Guide de Guadeloupe : Arts et culture

Marquée par un fort désir d'affirmer son identité, la culture créole influence tous les domaines de la créativité en Guadeloupe. Des arts picturaux à la sculpture en passant par la musique (omniprésente) et la danse, de la littérature au théâtre en passant par l'art culinaire, la vie quotidienne est rythmée par ces cultures mixtes, à la fois traditionnelles et bien dans l'air du temps. Le temps du Carnaval mêle ces formes d'expressions aux rites séculaires, aux rythmes percussifs ancestraux, aux chants, aux chorégraphies, aux parures... C'est certainement la manifestation la plus claire de cette culture bien vivante.

Architecture
<p>Maison Colonial de Zevallos.</p>

Maison Colonial de Zevallos.

Portant la marque de diverses influences, l'architecture antillaise, liée à l'histoire de peuplements, évolue avec le passage des générations. D'une façon générale, qu'il s'agisse de l'architecture populaire ou prestigieuse, la tradition des charpentiers de marine a durablement influencé les constructions locales. Les matériaux utilisés sont désormais plus étudiés pour résister aux vents violents, aux séismes et aux incendies. L'esprit de caste a poussé les colons à maîtriser les techniques de construction en dur pour se démarquer des constructions indigènes.

Les maisons de maître, visibles de loin, sont le vestige de la période coloniale. De style Louisiane, elles font souvent office de musées aujourd'hui. En ville, vous observerez avec intérêt de riches demeures contemporaines juxtaposées aux façades créoles, aux couleurs vives, ou à ces survivances coloniales. Toutes font partie du patrimoine : maison Saint-John Perse à Pointe-à-Pitre, Habitation Zévallos entre Le Moule et Saint-François et autres habitations de planteurs, château Murat à Marie-Galante, fort Delgrès à Basse-Terre, fort de l'Olive sur le territoire de Vieux-Bourg, fort de l'Union, fort Fleur-d'Epée...

La case traditionnelle, de plan carré et d'environ 5 à 6 m de côté (3 m pour les plus petites), est percée de plusieurs portes, jalousies (persiennes) et volets de bois. Elle est traditionnellement coiffée d'un toit de tôle ondulée, pentu, pour l'écoulement des eaux pendant les fréquentes averses. Pour empêcher l'humidité, la case en bois est posée sur de grosses pierres, ou montée sur des poteaux métalliques fichés dans le sol. Bâties sur un modèle simple à deux pièces, cet habitat modeste peut être complété par une véranda périphérique ou une galerie en façade, avec un espace toilette, ou une cuisine extérieure. Une cour, un jardin potager avec l'arbre du fruit à pain nourricier et une basse-cour complètent cet espace de vie traditionnel.

La villa créole moderne. Passé l'ère du tout-béton, l'architecture est revenue à des expressions post-traditionnelles qui empruntent autant aux maisons de maîtres qu'à la case populaire. Une symbiose qui allie charpente en bois et structures métalliques, associe grands volumes (sur un ou deux niveaux), vérandas bioclimatiques, pergolas, aux dentelles de fer forgé ou fanfreluches en bois sur les façades...

Sur la côte, les gros complexes hôteliers, dédiés au tourisme de masse, s'intègrent difficilement à la beauté des sites. Toutes les constructions doivent désormais respecter des normes paracycloniques et parasismiques en vigueur ainsi qu'une réglementation thermique spécifique.

Ali Tur, ou l'architecture de la reconstruction

Entre 1931 et 1937, l'architecte Ali Tur, né à Tunis, est chargé par le ministère des Colonies de reconstruire une centaine de bâtiments gouvernementaux et communaux détruits par le cyclone Okeechobee qui a ravagé la Guadeloupe le 12 septembre 1928. Il introduit notamment le béton armé qui rompt avec l'architecture traditionnelle en bois et en pierre et fait entrer la Guadeloupe dans une ère moderne avec des bâtiments publics adaptés aux conditions climatiques. L'ancien palais de justice de Pointe-à-Pitre, la préfecture à Basse-Terre, la mairie du Lamentin, le palais du Conseil départemental, les églises de Morne-à-l'Eau et Baie-Mahault comptent parmi ses oeuvres les plus emblématiques.

