Guide des Alpes italiennes et Dolomites : Histoire

Chronologie
Chronologie de l'histoire de l'Italie

Xe-IXe siècle av. J.-C. > Les premiers Italiques (ou Italiotes) s'installent sur le Palatin et le Celio, collines de la future Rome. Les Vénètes, peuple indo-européen, occupent les rives de l'Adriatique dans l'actuelle Vénétie.

800 av. J.-C. > Débuts de la civilisation étrusque en Toscane.

753 av. J.-C. > Selon la légende, Romulus fonde Rome.

264-241 av. J.-C. > Première guerre punique.

219-202 av. J.-C. > Deuxième guerre punique. Hannibal traverse les Alpes et bat les Romains au lac Trasimène.

146 av. J.-C. > Destruction de Carthage, fin de la troisième guerre punique.

49 av. J.-C. > César s'empare du pouvoir.

44 av. J.-C. > Devenu dictateur à vie, César est assassiné par Cassius et Brutus.

61-180 > Marc Aurèle repousse les Marcomanes et les Parthes.

282 > Division en empires d'Orient et d'Occident.

476 > Odoacre renverse l'empereur romain d'Occident à Rome.

568 > Invasion lombarde conduite par le roi Alboïn. Fondation d'un royaume lombard dans la partie septentrionale. Création des Duchés de Frioul, de Spolète et de Bénéven.

752 : Rome est menacée par les Lombards et le Pape fait appel à Pépin le Bref.

774 > Charlemagne, roi des Francs et fils de Pépin, devient roi des Lombards.

778 > Charlemagne s'empare de l'Italie. Il est ensuite sacré empereur d'Occident à Rome.

951 > Le roi de Saxe Otton Ier intervient en Italie et devient roi des Lombards à son tour. Un an plus tard, il est sacré empereur, et fonde le Saint-Empire romain germanique.

1084 > Les Normands attaquent Rome.

1167 > Création de la Ligue lombarde. Les villes guelfes (partisanes du pape) du nord de l'Italie s'unissent contre l'empereur Frédéric Barberousse.

1309 > La papauté s'installe à Avignon.

1377 > Le pape Grégoire XI ramène la papauté à Rome.

1395 > Création du Duché de Milan par Jean Galéas Visconti.

1402 > Dernière invasion allemande en Italie ; l'empereur est battu par les milices lombardes.

1454 > La Paix de Lodi est signée. Milan et Venise mettent fin au conflit qui les oppose pour la suprématie de l'Italie septentrionale.

1494 > Charles VIII, roi de France, se lance à la conquête du royaume de Naples ; début des guerres d'Italie.

1559 > Traité du Cateau-Cambrésis ; la France, par le biais d'Henri II, renonce à ses possessions du Piémont italien.

1796-1797 > Campagne d'Italie, menée par le jeune Napoléon Bonaparte.

1799 > Les Autrichiens occupent la Péninsule.

1809 > Napoléon Ier annexe les Etats pontificaux ; Rome devient la seconde capitale de l'Empire napoléonien.

1814 > Chute de l'Empire napoléonien.

1849 > Garibaldi et Mazzini proclament la république à Rome. Le 23 mars, défaite de Charles-Albert, roi du Piémont, face aux Autrichiens à Novare.

1861 > Proclamation du royaume d'Italie : Victor-Emmanuel, roi de Sardaigne, devient roi d'Italie.

1915 > L'Italie entre en guerre dans le camp des Alliés.

1924-1945 > Régime fasciste de Mussolini.

1945 > Le 28 avril, Mussolini est exécuté.

1946 > Par référendum, les Italiens choisissent la république le 2 juin.

1957 > Traité de Rome. Création du Marché commun.

1975 > Enlèvement et assassinat d'Aldo Moro par les Brigades rouges.

1978 > Karol Wojtyla devient le pape Jean-Paul II.

1986 > Création de la Ligue du Nord par Umberto Bossi.

1987 > Retour de la démocratie chrétienne au pouvoir.

1994 > Première élection de Silvio Berlusconi.

1996 > Elections législatives le 21 avril, auxquelles participent pas moins de 130 partis politiques. Romano Prodi devient Premier ministre (coalition de centre-gauche).

1997 > Chute du gouvernement Prodi.

2001 > Deuxième élection de Silvio Berlusconi le 13 mai.

2002 > Adoption de l'euro le 1er janvier.

2005 > Elections régionales partielles et locales dans 13 des 20 régions. Silvio Berlusconi essuie une cuisante défaite : l'opposition remporte 11 de ces 13 régions.

2006 > Elections très serrées entre Silvio Berlusconi et Romano Prodi. C'est finalement Prodi qui l'emporte avec la coalition de centre-gauche et qui devient président du Conseil italien.

