Guide du Panama : Population et langues

Comarcas
Comarcas

Le pays compte 4 millions d'habitants, dont la moitié vit dans la province de Panamá. Le Chiriquí, en 2e position, compte à peine 410 000 personnes. La répartition est très inégale. La province de Panamá a, par exemple, une densité 34 fois plus importante que celle de Darién  ! Des contraintes d'accès, de climat et d'infrastructures font qu'une très grande partie du pays se trouve naturellement isolée.

Et pourtant, l'une des premières impressions marquantes dans ce pays c'est la densité de sa population ! Cette foule métissée qui déferle dans les rues de la capitale... Quelle est l'histoire de la communauté noire panaméenne ? Qui sont réellement ces petites femmes que leurs bras et chevilles encerclés de perles colorées, leurs cheveux courts et leur anneau d'or dans le nez métamorphosent en personnages mythiques ? Qui sont ces hommes habillés comme dans notre imaginaire amazonien et que l'on peut rencontrer sur les rives du fleuve Chagres ? Qui sont ces familles entières qui travaillent dans les plantations de café des vallées du Chiriquí ? Ou, encore, qui sont les héritiers des traditions folkloriques paysannes de l'intérieur du pays ?

Les résultats et prévisions du recensement national n'avançant aucun chiffre précis, il est difficile de définir clairement la composition de la population panaméenne. Les descendants des populations autochtones présentes dans l'isthme à l'arrivée des Espagnols au début du XVIe siècle forment aujourd'hui sept groupes amérindiens distincts ; ils représentent près d'une personne sur douze. Ce sont ensuite les vagues migratoires successives, forcées ou volontaires, qui constituent la population actuelle du Panamá, une mosaïque de peuples qui s'enrichit chaque jour davantage. Ainsi, Colón regorge d'entrepreneurs juifs, arabes et chinois, plusieurs projets touristiques récents sont l'initiative d'Européens, et les nouveaux migrants, en majorité colombiens et vénézuéliens, sont de plus en plus nombreux... sans oublier la génération des baby-boomers nord-américains.

De nombreuses vagues migratoires

La première vague migratoire significative fut celle des conquistadores espagnols, accompagnés de leurs esclaves africains. Aux XVIe et XVIIe siècles, les besoins en hommes étaient nombreux pour accompagner le transit des échanges sur les routes du camino real.

C'est à la moitié du XIXe siècle, suite à l'abolition de l'esclavage, qu'une nouvelle migration reprend vers le Panamá. L'émancipation des esclaves ayant durement touché les plantations sucrières des îles des Caraïbes, la situation économique se détériore et pousse la population à trouver de nouveaux débouchés. Aussi bien colons que Noirs affranchis se trouvent ainsi attirés par la côte de Bocas, les uns pour y créer de nouvelles plantations (toujours en compagnie de leurs esclaves !), les autres pour y pêcher la tortue, etc.

En 1850, la Ruée vers l'or, qui mobilisa quantité d'Américains et d'Européens, entraîna la construction du chemin de fer panaméen. La majorité des ouvriers était originaire de Jamaïque et de Grenade, mais Allemands, Français, Irlandais ou Autrichiens vinrent également y participer, aux côtés de près de 3 000 Chinois. Ce chantier, physiquement et moralement éprouvant pour tous, se chiffra en de nombreuses pertes humaines. La communauté chinoise ne fut pas épargnée. Attachés à leurs traditions, les Chinois étaient venus avec des quantités de riz, de thé et d'opium que les Américains, à la signature des contrats de travail, avaient accepté de renouveler quotidiennement. Ainsi, les bières et autres alcools consommés en fin de semaine par les ouvriers étaient remplacés chez les Chinois par des volutes de fumée d'opium. Cette pratique finit par déranger et fut finalement remise en cause. Brutalement, les Américains cessèrent tout approvisionnement, en prétextant qu'il était temps d'appliquer les lois fédérales relatives aux drogues. L'effet fut immédiat mais on ne s'en rendit compte que trop tard. L'ensemble de la communauté chinoise fut progressivement gagné par la mélancolie, conduisant à une véritable tragédie humaine sous la forme de dépressions massives et de suicides collectifs. L'un des plus meurtriers fut celui de la localité de Matachín, en 1856 (la coïncidence veut que Matachín soit le mot-valise de mata Chinos  ; en français, "  tuer les Chinois  ").

Cette page tragique de l'histoire n'encouragea pas les Français à embaucher des Asiatiques pour la construction du Canal. Ils préférèrent s'appuyer sur une force de travail recrutée au Venezuela, aux Antilles (Sainte-Lucie, Cuba, Martinique, Barbade) et en Jamaïque.