Artisanat

Localement, l'artisanat est en plein développement. Quelques artisans méritants travaillent la calebasse, le bambou, le rotin, la noix de coco, la terre, le sable et les roches, le bois flotté, le cuir, l'or, le madras, la dentelle, les graines... C'est-à-dire toutes les matières naturelles que recèle l'archipel. Certains artisans bénéficient d'une exposition dans les boutiques, les villages artisanaux de Sainte-Anne, Saint-François ou encore à la Maison de la noix de Coco également à Saint-François. La boutique OCEOM, Terre & Mer située à Grand-Bourg (Marie-galante) est incontournable si vous visitez l'île. Jean-Pol Jacob crée de superbes bijoux à base de déchets marins et de coquillages qu'il récupère et qu'il recouvre d'or fin. Ses créations sont également visibles dans les deux villages artisanaux de la Grande-Terre ou à la boutique Mahogany des Saintes. Les chapeaux de paille et autres objets de vannerie font également partie du patrimoine des Caraïbes notamment les salakos, spécialité des Saintes et les bakouas. De nombreux végétaux offrent leurs feuilles ou tiges pour la confection de ces couvre-chefs amples, réalisés avec la technique du natté ou du cordé. Le pandanus ou bakoua est la plante dont les feuilles, une fois séchées, sont utilisées pour confectionner des chapeaux du même nom, des paniers et autres objets de décoration. Le salako est quant à lui fait de fines lattes en bambou parfois recouvert de tissu madras. Attention aux importations made in Bali ou Taïwan que l'on peut trouver sur les étalages des commerçants. Les articles provenant d'Haïti et de Cuba sont également très présents. Vous arriverez à faire la distinction assez aisément.

Que rapporter de son voyage ?

L'artisanat. Des objets variés sont vendus un peu partout, avec une préférence pour les larges chapeaux, les sacs à main en osier, en tissu et aux motifs coco, le madras à la coupe, les chemises ou les grandes jupes bouillonnantes, à dominante orange ou bleu, mais aussi des serviettes de bains imprimées, des paréos, des tee-shirts, des sets de table, des bijoux en coquillages et les fameux chapeaux bakoua. On trouve aussi des poupées créoles en feuilles de bananier séchées, des plats en bambou, des sacs calebasse.

Les antiquaires. Quelques marchands se sont spécialisés dans l'art de style colonial (lits à colonnes, consoles, fauteuils à bascule cannés, fauteuils planteur, objets de marine, etc.).

Les arts plastiques. Les amateurs de peinture ou de sculpture antillaise pourront visiter des galeries privées mais libres d'entrée, éparpillées un peu partout sur l'île, plutôt proches des zones touristiques, où les artistes locaux empruntent à leur espace caribéen l'essentiel de leur inspiration.

Les produits pays. A côté de l'artisanat décoratif, d'autres souvenirs sont à rapporter des vacances : disques de musique typique, livres insulaires, souvenirs gustatifs (rhum, sirop de canne à sucre non raffiné, miel, épices, cacao, plantes séchées, paquets de café et autres gourmandises comme les confitures de goyave, de banane ou les bâtons de coco) et cosmétiques (savons, perles de bains, huiles pour le corps et les cheveux).

