cette brève histoire des Alpes, nous voudrions signaler combien il est difficile, voire impossible, d'écrire une histoire des Alpes quand l'histoire de chacune des régions composant cet endroit est aussi riche que l'histoire de France. La Savoie, le Dauphiné, la Provence sont les trois grandes régions qui marqueront l'histoire d'un massif qui se développa différemment au nord et au sud, autrement en haute montagne que dans les Préalpes. Toutes ces particularités donnent une histoire plurielle que l'on racontait à la veillée. Cette mémoire, propre à chaque vallée, à chaque village, vous la retrouverez en vous promenant dans notre guide.

Quelques personnages célèbres et méconnus des Alpes

Pierre Terrail de Bayard (1475-1524). Qu'on se rappelle son extraordinaire défense sur le pont de Garigliano, seul contre tous. Le chevalier sans peur et sans reproche est né à Pontcharra en 1476. C'est lui qui fit chevalier François Ier, à la demande du roi, à Marignan. Il mourut au combat en Italie.

Le Connétable Lesdiguières (1543-1626). François de Bonne, duc de Lesdiguières, l'homme le plus remarquable de l'histoire du Dauphiné, grand personnage dauphinois, est né dans le joli village qu'est Saint-Bonnet-en-Champsaur le 1er avril 1543. Il doit son immense notoriété à ses exploits guerriers et politiques qu'il accomplit tel un souverain.

Casimir Perier (1777-1832). Né à Grenoble. D'abord régent de la Banque de France, il est élu député. Membre de l'opposition libérale, il se rallie à Louis-Philippe pendant la Révolution de 1830. Président du Conseil, il mena une politique dure et réprima fortement les manifestations sociales, telles que les révoltes des canuts à Lyon.

Saint François de Sales (1567-1622). Un homme indissociable de l'histoire des Alpes du Nord. Né près de Thorens, François de Sales décide de rentrer dans les ordres très jeune alors qu'une brillante carrière de magistrat s'ouvrait à lui après ses études à Paris et à Padoue. Il devient évêque d'Annecy-Genève en 1602 et évangélise sans relâche son diocèse. Il fonde l'ordre de la Visitation en 1610, qui compte encore aujourd'hui près de 200 monastères à travers le monde entier, et sera canonisé dès 1666. Il ne faut pas manquer les écrits du grand homme à l'origine de l'Académie florimontane.

Préhistoire

Imaginez-vous 20 000 ans avant Jésus-Christ, alors que l'immense glacier qui recouvrait la plaine jusqu'à Lyon et Valence commence doucement à se retirer vers les montagnes... Il faudra attendre encore 8 000 ans pour que l'homme commence à s'aventurer vers les Alpes et d'abord vers les Préalpes où il trouvera, creusé par l'eau dans la roche calcaire, son premier habitat : les grottes. Entre plaine et montagne, nos lointains ancêtres commençaient à profiter ici de tous les plaisirs de la vie. Pour commencer, ce site bien à l'abri en bordure d'eau devait attirer le gibier et éviter aux chasseurs de parcourir des kilomètres pour traquer le renne, le cheval, voire même le mammouth pour les plus anciens.

Les plus vieux qui se servirent de ce lieu de repos et de chasse furent les Magdaléniens - environ 10 000 ans avant Jésus-Christ. Le climat était alors rude et la grotte un refuge où l'homme craignait moins ses prédateurs. Ensuite, vinrent les Aziliens, qui vécurent sous des cieux plus cléments, chassant avec des armes plus sophistiquées cervidés et marmottes. Ils venaient à la grotte en hiver pour se tenir au chaud. Tous ces chasseurs nous ont laissé des traces de leurs passages et l'on peut aujourd'hui encore en découvrir notamment dans le Vercors ou dans le Royans.

