Le guide touristique OMAN du Petit Futé : Histoire

Histoire

Fort de Rustaq.
Fort de Rustaq.
Les noms d'Oman

Au cours de son histoire, le sultanat fut connu et désigné sous différents noms.

Des tablettes sumériennes décrivent une terre comme celle de "Magan", nom qui fait référence au cuivre dans l'antiquité. Il est en effet probable que le pays fut utilisé par les navigateurs et marchands sumériens pour la fonte du cuivre et la construction navale. "Mezoun", autre nom rapporté pour Oman, est un dérivé du mot " muzn " qui désigne l'eau débordante et abondante. Appellation logique, quand on compare Oman, terre partiellement fertile, aux pays arabes voisins, bien plus arides.

Le nom d'Oman, tel qu'il est utilisé actuellement, aurait été donné par les tribus arabes ayant émigré du territoire "d'Uman" au Yémen. Ces populations seraient arrivées au sultanat et sédentarisées sur ses terres, pour y pratiquer l'agriculture, la pêche ou l'élevage. Il est possible également que cette dernière appelation ait été attribuée en référence au fils et à l'arrière petit fils d'Abraham.

ChronologieHaut de page

- 500 à 622 av. J.-C. > Domination perse.

622 > Avènement de l'islam.

700 > Implantation de l'ibadisme, élection du premier imam, Julanda bin Massoud.

1508 > Les Portugais prennent Mascate et Sohar.

1659 > L'empire Ottoman prend le contrôle d'Oman.

1665 > Les Portugais sont chassés d'Oman. Conquête de l'Afrique de l'Est.

1718 > Guerre civile provoquée par la mort de l'imam bin Saif II.

1744 > Ahmed bin Said accède à l'imamat. Fondation de la dynastie des Al-Busaidi.

1783 > Muscat (Mascate en français) devient la capitale d'Oman.

1798 > Traité entre Oman et la Compagnie des Indes orientales (East India Company).

1800 > Oman devient un protectorat de fait.

1832 > Le sultan établit sa résidence à Zanzibar qui devient la seconde capitale.

1804 > Said bin Sultan succède à son père et règnera jusqu'en 1856. Période de prospérité et d'ouverture sur l'extérieur.

1890 > Oman devient un protectorat britannique.

1891 > Signature d'un traité de défense avec l'Angleterre, qui s'engage à intervenir dans tous les conflits concernant le pays.

1924 > Première concession pétrolière.

1932 > Arrivée au pouvoir du sultan Said bin Taymour.

1949-1955 > Conflit de Buraymi au sujet des concessions pétrolières.

1954 > Fin de l'imamat.

1962 > Découverte de gisements de pétrole.

1963-1964 > Rébellion du Dhofar.

1967 > Première exportation pétrolière.

1970 > Accession au pouvoir de Qaboos bin Said.

1971 > Le pays devient membre des Nations Unies et de la Ligue arabe.

1976 > Fin de la rébellion dans le Dhofar.

1981 > Adhésion au Conseil de Coopération du Golfe.

1987 > Ouverture du pays au tourisme.

1991 > Election du premier Conseil Consultatif.

1992 > Accord frontalier avec le Yémen.

1996 > Promulgation de la loi fondamentale qui régit la politique du pays.

1997 > Deux femmes sont élues dans le Conseil Consultatif.

2000 > Signature du protocole d'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce.

2003 > Union douanière pour les Etats du CCG. Les Omanais peuvent voter dès l'âge de 21 ans.

2006 > Mascate, " capitale culturelle du monde arabe ".

2007 > Le cyclone Gonu frappe Oman causant la mort de 50 personnes et entraînant des dommages d'environ 4 milliards de dollars.

2009 > Oman Sail Masirah remporte la victoire d'Extreme Sailing Series en Asie (compétition de voile).

2010 > Mascate accueille les Jeux de Plage d'Asie. Première édition du Tour d'Oman Cycliste.

2011 > Manifestations de jeunes et de sans-emploi, notamment à Sohar. En réponse, le Sultan opère un remaniement ministériel et annonce des mesures sociales importantes.

