Fort Dauphin jouit de l'un des plus beaux sites de Madagascar, bordé d'un côté par la végétation luxuriante qui dévale les pentes escarpées du pic Saint-Louis, de l'autre par les plages blondes de l'océan Indien : Lokaro, Libanona, Manafiafy... Chacune de ces trois côtes est baignée par l'océan, bénéficiant de son propre climat.

Cette ville d'environ 60 000 habitants et composée de plusieurs quartiers épars évoque, avec ses maisons blanches à colonnades et ses fortins entourés de palmiers, une époque coloniale révolue. On se lie facilement, comme dans un grand village. Le site le plus central est l'axe de la corniche (du panorama au fort), et la ville se répartit en quartiers excentrés qui s'étendent entre les collines.

Ce port à l'aspect de bout du monde a connu ces dernières années une mutation en profondeur ; en effet, un projet minier international d'exploitation de l'ilménite a vu le jour : nouveau port, rues goudronnées, des écoles, des dispensaires, et une foule de Canadiens, de Japonais et de Sud-Africains ont vécu pendant des mois sur place, modifiant l'ambiance et les habitudes de la ville.

Cette destination offre aujourd'hui de superbes balades et des sites magnifiques à découvrir. Quatre jours sont bien vite passés. Contrairement à ce qui se dit, Fort Dauphin n'a rien d'une ville minière et son charme subtil est toujours aussi séduisant. C'est un écrin de sérénité, un site encore préservé que l'on savoure à sa juste valeur. Il faut en faire l'expérience pour comprendre le caractère unique et enchanteur de cette ville tranquille, aux côtes sauvages, exposées au vent 300 jours de l'année !

Tolagnaro est d'autant plus propice à toutes sortes d'escapades que la variété des paysages y est liée à la diversité des climats : la côte est étant abondamment arrosée toute l'année, on a l'assurance d'y trouver une végétation superbe. A une heure de route à peine, au-delà du col de Ranopiso, commence l'univers des aloès et des didiéréacées, des forêts d'épineux et de baobabs... On les traverse en prenant la route de la réserve de Berenty ou du parc national d'Andohahela.

Les montagnes sont couvertes de forêts où le ravenala - l'arbre du voyageur - est omniprésent. D'étonnantes plantations de sisals apportent quelque richesse à la région. Cet agave originaire du Mexique sert à la confection des cordes, des sacs et des tapis. On extrait les fibres des feuilles de l'agave qui sont lavées, séchées et " cordées ". Le sisal souffre malheureusement de la concurrence des fibres synthétiques.

Les premiers temps de la colonie française.Cette région des royaumes Antanosy était habitée de longue date par un peuple d'agriculteurs et d'éleveurs qui formait une société rurale, structurée et solidaire. En 1504, survient le premier " choc culturel " : des hommes blancs venus du bout du monde font naufrage sur la côte... 80 marins portugais construisent un fort et vivent plus de dix ans sur un îlot, en bon voisinage, semble-t-il, avec la population Antanosy.

On connaît mal le huguenot rochelais Jacques de Pronis, ou Jacques Pronis, qui, à 23 ans, un jour de mars 1642, s'embarqua à Dieppe sur le Saint-Louis avec quarante compagnons, en direction des terres australes. En ce temps-là, l'Europe en ébullition rêvait d'or, d'argent, de soie, d'épices, de pierreries. Un capitaine de la marine du roi, dénommé Rigault, dépêcha le jeune homme pour prendre possession de la plus grande île connue du monde. Richelieu fonda alors la Compagnie de l'Orient, ravi qu'une colonie puisse être établie en un endroit si stratégique sur la route des Indes, afin de prendre possession de " l'île de Saint-Laurent ".

Le voyage dure six mois. Des vents contraires obligent Pronis à débarquer sur une île inconnue, qu'il revendique au nom de Louis XIII : elle prend le nom de Bourbon. On la connaît aujourd'hui sous celui de La Réunion.

Puis l'infatigable voyageur gagne Madagascar ; il débarque dans une crique qu'on appelle " Sainte-Lucie ", car c'était le jour de cette noble dame. Mais le climat est insalubre, de nombreux hommes perdent la vie. Quand un autre navire, le Saint-Laurent, vient renforcer la colonie, on décide de se diriger plus au sud.

Les Français se lient facilement aux femmes du pays. Avec l'aide de Danois qui relâchent dans les eaux, Pronis édifie une grande maison en bois, qu'il surnomme : " Fort Dauphin ", ne sachant pas que Louis XIV, dont il consacre la mémoire, est déjà monté sur le trône.