Avec le radoucissement progressif du climat, l'homme va s'aventurer de plus en plus haut et loin pour commencer à vivre de l'agriculture pastorale élevant des moutons et des boeufs. Sortant de la grotte, il construit des abris pour se protéger de la rudesse du climat et cherche à étendre son territoire : le Champsaur est occupé par les Tricores, dont les possessions débordent en Valgaudemar et en Dévoluy. Les Uceni occupent l'Oisans alors que les plus hautes vallées alpines sont propriétés de peuples ligures : les Brigiani sont implantés autour de Briançon et du mont Genèvre, les Quariates dans le Queyras.

Mais l'homme s'installe surtout au bord des lacs faisant naître ce que l'on appellera des civilisations lacustres dont les plus célèbres seront celles qui s'étendront autour du lac de Paladru et du Bourget.

Antiquité

Au nord des Alpes, les Allobroges, peuple celte, ont pris le contrôle du territoire, refoulant les populations primitives plus loin dans les montagnes. Ce peuple civilisé laissera de nombreuses traces de son passage. Mais pendant que les Allobroges s'installent, un autre événement va bousculer l'histoire de la région : la fondation de Rome.

Le premier contact entre les Alpes et Rome sera plutôt curieux, puisqu'il se fera en - 218 avant Jésus-Christ grâce à Hannibal, général carthaginois, qui cherche à prendre à revers les troupes de l'armée romaine. Ce fameux Hannibal avec ses 40 éléphants et ses 40 000 soldats dont on ne sait toujours pas quel col ils franchirent, quelles routes ils empruntèrent pour traverser les hautes montagnes. Les Romains, en 121 avant Jésus-Christ, réduisent à néant les troupes locales et créent la province narbonnaise. Les résistances, quoique sporadiques, durent quelques décennies mais, dès le milieu du Ier siècle avant Jésus-Christ, les habitants du massif alpin se sont complètement intégrés à la civilisation romaine.

Les Romains entreprennent la construction de plusieurs via au cours de ce même siècle. Pour permettre l'accès en Gaule, ils construisent plusieurs voies alpestres, le plus souvent en utilisant des tracés préexistants.

Ainsi, la route reliant Arles à Suse par la vallée de la Durance et le Montgenèvre est-elle aménagée à cette époque tout comme celle reliant Gap à Valence par la vallée de la Drôme. De petites routes, moins " luxueuses " que ces dernières, sont également mises en chantier. Elles sont principalement destinées à favoriser les déplacements militaires.

Les Romains imposent leur domination sur la région non pas en envoyant de nombreux colons, mais plutôt en créant de nouvelles villes pour leur donner le statut de colonies ou en offrant ce même statut à des agglomérations préexistantes. Les villes de Die, d'Embrun et de Luc-en-Diois appartiennent à cette seconde catégorie.

Si l'implantation politique et économique romaine a été rapide, il n'en est pas de même pour la religion qui demeure simplement religion officielle. Le peuple, lui, n'adhère pas à cette religion qu'il juge trop " sèche ".

La région, tout comme l'ensemble de l'Empire, prospère sans encombre jusqu'au milieu du IIIe siècle après Jésus-Christ. Les barbares commencent alors, à intervalles plus ou moins réguliers, à effectuer des raids souvent dévastateurs. Les villes se fortifient peu à peu et le commerce n'en sort pas favorisé. Les Burgondes s'installent finalement sur l'ensemble du massif dans la seconde moitié du Ve siècle.