Oubliez l'idée de rapporter des animaux ou des végétaux, vous risqueriez de contribuer à la disparition d'espèces sauvages. Mieux vaut visiter le parc zoologique et botanique des Mamelles, le jardin botanique de Deshaies ou celui de Basse-Terre pour faire des photos des anthuriums, des roses de porcelaine, des balisiers... Pour ce qui est des fleurs tropicales, nombreux sont les jardins qui proposent des colis que vous pouvez emporter en soute. A l'inverse, ne tentez pas de rentrer en Guadeloupe avec quelques espèces de végétaux, leur importation est réglementée. Concernant les animaux sauvages, tout transport est formellement interdit. Vous encourez des amendes et une peine allant jusqu'à 6 mois de prison. Et pourtant le trafic de coquillages existe, celui du lambi notamment, protégé internationalement en raison de sa surpêche. Sa pêche (réservée aux pêcheurs professionnels) est autorisée uniquement du 1er octobre au 30 janvier. Quant aux tortues, un arrêté préfectoral interdit leur capture ou la consommation de leur chair et de leurs oeufs. Ramener une carapace de tortue est strictement interdit, les douaniers sont particulièrement vigilants.

Cinéma

Chaque année, la communauté des cinéastes antillais fait connaître ses dernières réalisations au cours du très suivi Festival régional et international du cinéma de Guadeloupe (FEMI). Très attendu, il met à l'honneur la culture créole dans le cinéma international.

Lorsque l'herbe court de Christian Lara, marque, en 1968, les débuts du cinéma antillais. Depuis, le cinéma des îles puise son inspiration dans la culture locale. Plusieurs acteurs tels que Greg Germain ou Pascal Legitimus ont connu un succès au-delà des Caraïbes. Sur l'île, une scène jeune, pleine de vitalité, s'est professionnalisée comme le montrent le Marché international du film et de la télévision caribéens (en janvier) et le Bureau d'accueil des tournages de la région, mis en place par le conseil régional. En effet, la Guadeloupe attire des productions variées, tant pour la beauté de ses paysages que pour ses ressources humaines et matérielles.

Des scènes du film Antilles sur Seine furent tournées à la Guadeloupe, mais aussi Emmanuelle 4, Rien ne va plus, ou encore Speed 2, Cap sur le danger, La Smala s'en mêle...

Quant aux productions typiquement guadeloupéennes, après Nèg Maron de Jean-Claude Barny, Le Bonheur d'Elza de Mariette Monpierre (sorti en 2011), décrit les réalités sociales avec justesse. Nèg Maron nous entraîne dans l'univers de jeunes issus d'un quartier populaire en rupture avec le système social. Avec le bonheur d'Elza, le spectateur suit la quête identitaire d'une jeune fille de 20 ans, fraîchement diplômée et vivant en métropole, qui annonce à sa mère et sa soeur, qu'elle a pris la décision de se rendre en Guadeloupe, île qu'elle ne connaît pas, pour retrouver la trace de son père qui les abandonnées.

La série Meurtres au paradis, tournée entièrement en Guadeloupe (principalement à Deshaies) est une co-production de la BBC et de France Télévisions. Les épisodes de la 8e saison ont été tournés en 2018 et le casting de la 9e saison a eu lieu en juin 2019.

Danse

La génération des 45 à 70 ans, dite Gran Moun, reste attachée à la tradition musicale en habit folklorique. Les vieux airs de bèlè, du laghia (danse de combat) ou de la kalenda (danse lascive), ceux de la biguine (probablement une danse congolaise venue aux Antilles par la voie espagnole), la valse, la mazurka piquée et bien sur le Gwoka maintiennent une tradition vivace dans les bals de campagne, mais aussi dans les fêtes associatives. Quant aux jeunes, moins sensibles aux touffé yin-yin d'hier (musiques et danses traditionnelles), ils connaissent parfaitement le collé-serré décalé du zouk d'aujourd'hui, le déhanché rotatif et nerveux du ragga mâtiné de reggae cool. L'essentiel est d'y aller au feeling !

Littérature

En survolant la littérature guadeloupéenne, il convient de la replacer dans son contexte caribéen, et au-delà, en métropole, dans la diaspora avec une communauté d'écrivains originaires de l'archipel, qui en sont partis pour mieux y revenir. Deux périodes, la proto-littérature (de la fin du XVIIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle) et la pré-littérature (1850-1950) n'utilisent que la langue dominante, le français. Saint-John Perse ou Simone Schwarz-Bart (épouse d'André) appartiennent à cette époque. La période moderne et contemporaine, qui a vu naître notamment la poésie en créole, cherche à mettre en avant l'identité spécifiquement guadeloupéenne et se fond dans un mouvement général de fiertés créoles (arts, culture et société).

