Guide d'Azerbaïdjan : Histoire

Au cours de son histoire, l'Azerbaïdjan a été l'objet des convoitises de ses voisins perses, ottomans et russes, auxquels sont venues s'ajouter quelques invasions romaines et mongoles. La population locale porte encore les marques de cette histoire agitée, puisque les Azéris sont un mélange d'ethnies locales aux origines encore un peu mystérieuses, de Turcs, de Perses et, plus récemment, de Russes. La définition d'une identité azérie a donc été l'un des impératifs de la construction d'un Etat moderne après l'indépendance de 1991. Une tâche rendue difficile par l'absence d'histoire étatique locale (à l'exception d'une très courte période en 1918), mais également par les influences sociales, politiques et économiques subies encore aujourd'hui par l'Azerbaïdjan, situé au carrefour géopolitique des mondes turc, iranien et russe.

Les frontières actuelles de l'Azerbaïdjan ne sont que très récentes, et ne correspondent d'ailleurs pas à la répartition ethnique azérie : les Azéris sont en effet plus nombreux en dehors des frontières du pays, et notamment dans le nord de l'Iran, qu'en Azerbaïdjan. De même, certaines des plus importantes villes historiques azéries sont aujourd'hui situées hors des frontières nationales (Tabriz, par exemple, est en Iran). Pour faciliter la compréhension de l'histoire mouvementée du pays, le terme Azerbaïdjan sera utilisé pour désigner toute la zone de population azérie (incluant donc une partie de l'Iran) avant 1828, date de la partition officielle. Après cette date, le terme Azerbaïdjan ne fait plus référence qu'au pays dans ses frontières actuelles. De même, les habitants de la république d'Azerbaïdjan se nomment eux-mêmes " Azerbaïdjanais ", en référence à l'Etat, et non pas " Azéris " en référence à l'ethnie. Néanmoins, afin de préserver la lisibilité du guide, le terme " Azéri " sera préféré à celui d'Azerbaïdjanais, dans la mesure où nous nous intéressons davantage aux caractéristiques culturelles qu'à l'appartenance étatique des habitants de la zone.

Chronologie
Chronologie

IXe siècle av. J.-C : peuplement de la zone par les Scythes.

Du VIIIe au VIe siècle av. J.-C : domination de l'Empire assyrien.

Du VIe au IVe siècle av. J.-C : conquête de la région par les Achaménides.

330 av. J.-C : arrivée des troupes d'Alexandre le Grand.

Ier siècle av. J.-C : attaques de l'armée romaine et mise en place de la dynastie des Arshakides. Développement du royaume albanais.

VIe siècle de notre ère : début des invasions arabes.

705 : l'Azerbaïdjan se convertit officiellement à l'islam. Domination de la dynastie des Abbassides.

XIe et XIIe siècles : dynastie turque des Seldjoukides. Age d'or de la culture azérie.

Du XIIIe au XVIIIe siècle : succession d'invasions turkmènes et mongoles.

1722 : les troupes russes de Pierre le Grand s'emparent de la majeure partie du pays mais sont repoussées par la dynastie safavide.

1795 : deuxième incursion russe.

1828 : le traité de Turkmenchay divise le pays en deux parties. L'une d'entre elles sera intégrée à l'Iran, la seconde deviendra l'Azerbaïdjan contemporain. Cette dernière est sous autorité russe et connaît alors un premier boom pétrolier.

22 janvier 1905 : le Dimanche noir entraîne le début d'une guerre civile réprimée dans le sang par les troupes russes.

1918 : les troupes turques entrent en Azerbaïdjan, le pays met sur pied un parlement indépendant.

15 septembre 1918 : les troupes turques et azéries s'emparent de Bakou.

30 octobre 1918 : l'armistice confie Bakou aux troupes alliées représentées par les Anglais.

28 avril 1920 : les troupes russes reprennent Bakou. C'est le début d'une période de 70 ans de domination soviétique.

1969 : Heydar Aliyev est nommé chef du Parti communiste azéri.

Août 1991 : le Soviet suprême d'Azerbaïdjan déclare l'indépendance, qui est approuvée par référendum par plus de 90 % de la population quatre mois plus tard.

Février 1992 : début de la guerre ouverte contre l'Arménie dans la région du Haut-Karabakh.

Octobre 1993 : Heydar Aliyev est élu président.

Fin 1994 : signature d'un cessez-le-feu avec l'Arménie qui occupe 16 % du territoire azerbaïdjanais.

2003 : Ilham Aliyev succède à son père à la tête du pays. Heydar Aliyev décède en décembre.

Novembre 2005 : les élections législatives confirment la domination du parti présidentiel, mais les résultats sont contestés et donnent lieu à d'importantes manifestations. La " Révolution orange " n'aboutira pas à un renversement du régime.

2008 : entre le conflit en Géorgie, les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, et celles entre la Russie et l'Ukraine, l'Azerbaïdjan peine à trouver une place sur l'échiquier international. De conférences en sommets, la situation du Nagorno-Karabakh reste désespérément enlisée, et les relations avec l'Arménie sont toujours aussi tendues.