Cependant, l'enceinte devient bientôt trop étroite, et les colons se plaignent de cette vie certes douce et paisible, mais trop médiocre.

De plus, les catholiques n'acceptent pas d'être gouvernés par un protestant : aussi ridicule que cela puisse sembler, la guerre de religion qui fait ravage sur le continent gagne ce coin perdu du monde.

Une rébellion éclate. Fait prisonnier, puis libéré avec l'aide d'un nouveau vaisseau, Pronis cherche à se venger : il humilie les révoltés et les déporte sur l'île Bourbon : ce bagne s'avère néanmoins un véritable paradis. Ensuite, il part conquérir d'autres terres, Sainte-Marie, Foulpointe notamment, gérant ses affaires comme il l'entend.

Flacourt, naturaliste, est alors envoyé sur place pour recadrer tout le monde ; ce qu'il fait, puisqu'il met Pronis aux fers. Cet homme sage et avisé soumet de très nombreux villages de la côte en se conciliant les indigènes, et il explore en profondeur la Grande Ile. Ces enquêtes seront publiées dans sa célèbre Histoire de Madagascar qui fait toujours date.

Pronis, entre-temps parti en France se justifier, revient à Fort Dauphin, prend de nouveau le commandement pendant l'absence de Flacourt, mais la colonie périclite. Un soir de réjouissances, un homme ivre met le feu à un toit de chaume : en quelques heures, le bourg n'est plus qu'un tas de cendres.

Mais Pronis est têtu. Et, soutenu par un prêtre lazariste, il décide de reconstruire la colonie. Hélas ! Un nouvel incendie a raison de ce nouveau village. Obstiné, le huguenot relève les ruines pour la deuxième fois. Epuisé, il meurt à trente-six ans. Flacourt périt pour sa part en mer, dans un combat de corsaires au large de Lisbonne, tandis que son navire, la Sainte-Vierge, est coulé par les Turcs.

A Fort Dauphin, les indigènes se révoltent, massacrent les colons, mais un certain Lacaze, qui avait d'ailleurs fui la forteresse lors de la fronde contre Pronis, tout au début, sauve la place, soutenu par une armée disciplinée : les indigènes l'avaient bien accueilli et il était même devenu roi à la mort de son beau-père ! Grâce à lui et quatre compagnons tout aussi amis des Malgaches, la paix est rétablie.

Pendant ce temps, en France, Colbert envisage une autre politique coloniale : la Royale Compagnie de France des Indes orientales voit le jour. Sainte-Marie, Bourbon et l'île de France sont rattachés à la Grande Ile, qui, en l'honneur de Louis XIV, prend le nom d'Ile Dauphin ; l'ensemble compose la France orientale.

D'après les statuts édictés par le roi, les autochtones et les Français seront jugés sans aucune distinction.

Le 1er mars 1665, le marquis de Champmargou quitte Brest avec quatre vaisseaux et cinq cents hommes. Fort Dauphin s'enrichit alors rapidement, on construit une muraille réputée imprenable : ils sont bien nombreux maintenant à vouloir gagner l'empire austral, attirés par les promesses du roi.

Mais les Français ne s'entendent pas. Et la colonie, malgré toutes ces belles potentialités, périclite à nouveau. En face, sur l'île Bourbon, contre toute attente, les exilés se plaisent et s'enrichissent. Certains colons de Fort Dauphin décident même de les y rejoindre, emportant quelques esclaves malgaches qui s'enfuiront dans les hauteurs à peine débarqués : ceux-là sont à l'origine des " noirs marron "...

Sur Madagascar, les Antanosy, d'abord enthousiastes et très efficaces en matière de commerce, deviennent par la suite de plus en plus méfiants devant les menaces de spoliation de leurs terres. L'attitude dominatrice des colonisateurs ne peut que confirmer leurs craintes. Un nouveau drame, inéluctable, se profile.

A Fort Dauphin, un soir de Noël, au cours de la messe de minuit, les indigènes envahissent l'église et massacrent cinquante-deux des soixante-dix fidèles. Les dix-huit survivants s'embarquent à la hâte pour l'île Bourbon, mais des tempêtes les mènent vers le canal du Mozambique : après sept mois d'une houleuse traversée, la moitié de ces malheureux a péri, quand ils débarquent enfin au Portugal. Fort Dauphin est alors laissé à l'abandon.

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