Le massif du Makay se situe au Sud-Ouest de Madagascar. Il s'étend du nord au sud sur une longueur de 120 km à vol d'oiseau, d'est en ouest sur 50 km. C'est une région difficile d'accès et isolée, un pur paradis pour les randonneurs aujourd'hui. Les Baras, peuple semi-nomade, y habitent : leur tradition est d'enflammer les forêts pour fertiliser les zones à cultiver, ce qui se traduit par une déforestation intensive. Récemment, on y a découvert les premières peintures rupestres de Madagascar dans plusieurs grottes (Mahatigny, Faratsay, Lac Noir...) et abris sous-roches (environ 450 à ce jour). Les plus anciennes sont pour le moment datées du 8ème siècle. On y retrouve aussi des signes de la pratique du sikydi, une sorte de géomancie héritée des Arabes. Ceux qui ont déjà baroudé du côté de l'Australie noteront une ressemblance plus que troublante avec les Bungles Bungles d'Australie Occidentale.

On a recensé sur place plus de 2 000 espèces, dont 150 de fourmis (5 inconnues), 34 nouvelles espèces d'insectes, 1 nouveau rongeur (l'olinguito) et 9 espèces de lémuriens, ainsi que le Pachypanchax, un poisson microscopique.

L'association Naturevolution, qui mène depuis 2007 des expéditions scientifiques sur place, a obtenu en 2015 le statut d'aire protégée pour ce milieu naturel et culturel absolument fascinant.

L'accès

On pénètre dans le massif, soit par le nord depuis Malaimbandy, soit par le sud depuis Beroroha (accessible depuis Ranohira, dans le massif de l'Isalo). Quelques agences commencent à se balader dans la partie sud, pour le nord il y a Malagasy Tours.

Le trek

Randonner dans le massif du Makay, et qui plus est, le traverser, permet de découvrir différents types de terrains. Les plus caractéristiques sont des canyons profonds et des failles rectilignes qui lézardent les montagnes. Les canyons sont dus à l'érosion des plateaux de grès jaunes par l'eau, et ils forment de véritables labyrinthes. Les treks s'engouffrent le long de couloirs encaissés, parfois très étroits, dans de l'eau limpide sur un fond de sable plus ou moins mou. La fraicheur et l'humidité entretiennent une végétation assez dense.

Pour accéder à ces canyons, il faut souvent traverser des amas de rochers, des troncs d'arbres, des poches de végétation qui en obstruent l'entrée. La progression est très lente : il faut avoir un grand sens de l'équilibre, être souple, leste et agile, le risque de chutes est grand.

La sortie des canyons n'est pas simple non plus. Pour rejoindre le plateau, la montée est lente le long de la paroi, la roche est friable ; chaque pas, chaque prise doivent être assurés. Certains segments sont assurés avec des cordes.

Sur le plateau, un paysage grandiose se découvre. Le terme de " croûte terrestre " trouve tout son sens : des sommets, des crêtes, des mamelons à perte de vue... Ces plateaux sont rarement plats, ça monte et ça descend sans cesse. Il peut y faire très chaud. Le sol est recouvert de galets ronds, ovales qui entravent la marche. Puis les larges plaques de grès bien rugueux dont sont recouverts les plateaux accrochent bien. En revanche les mains souffrent lorsqu'il s'agit de s'appuyer ou de se retenir à ce type de roche. De belles prairies d'herbes dorées recouvrent aussi ces plateaux. Il faudra éviter les " karibo ", ces petites ronces de la même couleur que l'herbe, qui griffent violemment les chevilles et les mollets. Un pantalon de toile est recommandé.

Puis on découvre les saka-saka. Ce sont des successions de montées et de descentes à flancs de collines qui peuvent être pénibles. Parfois on doit les contourner par le haut, mais bien souvent il n'y a pas d'autre choix que de descendre au fond de ces petites vallées, de rentrer dans la végétation, pour remonter aussitôt.

On traverse encore sont des poches de forêts sèches. Elles sont assez fréquentes. C'est dans cet environnement que l'on peut apercevoir des lémuriens. Le gidro (fulvus fulvus) et le sifaka (propithèque blanc) y habitent. Nous précisons bien " apercevoir " car ces animaux n'étant absolument pas habitués à la présence humaine par ici, l'observation est des plus difficiles et la photographie quasi impossible.

Dans ces forêts, pas de sentiers, c'est à la machette que l'on avance. Il faut fréquemment se plier, enjamber et se débattre avec une végétation un peu envahissante. Attention ici aux attaques sournoises du " takilotra " ce vilain haricot poilu dont les poils très volatiles grattent terriblement. C'est la hantise des porteurs, ils sauront les détecter et vous les montrer afin de les éviter.

Peu de faune dans le massif. Outre les lémuriens, on voit des lézards, des caméléons, quelques rares petits serpents, toujours inoffensifs et des oiseaux tels que les milans ou les polyboroïdes rayés.

Conseils pratiques

L'altitude au Makay n'est jamais importante, entre 400 et 900 m. Le sommet du massif culmine à 1 000 m. Le dénivelé peut être au maximum de 200 à 300 m pour une seule journée. Les montées sont souvent raides voire très raides et l'effort bien que court est intense.

Les rivières sont nombreuses. Le massif est entouré de trois grands fleuves : à l'ouest le Morondava, au sud le Mangoky, à l'est le Sakena. Tous les autres cours d'eau sont des affluents.

Les chaussures devront être en toile afin de sécher rapidement, montantes pour tenir la cheville, avec des semelles bien agrippantes. Mais le sable est tenace ! Et la chaussure " spécial Makay " reste à inventer !

Une part importante à la réussite de ce genre trek réside dans la présence d'une équipe de porteurs et d'un guide local. N'amenez pas plus de 12 kg pour les porteurs, qui doivent en plus s'occuper du matériel de cuisine et de camping, et 5 kg pour votre sac à la journée.

Lors de ce trek, il faut être en autonomie totale. Seuls quelques villages dans les alentours du massif possèdent une épicerie, voire un marché hebdomadaire.

Les bivouacs sont posés souvent sur les bancs de sable à proximité de l'eau. Il est donc possible, quasiment chaque soir, de se laver, de se baigner mais aussi de faire une petite lessive - d'où l'inutilité d'apporter trop de vêtements. Les soirées près de l'eau peuvent être fraîches. Ayez donc un duvet de qualité et une polaire. Prévoir un produit répulsif, même s'il n'y a pas beaucoup de moustiques.

L'eau des canyons, vallées et rivières est alimentée par de nombreuses sources. Elle y est claire, limpide et potable. Toutefois, ayez toujours Micropur ou Hydroclonazone à portée de mains.

Enfin, n'oubliez pas chapeau ou casquette, lunette de soleil, bâton de marche, crème solaire, lampe de poche (+ piles) et 2e voire 3e batterie pour vos appareils photo.

A voir, à lire. Il faut absolument voir le film Makay, les aventuriers du monde perdu, écrit par Evrard Wendenbaum. Lire aussi A la découverte du dernier éden, aux éditions La Martinière (avec 28 images inédites en 3D).

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