2008 : réélection d'Ilham Aliyəv à la présidence du pays.

2009 : une réforme constitutionnelle met fin à la limitation du nombre de mandats présidentiels.

2010 : les élections législatives sont largement remportées par le parti Nouvel Azerbaïdjan du président Aliyəv.

15 mai 2011 : l'Azerbaïdjan remporte le concours de l'Eurovision.

Octobre 2011 : l'Azerbaïdjan annonce avoir découvert, en partenariat avec GDF Suez et Total, un nouveau et très important gisement de gaz dans la Caspienne.

Mai 2012 : après avoir remporté le concours de l'Eurovision en 2011 pour sa première participation, l'Azerbaïdjan accueille la 57e édition à Bakou. La ville fait peau neuve pour l'occasion : le Boulevard se développe, les musées se modernisent et l'Eurovision se tient dans le Crystal Palace flambant neuf.

Octobre 2013. Le président Ilham Aliyəv est réelu avec 84,6 % des votes. Le président, en poste depuis 2003, était tellement pressé de célébrer, selon ses propres termes, ce " triomphe de la démocratie " que les résultats du vote ont été publiés la veille du scrutin...

Décembre 2014 : le pouvoir accentue son contrôle sur les médias, et la répression des journalistes de Radio Free Europe à Bakou fait les gros titres des journaux.

Juin 2015 : Bakou accueille la première édition des Jeux Européens. C'est la seconde grande manifestation sportive internationale à se tenir dans la capitale azerbaïdjanaise après la Coupe du monde de football féminin en 2012.

Novembre 2015 : les élections législatives confortent, s'il en était besoin, le pouvoir du président Ilham Aliyev.

2016 : Toujours dans sa soif de reconnaissance, Bakou entre dans le club restreint des villes hôtes d'un circuit de Formule 1. Le parcours de 6 km fait le tour de la Vieille Ville et longe le Boulevard.

Juin 2017 : première édition du Grand Prix de Bakou, 964e épreuve du Championnat du Monde de Formule 1. Il est emporté par Daniel Ricciardo.

octobre 2015 : inauguration de la ligne de chemin de fer BTK (Bakou-Tbilissi-Kars), premier tronçon de l'ambitieux projet destiné à relier l'Asie et l'Europe par voie ferroviaire. À terme, Pékin et Londres pourront être reliés en 12 à 15 jours de voyage via la Turquie, le Caucase et l'Asie Centrale.

Novembre 2017 : l'Azerbaïdjan perd le procès qu'il a intenté à Elise Lucet et Laurent Richard pour leur reportage diffusé dans l'émission Cash investigation et dans lequel le pays était qualifié de "dictature".

Avril 2018 : Les élections présidentielles n'avaient pas encore eu lieu lors de la parution de ce guide, mais on vous annonce quand même le début d'un quatrième mandat pour Ilham Aliyev, sans prendre trop de risques...

Des origines à nos jours
Restes de la statut de Lénine, Yevlakh.
Restes de la statut de Lénine, Yevlakh.

Au cours de son histoire, l'Azerbaïdjan a été l'objet des convoitises de ses voisins perses, ottomans et russes, auxquels sont venues s'ajouter quelques invasions romaines et mongoles. La population locale porte encore les marques de cette histoire agitée, puisque les Azéris sont un mélange d'ethnies locales aux origines encore un peu mystérieuses, de Turcs, de Perses et, plus récemment, de Russes. La définition d'une identité azérie a donc été l'un des impératifs de la construction d'un Etat moderne après l'indépendance de 1991. Une tâche rendue difficile par l'absence d'histoire étatique locale (à l'exception d'une très courte période en 1918), mais également par les influences sociales, politiques et économiques subies encore aujourd'hui par l'Azerbaïdjan, situé au carrefour géopolitique des mondes turc, iranien et russe. Les frontières actuelles de l'Azerbaïdjan ne sont que très récentes, et ne correspondent d'ailleurs pas à la répartition ethnique azérie : les Azéris sont en effet plus nombreux en dehors des frontières du pays, et notamment dans le nord de l'Iran, qu'en Azerbaïdjan. De même, certaines des plus importantes villes historiques azéries sont aujourd'hui situées hors des frontières nationales (Tabriz, par exemple, est en Iran). Pour faciliter la compréhension de l'histoire mouvementée du pays, le terme Azerbaïdjan sera utilisé pour désigner toute la zone de population azérie (incluant donc une partie de l'Iran) avant 1828, date de la partition officielle. Après cette date, le terme Azerbaïdjan ne fait plus référence qu'au pays dans ses frontières actuelles. De même, les habitants de la république d'Azerbaïdjan se nomment eux-mêmes " Azerbaïdjanais ", en référence à l'Etat, et non pas " Azéris " en référence à l'ethnie. Néanmoins, afin de préserver la lisibilité du guide, le terme " Azéri " sera employé de préférence à celui d'Azerbaïdjanais, dans la mesure où nous nous intéressons davantage aux caractéristiques culturelles qu'à l'appartenance étatique des habitants de la zone.

