ÉGLISE DE LA TRANSFIGURATION

Plaque millesim 2018

Provenant du village voisin de Kozliatievo, c’est la plus spectaculaire des églises en bois de Souzdal.

Les Isbas. Un petit chemin recouvert de planches mène à une ancienne isba du XIXe siècle. Cette isba était habitée par une famille de paysans assez aisés. Traditionnellement, on construisait ces maisons en commun, avec l’aide de voisins, et on fêtait la fin des travaux par un grand repas. Quelques pièces et un œuf dur glissés dans les fondations garantissaient les faveurs de l’esprit de la maison, le Domovoï, un petit vieillard qui vit près du poêle et ne sort qu’au coucher du soleil. Chaque soir, aujourd’hui encore, on lui laisse du pain, du lait et quelques bonbons.

Les deux bancs-coffres à droite de l’entrée servaient aussi à se reposer devant les fenêtres en regardant le temps passer. C’est dans la cour couverte qu’on entreposait les outils de travail, le plus souvent en bois (une herse, une charrue, et une sorte de long battoir en bois avec lequel on battait le lin cultivé dans la région). Le bétail vivait assez loin de la maison et souvent au bord de l’eau, car les habitations brûlaient facilement. Pourtant, malgré les risques d’incendie et l’entretien qu’il nécessite pour éviter qu’il ne pourrisse, le bois convient très bien au climat russe : fraîcheur à l’intérieur en été, chaleur conservée en hiver. Une isba traditionnelle se compose de deux grandes salles séparées par un vestibule (séni). A droite en entrant, la pièce principale faisait office de cuisine, de séjour et de chambre où la famille vit en hiver. En été, quand cette pièce, où l’on faisait la cuisine sur le poêle, devenait trop chaude, la famille s’installait dans la pièce située à gauche en entrant. Dans cette pièce, où l’on dormait l’été, on entreposait aussi les objets personnels et des outils de travail : un coffre, un lit, un métier à tisser, un rouet, de la vaisselle en bois et des sacs tressés en écorce de bouleau. On y rangeait aussi les lapti, ces chaussures d’été, tressées en écorce de bouleau, que le paysan fabriquait en hiver pour toute la famille sur des formes de différentes tailles (une paire de lapti s’usant en une semaine environ, le paysan doté d’une famille nombreuse avait de quoi s’occuper pendant les longues soirées d’hiver). Dans la pièce d’hiver, il n’y avait ni lits ni chaises jusqu’au milieu du XXe siècle. Le banc près des fenêtres, appelé le banc rouge ou beau, était destiné aux visiteurs. Il allait jusqu’au « coin rouge », réservé à l’icône et à la place destinée au patriarche de la famille. Les femmes n’y avaient pas droit, leur place était sur le « banc long » ou le « banc des femmes » à côté de la fenêtre, car il leur fallait de la lumière pour filer. Le soir, la femme endormait son enfant dans le berceau (à droite en entrant), et s’occupait de l’éclairage. La famille qui vivait dans cette isba ne possédait ni lampe à pétrole ni bougies et s’éclairait avec des loutchina, pièces de bouleau séché, ce bois brûlant plus vite et avec moins de fumée que les autres (pour éviter les incendies, on les entourait de sable mouillé). A droite de l’entrée, se trouve un grand coffre dans lequel le paysan rangeait ses outils et que sa femme n’avait pas le droit d’ouvrir. Ce genre de coffre est appelé un konik en raison de la sculpture dont il est souvent décoré et qui fait penser à la tête d’un cheval, kon'.

La nuit, il servait aussi de lit. On se couvrait avec des fourrures puisqu’il n’y avait ni matelas ni couvertures. A gauche de l’entrée, le poêle occupait tout l’espace. Derrière le rideau, une niche dans le poêle servait de chambre aux grands-parents, un endroit idéal pour chauffer ses rhumatismes et raconter des histoires aux enfants. En hiver, les poules vivaient sous le poêle bien au chaud, en compagnie du veau nouveau-né. Les nombreux enfants dormaient dans les faux plafonds auxquels ils accédaient en montant sur le poêle et d’où ils épiaient les adultes… Les repas étaient préparés dans le four de l’autre côté du poêle ; on le chargeait en bois et la paysanne mettait la soupe aux choux à chauffer sur les braises. Quelquefois, après en avoir retiré les braises, on y mettait de la paille et on y couchait un enfant malade qui, s’il n’était pas cuit, en ressortait théoriquement en bien meilleure santé selon le principe du sauna.

Le poêle joue un rôle très important dans la vie paysanne et dans les contes russes, comme ceux de la vieille sorcière Baba Yaga, qui aime faire cuire les enfants dans le four. Le coin du poêle était le royaume de la paysanne qui y trouvait à portée de la main : de la vaisselle en argile et un samovar pour faire bouillir de l’eau sans nécessairement ranimer le feu du poêle. Au centre du samovar passe un tuyau en métal, dans lequel on introduit de la braise, qui amène l’eau à ébullition, et quelques pommes de pin dont la bonne odeur dégagée par la chaleur accompagnera la dégustation du thé.

Au moment du repas, le patriarche tapait sur la table avec sa cuillère en bois (le seul couvert utilisé), ce qui signifiait qu’on pouvait commencer à manger. On se servait dans un grand plat unique et si les enfants mangeaient plus de viande que de soupe, ils avaient droit à un coup de cette même cuillère sur le front.