Moyen-âge

Les fils de Clovis, roi des Francs, s'emparent du royaume burgonde vers 530 et le conservent jusqu'au traité de Verdun en 843. Cette période est assez mouvementée dans les Alpes, comme dans l'ensemble de l'Europe. Les limites de la Bourgogne d'alors, à laquelle appartenaient les Alpes, varient fréquemment. Le partage de 843 clarifie les choses : le territoire alpin est désormais sous la domination de Lothaire et fait partie du royaume de Provence. Cette agitation ne profite évidemment pas à la population qui souffre, en outre, du développement fort de l'Islam autour de la Méditerranée et de la présence des Lombards de l'autre côté des Alpes. Deux facteurs qui réduisent encore les échanges commerciaux. Les villes et villages vivent alors de plus en plus en autarcie. Les invasions, principalement sarrasines, qui vont commencer dès le Xe siècle ne font qu'empirer les choses. Les habitants se regroupent alors peu à peu autour des seigneurs qui remplacent d'autant plus facilement le pouvoir royal que celui-ci est défaillant. Au Moyen Âge, la région se couvre de nombreux châteaux en des points stratégiques qui sont autant de sites remarquables dominant les vallées de leur nid d'aigle.

L'année 1029 est très importante dans l'histoire de la région et de la France en général. La femme du dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III, cède à l'archevêché de Vienne le comté de Viennois. L'archevêque, aussitôt, le transmet à deux seigneurs avec lesquels il est parent. Guigue le Vieux, sire de Vion, obtient le Sud et Humbert aux Blanches-Mains le Nord. Ces deux nouveaux Etats vont devenir le Dauphiné et la Savoie et s'entre-déchirer pendant plusieurs siècles.

A la recherche de la paix intérieure, mais aussi d'une paix physique, ce sont les religieux qui vont marquer de leur empreinte nos montagnes en quête de solitude et de recueillement. Ainsi, peu après le tournant de l'an 1000, trois ordres monastiques majeurs vont voir le jour dans les montagnes iséroises : les chartreux, les antonins et les chalais. D'autres ordres - bénédictins, augustins et cisterciens - s'installent dans des lieux plus ou moins accessibles comme Léoncel juché sur les contreforts sud-ouest du Vercors. Autant dire que toutes les conditions, bon air et quiétude, sont réunies dans ces montagnes pour la méditation. Peut-être que les moines qui fondèrent les nombreuses abbayes entre le XIe et le XIIe siècle avaient-ils besoin de ce calme extraordinaire pour dresser des édifices au milieu d'une nature sauvage ? L'art roman peut alors s'épanouir à travers les Alpes et l'on ne compte pas les chefs-d'oeuvre d'églises et d'abbayes, empreints de la rusticité propre aux édifices de nos montagnes.

Le très vaste Dauphiné aiguise rapidement l'appétit des rois de France qui doivent cependant attendre près de trois siècles et demi, avant de mettre la main sur ce territoire, en 1349. Cette opération, très avantageuse pour le royaume de France, n'est rendue possible que par la mauvaise gestion du Dauphiné par Humbert II dont les goûts pour le luxe mènent rapidement la province à la ruine. Le Dauphiné est ainsi vendu au petit-fils du roi de France, Charles VI, et non pas au roi lui-même. Cette condition permet de ne pas trop froisser l'empereur puisque le Dauphiné ne devient pas possession d'un roi mais d'un prince, et d'éviter également que ce prince ne crée un état indépendant puisqu'il deviendra lui-même, par la suite, roi de France. Depuis ce moment et jusqu'à la fin de la monarchie, le fils aîné du roi portera donc le titre de Dauphin. Le premier à séjourner réellement dans le Dauphiné sera le futur Louis XI, né en 1423. Il y apprendra son métier de roi et sera apprécié de ses sujets. Il réforme également les institutions judiciaires de la province et aide à la création de l'université de Valence. L'économie est alors très diversifiée : le vin, le chanvre, le bois et les fruits sont les principales sources de richesses des Alpes, sans compter la laine que file chaque famille.

Le massif alpin étant alors riche en minerais - fer dans la vallée de l'Allevard, or et argent près de l'Alpe d'Huez... -, l'activité minière occupe une place importante dans l'économie locale. Les difficultés de communication, pourtant bien réelles, n'empêchent pas le commerce d'être actif, les rivières, l'Isère par exemple, pouvant alors servir de moyen de liaison.