2011-2015 > Le sultanat est entré dans son huitième plan quinquennal avec pour objectifs principaux la diversification de l'économie (développement du tourisme et des infrastructures portuaires et aéroportuaires notamment), l'augmentation du niveau de vie, la maîtrise de l'inflation et le développement du secteur privé.

2012 > Le sultanat d'Oman est classé au quatrième rang des pays arabes les plus compétitifs lors du forum écononomique mondial des Etats et 32e au niveau mondial.

2013 > Le gouvernement expose sa volonté de limiter les effectifs d'expatriés à 33 % de la population. Le sultan encourage l'esprit d'initiative et les opportunités d'investissement pour la participation de la jeunesse au développement du pays.

2015 > La dernière otage française, Isabelle Prime, retenue au Yémen depuis le 24 février, est libérée le 7 août notamment grâce à la médiation du sultanat d'Oman.

2015-2020 > Le sultanat entre dans son neuvième plan quinquennal avec des objectifs similaires au plan précédent, mais renforcés, notamment la diversification de l'économie et des sources de revenus, une poursuite de la politique d'omanisation et de développement du secteur privé, une hausse du PIB, l'augmentation du niveau de vie, l'élévation du niveau de qualification.

Des origines à nos joursHaut de page
Le pays de MaganHaut de page

L'intérêt que le pays porte à son histoire est récent. Les fouilles archéologiques entreprises ces dernières années ont permis d'établir l'existence de communautés organisées politiquement et économiquement dès le IIIe millénaire avant J.-C. Leur économie était basée sur le commerce de minerais, plus particulièrement celui du cuivre, que ces populations anciennes exportaient vers tous les pays du Golfe. Les plus importantes mines de cuivre se trouvaient près de Sohar, au nord, et dans la région de la Sharqiyah. Le cuivre était extrait puis transformé en lingots de quelques centimètres, pour être ensuite acheminé soit par voie terrestre, à dos de dromadaire, vers Umm al-Naar (Abu-Dhabi) et Dilum (Bahreïn), soit par voie maritime vers Sumer (Irak), ainsi qu'en Mésopotamie et dans la vallée de l'Indus (Inde). On échangeait le minerais contre de l'orge et des tissus. Les marins omanais étaient d'excellents navigateurs, parmi les premiers à utiliser les étoiles pour calculer leur position et à se servir du vent et des courants générés par les moussons pour optimiser leur navigation. Leurs bateaux étaient faits en faisceaux de roseaux, calfeutrés au bitume. La lecture de tablettes sumériennes révèle l'existence d'un Etat appelé Magan, " la montagne de cuivre ", qui correspondrait à l'émirat d'Abu-Dhabi et au Sultanat d'Oman. Cette période de l'histoire fut aussi marquée par le commerce de l'encens qui était à cette époque une denrée très prisée de toutes les civilisations. Sumériens, Egyptiens, Grecs et Romains l'utilisaient en grandes quantités pour leurs rituels religieux, mais aussi comme maquillage, parfum ou remède thérapeuthique. Le Boswellia sacra, arbre dont est extrait l'encens, poussait et pousse encore dans la région du Dhofar, au sud du Sultanat. La résine précieuse était chargée dans les ports de Sumhuram et Taqah, et transportée vers Tarim (au Yémen) et le reste du monde. A la même époque, le pays commerçait également avec l'Inde et pratiquait essentiellement l'échange de chevaux et d'épices.

La domination perseHaut de page

Victime de son développement et de sa position stratégique au carrefour de l'Afrique et de l'Asie, Oman attire plus d'un conquérant. Cyrus le Grand, fondateur de la dynastie perse achéménide, s'empare du pays en 536 avant J.-C. Il occupe tout d'abord Sohar et baptise Oman du nom de " Mazoon ". Les Arabes d'Oman se réfugient alors à l'intérieur du pays et sur la côte située au sud de Mascate. Au milieu du Ve siècle après J.-C., la tribu arabe des Azd, menée par Malik ibn-Fahm, arrive par le sud et s'installa dans la région de Sharqiyah, prenant Qalhat pour capitale. Puis elle s'empare de Sohar et expulse les Perses du pays en 640. La domination perse laisse néanmoins ses empreintes sur le territoire : elle influence considérablement l'art local et apporte un précieux savoir-faire en matière d'agriculture.