Quant aux Américains, à la reprise des travaux, ils privilégièrent les hommes de la Barbade, pour éviter de payer la taxe sur le recrutement imposé par le gouvernement jamaïcain. Suite à la faillite du canal français, cette solution fut trouvée pour permettre, en cas de nouvel échec, le financement du rapatriement des habitants de l'île. Mais, en réalité, la majorité des travailleurs recrutés à la Barbade était originaire de Jamaïque ou des autres îles antillaises  : Martinique, Guadeloupe ou Trinidad. Parallèlement, on y dénombrait près de 12 000 Européens, principalement originaires d'Espagne, Italie, Grèce, France ou Arménie.

Dès la fin du chantier du canal, de nombreux Noirs furent embauchés à Bocas del Toro, sur les plantations de bananes de l'United Fruit Corporation. Certains restèrent dans la zone du Canal en tant qu'employés pour les Américains et d'autres s'installèrent définitivement à Colón. La reconversion ne fut pas aisée pour tous.

Aujourd'hui, la population noire se concentre surtout le long de la côte Caraïbes, mais aussi dans la capitale. Quant à la communauté asiatique, elle augmenta particulièrement entre les années 1970 et 1980. Elle est aujourd'hui spécialisée dans de nombreux petits commerces (restauration, laveries, épiceries mais aussi casino et hôtels...). Ne soyez pas surpris si vous entendez un Panaméen appeler le serveur asiatique du restaurant "  hey Chino ! ". L'utilisation de chino ou china, pour s'adresser à tout membre de la communauté asiatique, a été vulgarisée.

Les communautés amérindiennes

Malgré la désastreuse et dramatique diminution des populations amérindiennes consécutive à la conquête espagnole, malgré de nombreux déplacements forcés et une discrimination sporadique, pas moins de sept groupes amérindiens sont encore présents sur le territoire  : les Guaymí (Ngäbe-Buglé), les Guna (prononcer Kuna), les Chocoe (Emberá et Wounaan), les Teribe (ou Naso) et les Bri-bri.

Tous peuvent s'enorgueillir d'une langue propre, de traditions authentiques et d'une résistance exemplaire. Autant de richesses pour lesquelles il a fallu se battre contre les autorités panaméennes  ; une lutte qui reste d'actualité pour conserver une place juste et équitable, tant au niveau du territoire que de l'identité nationale.

Les chiffres fournis ne permettent malheureusement pas d'indiquer avec exactitude le nombre d'indigènes vivant dans le pays, d'autant qu'ils ne prennent en compte que ceux vivant au sein des comarcas. La plus importante semble être celle des Ngäbe-Buglé, avec environ 160 000 personnes. Viennent ensuite les comarcas des Guna et, bien plus loin, celles des Emberá-Wounaan.

Les Guaymí. C'est le nom commun utilisé pour englober les communautés Ngäbe et Buglé (ou Bokotá). Ces deux ethnies étant fortement liées, on a souvent tendance à les regrouper en une seule. Toutefois, si leurs membres partagent les mêmes rites, se vêtissent de la même façon et sont soumis au même cacique, des différences persistent quant à leurs langues, croyances et références spirituelles.

Les Ngäbe. C'est le groupe ethnique le plus nombreux (environ 260 000 individus), au taux de natalité le plus élevé (supérieur à 4 %). Ils sont répartis sur trois des neuf provinces du pays, au coeur des zones montagneuses  : la cordillère centrale de Chiriquí (districts de Tolé, Remedios, San Felix et San Lorenzo), Bocas del Toro (districts de Chiriquí Grande et Bocas del Toro) et Veraguas (districts de Santa Fé, Cañazas et Las Palmas).

Les Guaymí ont longtemps souffert de déplacements forcés. L'arrivée des conquistadores a bouleversé leur vie communautaire, leurs croyances et leurs rapports avec la terre. Le développement économique des provinces de Chiriquí et de Veraguas ou encore la construction de la route panaméricaine les ont conduits à se retrancher dans des zones moins accessibles. Finalement, ce sont les multiples projets de concessions minières qui représentent aujourd'hui la principale menace... et ce, au coeur même du territoire qui leur a été concédé en 1997, la comarca Ngäbe-Buglé.

Au-delà de la question foncière, c'est celle de leur pauvreté extrême qui est la plus préoccupante. Initialement fondées sur les échanges et le travail coopératif, ces communautés n'ont souvent pour vivre que les fruits modestes d'une agriculture de subsistance, parfois agrémentée de quelques bêtes d'élevage ou de la pêche. Même si beaucoup vont travailler dans les plantations (cacao, café, canne à sucre, bananes), cela ne suffit pas pour assurer un revenu décent à des familles souvent très nombreuses. Il n'est pas rare de rencontrer des foyers ayant plus de six enfants, alors que la mortalité infantile y est cinq fois plus importante que dans le reste du pays.