2007 > Le gouvernement de Romano Prodi connaît plusieurs crises successives, car la coalition de forces éloignées les unes des autres affaiblit le gouvernement. Fondation d'un nouveau Parti démocrate (PD), résultant de la fusion de divers partis de gauche et du centre. Entre-temps, Berlusconi lance un nouveau parti, coalition de centre-droit : le Popolo della Libertà (PDL). Il espère ainsi demeurer le seul leader de la droite en vue d'éventuelles élections anticipées.

2008 > Le Sénat italien ne renouvelle pas sa confiance à Romano Prodi. Ce dernier présente sa démission au président après 20 mois comme Premier ministre. Silvio Berlusconi et le PDL remportent les élections législatives anticipées face au démocrate Walter Veltroni.

2010-2011 > La motion de censure contre Silvio Berlusconi impulsée par Gianfranco Fini, démissionnaire du Peuple de la Liberté et fondateur de Futur et Liberté, est rejetée par le Parlement. Grave crise au sein du parti, qui se prolonge jusqu'en 2011. De plus, une conjoncture économique difficile plonge le pays dans la récession.

2013 > Le pape Benoît XVI renonce à ses fonctions, après 8 ans de pontificat. Election du nouveau pape, l'argentin Jorge Mario Bergoglio.

De 2011 à 2014 > En deux ans et demi, l'Italie connaît trois gouvernements différents. Les conséquences graves de la crise économique sur les finances du pays obligent le président de la République, Giorgio Napolitano, à remplacer le gouvernement Berlusconi par un gouvernement " de techniciens ". Guidé par Mario Monti, il restera au pouvoir un an et cinq mois. Enrico Letta, secrétaire général du Partito Democratico (PD), sort vainqueur des élections de février 2013 après plus d'un mois de vide politique. Il démissionne le 14 février 2014 après un vote de défiance de la direction du PD, orchestré par le nouveau président du parti de gauche, Matteo Renzi. Ce dernier devient lui-même officiellement chef du nouveau gouvernement le 22 février 2014.

2015 > Le chômage en Italie atteint le niveau record de 13,7 %. Renzi annonce un important plan de relance. Mesure phare de son gouvernement, le Jobs Act assouplit considérablement la législation dans le domaine de l'emploi.

2016 > Crise des migrants, la situation se détériore à la frontière franco-italienne. Le gouvernement italien hausse le ton face à l'Europe.

Eté 2016 > Vague de séismes en Ombrie, dans le Latium, les Marches et les Abruzzes.

4 décembre 2016 > Victoire du " non " au référendum sur la réforme de la Constitution et démission du président du Conseil Matteo Renzi.

30 avril 2017 > L'ex-président du conseil, Matteo Renzi qui avait démissionné après son échec au référendum constitutionnel de décembre 2016, est réélu à la tête du Parti démocrate.

4 mars 2018 > La Coalition de centre-droit mené par la Ligue du Nord (extrême droite) remporte la majorité des voix aux élections législatives (37% des voix), devant le mouvement de droite populiste 5 étoiles (32,7% des voix) et la coalition de centre-gauche (22,9%).

Préhistoire et Homme d’Ötzi

La très ancienne présence de groupes humains en Italie est attestée par des découvertes, notamment dans les Alpes italiennes, qui nous intéressent ici. On pense en particulier à celle d'Ötzi, dans le Sud-Tyrol, datant du Ve millénaire avant notre ère. Ötzi est le nom donné à un être humain découvert dans les Alpes de l'Ötzal, non loin des Dolomites italiennes. Naturellement momifié (congelé et déshydraté), Ötzi fut découvert par hasard en 1991, à 3210 mètres d'altitude, à 92 kilomètres de la frontière entre l'Italie et l'Autriche, dans le glacier du Hauslabjoch. Il aurait vécu au Chalcolithique (transition entre le Néolithique et l'Âge du bronze) et était enseveli sous une couche de glace. Son existence a été révélée par la fonte importante du glacier, en été.