L'arrivée de l'IslamHaut de page

L'impulsion est donnée par Amer Ibn al Aas, qui arrive à Oman en 630 après J.-C., porteur d'une lettre du Prophète destinée à Abed et Jaifar, les deux fils de Julanda bin al Mustakbir qui régnent ensemble sur le pays. Oman est ainsi l'une des premieres nation de la péninsule à embrasser l'islam, et ce juste avant la mort de Mahomet en 632. Le premier imamat d'Oman naît de la volonté de créer un Etat musulman pur et parfait. Le tout premier imam ibadite, Julanda bin Massoud, est élu en 751 après J.-C. et trouve la mort dans un combat. Ce n'est qu'en 801 que Warith bin Kaab est élu à son tour. Durant cette période, le commerce prospére et l'économie connaît un essor sans précédent, notamment sous l'influence d'Abu Ubaida bin Abdullah qui ouvre, en 750 après J.-C., la première route vers la Chine. Encens, cuivre, chevaux, dattes et épices circulent par les ports de la région de la Batinah et du Dhofar. Les marins arabes établissent une chaîne de comptoirs s'étirant de l'actuelle Afrique du Sud jusqu'à l'Erythrée. C'est à cette époque que le port de Sohar connaît sa plus grande activité, en devenant un incontournable carrefour maritime où se ravitailler en eau et nourriture. Sa prospérité dure jusqu'en 971, année où les Perses envahissent la ville et la détruisent. La période qui suit est marquée par une succession d'invasions : tout d'abord les Turcs en 1064, puis les Basrawi venus d'Irak, les Turcomans, de nouveau les Perses, les Moghols. A la fin du XVe siècle, le pays est divisé en plusieurs petits Etats. Durant cette période, Oman s'établit comme une nation prospère, d'où des dhows partent en permanence du grand port de Sohar (reconstruit et de nouveau très actif) pour commercer avec les négociants voisins : une manne pour les marins ! A cette époque, Sohar est probablement l'une des villes les plus importantes du monde arabe...

La mainmise portugaiseHaut de page

Au début du XVIe siècle, après la découverte du Cap de Bonne-Espérance par Vasco de Gama et ses marins en route pour les Indes, les Portugais sont les premiers européens à aborder les côtes omanaises, occupant les ports et les points stratégiques du pays. En 1514, Alfonso de Alburquerque - militaire, navigateur, explorateur et politicien, Gouverneur des Indes portugaises de 1509 à 1515 - prend le détroit d'Ormuz et en fait une base portugaise sur la route des Indes. Mascate est une place forte plus difficile à prendre en raison d'une concurrence féroce entre les Turcs, les Perses et autres européens qui convoitent l'emplacement de la future capitale. Les Portugais parviennent néanmoins à la soumettre et s'assurent le contrôle d'une vaste partie des côtes omanaises, sans toutefois prendre possession de l'intérieur des terres où sévit une forte résistance nationale. Pendant cette occupation, ils fortifient tous les ports afin de se prémunir des rébellions internes et de la menace turque, dominante dans la région. Oman doit sa libération à l'imam de Rustaq, Nasser bin Murshid, qui marque le début de l'ère Yaruba en prenant le pouvoir en 1624. Celui-ci comprend que le pays doit s'unir pour chasser l'occupant et entreprend plusieurs voyages à travers le territoire pour fédérer les différentes populations sous son autorité unique. Il constitue une flotte puissante et libére le port de Sohar en 1643, ainsi que quelques villes côtières. Mascate et Mutrah résistent jusqu'après sa mort et sont finalement reprises en 1649 par son successeur, le Sultan bin Saif qui met un point final à 150 années d'occupation portugaise. Ce dernier, de la dynastie des Yaruba comme son prédécesseur, continue le travail d'unification du pays initié par Nasser bin Murshid. S'ensuit une période de prospérité et de développement outre-mer, vers l'Afrique (Mogadiscio, Mombassa, Zanzibar) et l'Inde, que favorisent la perfomance et la qualité de la flotte omanaise. Du statut de dominés, les Omanais passent à celui de colonisateurs, et établissent des comptoirs d'épices et d'esclaves de l'est de l'Afrique (Zanzibar surtout) jusqu'au Barheïn et Pakistan. C'est au cours de cette même période que sont bâtis la plupart des forts, tels ceux de Nizwa, Jabrin, Rustaq et Al-Hazm. La mort de Sultan bin Saif II, en 1718, met cependant fin à cette ère de croissance. Avec le problème de la succession, des guerres civiles éclatent un peu partout dans le pays et les Perses réinvestissent le territoire à partir de Sohar.

