Guide du Chili : Population et langues

<p>Chilienne à Parinacota</p>

Chilienne à Parinacota

La population chilienne a connu une croissance régulière depuis le début du XIXe siècle (1 010 336 habitants en 1835, 16 575 000 selon le dernier recensement de 2012 - mais celui-ci a été remis en cause en 2013 et un nouveau recensement pourrait être organisé bientôt). Cette croissance résulte pour une part de l'immigration, pour une autre part d'accidents historiques (conquêtes de la guerre du Pacifique), et enfin de la croissance naturelle. La croissance démographique a été régulière jusqu'en 1940 et n'annonçait pas le boom de l'après-guerre. Cela explique la jeunesse de la population : 65 % des Chiliens ont moins de 40 ans. Le rythme de croissance de la population fut de 0,97 % par an entre 2002 et 2012 (en perte de vitesse).

La répartition de la population chilienne est déterminée par la configuration géographique du pays : un exode rural massif a conduit à la concentration de 86,2 % de la population dans les villes. Cependant, la croissance des villes s'étant faite sans planification, la capitale en est restée hypertrophiée.

Santiago (et son agglomération) abrite aujourd'hui plus d'un tiers de la population globale du pays (environ 6 millions d'habitants), regroupe les capitaux et le savoir-faire, mais connaît des problèmes importants en ce qui concerne le transport ou le logement. La capitale souffre également d'un taux de pollution atmosphérique très préoccupant.

La répartition spatiale de la population est donc très inégale. A l'exception de quelques pôles urbains, les densités sont très faibles dans le nord du pays. Elles sont importantes dans la région centrale, et relativement élevées dans la zone qui s'étend jusqu'à Puerto Montt. Plus au sud, on retrouve de véritables déserts humains jalonnés par quelques foyers de peuplement relativement peu importants (le long de la route australe, puis Coyhaique et Punta Arenas, Puerto Natales dans la région de Magellan).

A noter que plus de 96 % de la population chilienne est alphabétisée.

Une population métissée

La société chilienne est le résultat du métissage des différentes populations issues de l'immigration et des populations indigènes (préhispaniques). Le pays a réussi le miracle d'intégrer progressivement tous les immigrants pour donner naissance à une véritable " chilenité ", c'est-à-dire un sentiment d'appartenance à une même nation partagé par l'ensemble des citoyens chiliens.

Les immigrants au Chili furent, par ordre décroissant, Espagnols (Andalousie et Estrémadure tout d'abord, puis Castille), Allemands (à partir de 1850), Italiens, Yougoslaves (à Antofagasta et Punta Arenas au début du XXe siècle), Anglais, Français, Syriens et Libanais. Auxquels on peut ajouter les immigrants des pays voisins, principalement dans les zones frontalières (Argentins à Aysén, Boliviens et Péruviens dans le Nord).

Cette immigration fut peu importante en nombre et très progressive, ce qui facilita le processus d'intégration des nouveaux arrivants.

Si l'on estime à moins d'un million d'individus les indigènes présents sur l'actuel territoire chilien, les recherches archéologiques ont permis d'identifier de nombreuses ethnies différentes suivant leur implantation géographique et leur culture. Dans l'extrême sud du pays, elles ont pour noms Chonos, Alacalufs, Onas et Yaghans. C'étaient des peuples nomades, chasseurs ou pêcheurs (ils ont presque tous disparus). Plus au nord s'étend le territoire de ceux que les Espagnols vont appeler Araucans. Eux-mêmes se nomment Mapuche (mapu signifiant " la terre " et che, " les gens "). Ce sont eux qui opposèrent le plus de résistance aux Espagnols. Durant plus de trois siècles, ils empêchèrent la pénétration des colons sur leur territoire dont le coeur est situé entre les fleuves Tolten et Bío-Bío (frontière). Ils furent finalement vaincus, mais leurs descendants ont maintenu vivantes leur culture et leur langue et travaillent encore quotidiennement pour les maintenir. Ainsi, leur lutte pour récupérer leur territoire est-elle bien réelle. Les Mapuche demandent la restitution de leurs sols et le respect de leur mode de vie : des revendications sans répondant de la part du gouvernement chilien. Les Mapuche seraient la seule exception - ou presque - au métissage chilien.

La loi indigène du 5 octobre 1993 reconnaît l'existence des peuples indigènes comme " part essentielle des racines de la Nation chilienne " ; elle crée aussi la Conadi (Corporation nationale pour le développement indigène - www.conadi.cl - le site Web recense les diverses ethnies, leur origine, leur habitat, etc.). On peut aussi se connecter au site - www.serindigena.cl - élaboré par le ministère de l'Education, qui présente plusieurs aspects des cultures indigènes (religion, gastronomie, artisanat).

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