Les problèmes d'accès aux soins sont souvent liés à leur isolement géographique, ainsi qu'au faible taux d'alphabétisme (45 % chez les Ngäbe Buglé). Le tableau dressé est celui d'une communauté souvent introvertie, qui ne souhaite pas se mélanger au reste de la population par crainte de subir de nouveaux actes de barbarie. Au sein même du foyer, les femmes doivent souvent affronter, dans le silence, problèmes d'alcoolisme et de violence conjugale. Contrairement aux Buglé, les Ngäbe peuvent être polygames.

Les Buglé (ou Bokotá). Ils se concentrent dans les provinces de Veraguas et Bocas del Toro et seraient environ 25 000. Comme chez les Ngäbe, les femmes s'habillent de longues robes (nangún), décorées au moyen d'appliques et de motifs traditionnels, dont les rouge, bleu ou vert vif ne passent pas inaperçus. Les hommes, eux, ne portent aucun habit traditionnel, auquel ils préfèrent jean et tee-shirt. Certaines cérémonies rituelles (balsería), qui réunissaient autrefois la communauté entière, semblent être en train de disparaître. Egalement pratiquées par les Ngöbe, elles ont lieu à huis clos, à l'abri des regards étrangers. Néanmoins, quelques fêtes continuent à ponctuer leur vie, par exemple à la fin des semences ou des récoltes, à l'occasion de la puberté des jeunes filles... Leur organisation dépend des revenus des familles, qui souvent ne peuvent affronter de telles dépenses.

Les Guna. Le recensement de 2010 indique une population de plus de 80 000 individus. La majorité du peuple Tule ou Guna se regroupe actuellement au nord-est du pays, au sein de trois comarcas distinctes  : Guna Yala, Madungandi et Wargandi. La première est la plus connue  : Guna Yala reçoit chaque année la visite de nombreux touristes attirés par ses îles paradisiaques. La seconde se trouve dans le bassin du fleuve Bayano, dans la province de Panamá, et héberge douze communautés. La dernière et certainement la moins connue, en raison de son isolement, se nomme Wargandi. Dans la province de Darién, à proximité de la frontière colombienne, trois communautés vivent de la manière la plus ancestrale, à l'abri des regards et des influences occidentales. De nombreux Guna ont choisi de vivre dans la capitale ou le reste du pays, de la restauration, de la vente de molas, ou en travaillant dans les plantations bananières...

Leur combat pour l'obtention d'un droit de consultation, et contre l'idée que les peuples autochtones sont un obstacle au développement économique et au progrès de toute nation, ne date pas d'aujourd'hui. Mais il a fortement contribué à améliorer la représentation de l'ensemble des communautés amérindiennes auprès du gouvernement panaméen. En 1945, la rédaction de la charte organique de San Blas officialise la représentation du peuple Tule auprès des autorités panaméennes en institutionnalisant le rôle du congrès général Guna. En 1953, avec l'approbation de la loi 16, les droits collectifs des Guna sur leur territoire sont reconnus légalement.

Les Chocoe. Les Chocoe rassemblent les Emberá (environ 35 000) et Wounaan (8 000), qu'il est très difficile de distinguer pour les non-initiés. Ils forment en réalité deux groupes linguistiques différents mais dont l'histoire et la culture sont similaires. La comarca qui les héberge depuis 1983 se divise en deux zones géographiques distinctes situées dans la province de Darién. Ces peuples autrefois nomades, vivant le long des fleuves, se sont sédentarisés récemment pour l'éducation des enfants.

Si la cohabitation entre Wounaan et Emberá n'a jamais posé de problèmes, en revanche, les relations avec les Guna sont historiquement plus tendues. Ces derniers auraient même chassé les Wounaan de leurs terres au XVIIIe siècle, à la suite de conflits d'intérêts. Il n'est donc pas envisageable que des mariages soient célébrés entre ces deux groupes, alors qu'ils sont fréquents entre Wounaan et Emberá.

Concernant l'organisation interne des Chocoe, c'était le noko, généralement l'homme le plus âgé du village, accompagné du jaibaná ou chamán, qui formait autrefois l'autorité supérieure de la communauté. Aujourd'hui, des principes plus démocratiques (comités, représentants) ont été introduits et tous sont consultés sur les questions d'intérêt général. Un cacique est également chargé de représenter les Chocoe au niveau national.