La dynastie des Bu SaidHaut de page

Elu imam de Rustaq, Ahmed bin Said, ancien gouverneur de Sohar connu pour sa sagesse et sa valeur, chasse définitivement les Perses du pays en 1744 et redonne au territoire sa force et son unité. Il fonde la dynastie des Bu Said, actuellement toujours au pouvoir. Son fils, Sultan bin Ahmad, transforme Mascate en un ville puissante qui devint la capitale du pays en 1782.

En 1789, Oman signe un traité de commerce et de navigation avec l'Angleterre, désireuse de contrôler cette partie du globe et d'y stopper toute initiative étrangère. Ce privilège fait plus d'un envieux et, en 1800, des pirates envahissent le nord du pays avec des wahhabites, membres d'une secte islamique d'Arabie centrale. C'est alors que se révèle une grande figure de l'histoire d'Oman, Said bin Sultan, fils de Said Badr bin Saif qui a trouvé la mort dans la bataille. Said bin Sultan met fin à l'invasion et prend le pouvoir en 1806. Son règne, qui dure jusqu'en 1856, est synonyme de croissance et d'expansion. Il agrandit son empire de la Perse jusqu'à la côte est africaine et donne une place toute particulière à l'île de Zanzibar qui devient la deuxième capitale d'Oman de 1831 à 1856, véritable carrefour commercial entre l'Afrique, l'Asie et le Golfe - commerce de pierres précieuses et d'épices des Indes, soieries, porcelaines et laque de Chine, or et ivoire d'Afrique australe, verreries, armures, tissus, parfums, encens, chevaux et perles Moyen-Orient, sans oublier le trafic d'esclaves. De nombreux traités sont signés avec des nations étrangères, telles que le Japon et la Chine, et des ambassadeurs sont envoyés en visite officielle auprès des grandes puissances européennes et des Etats-Unis. A la mort de Said bin Sultan, le pays est divisé entre ses deux fils : l'un se voit attribuer Zanzibar, l'autre Mascate. Ce partage inégal provoque l'intervention de la communauté internationale qui, en 1862, condamne le propriétaire de Zanzibar à verser un tribut annuel à celui de Mascate.

L'isolementHaut de page

Au fur et à mesure des années, la position d'Oman perd de son importance. Tout d'abord en raison de l'ouverture du canal de Suez en 1860, et ensuite à cause de l'arrivée du bateau à vapeur en 1869 qui rend obsolète la flotte des voiliers omanais. S'ensuit un certain nombre de conflits internes qui entrainent un isolement du pays par rapport au reste du monde. Lorsque le Sultan Taymur bin Faysal monte sur le trône en 1913, les chefs tribaux de l'intérieur lui imposent un nouvel imam, instaurant un double pouvoir dans le pays : Mascate et Nizwa. Cette situation ne prend fin qu'en 1956, sous le gouvernement du Sultan Saïd bin Timour (au pouvoir dès 1932 et père de l'actuel Sultan), qui profite de luttes successorales pour affirmer son contrôle et obtenir l'abdication de l'imam. En 1957, le Sultan, assisté par les forces britanniques, met un terme à une nouvelle tentative de restauration de l'imamat et la révolte de Nizwa s'éteint en 1959.

Mais en 1961, une nouvelle révolte éclate dans le pays, dans le Dhofar cette fois-ci, où des courants indépendantistes (Front Populaire de Libération) soutenus par des troupes du Yémen, entrent en rébellion. Cette situation chaotique dure jusqu'à l'accession au pouvoir de Sa Majesté le sultan Qaboos, en 1970.

