En 1552, après avoir fondé la cité qui portera son nom, Pedro de Valdivia chargea Don Gerónimo de Alderete de parcourir la région andine afin d'y établir une nouvelle ville qui servirait d'étape en direction de la cordillère. Alderete examina d'abord la région de Panguipulli, où il découvrit des gisements aurifères, puis il se dirigea vers les abords d'un superbe lac nommé Mallolafquén (ou Villarrica). Après l'avoir inspecté, il y établit un campement et donna l'ordre d'y édifier une ville. En septembre 1552, la forteresse reçut le nom de Santa María Magdalena de Villarrica, en remerciement des nouveaux gisements que les Espagnols venaient d'y découvrir.
Au cours du XVIe siècle, de nombreuses communautés religieuses s'y installèrent. Villarrica, qui, malgré son nom, avait connu des années de misère, commença à prospérer. En effet, elle bénéficiait d'une situation géographique avantageuse en tant que lieu de passage des caravanes allant vers Buenos Aires. Sa situation stratégique militaire était cependant mauvaise car la ville, au milieu de la région des Lacs, était fortement isolée au coeur du territoire des féroces Mapuche. Ceux-ci se réveillèrent fin décembre 1598, date à laquelle ils assassinèrent le gouverneur Garcia Oñez de Loyola. Cet événement marqua le début du grand soulèvement mapuche conduit par les deux caciques, Anganamón et Pelantaro.
Repliés à Villarrica, les Espagnols commencèrent à faire des provisions dans le but de soutenir un siège cruel. Mais les assaillants nommèrent à leur tête Curimanque, ami de l'un des chefs espagnols, auquel il révéla les positions de ses troupes : les assiégés purent ainsi tendre une embuscade qui fut fatale aux autochtones. Le traître fut châtié et très vite les Mapuche attaquèrent à nouveau Villarrica mais, incapables de prendre la forteresse, ils finirent par se retirer, vers le milieu de l'année 1599. Villarrica put alors jouir d'une paix relative et les Espagnols mirent à profit cette période d'accalmie pour demander des renforts aux troupes stationnées à Valdivia.
Cependant, l'armée mapuche progressait partout ailleurs. Remontant au-delà de la frontière naturelle de leur territoire, le fleuve Bío Bío, les insurgés détruisirent les villes de Santa Cruz, Nueva Imperial et Angol. La riposte espagnole s'incarna en la personne du colonel del Campo qui, à la tête d'une troupe aguerrie de 265 hommes, reprit Osorno. Mais il ne put aller sauver Villarrica, comme il le souhaitait, car une nouvelle menace arrivait du sud : celle des corsaires hollandais qui nourrissaient des vues sur Chiloé. Del Campo fit cependant route vers le sud et réussit à déloger les corsaires qui s'étaient emparés de la ville de Castro. Les indigènes eurent alors les mains libres pour attaquer Villarrica et assiégèrent à nouveau le fort, avec une armée impressionnante. Les Espagnols ne se résolurent jamais à se rendre mais, de leur côté, les Mapuche ne furent jamais capables de prendre la forteresse. Ils firent donc durer le siège près de trois ans durant lesquels les assiégés furent quasi réduits à la famine, ne devant leur survie qu'à une ruse du mulâtre Beltrán, qui avait déjà joué un grand rôle dans la traîtrise de Curimanque et qui était respecté pour sa bravoure parmi les indigènes. Beltrán réussit à entrer en contact avec des caciques mapuche, en leur affirmant qu'il voulait passer dans leurs rangs, et leur proposa un plan pour exterminer les ennemis : les autochtones iraient proposer aux Espagnols de leur vendre de grandes quantités de nourriture et profiteraient de la surprise pour s'emparer du fort. Pour donner le change, une partie des troupes mapuche devait se retirer, tant et si bien que le fort ne se trouva pas assiégé par des soldats mais par des victuailles !
Les indigènes, sûrs de leur fait, pénétrèrent dans le fort sous prétexte de livrer la marchandise. Là, ils furent accueillis par des Espagnols armés jusqu'aux dents qui, sur un signal de Beltrán, se jetèrent sur eux. Ils en massacrèrent un bon nombre, mirent en déroute les autres et firent main basse sur des provisions qui leur permirent de tenir plus de six mois. La trahison ayant décuplé la rage des assaillants, les Espagnols subirent de nouveaux sièges, dont un qui faillit incendier la ville. La disette revint et les assiégés durent se résoudre à manger des racines ainsi que les cadavres d'autochtones tués au combat.
En février 1602, il ne restait plus dans le fort que onze hommes et dix femmes résolus à ne pas se rendre malgré les propositions ennemies. Le 7 février, le fort subit un ultime assaut des Mapuche sûrs de leur victoire. Ils mirent le feu au fort, tuèrent quelques assiégés et capturèrent le nouveau commandant du fort, le capitaine Bastidas, un des plus grands héros de cette guerre défensive. Sa mort fut atroce : assommé par un gourdin, il fut décapité puis son coeur fut partagé entre les principaux caciques. Peu d'Espagnols en réchappèrent ; ce fut le cas cependant du capitaine Chavarri et de sa femme, libérés contre rançon en 1627, vingt-cinq ans plus tard.
La région fut dès lors aux mains des guerriers mapuche, qui récupéraient la terre de leurs ancêtres. Il fallut attendre plus de deux siècles et demi pour voir la reconstruction de la ville, le 1er janvier 1883, quand Urrutia put poser le pied sur les ruines de l'ancien fort réduit en cendres. Depuis, la région est peu à peu devenue un centre d'intérêt touristique ; au début du XXe siècle, les pionniers gagnaient Freire en train, puis Villarrica après un périple de sept heures à cheval. En 1924, une voiture à moteur faisait la liaison en cinq heures de voyage. L'année précédente, la localité connaissait son premier hôtel.
Et aujourd'hui ? Villarrica est l'une des zones les plus appréciées du tourisme national et reste plus traditionnelle et moins fashion que Pucón. De fait, moins de voyageurs étrangers y séjournent et l'ambiance est plus calme. Pucón est mieux située, Villarrica est plus " chilienne ". A chacun de se faire sa propre idée....

À voir / À faire à VILLARRICA

Adresses Futées de VILLARRICA

Rechercher par catégorie :

Organiser son voyage à VILLARRICA

Transports
  • Vol pas cher
  • Location voiture
  • Traversée Maritime
Hébergements
  • Trouver un hôtel
  • Location Airbnb
  • Location de vacances
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyage sur mesure
  • Week-ends en France
Services / Sur place
  • Activités Airbnb
  • Réservez une table
  • Activités & visites
  • Expériences & Boxs

Photos de VILLARRICA

Il n'y a actuellement pas de photos pour cette destination.

CHILI - ÎLE DE PÂQUES

Guide CHILI - ÎLE DE PÂQUES

CHILI - ÎLE DE PÂQUES 2020/2021

13.95 €
2020-01-15
600 pages
À découvrir sur le petit Futé
Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un séjour d'une semaine en tente trappeur pour 5 personnes avec Huttopia !

Envie de prendre l'air ? Remportez un séjour d'une semaine en tente trappeur pour 5 personnes avec Huttopia .