Longtemps, dans la société traditionnelle antillaise, les contes, comme en Afrique, constituait une expression de transmission culturelle privilégiée. Avant l'ère de la télé et d'Internet, on se rassemblait pour les veillées communautaires, lors de fêtes patronales ou de réunions familiales. L'occasion souvent d'écouter l'ancien raconter des récits colorés, fantastiques ou dramatiques.

Créolisme, mythes et réalités

Dans les années 1970, l'émergence du roman antillais (en français) fait connaître des noms qui deviendront célèbres : Maryse Condé, Ernest Pepin, Gisèle Pineau... Chacun, à sa manière, décrit les mythes et réalités de l'archipel. Tous seront remarqués et édités en France. Partant de ce constat, Ibis Rouge (www.ibisrouge.fr), une société d'édition insulaire créée en 1995, d'abord en Guyane puis en Guadeloupe, en Martinique et à la Réunion, entend apporter à ces auteurs un accompagnement professionnel sur place, au même titre qu'en métropole. Spécialisée dans les thèmes relatifs aux Caraïbes et à l'océan Indien, la structure indépendante possède un catalogue impressionnant.

Les grands écrivains guadeloupéens

Maryse Condé est une enseignante et romancière née en 1937. Après une vie entre la Guadeloupe, l'Afrique et la France, elle s'établit aux Etats-Unis où elle enseigne à l'université de Columbia et travaille pour la BBC. Récompensée à plusieurs reprises, elle est l'auteur de plusieurs romans, dont les plus connus sont Ségou (2 volumes, 1984-1985), Moi, Tituba sorcière (1986), Desirada (1997), Célanire cou-coupé (2000) et Histoire de la femme cannibale (2005). Une autobiographie, La vie sans fards est sortie à la rentrée 2012, et dans la continuité de cet ouvrage est paru en 2015 Mets et merveilles. Elle est également présidente du Comité pour la mémoire de l'esclavage. Sur sa proposition, l'ancien président Jacques Chirac a créé la Journée de la commémoration des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions, fixée au 10 mai et célébrée pour la première fois en 2006. A ce titre, Maryse Condé a participé, en tant que professeur, au livre paru en 2013 : Exposer l'esclavage, méthodologies et pratiques. En 2015, Maryse Condé annonçait Monts et merveilles comme son dernier ouvrage. Mais, probablement inspirée par l'actualité, la romancière imagine le parcours d'un jeune radicalisé guadeloupéen dans Le Fabuleux et triste destin d'Yvan et Yvanna, paru en 2017. Le 12 octobre 2018, Maryse Condé se voit décerner le prix Nobel alternatif de littérature, une belle consécration pour l'écrivaine.

Alexis Leger, dit Saint-John Perse. Écrivain et diplomate français né à Pointe-à-Pitre en 1887, il a reçu le prix Nobel de littérature en 1960 pour l'ensemble de son oeuvre. Ses principaux recueils, Éloges (1907), Exil (1942) et Oiseaux (1962), évoquent les années heureuses passées dans la nature guadeloupéenne. Ses oeuvres complètes sont parues en 1972. Une belle maison coloniale du centre de Pointe-à-Pitre, qui porte son nom, est devenue le Musée des arts et traditions. Une large part des expositions (photographies et manuscrits notamment) et une documentation littéraire y sont dédiées au poète. Sa maison natale, quant à elle, a malheureusement été détruite en 2017. Plus d'informations sur l'auteur sur : www.sjperse.org

