Rendue célèbre par le livre de V. S. Naipaul "A la courbe du fleuve", Kisangani (Stanleyville jusqu'en 1966) est l'une des plus anciennes villes du pays. Elle tire son origine du poste colonial fondé en 1883 par l'explorateur Stanley sur l'île Kisangani (Wana Rusari), au milieu des chutes Wagenia qui seront rebaptisées Stanley falls par ce dernier. L'île est située à quelques mètres en amont de la rive du site où se trouve la ville actuelle, sur le Lualaba (nom que prend le fleuve Congo de sa source jusque Kisangani). Ville martyre comme on la surnomme, Kisangani connaîtra dès sa création des affrontements : entre les représentants belges de l'Etat Indépendant du Congo et les esclavagistes arabes venus de Zanzibar et commandés par le fameux Tippo Tip. Après des années de conflit, la "libération" de la région par les Belges interviendra en 1898. C'est alors que le district de Stanley falls deviendra Province Orientale avec comme chef-lieu Stanleyville, qui n'obtiendra le statut de ville qu'en 1959.

Cette même année, la ville débute un autre chapitre agité de son histoire, lorsqu'elle devint le fief politique de Patrice Emery Lumumba, futur premier ministre du Congo indépendant, qui y lança le Mouvement National Congolais (MNC). Après l'indépendance du Congo, celui-ci sera arrêté en tentant de rejoindre ses fidèles retranchés à Stanleyville, avant d'être assassiné au Katanga en 1961. Antoine Gizenga installera dans la foulée un gouvernement hostile au pouvoir central de Léopoldville, première d'une série de rébellions lumumbistes, dont la tristement célèbre rébellion muléliste menée par les Simba, qui vont ensanglanter la région jusqu'en 1967. Avec comme points d'orgue en 1964, les opérations Dragon rouge et Dragon noir qui verront les paras belges sauter sur Stanleyville pour libérer les otages européens.

Plus récemment, entre 1997 et 2003, la ville a été durement touchée par des années de conflits et d'occupation. En 1999, elle fut le théâtre d'affrontements entre deux factions rivales issues du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), un mouvement rebelle congolais en lutte contre Laurent-Désiré Kabila. Et du 5 au 10 juin 2000, c'est la "guerre des six jours" entre les armées ougandaise et rwandaise, ces derniers l'emportant et occupant la ville jusqu'en 2003. Ces années de trouble ont été fatales à Kisangani, qui est restée très longtemps isolée et dont le tissu économique s'est littéralement effondré. Il faudra attendre l'arrivée en août 2006 du premier bateau en provenance de Kinshasa pour que Kisangani commence à sortir de son isolement et que son approvisionnement - et les conditions de vie des habitants - s'améliorent peu à peu.

Aujourd'hui, la vie a repris son cours à "Kis", qui comble progressivement son déficit de développement entravé par les années de guerre et tente de maintenir le cap, affirmant son statut de 3ème ville du pays. Fidèles à leur réputation d'accueil, les Boyomais (les habitants de Kisangani) retrouvent petit à petit le sourire à mesure que leur ville renaît de ses cendres et se redynamise. Blottie entre le fleuve Congo et la rivière Tshopo, Kisangani, "ville espoir" forte de quelque 940 000 âmes, se remet donc doucement de son passé agité. Et bien qu'elle ait conservé tout son charme, avec ses deux majestueux cours d'eau, ses avenues bien dessinées, ses bâtiments emblématiques et ses manguiers séculaires, la capitale orientale n'en sera que plus attrayante lorsque complètement réhabilitée. Kisangani abrite l'une des grandes universités du pays l'UNIKIS. La ville compte six communes : Makiso (le centre économique), Tshopo, Mangobo, Kabondo, Kisangani et Lubunga sur la rive gauche du fleuve (commune la moins urbanisée). Les pluies y sont abondantes en mai-juin et septembre-octobre.

Signe que les choses bougent et de son désenclavement progressif, la ville a accueilli récemment des événements d'envergure, dont une table ronde économique et une conférence internationale sur la biodiversité organisée par l'université. Kisangani compte en effet capitaliser sur sa situation de carrefour et sur les immenses richesses naturelles qui l'entourent pour se redéployer et pleinement assumer son statut de ville (et province) qui compte au Congo.

À voir / À faire à KISANGANI

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2015-06-24
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