Le renouveauHaut de page

En 1970, le sultan Qaboos bin Said destitue son père, dont il ne tolère plus le gouvernement isolationniste et despotique. En premier lieu et grâce à l'aide renouvelée des militaires anglais, il met fin à la guérilla dans le Dhofar et offre une unité, un drapeau et un nom à son pays : Oman et Mascate deviennent le sultanat d'Oman. Le pays est désormais en marche vers le XXIe siècle. Le plus grand défi du Sultan consiste à faire revenir ses compatriotes au pays en leur offrant une bonne éducation et du travail, afin qu'ils contribuent ensemble au plein développement de la nouvelle nation. C'est : " la Renaissance ". Depuis lors, Oman embrasse les principes du libre-échange et de l'ouverture des marchés, tandis que l'Etat joue un rôle essentiel dans la planification des programmes de développement dans tous les domaines. Les partenariats entre le gouvernement, le peuple et le secteur privé ont été et demeurent un élément fondamental dans les efforts entrepris pour assurer un développement durable. Le secteur privé apporte ainsi une contribution croissante à l'économie. Parallèlement, le programme d'"omanisation" encourage les jeunes omanais à acquérir, par la formation, les compétences qui devraient leur permettre d'accéder aux fonctions jusqu'ici détenus par les expatriés. Les femmes ne sont pas tenues en marge et participent activement à la vie politique et au dévelopement économique du pays. Une même ouverture est pratiquée en politique étrangère, où le sultanat se distingue pour ses principes de non-intervention dans les affaires internes des autres pays, le respect des lois internationales et le renforcement des relations avec toutes les nations. Si depuis le début de la Renaissance, le sultan manifeste une volonté d'inscrire sa nation dans la modernité, il n'en véhicule pas moins une volonté d'équilibre entre progrès et tradition. Tandis que l'industrialisation, le tourisme et les investissements étrangers sont encouragés, les traditions sont maintenues et confèrent une forte identité nationale au pays. Le sultan valorise notamment les métiers ancestraux exercés par les hommes de la mer et les nomades bédouins, a remis au goût du jour le port des vêtements traditionnels, et s'efforce de renouer avec le passé via la revalorisation des patrimoines historique et artistique.

Relations franco-omanaises

Les premiers contacts franco-omanais datent des années 1660. Durant cette période, les navires marchands de la Compagnie des Indes faisaient escale au port de Mascate pour des échanges commerciaux avec le Golfe Persique. Mascate était en ces temps l'une des meilleures rades de la région. De très bonnes qu'elles étaient au départ, les relations franco-omanaises furent toutefois entachées par des divergences entre la France et l'Angleterre, qui eurent de fortes répercussions sur le pays. Car si les objectifs de la Grande-Bretagne étaient commerciaux et politiques et visaient surtout à préserver la route maritime menant aux colonies des Indes, les aspirations de la France, quant à elles, n'étaient que commerciales.

En 1667, survient le premier accroc dans les relations franco-omanaises, quand un envoyé français en Iran conseille à son gouverneur de s'emparer de Mascate. Paris ne suivra cependant pas ce conseil.

En 1750, les relations entre Oman et la France s'intensifient via les échanges commerciaux entre l'île de France (actuelle île Maurice), l'île Bourbon (île de la Réunion) et Oman avec ses dépendances de Zanzibar.

En 1775, l'imam Ahmed autorise la France à établir un comptoir à Mascate puis, en 1786, d'y nommer un représentant officiel. En établissant des relations consulaires avec Oman, la France vise deux buts principaux : d'abord contrôler les activités britanniques dans le Golfe et les Indes, ensuite faire d'Oman une source d'approvisionnement de l'île Maurice dans le cas d'une nouvelle guerre avec la Grande-Bretagne.

En 1789, la Révolution qui éclate en France empêche le pouvoir de poursuivre ses projets à l'étranger.

En 1803, Napoléon Ier tente de renouer les relations diplomatiques avec Oman en y envoyant M. de Cavaignac comme consul. Mais l'imam Sultan, soumis à la pression anglaise, refuse de le recevoir.

En 1807, l'accession au trône du sultan Said bin Sultan rouvre les portes de l'Oman à la France. Une convention franco-omanaise est signée entre le sultan et le capitaine général Decaen, gouverneur de l'île de France.