Les débuts de l'intégration du Dauphiné dans le royaume de France sont difficiles. La guerre de Cent Ans vient de débuter et, en 1348, la peste noire fait des ravages. Elle provoquera la mort de 25 millions de personnes en Europe, dont 10 millions en France soit 50 % de la population. Le Dauphiné ne prend pas une part importante dans la guerre - même si la noblesse dauphinoise s'y illustre à plusieurs reprises - mais subit de plein fouet la peste. Il lui faudra, comme pour le reste du Royaume, patienter plus de trois siècles avant de retrouver des conditions démographiques équivalentes à celles du milieu du XIVe siècle. Bon an mal an, le Dauphiné s'intègre toutefois au reste du royaume de France. C'est le futur Louis XI qui lui donne finalement des institutions claires et rigoureuses et qui fait prêter serment de fidélité aux seigneurs locaux.

De la Renaissance à la Révolution

Les Alpes fortifiées, conquête et défense du territoire

Les guerres d'Italie, que mèneront Charles VIII, Louis XII et François Ier, feront beaucoup souffrir le Dauphiné : le Montgenèvre est le passage le plus fréquemment emprunté pour mener les troupes de l'autre côté des Alpes. Bien entendu, comme c'est la " règle " à l'époque, les soldats se ravitaillent sur place, des troupes sont levées localement et les impôts sont augmentés ce qui ne fait qu'accroître les difficultés de la région.

La Réforme protestante trouve un écho très favorable dans ce Dauphiné si proche de la Suisse et de l'Allemagne, ses principaux foyers. Une partie de l'Eglise catholique s'y montre favorable ainsi qu'une large majorité de la noblesse. Pourtant, la haine entre les deux parties est ici plus vive encore qu'ailleurs. De nombreux massacres ont lieu dont ceux, tristement célèbres, " orchestrés " en 1562 par le baron des Adrets qui fait alors souffler un vent de destruction et d'horreur sur Valence, Grenoble ou Vienne. Plusieurs seigneurs profitent du tumulte pour tenter de s'approprier les commandes du Dauphiné et c'est le duc de Lesdiguières, fin politique et chef de guerre efficace, qui s'impose finalement à la fin du XVIe siècle. Il réussit, grâce à une rigueur et une fermeté de tous les instants, à relever le Dauphiné de ses cendres et à faire cohabiter, non sans mal, catholiques et protestants. Il lance de vastes travaux d'urbanisme - il fit notamment construire la célèbre Bastille de Grenoble, précurseur des sites fortifiés à travers les Alpes - et il obtient en 1622, honneur suprême, le titre de connétable de France. Il sera le dernier à porter ce titre.

Mais la grande oeuvre de défense des Alpes pour protéger la France de l'envahisseur, enfin le croyait-on alors, sera menée par Vauban, commissaire des fortifications qui, à partir de 1693, entreprit sous l'ordre de Louis XIV de verrouiller les Alpes par des constructions toutes plus héroïques les unes que les autres. On peut encore admirer ces travaux gigantesques en visitant les places fortes qu'il fit établir entre Antibes et Briançon, citadelles imprenables comme les deux forts de Colmars-les-Alpes ou la vieille ville de Briançon.

La fin du siècle est marquée par le lent affaiblissement des protestants, principalement pour cause de mesures royales prises à leur encontre. La révocation de l'Edit de Nantes, en 1685, provoque l'émigration de la plupart des réformés vers la Suisse et l'Allemagne ce qui, comme un peu partout en France, provoque une crise économique importante.
En outre, le Dauphiné doit une nouvelle fois faire face à une terrible menace extérieure : en 1692, le duc de Savoie franchit le col de Vars et entre en Dauphiné ! La résistance intérieure, très forte, permet finalement de résister à l'envahisseur : le Dauphiné reste français. La Savoie est occupée par la France entre 1690 et 1696 et entre 1703 et 1713. Mais jusqu'en 1860, elle restera la partie cisalpine et septentrionale du royaume assez hétéroclite de Piémont-Sardaigne. S'ouvre alors un XVIIIe siècle qui sera relativement calme et prospère jusqu'à la Révolution qui trouve un terrain très favorable et très actif dans le Dauphiné comme en Savoie : on applaudit à Chambéry en 1792 l'arrivée des troupes de la Révolution.