Traversée des cols alpins et influence des Etrusques

Les choses sérieuses commencent vraiment vers 1 000 av. J.-C, lorsque des hordes d'envahisseurs traversent les cols alpins. A l'âge du fer, les peuples italiques concernant les régions qui nous intéressent ici sont les Ligures, les Rhètes, les Vénètes et les Etrusques. L'invasion la plus marquante fut celle des Etrusques, vers 800 av. J.-C. S'étant livrés à une destruction quasi totale et ayant absorbé progressivement les cultures autochtones, ils donnèrent naissance à une culture originale, qui s'étendit depuis le Latium jusqu'en Toscane, en Ombrie et à Venise. Au VIIe siècle av. J.-C., les Etrusques connurent une grande prospérité économique. On leur doit de nombreux travaux de drainage, ainsi que l'exploitation des minerais de cuivre et de fer de Toscane et de l'île d'Elbe. Ils exportèrent des objets de bronze et des céramiques dans le pourtour méditerranéen et se heurtèrent souvent à la concurrence des Grecs et des Carthaginois. Ils semblent avoir eu une grande influence sur la culture romaine, notamment dans les domaines des arts et de la divination. Cependant le déclin de la civilisation étrusque commença en 396 av. J.-C., quand Rome prit la ville de Veio, première étape de sa politique de conquête qui dura presque un siècle. Tandis qu'au sud les cités étrusques perdaient l'une après l'autre leur indépendance face à Rome, au nord les continuelles incursions des Celtes détruisirent les centres de la plaine du Pô. En 89 av. J.-C., la Lex Julia mettait définitivement fin à l'indépendance administrative de leurs villes.

L’invasion par les Lombards et le temps des papes

A partir du VIIe siècle, les papes qui se succèdent à la tête du Saint-Siège vont apparaître comme les seuls défenseurs des intérêts des Italiens, abandonnés à leur sort par l'empereur byzantin. A la fin du VIe siècle, les Lombards envahissent le nord de l'Italie et, très vite, occupent toute la vallée du Pô. Ravenne leur tient tête un temps, mais finit par céder en 765. Cela marqua la fin de l'unité dans la péninsule. Face à la menace lombarde, Rome fit appel aux Francs.

Après que les Lombards (ou plus exactement les Langobards) se sont emparés de l'Italie, ils la divisent administrativement en duchés. Ceux de l'Italie du Nord sont le Frioul, Ceneda, Trévise, Vicence, Vérone, Trente, Parme, Persiceto, Reggio, Plaisance, Brescia, Bergame, San Giulio, Pavie, Turin, Asti, Tuscie, Milan et Ivrée. Ils seront supprimés au moment de la conquête franque en 774. L'intervention des Francs dans la péninsule, en 756 et en 774, seront à l'origine des Etats pontificaux. Ceux-ci furent d'ailleurs conquis et donnés par Charlemagne sur la base d'un texte faux (La donation de Constantin) utilisé par la papauté et seule base de ces Etats, dont l'empereur devint le protecteur attitré. Ces Etats du pape seront regroupés beaucoup plus tard, au XXe siècle, sous le nom de Vatican, qui n'était jusqu'alors que le palais papal. Couronné en 800, Charlemagne devient en fait le véritable maître de la péninsule, annexant le nord de l'Italie à son empire, à l'exception de Venise. Le duché lombard de Bénévent reste indépendant et l'Empire byzantin continue de régner en maître sur l'ensemble de l'Italie du Sud, en Calabre et en Sicile plus particulièrement. La division de la péninsule italienne en deux aires d'influence politique (nord et sud) résulte de l'invasion lombarde, et se poursuit jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle.

Avec le déclin de l'Empire carolingien commence pour l'Italie une longue période de troubles, marquée par les luttes entre potentats pour le titre de roi d'Italie et les ravages causés par les incursions sarrasines. La papauté elle-même n'est pas épargnée et tombe aux mains de familles aristocratiques.

Par le nord de la péninsule : l’invasion par le roi de Germanie Othon 1er

C'est au milieu du Xe siècle qu'une relative stabilité renaît en Italie. En effet, en 951, le roi de Germanie Othon Ier envahit le nord de la péninsule et s'approprie le titre de roi d'Italie puis, dans la foulée, se fait couronner empereur (962). Désormais la domination des empereurs germaniques est installée pour trois siècles. Mais elle ne s'impose pas sans difficulté, se heurtant sans cesse aux volontés d'indépendance des grandes familles romaines et des grands féodaux, tel le duc lombard Pandolfe Tête-de-Fer. Pour contrer leurs appétits d'émancipation, les empereurs doivent soutenir l'essor des villes ; celles-ci, devenues florissantes au cours du XIe siècle grâce au grand commerce, développent un désir d'indépendance vis-à-vis des seigneurs féodaux auxquels elles appartiennent (évêques, archevêques, capitani, etc.). C'est le cas, entre autres, de Venise, affranchie de toute vassalité et qui continue de commercer avec l'Orient byzantin, ainsi que de Gênes et de Pavie. La lutte qui oppose empereurs germaniques et papauté au sujet des investitures connaît une nouvelle phase avec la prise de pouvoir dans l'empire de la dynastie des Hohenstaufen. Le premier des Hohenstaufen, Frédéric Ier Barberousse, s'attache à rétablir l'autorité impériale dans la péninsule. Il s'oppose à l'Eglise ainsi qu'aux villes lombardes désormais affranchies de tout pouvoir, qui s'allient dans ce qu'on appelle la Ligue lombarde (1167) et qui infligent à l'empereur une cuisante défaite lors de la bataille de Legnano, en 1176. Malgré cela, les villes lombardes doivent se résoudre de nouveau à subir le joug impérial. Le dernier Hohenstaufen, Conradin, est lui aussi vaincu en 1268, date à laquelle prend fin la domination germanique sur l'Italie.