En été, les jeunes filles et les jeunes garçons dormaient dans les granges, où ils pouvaient échapper à l’autorité de leurs parents. Le bain était obligatoire pour toute la famille paysanne, et celui ou celle qui voulait s’y soustraire encourait le fouet. Le premier à prendre le bain était le père, puis les grands-pères et les garçons, ensuite les grands-mères et les jeunes filles, et enfin la mère. Le bain (bania) situé derrière la maison était une petite construction en bois avec un poêle à l’intérieur ; on y chauffait de gros cailloux sur lesquels on versait de l’eau froide pour obtenir de la vapeur. Aujourd’hui encore, les Russes vont couramment au bain, passant une partie de la journée en aller-retour entre l’eau glaciale de la rivière et la chaleur du bania, se fouettant avec des branches de bouleau pour faire circuler le sang, aidés bien entendu de quelques brochettes et de bonnes rasades de vodka. Si jamais vous passez un moment au bania, soyez vigilant car l’esprit qui l’habite pourrait, s’il est mécontent de votre attitude, vous donner des vertiges. Les jeunes filles à marier allaient au bain pour connaître leur avenir et leur futur époux. Au grand amusement des garçons du village, chacune se tenait, à demi-nue, près d’une toute petite fenêtre qui permettait d’évacuer la vapeur. Si une main velue la touchait, le mari serait très riche, si c’était une main imberbe, le mari serait très pauvre, et si elle recevait un coup, il serait méchant…

L’isba que l’on vient de voir, toute intéressante qu’elle soit, présente un caractère plus folklorique qu’un véritable intérieur villageois (qu’il est d’ailleurs tout à fait conseillé de visiter : les Russes sont très accueillants et ouvrent assez facilement leur porte. Si vous savez user de diplomatie, sans vexer ni vous imposer, et moyennant quelques milliers de roubles pour cette faveur, vous pourrez sans doute prendre aussi quelques clichés).

Un peu plus loin, et toujours en suivant le petit chemin de planches, on parvient à une autre maison datant du début du XXe siècle, qui appartenait à une riche famille paysanne. Au rez-de-chaussée de la maison, la famille possédait un atelier de tissage où les femmes du village venaient travailler en hiver. C’est là qu’elles pouvaient rencontrer l’âme sœur, car les hommes venaient les soutenir dans leur tâche en chantant et en jouant de la musique après les travaux des champs. Pour améliorer leur situation, les paysans allaient vendre en ville les tissus fabriqués dans ces petits ateliers de tissage.

Bien que plus luxueuse que l’isba précédente, cette maison n’avait pas l’eau courante, car au début du XXe siècle on ne disposait pas de moyens techniques permettant de creuser pour accéder à une source souterraine, souvent très profonde en Russie. Il fallait donc aller chercher de l’eau à la fontaine ou au puits. Il existe plusieurs sortes de puits, certains avec un long balancier et une manivelle, d’autres avec une grande roue, comme celui qu’on peut voir dans ce musée, indispensable lorsque l’eau se trouvait à une grande profondeur (jusqu’à 40 m). Les paysans grimpaient dans la roue, marchaient à l’intérieur pour la faire tourner et des seaux descendaient jusqu’à l’eau. En hiver, il fallait d’abord casser la glace. Le linge, lavé à la maison, était rincé à la rivière.

Dans la cour couverte de cette maison de tisserands, sont rangés deux traîneaux, les provisions de bois, des ruches, et des outils. La famille étant riche, on a aménagé, à l’étage, la pièce d’été en salle de rangement, pour les fourrures et les vêtements. Un coffre contient un trousseau de jeune fille, que l’on commençait à confectionner dès l’âge de 8 ans. Très spacieux, le séni (le vestibule) était utilisé en été pour dormir dans des lits aménagés au-dessus de l’escalier.

Un autre escalier mène au grenier, dans lequel on ne mettait jamais de foin à cause des incendies, mais de la sciure comme isolant thermique. C’est là qu’on entreposait les vêtements et les bottes de feutre usagées, et que l’on faisait sécher les plantes médicinales. La salle de séjour porte la marque d’une influence citadine, car le paysan a séparé la cuisine de la pièce et a fait venir de nouveaux meubles (une armoire, des chaises et des objets d’un luxe incroyable comme la lampe à pétrole et surtout cette machine à coudre de fabrication allemande). On y trouve également un lit avec des oreillers qui date du début du XXe siècle et qui marque une évolution par rapport à l’isba précédente. L’atelier de tissage au rez-de-chaussée de la maison est actuellement en restauration.

Derrière la maison, un petit carré de choux rappelle les préoccupations d’aujourd’hui, tout comme le magasin de souvenirs (aquarelles, matriochkas, balalaïkas, bois peint…) où la lumière s’allume dès qu’un touriste approche, puis s’éteint lorsqu’il a rebroussé chemin. Devant la boutique, deux jeunes gens jouent au backgammon : il faut bien se distraire et, malgré la notoriété du lieu, cette campagne n’est pas la plus fréquentée de Russie.

Au fond du champ où est aménagé le musée, on verra deux moulins à vent du XVIIIe siècle, caractéristiques de la Souzdalie, contrairement au reste de la Russie où l’on voit plutôt des moulins à eau.

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A droite de l'entrée du musée.
  Souzdal (Суздаль)
Russie
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