Ernest Pépin. Poète, romancier et critique littéraire né en 1950, l'ancien professeur de français, marqué par la rencontre de Cheik Anta Diop en 1983, a été récompensé de nombreux prix pour ses romans, nouvelles, livres pour enfants et recueils de poésie. Son premier roman L'Homme au bâton paru en 1992, l'a fait connaître du grand public. Ses romans, Le Tango de la haine (1999), Cantique des tourterelles (2004), L'Envers du décor (2006) et Toxic Island (2010), et ses essais comme cette Lettre ouverte à la jeunesse (2001) montrent ses préoccupations sociales, ainsi qu'une forte acuité sur l'identité profonde de l'âme guadeloupéenne. A l'origine d'un salon littéraire (Mai du livre), Ernest Pépin est une personnalité intellectuelle très respectée. Le 25 septembre 2007, pour son anniversaire, Ernest Pépin a été fait chevalier de la Légion d'honneur. Son dernier roman, Le Griot de la peinture, inspiré de la vie du peintre Jean-Michel Basquiat paraît en 2015.

Gisèle Pineau. Une infirmière qui se met à écrire, tel est le destin de Gisèle Pineau. Née en 1956 à Paris, de parents originaires de la Guadeloupe, elle suit ses études à Paris jusqu'en 1979, puis regagne Basse-Terre où elle travaille au Centre hospitalier psychiatrique de Saint-Claude. Cette expérience lui donne l'occasion de sonder les maux de la société antillaise. Dans ses livres, les femmes sont souvent au centre de l'écriture. En 1998, elle dirige l'ouvrage collectif Les Femmes des Antilles, traces et voix, 50 ans après l'abolition de l'esclavage. En 1994, La Grande Drive des esprits reçoit le prix du magazine Elle, Fleur de barbarie reçoit le prix Rosine Perrier (2005), et Folie, aller simple : Journée ordinaire d'une infirmière reçoit le Prix Carbet des lycéens (2011). Les romans Chair Piment (2005), Morne Câpresse (2008) et Cent vies et des poussières (2012) évoquent les parcours réalistes, souvent violents, de femmes guadeloupéennes. En 2015 paraît son 20e roman, Les Voyages de Merry Sisal, l'histoire d'une jeune femme haïtienne après le tremblement de terre de 2010. Le parfum des sirènes paraît en 2018.

André et Simone Schwarz-Bart. André Schwarz-Bart est né en Moselle en 1928. Sa vie bascule pendant la Seconde Guerre mondiale car ses parents sont envoyés dans un camp par les nazis en 1942. Il s'engage dans la résistance et met quatre ans avant de publier son roman Le Dernier des Justes, pour lequel il obtient le prix Goncourt en 1959. Son roman relate la vie d'une famille juive persécutée de la période des Croisades jusqu'à la Shoah. En 1961, il épouse une étudiante guadeloupéenne Simone Brumant avec qui il co-écrit ensuite Un plat de porc aux bananes vertes et la Mulâtresse Solitude. Ils sont les parents du saxophoniste de jazz Jacques Schwarz-Bart.

Bien que la Mulâtresse Solitude, jeune esclave libre, ait vraiment existé, il s'est créé une véritable légende autour de son personnage notamment grâce à André Schwarz-Bart. Son livre retrace en partie l'histoire de cette jeune martyre, même si, à la lecture, on s'aperçoit que les faits ne coïncident pas avec la véritable chronologie. Ce que l'on sait de la Mulâtresse Solitude : Elle est née, en 1772, d'un viol qu'a subi sa mère par un marin sur le bateau qui l'amenait en Guadeloupe. Sa mère s'enfuit de la plantation où elle était assignée avec sa fille. Cette dernière rejoint, à l'adolescence, le combat de Louis Delgrès et d'Ignace lorsque la France rétablit l'esclavage en 1802 après l'avoir aboli en 1794. Enceinte, elle est condamnée à mort et sera exécutée le lendemain de son accouchement, le 29 novembre 1802. En 1999, une statue de Jacky Poulier est dressée à sa mémoire au carrefour de Lacroix, sur le boulevard des Héros, aux Abymes.