En 1844, un traité d'amitié et de commerce est signé, puis ratifié en 1846. Ce traité permet le développement des relations entre Zanzibar et la Réunion, ainsi que l'essor du commerce entre l'empire d'Oman et la France.

En 1862, après la mort du sultan Said bin Sultan, la France et l'Angleterre s'engagent à respecter l'indépendance des deux sultanats de Zanzibar et de Mascate, partagés entre les deux fils du sultan défunt. Les Anglais violeront cet engagement en 1897, en menaçant le sultan Said Faysal de tirer sur les forts de Mascate s'il ne retire pas l'autorisation donnée aux Français d'emmagasiner du charbon pour l'approvisionnement de leurs navires à Bandar Jissah, ce qu'il fera.

En 1894 est décidée l'ouverture d'une représentation consulaire de France à Mascate. M. Paul Ottavi est nommé vice-consul. Sa tâche ne sera pas facile dans un environnement hostile et un contexte de crise avec l'Angleterre. Cependant, il bénéficie de la confiance du sultan qui lui donne, en 1896, une belle demeure, aujourd'hui transformée en musée franco-omanais " beit Fransa ".

En 1920, suite à la Première Guerre mondiale, la France ferme son consulat, tout en maintenant de bonnes relations avec le pays.

En 1974, le premier ambassadeur résident s'installe à Mascate, à la suite de l'accession au pouvoir de Sa Majesté le sultan Qaboos bin Said. S'ouvre alors une période de coopération économique, culturelle et technique entre les deux pays.

1974 : création du centre franco-omanais.

1979 : accord de coopération culturelle et technique.

1982 : accord de coopération économique.

1989 : le sultan Qaboos se rend en France. Renforcement des liens entre les deux pays.

1992 : inauguration du Musée franco-omanais en présence de Sa Majesté le sultan Qaboos et du président François Mitterrand.

2003 : le sultan Qaboos est reçu par le président de la République Jacques Chirac en juillet à Paris, et Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, est en visite à Mascate.

2004 : visite du ministre des Affaires étrangères M. Dominique de Villepin en janvier, nouvelle visite de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, à Mascate.

2009 : les 10 et 11 février 2009, visite officielle à Mascate de Nicolas Sarkozy, président de la République.

2011 : le ministre omanais du Commerce et de l'Industrie reçoit une délégation représentant 15 entreprises membres du Mouvement des entreprises françaises internationales. Les deux parties examinent les opportunités commerciales et le développement des relations économiques et touristiques entre les deux pays.

2011 : signature le même jour à Paris, Quai d'Orsay, d'une déclaration d'intention sur la mise en place d'un club d'affaires franco-omanais par Khalil Bin Abdullah Al Khongi, président du conseil d'administration de la Chambre de Commerce et de l'Industrie du sultanat d'Oman, et Thierry Courtaigne, vice-président du MEDEF international, et d'un relevé de conclusions de la commission mixte franco-omanaise par Sayyid Badr Al Busaidi, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères du sultanat d'Oman, et Pierre Sellal, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et européennes.

2011 : libération des trois otages français retenus par les militants d'Al Qaida au Yémen pendant cinq mois et accueil à leur arrivée à Mascate le 14 novembre 2011 par Malika Berak, ambassadrice de France en Oman.

2011 : c'est un Français, Paul Le Guen, qui devient sélectionneur de l'équipe de football d'Oman.

2013 : Paris, 18 octobre 2013. Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères reçoit son homologue Sayyid Badr Al Busaidi, à l'occasion de l'exposition "Oman et la Mer" inaugurée au Musée de la Marine. Les secrétaires généraux font état de l'excellence de la relation franco-omanaise.

2014 : en janvier, Mme Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, se rend en visite officielle en Oman.

2014 : en avril, une délégation du MEDEF international effectue sa deuxième mission depuis le début de l'année, dans le but de dynamiser les échanges commerciaux bilatéraux.

2014 : en mai, M. Kader Arif, secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, se rend en Oman pour renforcer la coopération militaire bilatérale.

2015 : En avril, M. Matthias Fekl, secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger, effectue une visite en Oman.

