Le Molise est la plus petite région du Mezzogiorno, avec un territoire de seulement 4 437 km2, mais elle est également la plus récente. Il y a encore cinquante ans, elle se trouvait rattachée à la région des Abruzzes dont elle constituait une province. Coincée, donc, entre les Abruzzes au nord et les Pouilles au sud, elle bénéficie aujourd'hui d'une autonomie totale. Deux provinces la composent : à l'ouest, la province d'Isernia, et à l'est, en bordure de la mer Adriatique, la province de Campobasso, qui accueille la capitale régionale. Son territoire exigu, enclavé entre les fleuves Sangro et Volturno au nord et à l'ouest, les sommets du Matese au sud et le littoral adriatique à l'est, est l'un des plus ingrats de l'Italie du Sud. Couvert à 90 % de montagnes et de hautes collines parsemées de forêts et de villages au riche passé médiéval, il offre une uniformité de paysage semi-alpestre, sauf aux abords du littoral adriatique, bien sûr, et au sud de la région avec les hauts sommets du Matese, fréquentés l'hiver pour leurs pentes enneigées. Le Molise est peu peuplé, il abrite environ 310 000 habitants dont près de 75 000 sont à répartir entre les deux " grandes " villes que compte la région, Isernia et la capitale régionale Campobasso. Son habitat rural est constitué d'un réseau assez lâche de bourgades et de petits villages isolés. Leur situation est pour la plupart fort pittoresque, ramassée autour d'une église, accrochée à flanc de collines ou perchée au sommet de pitons rocheux, là où les obligèrent à s'installer les multiples envahisseurs et grands féodaux qui ravagèrent la contrée. On l'aura compris, le Molise, c'est tout d'abord une nature omniprésente à découvrir au travers d'itinéraires méconnus. Enclavé au milieu des montagnes, à l'écart des grands axes de communication de l'Italie du Sud, le Molise n'en a pas moins une histoire aussi riche que ses voisines. Dès l'époque archaïque, il se développa sur son territoire une civilisation originale, celle des Samnites, une fédération de tribus dont les traces monumentales (Pietrabbondante) sont légion. Dans les environs du Latium, les Samnites s'opposèrent avec virulence aux désirs hégémoniques de Rome qui, en 288 av. J.-C., soumit la nation samnite, occupant et colonisant son territoire, une colonisation à l'origine de nombreux centres urbains molisans. A la chute de l'Empire romain, le Molise, comme une grande partie de l'Italie péninsulaire, entra dans le giron lombard. En proie aux dévastations sarrasines entre le IXe et le XIe siècles, le Molise connut ensuite, comme le reste de l'Italie du Sud, une période de relative stabilité avec l'installation de conquérants successifs tels les Normands, les Souabes et les Angevins. La région se couvrit alors de châteaux, de monastères et d'églises romanes qui font aujourd'hui sa richesse. Un temps autonome au Moyen Age (sous les Angevins), le Molise fut ensuite absorbé par son voisin les Abruzzes, avec lequel il intégra en 1860 le royaume d'Italie. Ce n'est qu'en 1963 que le Molise a obtenu son indépendance. Refuge d'exilés slaves fuyant l'envahisseur turc au XVe siècle, le territoire comprend encore des îlots où le dialecte rappelle la langue des immigrés slaves : Montemitro, Acquaviva Collecroce et San Felice, tandis qu'à Portocannone, Ururi et Montecilfone, c'est l'albanais qui survit. Ces dernières années, des progrès ont été accomplis tant sur le plan de l'infrastructure que sur celui de la promotion, pour désenclaver le Molise et l'associer aux transhumances touristiques estivales et hivernales. Agricole (son industrie est pour ainsi dire inexistante), le Molise mise de sérieux espoirs sur le tourisme. Toutefois, la région n'en est encore qu'à ses balbutiements. Terre d'initiés, elle séduira les amoureux de l'Italie, déjà convaincus, plus que les novices qui pourraient la trouver ennuyeuse.

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