Guy Tirolien. Né en 1917 à Pointe-à-Pitre d'un père directeur d'école, Guy Tirolien va habiter à Marie-Galante à l'âge de huit ans. Une île dont sont originaires ses parents, et à laquelle il sera toute sa vie très attaché. Administrateur colonial de carrière, il publie son oeuvre majeure, Prières d'un petit enfant nègre en 1943 puis participe à la création, en 1947, de la revue Présence Africaine aux côtés de Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire notamment. Le poète s'engage également au sein du mouvement littéraire de la Négritude. C'est en 1961 qu'il publie son premier recueil de poèmes intitulé Balles d'Or. Il décède à 71 ans, en 1988, sur son île tant aimée.

Médias locaux

En plus des journaux, radios et chaînes de télévision de France métropolitaine, Vous trouverez bon nombre de médias locaux, journaux et magazines qui côtoient la presse nationale dans les kiosques, dépôts de presse, stations services, supermarchés et hôtels.

Presse écrite

France-Antilles : quotidien d'information avec suppléments TV, vacances, conso, voyages...

Nouvelles semaines : magazine d'informations régionales sur l'actualité politique, économique et sociétale hebdomadaire

Destination Guadeloupe : magazine trimestriel sur le tourisme dans l'archipel.

Les îles Caraïbes : magazine bimestriel sur le tourisme et le voyage dans toutes les Caraïbes. Tous les 2 mois, un dossier complet sur une île ou chapelet d'îles.

Terre d'Avenir : magazine bimestriel sur la culture et l'environnement, l'éducation citoyenne et l'innovation écologique (gratuit).

Siwotaj : mensuel créé en 2013 et centré sur des sujets divers : consommation, culture, patrimoine, tourisme (gratuit).

Télévision

Ne vous attendez pas à bénéficier sur la TNT d'autant de chaînes qu'en métropole. Seules dix chaînes régionales sont présentes sur la TNT locale (Gpe 1ère, France 24, Arte, France 2, France 3, France 4, France 5, France Ô, ETV et Canal 10). Les chaînes privées nationales telles que TF1, M6 ou encore BFM ne souhaitent pas en faire partie, se basant sur les raisons suivantes : un marché trop cher et restreint, une partie de leurs programmes déjà diffusés par des chaînes locales et leur présence sur le câble ou le satellite (Orange, Canal Sat Antilles, Numéricable...) ; une formule payante mais qui représentent plus de 80 % de la couverture en Guadeloupe. Dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel public, le gouvernement a annoncé le jeudi 19 juillet, la suppression de la chaîne France Ô. Les programmes traitant de l'Outremer seront désormais traités par France 2 et France 3, à des heures de grande écoute.

Guadeloupe Première : chaîne télé et radio du groupe France Télévisions.

Zouk TV : basée en Martinique. Malgré son nom, n'est pas une chaîne musicale. Programmation généraliste.

Canal 10 : une programmation entièrement locale composée d'émissions de proximité, d'un JT...

ETV : des émissions de proximité, journal, météo...

ATV Guadeloupe (petite soeur de la 1e chaîne privée de Martinique) : diffusion d'émissions locales et de chaînes nationales.

Alizés TV (ex-GTV puis Karukera TV) : télévision locale de proximité.

MFM TV : sur le net mfm.tv

Radio

Radio Caraïbes International - RCI Guadeloupe (98.6 - 100.2 - 106.6) : radio généraliste sur les Antilles avec des émissions en créole.

Guadeloupe 1e radio (88 - 88.9 - 92.3 - 97.1 - 96.9...) : radio généraliste sur les Antilles avec des émissions en créole.

Zouk'n news (94.6) : zouk et informations

Radyo Tanbou (105.0) : la radio libre de Pointe-à Pitre, musique gwoka, informations locales en créole à penchant autonomiste.

Radio Transat (91.5 et 91.7) : une programmation pop/rock qui émet de Saint-Martin.