De la Révolution au XXIe siècle

Le coup d'Etat du 18 Brumaire aura, comme partout en France, des conséquences positives et négatives. Certes, le rétablissement de l'ordre fut bénéfique mais les guerres napoléoniennes font payer un lourd tribut aux habitants des Alpes. Le bref retour de Napoléon depuis l'île d'Elbe connaît un écho favorable dans la région et principalement à Grenoble. On se souviendra de l'épisode de Laffrey qui témoigne bien de l'attachement du Dauphiné à l'Empereur et peut-être plus encore à la foi libérale en général. La Révolution de 1848 est également bien accueillie dans le Dauphiné, surtout en Isère, peut-être un peu moins dans les Hautes-Alpes. La Savoie, en 1860, est donc définitivement rattachée à la France ce qui marque la fin des tensions entre les deux provinces dont l'histoire se confondra désormais avec celle de la France.

A l'ère d'un nouveau millénaire où les territoires se fédèrent entre eux, les Alpes semblent former une barrière que l'homme a encore des difficultés à franchir. Séparées entre deux régions, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur, pas moins de cinq départements, sans compter avec les nombreux pays frontaliers, les Alpes n'offrent pas une perspective d'union, si ce n'est pour l'environnement qu'il faut préserver. Les alpins semblent être attachés à une certaine forme d'indépendance qui se manifeste surtout dans les Alpes du Nord où l'on peut souvent lire des slogans favorables à l'autonomie des pays de Savoie. Pourtant, les Alpes qui furent longtemps considérées comme une frontière naturelle, un lieu où chaque vallée avait sa propre histoire et sa propre identité s'ouvrent de plus en plus au monde, notamment grâce à de nouvelles voies de communication comme celle du grand projet Lyon-Turin.

L'habitat traditionnel. Plutôt que de parler de chalet, il nous faut parler de l'habitat traditionnel des Alpes qui se développe surtout à cette période où les populations se fixent pour créer des villages, des hameaux de vie autour d'alpages, de sources, de forêts. Car, bien avant les chalets qui découlent des abris d'alpage, les hommes avaient conçu des maisons de pierre, serrées les unes contre les autres comme pour se protéger du froid et de la neige. Construire en montagne, c'est construire avec ce que l'on a sous la main, car importer des matériaux est beaucoup trop compliqué et beaucoup trop onéreux. Dans les pays forestiers, les habitations sont donc en bois comme dans les Bauges ou dans le Haut Dauphiné, mais il reste peu de traces de cet habitat souvent détruit par le feu. Par contre, dans les zones d'éboulis ou sans forêts, les maisons sont construites en pierre et le bois est réservé aux charpentes et pour les balcons. Les toits peuvent également être indifféremment en tuiles de bois - ancelles et tavaillons des Alpes du Nord - ou en lauzes épaisses de schiste gris pour supporter le lourd fardeau du manteau neigeux. L'architecture à travers les Alpes a dû s'adapter aux climats, aux pentes pour abriter les hommes, mais aussi les bêtes et les récoltes précieuses - qui étaient stockées à l'étage pour les protéger du froid. Si chaque région a répondu à sa manière aux contraintes de l'environnement - toits débordants en forte pente dans les pays de neige, grands balcons pour se réchauffer dans les pays ensoleillés, etc. -, il existe malgré tout des constantes souvent liées à la fonctionnalité de l'habitation : toutes les maisons sont massives avec le minimum d'ouverture pour garder la chaleur et repousser le froid.

