QASR AMRA

Plaque millesim 2018

La salle d'audience. Construite selon trois nefs voûtées en berceau, elle rappelle l'architecture byzantine. Une alcôve est aménagée dans la nef centrale et deux pièces dans les nefs latérales (probablement des salles d'audiences privées). Les salles de réception sont reliées par une porte à des bains, autre héritage romain. L'intérieur de la première pièce comprenait un vestiaire sous l'alcôve centrale (apodyterium) et des bains froids (frigidarium). La deuxième pièce était dédiée aux bains tièdes (tepidarium) et la troisième pièce était la salle chaude (caldarium). A l'extérieur des bains, vous verrez le système hydraulique qui permettait d'acheminer l'eau : composé d'une citerne et d'un puits très profond d'environ 15 m entouré d'un cercle de plus de 6 m de diamètre creusé dans le sol. Ce cercle correspondait sûrement au parcours que suivait la bête de somme (un chameau ou un âne) attaché à une roue, qui servait à extraire l'eau du puits.

Les murs, le sol et les plafonds sont recouverts de marbres et de fresques, tapissés de scènes de chasse et de vie quotidienne, où apparaissent plus de 250 personnages d'inspiration byzantine. Beaucoup sont isolés dans des cadres carrés noirs comme dans certains manuscrits romains, byzantins, et d'occident médiéval. Ils représentent des guerriers, des musiciens, des tailleurs de pierres, des danseurs, des architectes et... des femmes nues prenant leur bain. Ces derniers dessins sont tout à fait exceptionnels dans l'art islamique qui n'admet pas les représentations humaines et encore moins de la femme nue ! Il semble que Al-Walid était un véritable amateur d'art et, surtout, un homme très libéral pour son époque.

La fresque des Rois. C'est la plus célèbre fresque du site, mais elle a été fortement dégradée. On y voit le calife omeyyade coiffé comme sur les monnaies iraniennes, entouré des autres grands souverains de l'époque. Les inscriptions arabes et grecques permettent d'identifier l'empereur de Byzance, le Wisigoth Roderick, l'empereur perse Khosroes et le Négus d'Abyssinie. L'empereur de Chine et le khaqan turc sont aussi présents. La figure de Roderick, mort en 711, est une indication pour dater le site. L'influence de l'Iran pré-islamique est à la fois iconographique et stylistique : la représentation de figures royales rappelle la coutume sassanide des portraits de lignée royale, de même que la disparition des corps derrière la masse décorative des costumes. Les rois semblent faire allégeance au souverain musulman, différenciant la fresque des autres ornements décoratifs, il s'agit ici d'affirmer le pouvoir du souverain musulman face à ses rivaux.

Les autres fresques de la salle d'audience. Le prince et son trône dessinés dans l'alcôve centrale de la salle d'audience semble inspiré de l'art byzantin et symbolise également le pouvoir des Omeyyades. Le trône architecturé et les deux personnages latéraux sont comparables aux représentations des manuscrits syriaques. Dans l'abside de la salle d'audience, une figure allongée sous un drap est observée par un angelot et une figure d'Eros. Une autre scène présente des lutteurs à l'allure antique. A leur gauche, un combat entre un lion et une gazelle évoque celui de Khirbat al-Mafjar (Jéricho). Ce thème issu du monde oriental ancien est souvent symbole de puissance lié au pouvoir. Dans la même salle, une chasse à l'onagre évoque les mosaïques romaines mais aussi l'activité favorite du roi sassanide Bahrâm Gûr. La grande scène du côté sud-est de la salle d'audience présente une figure féminine rappelant l'Aphrodite grecque devant un bassin rectangulaire. Des femmes l'observent depuis un balcon, cachées derrière une clôture ajourée. Les attitudes des danseuses, presque tournoyantes, évoquent les figures de bacchantes antiques.

Les fresques des bains. Dans la salle chaude, des figures féminines nues sont accompagnées d'enfants. Le style adopté pour les représentations figurées doit beaucoup à d'autres foyers artistiques du monde méditerranéen. Les opulentes femmes nues aux corps cernés de brun évoquent l'art copte. Leurs coiffures élaborées rappellent les représentations palmyréennes. Les petits visages ronds aux grands yeux rappellent l'art parthe, sassanide mais aussi copte.

Dans la troisième pièce, les ornements de la coupole, couverte d'un ciel astrologique, avec des signes du zodiaque de la mythologie gréco-romaine, probablement copiés d'après un globe antique. Première représentation du ciel dans l'art islamique, ce décor reflète le goût des scientifiques musulmans pour ce sujet, qui fut l'un de leurs principaux champs de recherche et déboucha sur la création d'observatoires, de manuscrits astronomiques, d'astrolabes... On peut rapprocher ce décor d'illustrations provenant du Traité des étoiles fixes (1009). Les constellations y sont personnifiées, comme sur les modèles antiques. En 2017, l'institut de rénovation italien Istituto Superiore per la Conservazione ed il Restauro prenait en charge la rénovation des peintures murales du château.

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Entre Al-Azraq (26 km) et Qasr AL-Karanah, au bord de la route n°40.
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Jordanie

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