Babek Khuramind, héros national

Né au milieu du VIIIe siècle dans un petit village du sud de l'Azerbaïdjan, Babek s'impose rapidement comme le leader du Mouvement national de libération de l'Azerbaïdjan, qui mène une lutte acharnée contre l'occupation arabe. Ses troupes remportent de nombreuses victoires, venant à bout de six généraux arabes et de leurs armées. En 834, Babek noue une alliance avec l'empereur de Byzance, qu'il convainc d'entrer en guerre contre les Arabes. Byzance jette ses troupes dans la bataille en 837, mais sans résultat tangible, et l'empereur conclut finalement la paix avec les Arabes qui retournent alors l'intégralité de leurs troupes contre Babek. En 837, la forteresse de Bazz, fief de Babek et de ses hommes, est prise par les troupes arabes, mais Babek parvient à s'enfuir et prend de nouveau la route de Byzance pour tenter de rallier une fois encore l'empereur local à sa cause. Mais le héros national azéri est capturé suite à une trahison du dirigeant local de Sheki : en janvier 838, il est torturé à mort par les Arabes, qui mettent ainsi fin à la rébellion. Ce conflit de plusieurs années avait toutefois considérablement affaibli le califat, qui allait se désintégrer quelques années plus tard.

Le premier boom pétrolier azéri

" [L'histoire] commence en mars 1873 lorsque débarque en ville un certain Robert Nobel. Son frère cadet, Ludwig, fabricant d'armes suédois à Saint-Pétersbourg, l'a dépêché dans le Caucase pour acheter du bois de noyer dont seront faites les crosses des fusils de l'armée du tsar. Robert découvre, stupéfait, Bakou en pleine ébullition pétrolière. Il dépense alors les 25 000 roubles de Ludwig pour acheter une raffinerie, sans même lui demander son avis.

Quelques mois auparavant, le gouvernement impérial de Russie avait renoncé à son monopole sur le pétrole qui a toujours abondé dans la région, comme en témoignent les récits de Marco Polo au XIIe siècle. L'heure n'est plus aux temples du feu zoroastriens, qui utilisaient le naphte pour alimenter leur flamme sacrée. Le kérosène américain illumine déjà les longues nuits des palais de Saint-Pétersbourg, et les bourgeois de Bakou comprennent rapidement le bénéfice qu'ils peuvent tirer de cette huile sombre qui sourd de partout sur la péninsule d'Absheron. L'extraction se fait alors au moyen d'outres de peau de chèvre, dans des gisements à ciel ouvert, que transportent mulets et chameaux. Dans le port, on remplit des barriques de bois qui navigueront vers Astrakhan, au nord de la Caspienne, pour remonter lentement la Volga sur des barges.

Les Nobel vont tout changer. Avec des fonds envoyés de France par le troisième frère, Alfred, roi de la dynamite et fondateur du prix qui porte son nom, Robert devient vite le raffineur le plus efficace de Bakou. Quant à Ludwig, il ne tarde pas à venir voir de ses propres yeux ce boom pétrolier et va mettre tout son génie industriel à bâtir une entreprise comme l'Empire russe n'en a encore jamais connu. Production, transport, raffinage, distribution : il maîtrise toutes les étapes, emploie des dizaines de milliers de sujets de Sa Majesté et utilise les dernières technologies, quitte à les inventer. Pour remonter la Caspienne, il met au point une catégorie de bateaux qui fera date : les tankers. Car c'est bien dans le transport que se joue la vraie bataille et que pointent les seuls concurrents sérieux, les Rothschild. Ces derniers inaugurent en 1883 un chemin de fer entre Bakou et le petit port de Batoumi, sur la mer Noire. Les Nobel répliqueront avec un premier pipeline vers l'ouest, parallèle au tracé actuel du projet Bakou-Ceyhan ! En Europe, en Asie, pétrole russe et pétrole américain entrent ainsi en concurrence mondiale. "

Un Monde de brut, Serge Enderlin, Serge Michel, Paolo Woods, éd. Seuil, 2003, p. 59.

Les vingt-six commissaires

Il s'agit de l'un des épisodes les plus troubles de l'histoire de l'Azerbaïdjan moderne. En mars 1918, vingt-six commissaires du peuple bolcheviks parviennent à s'emparer de Bakou, où ils fondent une sorte de commune populaire. Celle-ci devient rapidement le théâtre de violents conflits ethniques, et les commissaires, qui veulent céder le pétrole de Bakou aux Russes, se font très vite détester par les populations locales. La commune est alors renversée et, en été 1918, les vingt-six commissaires sont emprisonnés dans la capitale azérie. Mais, au même moment, les troupes turques marchent sur Bakou, défendue par une coalition hétéroclite qui ne parvient pas à soutenir le siège. A l'occasion du chaos général, les commissaires parviennent à s'échapper de prison et à se faufiler à bord d'un bateau plein de réfugiés, en route pour Astrakhan.