La fin du XIXe siècle voit le désenclavement progressif de la région, surtout dans les Alpes du Nord, grâce à l'arrivée du chemin de fer et à la construction de nombreuses routes carrossables. Les Alpes sont en effet innervées de larges vallées glaciaires, propices aux communications routières et ferroviaires. Les vallées de l'Arve et, plus encore, de l'Isère, en sont les meilleurs exemples. La situation est un peu moins favorable au sud où seule la vallée de la Durance permet un accès réellement facile dans le massif. Le train est arrivé précocement dans les Alpes : 1856 pour Grenoble, 1878 pour Briançon et a permis au massif de se moderniser plus facilement.

Le XXe siècle est celui de l'aménagement routier avec, comme point d'orgue, la construction des autoroutes vers les grandes villes du nord - Grenoble, Chambéry et Annecy - et le percement des tunnels du Mont-Blanc et du Fréjus. Le TGV constitue également un atout indéniable. Il reste vrai que tous ces aménagements n'éviteront tout de même pas les fameux embouteillages hivernaux, dont nombre de touristes subissent toujours chaque année certains désagréments.

Là encore, les Alpes du Sud sont moins bien loties : certes le TGV touche Valence, mais on ne relève toujours pas de continuité autoroutière parfaite entre Grenoble et Gap, les tronçons réalisés récemment au nord comme au sud oublient encore plus de 80 km de routes nationales ! Il en va de même dans le domaine aérien. Si les Alpes du Nord, avec les aéroports de Grenoble, de Chambéry, de Lyon et de Genève, sont très bien desservies, les Alpes du Sud ne possèdent aucun aéroport digne de ce nom, celui de Gap restant commercialement sous-utilisé depuis longtemps.

La Première Guerre mondiale épargne totalement, d'un point de vue " visible " bien sûr, les Alpes qui ne sont le théâtre d'aucune opération militaire, et si les troupes ennemies ne passent pas vers les Alpes, ce sont d'autres " envahisseurs " bien pacifistes qui vont venir découvrir nos montagnes.

Car voilà bien le tournant de ce siècle qui arrive avec l'avènement du tourisme. Les premiers venus sont d'abord les soldats de la Grande Guerre atteints de la tuberculose et quelques mondains aisés qui vont découvrir les charmes des premières stations thermales comme Aix-les-Bains, avec leur architecture faite d'hôtels luxueux et de bâtiments flamboyants.

A cette époque, on s'observe entre touristes - le mot de Stendhal fera fortune au XXe siècle - et alpins et la pratique de l'alpinisme n'est encore réservée qu'à une petite élite fascinée par les sommets. Comme les premiers hommes, les touristes vont conquérir petit à petit les hautes montagnes, encouragés par des entrepreneurs qui vont créer, les premières véritables stations de sports d'hiver à partir des années 1930 - notamment Megève qui reste encore le domaine d'une certaine élite -, alors que les premiers Jeux Olympiques d'hiver vont se tenir à Chamonix en 1924.

C'est aussi l'époque de la houille blanche qui va servir de fer de lance à l'industrie alpine : en tête, Grenoble et sa région, la houille blanche ayant été utilisée pour la première fois à Lancey, en 1869.

La Seconde Guerre mondiale. Tout s'annonçait bien pour les Alpes, mais la Seconde Guerre mondiale allait marquer le pas. La Savoie et le Dauphiné, pendant l'Occupation, se distinguent à partir de 1942-1943 par des effectifs de résistants particulièrement importants. Il faut dire que le terrain se prête facilement au camouflage et aux opérations " coup de poing " qu'organisent fréquemment les maquisards les plus actifs. Les deux maquis de la forteresse du Vercors - Isère et Drôme - et des Glières - Haute-Savoie - ont écrit alors les pages parmi les plus héroïques et les plus tragiques de la Résistance.

