La Sierra Nevada de Santa Marta a été déclarée Réserve de la biosphère et patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO en 1979. Ce massif qui n'appartient pas à la Cordillère des Andes, serait la plus haute région montagneuse de la Colombie mais également la plus haute montagne littorale au monde. Les pics Bolívar et Colón culminent à 5 775 m d'altitude, à seulement 42 km de la mer des Caraïbes ! Depuis la plage, au lever du jour, on aperçoit les neiges éternelles qui émergent de la forêt tropicale avant que les brumes ne s'emparent des montagnes. Un spectacle inoubliable !

Ces montagnes sont le territoire ancestral des Indiens Kogis, Wiwas, Arhuacos et Kankuamos, descendants de la civilisation Tayrona, disparue avec l'arrivée des conquistadors espagnols au XVIe siècle.

Teyuna

C'est dans ce massif montagneux préservé et protégé par les indigènes que se trouve, Teyuna (ou Teizhuna), la fameuse Cité perdue (Ciudad Perdida), un site sacré. La dernière énigme précolombienne d'un peuple disparu avant la conquête. La Cité Perdue, vestige de Burita 200, fut probablement construite vers l'an 800, sur une soixantaine d'années, mais ne cessa de s'agrandir durant mille ans. Les populations indigènes, baptisées Tayronas en 1520 par les conquistadors étaient des architectes et des bâtisseurs de génie qui sculptèrent la montagne en guise de signature. Bâtie à flanc de montagne, à 1 200 m d'altitude, Teyuna accueillait quelque 2 500 habitants. Cette oeuvre ne s'est pas détériorée, preuve du haut degré de technicité des Tayronas qui disposaient des pierres plates de façon savante afin d'éviter que le ruissellement des eaux ne vienne saper les fondations. La disposition des 169 terrasses et plateformes creusées à flanc de montagnes révèle une organisation sociopolitique très hiérarchisée et très avancée. L'emplacement et les dimensions des maisons étaient établis en fonction du statut social. La communauté était dirigée par un mamo (sage et leader spirituel) qui avait droit à la plus grande demeure. Celles qui l'entouraient étaient celles des chefs de cérémonie qui présidaient aux célébrations et aux offrandes collectives, aux divinités aquatiques notamment. Les populations indigènes vécurent dans ces villages entre 500 apr. J.-C. et le XVIe siècle. Elles auraient disparu de cette région avant l'arrivée des Espagnols.

Un immense jardin

Les Tayronas édifièrent le plus impressionnant écosystème : une montagne transformée en serre. Ils conçurent la sierra comme un immense jardin où l'éventail des récoltes était d'autant plus large que les différents climats, variant avec l'altitude, permettaient une infinie variété de cultures. Cette communauté ne vivait pas en autarcie, mais commerçait avec les communautés indiennes des côtes, troquant les récoltes de manioc, bananes, maïs, haricots, pommes de terre, ignames, coton, coca et tabac contre des poissons et du sel. Les Tayronas étaient de véritables techniciens de la préservation de la nature. Ils évitèrent l'érosion des terres cultivables par la pluie et préservèrent la forêt, rendant toute sa cohérence à l'ensemble complexe culture-exploitation.

La nature est généreuse dans cette forêt tropicale. Des arbres géants dépassent la masse dense des lianes, des troncs fleuris par les bouquets d'orchidées et des arbustes rongés par les lichens et les champignons. Des ceibos, des cèdres zambos, des arbres à caoutchouc s'élèvent jusqu'à 40 m du sol. Mais poussent aussi les plantes à feuilles cotonneuses, les graminées, les géraniums et les bruyères. La montagne, entourée de brouillards permanents, s'élève jusqu'à près de 6 000 m. Les colibris voisinent avec les perroquets, les aras aux plumages éblouissants avec les toucans au bec jaune. Les caïmans, les iguanes, les crabes sauteurs, les serpents et les tarentules mortelles hantent la jungle.

La découverte

Abandonnée, la cité disparut sous la terre et les racines durant plusieurs siècles, avant d'être " découverte " dans les années 1970. Les sépultures ont été pillées par des profanateurs sans scrupule, les guaqueros. Tout a été raflé : les parures des mamos, les colliers, les bijoux ornant les pectoraux et le nez, les boucles d'oreille... Les pièces, issues d'un alliage de cuivre et d'or, étaient fondues à la cire, puis le cuivre éliminé grâce à un acide. Les ultimes témoignages de la richesse de l'orfèvrerie Tayrona sont exposés au musée de l'Or à Bogotá.

Teyuna n'est que l'une des cités précolombiennes de la région, une vingtaine d'autres plus modestes ont également été restaurées, mais la plupart resteraient enfouies sous la végétation, et seuls quelques mamos sauraient où elles se trouvent ; pour rien au monde, ils ne dévoileraient leurs secrets... Une carte taillée sur un rocher indiquerait d'ailleurs la présence d'une autre cité Tayrona dans une vallée encore plus inaccessible. Une rumeur court que des aviateurs auraient essayé de repérer le site, mais qu'ils auraient l'un après l'autre trouvé la mort dans les cimes enneigées masquées par le brouillard opaque de la Sierra...

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