Malheureusement pour eux, les commissaires sont reconnus, et le capitaine, bien décidé à leur faire payer leurs crimes, déroute le bateau vers Krasnodovsk (aujourd'hui Turkmenbashi), dont les autorités locales sont nettement anti-bolcheviques. Après de nombreuses péripéties maritimes, dont une tentative de détournement du navire de la part des commissaires, ces derniers sont débarqués à Krasnodovsk et confiés aux autorités locales. Leurs corps seront retrouvés quelques jours plus tard dans le désert turkmène, sans que l'on sache, jusqu'à aujourd'hui, qui a donné l'ordre de les exécuter.

Pendant la période soviétique, le rôle des commissaires ayant été réévalué, ceux-ci étaient officiellement considérés comme des héros de la cause communiste. Un grand mémorial leur a été consacré à Bakou (sur la place des 26 Commissaires), et de nombreuses statues à leur effigie ont été érigées dans le pays. Après l'indépendance de 1991, les Azéris ont surtout voulu se souvenir des atrocités commises par les vingt-six personnages : le mémorial de Bakou a certes été préservé, mais les noms et les références historiques liés à l'événement ont été soigneusement effacés de l'édifice. Quant aux statues des commissaires disséminées dans le pays, certaines ont été démantelées, alors que d'autres sont toujours debout, symbole de l'ambiguïté des sentiments des Azéris à l'égard de cet épisode historique.

Des traces de peuplement précoce

Le site de Gobustan, l'une des fiertés du pays, permet de faire remonter les premières implantations humaines dans la région aux débuts de l'âge de pierre. Jusqu'à l'âge du fer, l'endroit semble avoir été habité sans interruption, comme en témoignent les peintures et les gravures rupestres retraçant l'évolution de cette très ancienne civilisation. D'autres sites archéologiques disséminés à travers le pays attestent d'une présence humaine précoce : les grottes d'Azikh, dans la région du Karabakh, ainsi que les traces d'habitat structuré, dans la péninsule d'Absheron, datant de plus de 6 000 ans, sont autant de témoignages de l'existence de civilisations avancées dans la région. Enfin, s'il faut en croire le livre publié par David Rohl en 1998, Légende : la Genèse de la Civilisation, le jardin d'Eden aurait été situé à côté du lac d'Urmia, tout près de la ville actuelle de Tabriz. Une zone actuellement dans les frontières de l'Iran, mais de population majoritairement azérie.

Une région très disputée

Les premières traces historiques de l'Azerbaïdjan font essentiellement référence au sud de la zone, actuellement iranienne. Cette région a d'abord été occupée par les Scythes, des populations semi-nomades qui ont élu domicile en Azerbaïdjan au IXe siècle av. J.-C. Un siècle plus tard commence la période de domination persane, qui sera marquée par une lutte continuelle entre différents royaumes jusqu'à ce qu'elle soit incorporée dans le puissant empire des Perses achéménides, qui, menés par Cyrus le Grand, s'emparent de la région au VIe siècle av. J.-C. Une période de prospérité s'installe sous la domination de ce puissant empire, renforcé par l'apparition de la première religion monothéiste de l'histoire, le zoroastrisme. Cette accalmie est interrompue au IVe siècle av. J.-C. par les troupes d'Alexandre le Grand : en 330 avant notre ère, Alexandre absorbe l'Empire achéménide, mais laisse la gestion de l'Azerbaïdjan au gouverneur local, nommé Atropate. La région prend alors le nom d'Atropate, qui signifie " protégé par le feu ", et pourrait être à l'origine du nom actuel de l'Azerbaïdjan. Après avoir été intégré à l'Empire grec, l'Azerbaïdjan va subir trois incursions de l'armée romaine, qui a atteint le site de Gobustan au milieu du Ier siècle av. J.-C. Les Romains mettent alors en place la dynastie des Arshakides, qui assoit sa domination sur une grande partie du Caucase (dont la région est alors appelée " Albanie ", mais qui fait référence aux régions montagneuses du Caucase et non à l'Albanie des Balkans). Celle-ci promeut le christianisme, dont on trouve encore quelques traces sous la forme d'églises " albanaises " des villages de montagne du Grand Caucase. Au VIe siècle puis, surtout, dans la deuxième moitié du VIIe siècle, s'enchaînent des vagues d'invasions turques puis arabes en 664. En 705, le pays se convertit officiellement à l'islam. Il subit alors la domination des différentes dynasties arabes, qui répriment les populations non-musulmanes, ce qui entraîne de nombreuses révoltes de la part des Azéris (dont la plus populaire, aujourd'hui encore, est celle de Babek Khuramind, au début du IXe siècle). L'affaiblissement de la domination arabe laisse la porte ouverte à de nouveaux conquérants : ce sont alors les Turcs venus d'Asie centrale, qui vont contrôler l'Azerbaïdjan. Cette vague d'immigration du XIe siècle pose en fait les bases ethniques de l'Azerbaïdjan contemporain.