L'après-guerre voit, comme partout en France, les zones rurales se dépeupler au profit des grandes villes de plaine. Grenoble est ainsi, dans les années 50-60, la ville de France qui connaît le plus fort taux d'accroissement. La ville se classe aujourd'hui à la 16e place française et son agglomération à la 11e place. L'industrie se concentre dans les zones les plus basses ne laissant guère aux vallées d'altitude que l'énergie hydroélectrique comme source d'énergie. L'industrie lourde de l'aluminium saura en profiter. En altitude, c'est le boum des sports d'hiver qui sont popularisés par le retour des Jeux Olympiques dans les Alpes - Grenoble - en 1968. C'est l'avènement des grandes stations aux barres informes et imposantes qui vont défigurer une bonne partie du massif alpin, mais aussi apporter de nombreux emplois aux enfants du pays qui souhaitent rester et vivre toute l'année au village - combien de paysans sont-ils devenus moniteurs de ski ?

De nos jours

Aujourd'hui, plus de 50 ans après les J.O. de Grenoble en 1968 et 27 ans après les J.O. d'Albertville de 1992, les Alpes demeurent le massif montagneux le mieux aménagé au monde dans le domaine des sports d'hiver. Si des zones moins développées subsistent, surtout dans le sud du massif, les Alpes françaises dans leur ensemble font aujourd'hui partie des régions les plus dynamiques d'Europe.

Les Alpes sont le massif le plus attractif pour les vacanciers d'hiver. Environ, quatre Français sur cinq choisissent les Alpes. Cette proportion est à peu près la même pour les touristes étrangers passant les vacances d'hiver en France. Mais on constate que les Alpes du Nord attirent la grande majorité des touristes, avec des domaines skiables parmi les plus grands du monde, alors que les Alpes du Sud ont bien des difficultés - liées également à la période d'enneigement - à attirer à elles la clientèle.

Cette disparité se retrouve dans le domaine de l'urbanisation. Les Alpes du Nord, sans compter Genève dont l'agglomération déborde largement en France, possèdent une métropole d'envergure, Grenoble et ses 160 000 habitants (670 000 avec l'agglo), et deux villes importantes, Annecy et Chambéry, qui comptent chacune plus de 200 000 habitants avec agglomération. La plus grande ville des Alpes du Sud est Gap dont la population dépasse difficilement les 40 000 habitants. Le contraste est aussi saisissant économiquement : à un Nord actif, industriel et profitant largement du tourisme général et d'affaires, s'oppose un Sud plus rural où les villes les plus importantes se cantonnent à des rôles administratifs et commerciaux et où le tourisme, certes bien réel, ne constitue pas vraiment un élément moteur. Même s'il a permis d'enrayer depuis deux décennies le déclin démographique qui semblait encore inéluctable dans les années soixante-dix ! Globalement, tout oppose encore les deux Savoie et leur bon million d'habitants et les deux départements du Sud, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence, qui ne totalisent pas 300 000 habitants.

Les premières, parce plus fréquentées, les Alpes du Nord (qui représentent 76 % de l'espace neige national, alors que les Alpes du Sud représentent 13 % de cet espace neige) ont dû protéger l'environnement en créant des parcs naturels, dont celui de La Vanoise, le premier en France (1963). L'homme prend conscience que les Alpes sont un territoire à préserver. L'urbanisation, le tourisme de masse et la pollution ont abîmé la montagne. Aujourd'hui, il faut faire la queue en été pour grimper au sommet du mont Blanc, il faut attendre parfois des heures dans les stations en hiver, Albertville et Grenoble sont parmi les villes françaises les plus polluées... Mais les Alpes sont pleines d'avenir. Nouvelles technologies, respect des traditions, modèle écologique, ferroutage, laboratoire du vivant, elles accueillent toutes les énergies nouvelles partageant au coeur de l'Europe une histoire sans frontières.

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