Des plaines près de la mer, inondées à chaque saison des pluies, mais aussi des montagnes plus fraîches, à l'ouest du pays. Des plantations de thé, des mines d'or, des forêts de cocotiers et surtout, la traversant de part en part, le majestueux, le mythique fleuve Zambèze. Sur sa rive nord et jusqu'à la frontière tanzanienne, des milliers de reliefs escarpés ont résisté depuis la nuit des temps à l'érosion des plaines pour former ces curiosités géologiques que sont les inselbergs, comme autant d'îlots isolés au milieu des eaux. La région Centre est une belle région, aucun doute là-dessus. Pourtant, son indéniable potentiel touristique est largement sous-exploité. Evidemment, c'est bien dommage. Ce seront plutôt les touristes venus du Zimbabwe ou du Malawi voisins qui profitent des charmes de la région, en empruntant le fameux " corridor de Beira ", très important à l'échelle de tout le pays puisqu'il relie le second de ses ports (Beira) à ses voisins anglophones, Zambie, Malawi et Zimbabwe, qui n'ont pas d'accès direct à la mer. Le corridor est ainsi une source importante de devises pour le pays, tant par le transit de marchandises via le chemin de fer, que du pétrole. Mais les problèmes économiques survenant au Zimbabwe n'annoncent rien de bon pour les affaires de la région.

C'est d'ailleurs suivant cet axe-là que les Portugais ont pénétré dans le pays via la Zambézie, première province colonisée. Autrefois administrée sous le système du Monomotapa (voir la rubrique " Histoire "), cette province et, plus largement, la région Centre, fut celle où les structures traditionnelles ont été le plus affectées par la loi coloniale. Le système des Prazos mis en place par le gouvernement de Lisbonne pour inciter les colons à s'y installer, s'établit à Beira, Tete et Quelimane. Dans la pratique, Lisbonne n'a alors aucun moyen de contrôler ses terres et ne compte que sur le patriotisme des colons pour étendre son hégémonie.

Plus la migration de colons paysans sera importante, plus la présence de la communauté portugaise dans cette région du Mozambique promettra d'être pérenne. Mais la vallée du Zambèze ne suscite guère l'enthousiasme des Portugais. C'est une région insalubre avec des conditions de vie difficiles, qui en décourage plus d'un. Malaria, bilharziose, faible rendement des terres... Les candidats ne se bousculent pas - il manque surtout des femmes blanches.

En conséquence, bon nombre de Portugais se marient avec des femmes de tribus locales, s'initient à la culture indigène et apprennent les langues. Ces mariages leur donnent encore plus de pouvoir politique grâce à l'appui des chefs locaux, pères de ces filles, ce qui n'est pas sans bousculer encore plus les organisations sociales traditionnelles.

A la fin du XIXe siècle, les autorités traditionnelles perdent de leur pouvoir, mais les Portugais restent néanmoins trop faibles et trop peu nombreux pour exploiter l'ensemble des terres. Le gouvernement décide alors d'ouvrir ses portes aux capitaux étrangers et, à partir de 1880, Suisses, Anglais, Français et Allemands investissent. C'est l'époque des grandes compagnies : la Compagnie zambézienne, qui existe encore aujourd'hui, est fondée en 1892. Elle administrera la province de Sofala pendant de longues années, tellement puissante qu'elle en deviendra un quasi-Etat dans l'Etat.

La région prend son essor économique lorsque sont mises en place (et fonctionnent) les deux principales infrastructures économiques : le port de Beira, et les voies de communication vers la Rhodésie - et accessoirement, vers les mines d'or de Manica. Une fois ce " corridor de Beira " bien organisé, le système devient la voie presque naturelle des exportations de la Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe) mais aussi de la Zambie et du Malawi. Entre 1950 et 1975, le Mozambique connaît une colonisation massive. La majorité des Portugais s'installent dans le sud, mais la Zambézie reçoit des centaines de colons pour développer le secteur agricole et exploiter les ressources naturelles, chassant au fur et à mesure les fermiers de leurs terres. Parallèlement, la région connaît un fort mouvement d'émigration vers la Rhodésie et l'Afrique du Sud, alors en plein boom économique. Les paysans mozambicains fuyaient les terribles conditions de travail imposées par les Portugais, pour un labeur, certes difficile, mais plus rémunérateur dans les pays voisins.

La frustration née de la dureté des colons portugais nourrit le développement du Frelimo (front de libération du Mozambique). La guerre sera particulièrement atroce ici, guerre d'indépendance d'abord, guerre civile ensuite. Après une période de développement des échanges entre 1975 et 1979, le port de Beira sera la principale cible des attaques de la guérilla Renamo, qui provoquera fréquemment des déraillements et embuscades de trains, rendant le corridor très peu fiable pendant toute la période de la guerre civile. La Renamo, d'abord établie dans la zone de Gorongosa, puis chassée par une expédition militaire du gouvernement Frelimo, a toujours une assise forte dans la région centrale, en particulier dans la zone de Beira. Ces influences ont toujours cours, et ce n'est pas un hasard si, à la suite des résultats des élections de 1999 contestés par le parti politique Renamo, le leader Alfonso Dhlakama a menacé d'organiser un deuxième gouvernement mozambicain à... Beira. Ce qui expliquerait aussi les nombreuses critiques accusant le gouvernement (Frelimo) de Maputo de délaisser la seconde ville du pays. Pendant la guerre, la région subit de considérables dégâts (destruction des usines à thé et à sucre, mines antipersonnel) qui ont des conséquences directes sur l'économie et l'équilibre social. Le secteur éducatif et celui de la santé s'en trouvent également, sérieusement affaiblis. Avec la paix, beaucoup de réfugiés du Mozambique reviennent au pays pour exploiter leurs terres.

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