L'âge d'or de la culture azérie (XIe - XIIIe siècles)

La dynastie des Seldjoukides est renversée au début du XIIe siècle et, sous la houlette de la Géorgie, l'Azerbaïdjan connaît une période d'essor culturel sans précédent. Les caractéristiques ethniques du pays sont posées, et la créativité artistique de cette époque, personnifiée par le poète Nizami Gänjävi, est encore célébrée aujourd'hui. Sur le plan politique, ces deux siècles marquent le retour à une relative stabilité : les principautés cohabitent de façon à peu près pacifique, et parviennent même à établir une sorte de confédération au milieu du XIIe siècle. La Géorgie intervient à plusieurs reprises pour rétablir l'ordre entre les khanats, et réaffirmer sa domination sur cette partie du Caucase, mais la période offre une réelle trêve aux populations locales. Une trêve de courte durée, bientôt perturbée par les hordes mongoles.

Nouvelles invasions (XIIIe - XIXe siècles)

A partir de 1225, les invasions venues de l'Est recommencent à déferler sur l'Azerbaïdjan. Les nomades turkmènes, eux-mêmes sous la pression des Mongols, sont les premiers à s'attaquer au pays. Viennent ensuite les Mongols, les fils de Gengis Khan partis à la conquête du monde : l'Azerbaïdjan passe alors sous la domination des Houlagides, qui règnent également sur l'Iran. Mais d'autres invasions mongoles continuent à raser les quelques villes qui avaient réussi à échapper aux premières vagues de destructions : la Horde d'Or, qui occupera une partie de la Russie, traverse l'Azerbaïdjan en 1319 et 1382, puis Tamerlan et ses troupes achèvent le travail de destruction des villes azéries en 1380 et 1386. Le début du XVe siècle voit les premiers affrontements entre sunnites et chiites, qui s'opposent pour le contrôle du sud de l'Azerbaïdjan. Les sunnites remportent la manche, mais seulement pour se heurter à leur tour aux Turcs ottomans, qui deviennent de plus en plus puissants dans la région. A l'échelon local, les principautés azéries continuent à survivre, et à s'affronter, jusqu'à ce qu'un leader sorte du lot et parvienne à fédérer les différents khanats. Ce rôle incombera au très jeune Ismayil, devenu chef d'armée à 14 ans pour venger son grand-père : au tout début du XVIe siècle, Ismayil parvient à unifier les khanats d'Azerbaïdjan et devient le premier shah de la dynastie des Safavides. Il restera dans l'histoire locale comme le dirigeant qui a définitivement imposé le chiisme à ses populations. La dynastie safavide est marquée par de violents et longs affrontements contre la Turquie ottomane, qui tente d'étendre son influence sur l'Azerbaïdjan. Ces conflits incessants conduisent les derniers shahs safavides à déplacer leur capitale, s'éloignant ainsi progressivement du coeur de l'Azerbaïdjan pour rejoindre Ispahan, au centre de l'Iran contemporain. Ce retrait donne aux Ottomans l'occasion de conquérir une partie de l'Azerbaïdjan, occasion concrétisée dès 1580, lorsque les troupes turques occupent la région de Shamakhi, grâce à une coalition avec les Tatares et les tribus montagnardes du Caucase. Alors que la dynastie safavide s'essouffle progressivement, minée par des luttes internes, la Russie du tsar commence à pointer son nez dans la région. En 1722, les Safavides sont renversés, et Pierre le Grand occupe une grande partie de l'Azerbaïdjan et des côtes de la Caspienne. Cette première incursion russe dans la région est toutefois de courte durée : les Perses reprennent la main sous la direction d'un shah d'origine afghane. Celui-ci est assassiné en 1747, et les khanats azéris en profitent pour se fédérer et s'émanciper de la domination persane. Une nouvelle période de prospérité et d'effervescence culturelle et artistique s'ensuit, centrée sur les villes de Gyanja et Shusha (dans le Haut-Karabakh). Les différentes principautés continuent cependant à s'affronter pour la suprématie régionale, et doivent de plus lutter contre des incursions persanes et russes. Les tensions atteignent leur comble en 1795, lorsque les troupes russes envahissent l'Azerbaïdjan, s'emparent de Shamakhi et poursuivent leur route vers le sud, jusqu'à ce qu'elles rencontrent les troupes persanes, lancées au même moment dans une vaste offensive vers le nord. Au tout début du XIXe siècle, ce sont finalement les Russes qui emportent la mise, et parviennent à occuper la Géorgie et une large partie de l'Azerbaïdjan, dont les khanats tombent les uns après les autres entre 1804 et 1806. Seul le khanat de Nakhchivan parvient à résister à l'occupation russe. Cependant l'affaiblissement de la Russie lié aux campagnes napoléoniennes relance les convoitises des puissances régionales et même plus lointaines. Le " Grand Jeu " se met en place, impliquant la Grande-Bretagne, l'Empire ottoman, la Russie tsariste et la Perse. Le jeu des alliances est défavorable à la Perse, qui se trouve rapidement évincée d'Azerbaïdjan et contrainte de signer le traité de Turkmenchay, en 1828. Ce traité reconnaît la division des zones de populations azéries en deux parties : l'une, au nord, deviendra l'Azerbaïdjan, l'autre, au sud, sera incorporée dans l'Iran moderne. La période d'occupation russe entraîne un processus d'européanisation du pays, à la fois sur le plan social et culturel, mais également sur le plan ethnique. La présence russe rassure en effet les populations non musulmanes de la région, et l'Azerbaïdjan connaît ainsi un afflux d'Arméniens, notamment dans le Haut-Karabakh. Cette immigration du début du XIXsiècle comporte en germe tous les facteurs du conflit du Haut-Karabakh, qui ensanglantera le pays dans les années 1990. L'arrivée de populations russes et même européennes, qui se mélangent avec les Azéris d'origine turque, contribue à faire de l'Azerbaïdjan une passerelle entre Orient et Occident, un rôle qu'il tient jusqu'à ce jour, et qui est également au coeur des questions identitaires locales.