Média Tropical (88.1) : beaucoup de musique tropicale et internationale, des jeux et divertissements, et de l'humour.

Bel' radio : (106.9 - 96.3) : radio du groupe RCI pour les nostalgiques de la musique locale des années 1960-1970-1980.

Radio Souffle de Vie (101.4 - 103.1) : radio communautaire chrétienne.

MFM Radio : 92.7 et 92.9 ou via le net mfmradio.fm

D'autres radios : NRJ et Trace FM, Imagine FM, 96.2 FM, Nostalgie et Chérie FM... proposent une programmation musicale proche de la programmation française. Il existe également de petites radios locales captables selon le lieu ou vous vous trouvez.

Sites Internet
Musique

Si le digital zouk love, le kizomba, le reggae-rap ou le ragga couvrent souvent le nostalgique parfum des airs rétro des bals Gran Moun, la musique actuelle occupe une large part de la vie sociale antillaise, conviviale et festive. Longtemps limité au milieu antillais, le zouk s'exporte bien alors que le jazz caribéen de Mario Canonge reste confidentiel, tout comme ceux de Jacques Schwarz-Bart ou du pianiste Alain Jean-Marie. Pourtant, Kassav, le groupe emblématique des îles, le plus connu en dehors des Caraïbes, ne saurait éclipser les autres fameux artistes de Guadeloupe : Ti Celeste avec son tambour sur l'épaule, Akiyo (groupe de 20 musiciens, percussionnistes et chanteurs, animateurs incontestés du Carnaval de Pointe-à-Pitre), Vélo, l'écailleur de lambi (ce gros coquillage dans lequel on souffle) et Guy Konquet, tous deux maîtres gwoka, sans oublier la génération des Krys, Admiral-T. Ces derniers ont été les pionniers d'une scène urbaine qui trouve un écho particulier au sein de la communauté antillaise de métropole, permettant d'élargir leur fan-base. Ces dernières années, le rappeur Keros'N et le chanteur de dancehall Sadik se sont notamment distingués.

Quant au Kako, né début 2000, qui associe musique traditionnelle et sons plus modernes, il est porté par des artistes de diverses générations (NGy, Dominique Coco, Erick Cosaque...).

A l'aune des récents mouvements sociaux en outre-mer, la jeunesse guadeloupéenne s'engage à travers des textes forts et un slam objecteur de conscience. Ce rap, emporté par des acteurs de la scène locale également reconnus à l'international - à l'instar d'Edson X ou T Kimp Gee -, revient sur les phénomènes de violence dans la société, mais également sur les politiques souvent sourdes aux revendications. Intergénérationnelles, ces musiques urbaines relatent le quotidien d'une jeunesse abandonnée et traduisent un véritable de changement mais aussi un engagement.

Gwoka, art ancestral

Véritable patrimoine vivant de la culture guadeloupéenne, le gwoka est issu de la tradition populaire. Il a été inscrit au patrimoine immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2014. Dénigré par les classes dominantes jusque dans les années 1960, il revient en force aujourd'hui. Preuve en est, le festival Timoun, où l'on voit des enfants jouer du tambour et diverses percussions regroupés sous l'appellation ka. Le gwoka est né au début du XVIIIe siècle, à l'époque de l'esclavage. Des percussions, souvent improvisées, permettaient alors aux esclaves de communiquer à distance, dans une sorte de langage codé qui échappait à la vigilance de leurs maîtres. Considéré comme un moyen de lutte, d'évasion et de communication entre les gens, au même titre que le créole, cette musique rituelle fut interdite par la société coloniale qui y voyait un acte de subversion voire de rébellion. Aujourd'hui, loin des révoltes paysannes ou ouvrières, les joueurs de gwoka et autres vrais rastas se donnent rendez-vous tous les samedis dans le centre de Pointe-à-Pitre, après le marché, aux pieds de la statue de Vélo forcément, le maître incontesté du genre avec Guy Konquet. C'est également un moyen d'expression utilisé lors de manifestations culturelles telles que le carnaval mais également lors de contestations (Mouvement de 2009, grèves, etc.). A voir, le documentaire français Gwoka, l'âme de la Guadeloupe, de Caroline Bourgine et Olivier Lichen (Les Films du village/Zaradoc Prod), tourné en 1995 sur le chanteur/percussioniste, mort en 2010. Konquet fut le premier à combiner le ka, le jazz et les sons traditionnels. Réalisé par une anthropologue, ce film musical plonge au coeur des pratiques rituelles guadeloupéennes. Kan'nida, une compagnie de danse guadeloupéenne véhicule ces traditions à travers le monde (percussion, chant, danse et costumes) et participe à des nombreux festivals de musique du monde.