26 siècles en bref

Connu à l'époque sumérienne, sous le nom de Magan, comme un pays riche en cuivre, Oman constitua l'une des satrapies de l'Empire perse auquel il fut incorporé vers 536 av. J.-C. Les premiers Omanais arrivèrent du Yémen et de l'Arabie en deux vagues migratoires, dans un pays où de nombreuses régions étaient occupées par les Perses. En 630 après J.-C. naît le premier Imamat d'Oman. A partir de l'an 751, avec l'élection du premier imam ibadite à Nizwa, puis d'un deuxième iman en 801 après J.-C., le pays va connaître plus de 300 ans de paix et de prospérité. Grâce à un commerce maritime florissant, Sohar, dont était originaire le célèbre Sindbad le marin, devient le plus grand port du monde islamique.

Les Portugais occupent le pays de 1507 à 1650, date à laquelle ils sont chassés par le sultan bin Saif al-Yarubi. Oman connaît alors une ère de renaissance et de prospérité sous la dynastie Ya'aruba, qui voit, entre autres, la construction de châteaux imposants comme le fort de Nizwa ou le Palais de Jabrin.

Le pays est ensuite partiellement occupé par les Perses de 1737 à 1744. En 1744, Ahmed bin Said, le nouvel imam élu, crée une véritable puissance navale, chasse les Perses du pays et parvient à réconcilier l'ensemble des différentes factions adverses.

Le traité de Paris, en 1763, impose le protectorat du Royaume-Uni aux Indes. Sans occuper le pays, les Britanniques s'installent à Mascate et en font un grand port-entrepôt de l'océan Indien. En 1779, la lignée actuelle des sultans d'Oman, fondée par Ahmed ibn Said, établit sa capitale à Mascate. Son fils Said lui succède en 1783, remplacé par son fils Hamad qui meurt soudainement en 1792. Son oncle, Sayid Sultan bin Ahmed, prend alors le pouvoir. Souverain respecté, il développe fortement le commerce maritime omanais. Le sultan Sayid Said bin succède à son père en 1804 et poursuit ses réalisations jusqu'en 1856.

Au début du XIXe siècle, placé de fait sous protectorat britannique à parir de 1891 tout en conservant nominalement son indépendance, Oman est le centre d'un véritable empire colonial, qui s'étend du Balouchistan à Zanzibar, avec une économie et un commerce forts. Avec la Première Guerre mondiale, une période plus noire commence pour Oman. Sans relations avec les autres pays, ses activités commerciales déclinent. En 1970, l'actuel sultan Quaboos bin Said Al Said succède à son père, le sultan Said bin Taymour, et entreprend le développement économique du pays, tout en maintenant la paix avec ses voisins du Moyen-Orient. L'année 1971 marque la fin du protectorat britannique.

Un bilan de règne élogieux

"Tous les indicateurs socio-économiques officiels (ceux de l'ONU et ceux de la BCO) attestent d'un élogieux bilan de règne. En 45 ans, Oman s'est élevé à la cinquante-sixième place du classement de l'Indicateur de Développement Humain (IDH) du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). Mascate a des allures de métropole macrocéphale soignée. Les autoroutes traversent le désert, illuminées sur certains tronçons. Certes, les écarts villes-campagnes, littoral-intérieur, élites-plèbe, sont plus ou moins marqués, mais l'Etat fournit emploi, santé, éducation, eau, électricité et un accès routier entretenu à chaque maison, même aux plus reculées. Des citernes d'eau potable sont livrées par hélicoptère dans les campements saisonniers d'altitude des bergers. Des héliports sont aménagés dans des hameaux de quelques âmes. Les Bédouins, qui bénéficient d'un certain prestige identitaire et d'avantages consentis, roulent en véhicules quatre roues motrices entre leurs troupeaux de dromadaires. Ils bénéficient de points d'eau et d'assainissement en plein désert pour leurs campements, qu'ils fréquentent, pour certains, en alternance avec des villas aux standards occidentaux. En arpentant le pays, il est courant de rencontrer nombre d'Omanais tout à fait désoeuvrés et parfaitement insouciants dans l'air climatisé."

Source : Géopolitique d'Oman : les choix d'une pétromonarchie discrète. Par Alexandre Mouthon, le 5 mars 2016 sur diploweb.com (http://www.diploweb.com/Geopolitique-d-Oman.html)

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