MONASTÈRE DE CAPRIANA

Site naturel à découvrir

L'avis du Petit Futé sur MONASTÈRE DE CAPRIANA

Plaque millesim 2018

Sur le territoire de l'immense forêt qu'on nomme Codrii s'impose une merveille, le monastère de Capriana. Depuis la route en venant de Chişinău, il se révèle, majestueux. Très ancien, il est le représentant du monde spirituel orthodoxe en Moldavie, et son histoire, souvent mise en parallèle avec celle du pays, en fait un symbole de lutte et de renaissance nationale.
On attribue sa véritable date de création à l'année 1429, même si certains documents évoquent déjà la présence d'un temple dans ces forêts séculaires quelques décennies après la fondation du pays moldave en 1359. Pendant des siècles, Capriana a été sous la protection successive des grands princes dirigeants de Moldavie. Alexandru cel Bun, Stefan cel Mare, Petru Rares et Alexandru Lapusneanu en sont les fondateurs, les conservateurs et les bienfaiteurs.
A l'origine, un document atteste qu'en 1429 Alexandru cel Bun fait don du monastère de Visnecat (nom initial et nom de la source sur le site) à son épouse la princesse Marena, ce qui laisse entendre que le territoire était une propriété princière à l'époque. La gestion était assurée par le prieur Ciprian dont le nom pourrait être à l'origine de celui du monastère. Bien qu'il existe une autre version...

Les interventions successives des princes :

Alexandru cel Bun (prince de Moldavie entre 1400 et 1432)

A son époque, le fief du monastère comprend une église en bois, des cellules, des rûches, un moulin et quelques hameaux. Marena laissera en héritage une broderie de vêtement ecclésiastique confectionnée entre 1427 et 1431, considérée comme une des plus anciennes du genre conservées jusqu'à nos jours.

Stefan cel Mare (prince de Moldavie entre 1457 et 1504)

Il est le donneur d'ordre pour la construction de l'église en bois, celle de l'Assomption de la Vierge, entre 1491 et 1496 (l'église de l'Assomption de la Vierge sera reconstruite en pierre au XVIe siècle). Les travaux conséquents qu'il engagera en font le fondateur principal du monastère de Capriana. Ce personnage est à nouveau évoqué dans une légende concernant le site, selon laquelle, à la suite d'une bataille effrénée contre les Tatars, alors réfugié dans une clairière, il voit une biche fendre le paysage poursuivie par un loup. Emu de cette image symbolique, il décide l'édification du monastère. (" biche " est caprioara en roumain... c'est peut-être l'autre origine du nom de Capriana).

Petru Rares (prince de Moldavie de 1527 à 1546)

Pendant les période des invasions turques, le monastère est régulièrement détruit et dévasté, Petru Rares participe alors à des travaux de reconstruction et de restauration et tente de le maintenir debout.

Alexandru Lapusneanu (prince de Moldavie entre 1552 et 1568)

Le prince continue le travail de conservation et de fortification du site mais, malgré les efforts, dès la fin XVIIe siècle, le monastère connaît une période de déclin. En 1698, sa gestion est mise dans les mains du monastère Zographe du Mont Athos.

Métropolite Gavriil Banulescu Bodoni

Début XIXe, dès son arrivée, le métropolite trouve le lieu dans un état lamentable, délaissé. Il entame alors la restauration de l'église de l'Assomption de la Vierge et fait en sorte que le monastère revienne sous la tutelle des autorités ecclésiastiques de Bessarabie. Le monastère était son lieu de résidence, mais il fut aussi sa dernière demeure. Ce personnage qui était à la tête de l'église entre 1813 et 1821, au moment où la Bessarabie est annexée à la Russie tsariste, restera une figure éminente pour la communauté orthodoxe moldave.
Sous la domination soviétique, comme les autres complexes monastiques du pays, Capriana est délaissé, fermé, puis transformé en hôpital, en club de divertissement, en dépôt de marchandise... Il rouvrira en 1989, finalement un peu avant la plupart des autres monastères de Moldavie.
L'ensemble architectural comprend aujourd'hui trois églises, celle de l'Assomption de la Vierge, l'église d'hiver Saint-Nicolae du début du XXe siècle (style de l'architecture médiévale moldave) et l'église Saint-Georges milieu du XIXe (style baroque tardif). S'ajoutent à cela des annexes, un réfectoire, les demeures des moines, et celle du métropolite.

Le monastère abrite également la plus grande bibliothèque religieuse de Moldavie, comprenant les cadeaux de différents rois. Dans la forêt autour du monastère se trouve un chêne, celui de Ştefan cel Mare : on raconte qu'après une de ses batailles, il serait venu s'y reposer.
En 2003, une grande campagne de reconstruction du monastère a été engagée, impliquant le budget public, des mécènes, ou autres dons divers. Vous serez sincèrement émerveillé par la beauté de l'endroit, la majesté des constructions, et cette belle clairière aujourd'hui devenue un magnifique parc agrémenté d'un lac. Capriana est un centre religieux et un lieu de pèlerinage majeur, les célébrations des fêtes, celle de Pâques notamment, sont impressionnantes.

Informations et horaires sur MONASTÈRE DE CAPRIANA

Le monastère est ouvert à la visite tous les jours, de 6h à 20h.

Carte pour MONASTÈRE DE CAPRIANA

Participez
à la communauté
Avis