Bien que les Chocoe vivent principalement dans la forêt, leurs habitudes vestimentaires ont évolué. Peu à peu, le pagne a été remplacé par le short en coton et le torse autrefois nu des hommes est à présent souvent couvert d'un tee-shirt. Cependant, dans certaines communautés isolées ou accueillant des touristes, les hommes continuent à porter un simple morceau d'étoffe. Quant aux femmes, elles sont torse nu et portent à la taille une bande de tissu nouée comme un paréo, la paruma, aux dessins variés et aux couleurs très vives. Ces motifs sont conçus par un fabricant taïwanais qui approvisionne exclusivement les femmes emberás et wounaans ! Lors des cérémonies, leurs lourds colliers de pièces d'argent martelé tintent dès qu'elles se mettent à danser.

Les Téribe ou Naso. Ce groupe, d'environ 4 000 personnes, vit isolé sur les rives des ríos Teribe et San San dans la province de Bocas del Toro. Sa particularité tient à la nature de son gouvernement, les Teribe étant représentés par un roi ! Choisi autrefois en fonction de ses aptitudes guerrières, le roi doit aujourd'hui être issu de la lignée des Santana. Cette famille a déjà enfanté treize monarques. Reynaldo Alexis Santana, au pouvoir depuis 2011, a la charge de représenter son peuple, notamment dans les rapports avec les autorités panaméennes. Cela fait déjà près de trente ans que les Teribe réclament que leur soit assigné un territoire officiel !

Les Bri-bri. Présente le long de la frontière, sur les rives des ríos Yorkin et Sixaola, l'essentiel de leur communauté se trouve au Costa Rica où ils seraient environ 10 000. Du côté panaméen, on en recense à peine un millier. Ce petit nombre est peut-être la raison pour laquelle on les connaît si peu et pourquoi on les assimile souvent au groupe des Guaymí. Aucun territoire propre ne leur est assigné par le gouvernement panaméen.

Sept communautés, une même menace. Malgré leurs revendications, les sept groupes amérindiens sont très peu consultés par le gouvernement sur l'avenir de leurs sous-sols et voient leurs terres fréquemment menacées par les concessions minières accordées aux multinationales étrangères. Les retombées de ces exploitations ne contribuent en rien au développement de ces communautés et sont le plus souvent source d'importantes pollutions des sols et rivières.

Quelle élégance chez les femmes gunas  !

Un trait noir qui partage le visage en deux, un anneau d'or dans le nez, les cheveux courts, deux molas cousus sur la blouse, une jupe portefeuille aux motifs colorés, des bracelets de perles aux poignets et aux chevilles  : la tenue traditionnelle de la femme Guna est d'une extrême élégance. D'après certains témoignages, nombreuses sont les jeunes filles qui aimeraient échapper à ce carcan vestimentaire pour s'habiller selon la mode occidentale. Toutefois, la tradition perdure au travers de certains rites initiatiques, notamment les différentes fêtes marquant les étapes clefs de la vie d'une jeune fille  : la fête de l'Ico-Inna (fête de l'aiguille), célébrée en famille et où l'on perfore la paroi nasale de l'adolescente pour y placer l'anneau d'or, la fête de l' Inna-Suit , au cours de laquelle est chanté le chant des ciseaux, dislaiga, quand on coupe les cheveux de la jeune fille et qu'un nouveau nom lui est attribué. Enfin, lors de la fête de la puberté, Inna-Muustiki, qui célèbre l'apparition des premières règles. Quant à la cérémonie nuptiale, elle obéit également à un rituel qui s'étend sur plusieurs jours et qui est destiné à démontrer les capacités physiques du futur marié.

Que sont les comarcas  ?

Pour le gouvernement panaméen, ce terme désigne une réserve autonome indigène aux délimitations géographiques définies et dont les habitants sont, en principe, consultés sur tout changement relatif aux frontières ou à la gestion de ce territoire. Cette autonomie est exercée dans les faits sur la base de l'organisation interne propre à chacune des communautés. Cette superposition d'acteurs n'est pas sans poser problème  : quel est le poids réel de ces autorités traditionnelles face aux autorités panaméennes  ?

La première comarca a été établie par et pour les Guna en 1938 et reçut soixante ans plus tard l'appellation de Guna Yala. Sa création engendra un processus de revendications de la part des autres groupes amérindiens, qui s'organisèrent également pour que leur soit concédé un territoire.

Actuellement, il existe cinq autres comarcas au Panamá  : Emberá-Wounaan (1983), Madugandi (1996), Ngäbe-Buglé (1997) et Wargandi (2000). Seuls les Naso Teribe et les Bri-bri n'ont pas de territoire délimité officiellement, et ils en espèrent la création. Un espoir encouragé par l'adoption, en 2007, de la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones  ; le premier instrument universel à affirmer que ces peuples ont le droit d'être autonomes et de s'administrer eux-mêmes pour tout ce qui touche à leurs affaires intérieures et locales, ainsi que de disposer des moyens de financer leurs activités autonomes.

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