Un début de XXe siècle chaotique

Les Russes sont les premiers à exploiter à grande échelle les ressources pétrolières locales. Le premier boom pétrolier azéri fait converger les grandes compagnies mondiales vers l'Azerbaïdjan à partir de la fin du XIXe siècle : Bakou se transforme alors en grande capitale cosmopolite et dynamique, façonnée par une architecture directement importée d'Europe. Au début du XXe siècle, l'Azerbaïdjan fournit plus de la moitié du pétrole mondial. Cette période de prospérité est brutalement interrompue par les massacres du " Dimanche noir ", le 22 janvier 1905. Les tensions avaient atteint leur comble dans le pays, entre des populations azéries souvent réduites à des travaux manuels très mal rémunérés, et des immigrés notamment arméniens, enrichis grâce au pétrole. Probablement allumée par des provocateurs russes pour contenir les pulsions révolutionnaires des ouvriers azéris, la poudrière sociale se transforme en guerre civile, réprimée dans le sang par les troupes russes. Les révolutions et la guerre civile russes permettent aux trois républiques du Caucase (Azerbaïdjan, Arménie, Géorgie) de former une Fédération transcaucasienne, après le traité de Brest-Litovsk qui officialise la reddition russe. Mais l'épisode des " 26 commissaires " met rapidement fin à cette tentative fédérale. Venus de Russie, les bolcheviks tentent de nationaliser le pétrole azéri, mais les tensions sociales et politiques continuent à s'exacerber et finissent par dégénérer en de nouveaux massacres : les " Jours de Mars " entraînent la mort de près de 12 000 Azéris et la destruction d'une partie de Bakou. A l'occasion de la Première Guerre mondiale, les Turcs parviennent à s'emparer du nord de l'Iran et poussent leurs troupes jusqu'en Azerbaïdjan, où elles sont souvent accueillies en libératrices. Le 28 mai 1918, l'Azerbaïdjan se désolidarise de la Fédération transcaucasienne et met en place un Parlement indépendant. Le calme est toutefois loin d'être revenu : alors que la ville de Bakou est toujours occupée par les communistes russes, quelques Russes fidèles au tsar, des commerçants arméniens, et une étrange troupe anglaise dépêchée au dernier moment, la plupart des Azéris se rallient aux forces turques, baptisées " Armée de l'islam ". L'affrontement est inévitable, et Turcs et Azéris reprennent la capitale le 15 septembre 1918. De nouveaux massacres des populations arméniennes ont lieu après la prise de la capitale. Mais la victoire turque est de courte durée : vaincue par les troupes anglaises, la Turquie doit signer un armistice le 30 octobre, et rendre Bakou aux troupes alliées (en l'occurrence représentées par les Anglais). Cet armistice donne une occasion à la république démocratique d'Azerbaïdjan de se développer, malgré la tutelle britannique. Le traité de Versailles contraint les troupes britanniques à se retirer d'Azerbaïdjan, mais l'indépendance azérie se révèle de très courte durée. Les communistes soviétiques sont de nouveau actifs dans le pays, et une nouvelle invasion russe, bien plus durable cette fois-ci, atteint Bakou le 28 avril 1920. C'est le début d'une longue période soviétique, qui verra Bakou et l'ensemble du pays mené d'une poigne de fer par Moscou pendant plus de 70 ans.

L'Azerbaïdjan soviétique (1920-1991)