A ne pas manquer : Festival annuel de gwoka à Sainte-Anne (en juillet).

Peinture et arts graphiques

Les arts plastiques constituent une activité assez récente en Guadeloupe (avec des prémices dans les années 1960). Et pourtant, l'on dénombre de nombreux peintres et plasticiens de talent. Il faut dire que les sources d'inspiration sont multiples entre la luminosité des Antilles, bien connue et appréciée des peintres, le passé colonial, la quête identitaire...

Au nombre des artistes réputés et reconnus se trouvent Goody, Michel et Georges Rovelas, Antoine Nabajoth, Joël Nankin, Ano, Jocelyn Akwaba-Matignon, Richard Victor-Sainsily, Jean-Marc Hunt... les sensibilités sont diverses et variées, tout autant que les styles.

La Maison d'Artistes La Ramée située à Sainte-Rose, depuis 2002, accueille des artistes de tous horizons et propose des ateliers, des expositions.

Inauguré en 2017 par le collectionneur d'art Jérôme Filleau, le musée des Beaux-Arts de Guadeloupe, qui se situe sur la marina de Saint-François, est conçu comme un musée traditionnel qui privilégie les artistes nés, exerçants ou ayant exercé en Guadeloupe.

Graffiti

Si les arts plastiques contemporains de la Guadeloupe n'atteignent pas des cotes extraordinaires dans les galeries internationales, l'expression artistique la plus vivante de l'île est celle des jeunes graffeurs. De Baie-Mahault à Basse-Terre, de Sainte-Rose au Grand-Bourg ou Morne-à-l'Eau, en passant par le cimetière du Gosier, les terrains vagues de Pointe-à Pitre ou l'échangeur de Grand-Camp, les graffeurs peyi sont des génies ! A l'aide de bombes de peinture acrylique, les artistes (Jimmy Sheikboudhou, Philippe Laurent mais aussi Pwos, Cédrik Boucart, Pacman) embellissent l'île-papillon. C'est ainsi que l'on découvre, en des lieux insolites (ponts, murs d'enceintes, entrepôts, ronds-points, transformateurs électriques, abribus, etc.), leurs peintures murales, souvent de grand format, à la fois élaborées et naïves. Des plages idylliques, des paysages tropicaux, la jungle, le coucher de soleil, des portraits de pêcheurs et de femmes en costumes traditionnels, des divinités ou des rastas à la chevelure de lion... Rien à voir avec de vulgaires tags ! Si beaucoup de ces graffs constituent de commandes de collectivités, aujourd'hui, ils sont reconnus par les particuliers et bénéficient également de commandes privées.

Shuck One est un des pionniers de cet art. Déjà reconnu à Paris depuis son arrivée en 1983, le graffeur bénéficie d'une exposition médiatique avec une des ses oeuvres installées au Mémorial ACTe, centre d'expression caribéen dédié à la traite et à l'esclavage situé à Pointe-à-Pitre. Shuck One a réalisé une fresque avec pour base la carte de la Guadeloupe. Il s'agit d'une reconstitution des combats qui se sont déroulés en Guadeloupe en 1802 lorsque Napoléon rétablit l'esclavage face notamment à la résistance de Delgrès.

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