D'abord intégré au sein d'une république fédérale de Transcaucasie (avec l'Arménie et la Géorgie) en 1922, l'Azerbaïdjan devient une république à part entière en 1936. Mais le découpage des frontières, effectué à ce moment-là par Staline, sera l'un des facteurs déterminants des conflits avec l'Arménie : une grande partie de l'Ouest azéri est attribuée à l'Arménie, alors que la province de Nakhchivan se trouve complètement coupée du reste de l'Azerbaïdjan. En 1924, Nakhchivan prend le statut de république autonome rattachée à l'Azerbaïdjan, après avoir été, pendant quelques années, considérée comme république socialiste à part entière. Les Soviétiques contribuent, durant les premières années de l'occupation, à attiser l'irrédentisme azéri en Iran du Nord : un gouvernement autonome d'Azerbaïdjan est d'ailleurs proclamé à Tabriz en 1945. Mais l'Iran parvient à expulser les Russes de son territoire en 1946, et Téhéran se lance dans un grand mouvement de répression des Azéris sur son territoire. Les relations entre Azerbaïdjan et Iran resteront tendues jusque dans les années 1980. Les années 1930 sont particulièrement difficiles pour l'Azerbaïdjan soviétique : répression religieuse, collectivisations forcées, représailles violentes contre les résistances... Entre 1936 et 1938, une grande partie de l'élite politique et intellectuelle du pays est écartée du pouvoir : les plus chanceux seront exilés, les autres tout simplement éliminés. Une autre vague de purges a touché le pays après la Seconde Guerre mondiale : en 1959, ce sont les leaders communistes azéris qui sont évincés du pouvoir. En 1969, Heydar Aliyev est nommé chef du Parti communiste azéri, une position qu'il occupera jusqu'en 1987. Les mouvements nationalistes azéris se développent à partir de 1989, menés par le Front populaire azéri. Les manifestations se multiplient, ainsi que les pressions politiques. En septembre 1989, la Cour suprême azérie adopte une résolution sur la souveraineté azérie, la première des républiques soviétiques. Les tensions sociales et politiques s'exacerbent dans le pays : à la fin de l'année 1989, des émeutes éclatent à la frontière iranienne, en même temps que des violences contre les Arméniens de Bakou. Moscou profite de cette instabilité sociale pour réprimer brutalement les fauteurs de troubles et réaffirmer son contrôle sur le pays. La loi martiale est imposée pendant plusieurs mois en 1990, le Front populaire azéri est mis hors la loi malgré sa popularité croissante, Ayaz Mutalibov est nommé par Moscou à la tête du parti communiste local. Mais la dynamique d'indépendance est mise en route : en août 1991, le Soviet suprême azéri déclare l'indépendance et adopte une loi en ce sens le 18 octobre 1991. Un référendum est organisé en décembre 1991 : l'indépendance est approuvée par 99 % des électeurs.

Naissance d'un Etat

La mise en place d'un nouveau système politique se fait pourtant dans la douleur, accentuée par le conflit du Haut-Karabakh, qui mine le pays dès la déclaration d'indépendance. En février 1992, des attaques arméniennes dans le Haut-Karabakh précipitent le pays dans une guerre ouverte et entraînent la démission de Mutalibov, qui était parvenu à se maintenir au pouvoir malgré la chute de l'Union soviétique. Le président du Soviet suprême, Yakub Mamedov, le remplace pendant quelques mois, mais est à son tour contraint à la démission en mai 1992, à la suite de nouvelles défaites militaires dans le Haut-Karabakh. Brièvement rappelé à la tête du pays, Mutalibov est contraint à l'exil après seulement deux jours en fonction, suite à d'impressionnantes manifestations organisées par le Front populaire. Des élections, les premières du pays depuis l'indépendance, sont organisées un mois plus tard : cinq candidats sont en piste, et c'est finalement le chef du Front populaire, Abulfaz Elchibey, qui est élu avec 59 % des voix. Son mandat pourtant sera de courte durée : la dégradation de la situation du Haut-Karabakh entraîne un coup d'Etat militaire qui sème le chaos au mois de juin 1992. Heydar Aliyev, l'ancien dirigeant communiste qui s'était retiré dans sa province natale du Nakhchivan d'où il avait minutieusement préparé son retour malgré son grand âge (il avait alors plus de 70 ans), profite du désordre politique et social pour reprendre le pouvoir. Il est confirmé à la tête du pays par les élections présidentielles d'octobre 1993. La présidence d'Aliyev permet une stabilisation politique, mais le pays est toujours agité par le conflit du Haut-Karabakh. Cette région autonome, créée en 1924 par l'URSS, est rattachée à l'Azerbaïdjan, mais était initialement peuplée à 94 % d'Arméniens. La population azérie a progressivement augmenté dans la région, ce qui a entraîné des discriminations sociales entre les deux groupes, puis une hostilité déclarée. Le 20 février 1988, les députés arméniens du Conseil national du Nagorno-Karabakh votent en faveur d'une réunification avec l'Arménie. Cette dernière ne réagit pas, mais l'initiative des députés entraîne une violente réaction azérie : des émeutes ont lieu à Sumgayit, au nord de Bakou, et une centaine d'Arméniens y trouvent la mort. Le conflit se durcira à partir de décembre 1991 : par un référendum, les Arméniens du Haut-Karabakh approuvent la création d'un Etat indépendant, élisent un Soviet suprême et demandent la reconnaissance internationale. Le choc frontal est devenu inévitable, et le conflit s'envenime jusqu'à dégénérer en guerre ouverte. Les médiations internationales, notamment des Nations unies, de l'Iran et de la Turquie, les cessez-le-feu à répétition ne parviennent pas à mettre un terme au conflit. Les combats continuent jusqu'en 1994, qui voit enfin arriver un cessez-le-feu durable : l'Arménie occupe depuis 16 % du territoire azéri, les 800 000 réfugiés, contraints à l'exil dans leur propre pays, pesant sur la vie sociale et économique du pays.

Depuis l'indépendance

Jusqu'en 1995, la vie politique azérie est surtout caractérisée par son instabilité. Les coups d'Etat s'enchaînent, le pouvoir change de mains pour revenir parfois entre celles de dirigeants évincés quelques semaines plus tôt, les manifestations populaires et les échecs militaires du Haut-Karabakh contribuant largement à ce chaos politique.

Quelques personnalités marquantes ont néanmoins résisté à la tête du pays plus longtemps que les autres. Mutalibov, le dirigeant communiste azéri du temps de l'Union soviétique, a réussi à se maintenir au pouvoir après l'indépendance, jusqu'à son éviction par de massives manifestations populaires soutenues et encadrées par les militants du Front populaire. Les élections de 1992, les premières élections libres du pays, portent alors Abulfaz Elchibey à la présidence de la République. Mais les défaites du Haut-Karabakh, combinées à une opposition politique et à quelques tentatives de coups d'Etat, ont raison du premier président démocratiquement élu du pays. Elchibey est contraint à la démission et à la fuite par une rébellion militaire, à peine un an après son élection. Il est remplacé par Heydar Aliyev, qui avait été appelé en renfort et nommé peu avant à la tête de l'Assemblée nationale. Conformément à la Constitution, c'est donc Aliyev qui assure l'intérim présidentiel jusqu'aux élections organisées fin 1993, qu'il remporte presque sans aucune opposition avec 99 % des voix. Les deux premières années du premier mandat de Aliyev sont également marquées par une forte instabilité politique. Aliyev parvient cependant à asseoir son autorité sur le pays, à négocier un cessez-le-feu durable dans le Haut-Karabakh en mai 1994, et à faire redémarrer l'économie. A partir de 1995, l'amélioration économique et le relatif apaisement dans le Haut-Karabakh aidant, la vie politique azérie se stabilise progressivement. Heydar Aliyev est confirmé à la tête du pays par les élections présidentielles de 1998, et la majorité lui est assurée une fois encore à l'Assemblée nationale suite aux élections de 2000, dont les résultats sont fortement contestés par l'opposition (et d'ailleurs mis en cause par les observateurs internationaux, sans conséquence réelle pour le pays courtisé pour ses ressources pétrolières). Profitant du régime présidentiel fort, couplé à un véritable culte de la personnalité, Heydar Aliyev, déjà très âgé, commence à penser à sa succession. En digne patriarche et chef de clan, c'est évidemment à son fils qu'il va transmettre le pouvoir. L'année 2003 marque un tournant dans la vie politique azérie : l'élection présidentielle (encore plus contestée que la précédente) porte Ilham Aliyev à la tête du pays. En décembre de la même année, on annonce le décès de Heydar Aliyev.

Le fils, moins apprécié que son père, joue depuis 2003 la carte de l'héritier légitime : le culte du père est renforcé et les affiches de propagande présentent presque systématiquement les deux hommes ensemble. Les élections législatives du 6 novembre 2005 n'ont pas abouti à la révolution colorée - sur le modèle de la Révolution orange en Ukraine - mais à la victoire du parti au pouvoir, le YAP (Yeni Azerbaïdjan) avec 63 sièges sur 125. Surfant sur l'accroissement phénoménal de la balance commerciale et du PIB, et surtout en ayant solidement muselé l'ensemble de la presse d'opposition entre 2005 et 2007, Ilham Aliyev a été réélu sans surprise en 2008 avec 90 % des voix, sans qu'aucun opposant réel n'ait pu se présenter contre lui. Agé de 58 ans, le président Aliyev et son clan semblent installés pour longtemps au pouvoir. Les élections parlementaires de 2010 ont encore confirmé ce pouvoir sans partage dont bénéficie Aliyev.

L'Azerbaïdjan aujourd'hui

Ces dernières années, les revenus pétroliers ont largement contribué à la popularité de ce président qui a su utiliser une partie de cette manne fabuleuse pour rénover les villes, ouvrir de nouvelles routes et se lancer dans des entreprises de construction prestigieuses à Bakou et sur le reste du littoral. Les petits villages de montagne se désenclavent, les salaires augmentent peu à peu, de même que les dépenses sociales de l'État, permettant de booster la consommation, les industries de l'époque soviétique sont nettoyées ou restaurées avec de nouvelles normes, l'aménagement de chantiers navals promet la création de nombreux emplois dans les années à venir... Pour autant, la manne pétrolière n'est pas inépuisable, et le propre d'un boom pétrolier est d'avoir une fin aussi subite que son commencement. Avec la baisse des prix du brut ces dernières années, les taux de croissance à deux chiffres affichés par le pays semblent déjà appartenir au passé, même si les taux de 4 à 5 % continuent d'en faire rêver plus d'un. Avec la découverte de nouveaux gisements, l'Azerbaïdjan prévoit tout de même un doublement de sa production pétrolière dans les 10 ans à venir. De quoi faire de l'Azerbaïdjan un " Emirat " de la Caspienne.

Parallèlement, les grandes réalisations de prestige, comme l'accueil des Jeux Européens et la création d'un circuit de Formule 1 dans Bakou fait changer de point de vue la population de province. Bien contente d'avoir eu des routes neuves dans une premier temps, elle réalise qu'elle s'est emballée pour une miette, si utile soit elle, et que le développement du pays ne dépasse pas tant que cela le cadre bakinois.

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