L’influence des dominations étrangères au nord de l’Italie

Les grandes cités. Entre-temps, les luttes intestines se poursuivent dans le cadre des principales villes de Lombardie. Ces luttes, extrêmement ruineuses pour les vieilles familles marchandes au pouvoir, ont pour résultat l'avènement de nouveaux potentats locaux. Ainsi Milan tombe entre les mains des Visconti, Vérone entre celles des Scaligeri... Instaurant des régimes tyranniques, ces derniers rétablissent l'ordre et donc la prospérité. La plupart d'entre eux sont également de grands mécènes. Dans le nord de l'Italie, trois grandes cités dominent le paysage politique et économique. Milan, tout d'abord, s'étend territorialement dans la plaine du Pô. En 1450, les Visconti, jusque-là aux commandes des affaires de la cité, sont chassés par les Sforza. Autre grande cité, Venise, république oligarchique et puissance maritime, voit son hégémonie remise en cause en 1453 par la prise de Constantinople par les Turcs. Elle va alors se tourner vers l'intérieur des terres, annexant de vastes territoires de la plaine lombarde. Politiquement divisée, l'Italie n'en est pas moins, avec Florence, la première puissance financière de l'Europe ; avec Venise, Milan et Gênes, lle constitue la première puissance économique et commerciale. Sur le plan des lettres et des arts, aucune cour ne peut rivaliser avec les foyers culturels et spirituels du nord de la péninsule.

Les Français. Ce cycle invasion-domination commence dès la fin du siècle, en 1494, quand le nord de la péninsule voit surgir les armées du roi de France Charles VIII, conséquence de ses prétentions sur le royaume de Naples en tant qu'héritier de René d'Anjou. Accueilli favorablement à Milan, où il aide à renverser les Sforza, puis à Florence où les Médicis connaissent le même sort, Charles VIII entre dans Naples en 1495, mais doit renoncer à l'occuper durablement devant la menace des forces italiennes coalisées du pape Alexandre VI, de Venise et de Ludovic Sforza, redevenu duc de Milan. Dans le cadre de la politique papale de reconquête du pouvoir du Saint-Siège, le Milanais sera, au début de la deuxième décennie du XVIe siècle, le théâtre de sanglantes batailles où les Français ont de nouveau à affronter les forces coalisées de Venise et d'Aragon, rejoints par les Suisses et par l'Angleterre. A un Valois succède un autre Valois en la personne de François Ier, qui reprend les guerres italiennes sitôt son avènement. Ces guerres sont marquées par les célèbres batailles de Marignan (1515) et de Pavie (1525), où les Français ont à combattre non seulement les Aragonais mais aussi les troupes impériales de Charles Quint, et où François Ier fut fait prisonnier. Libéré, reprenant dans la foulée les armes, François Ier accepte de traiter avec Charles Quint, en abandonnant par le traité de Cambrai (1529) l'Italie à l'Empire.

Les Espagnols. Dès 1530, la domination habsbourgeoise dans le nord de la péninsule est totale, écrasant les dernières velléités d'opposition des cités lombardes et toscanes, et rétablissant les Médicis à la tête de Florence avec le titre de duc. En 1559, par le traité de Cateau-Cambrésis, le royaume de France abandonne définitivement la péninsule italienne à la domination, se poursuit jusqu'en 1792.

Turin et Venise. Deux entités politiques et économiques réussissent malgré tout à garder une certaine indépendance : la Savoie qui, dès 1562, installe sa capitale à Turin, et Venise, dont les possessions et la puissance économique et commerciale sont mises à mal, malgré la victoire de Lépante (1571), par l'avance inexorable des Turcs. Les XVIIe et XVIIIe siècles apportent à l'Italie de nouvelles destructions lors des grandes guerres européennes qui opposent la France des Bourbons à l'Espagne des Habsbourg. A la mort de Charles II d'Espagne, dernier représentant de la dynastie espagnole des Habsbourg, le nord de la péninsule est le théâtre de nouvelles dévastations dans le cadre de la guerre de succession d'Espagne. La paix signée lors du traité d'Utrecht de 1713 donnait le trône d'Espagne à Philippe V, petit-fils de Louis XIV ; elle substituait l'hégémonie autrichienne à celle des Espagnols, mais surtout renforçait le pouvoir de la Savoie qui obtenait, en 1720, la Sardaigne. Entre 1734 et 1738, puis entre 1741 et 1748, deux guerres de succession embrasent une nouvelle fois le nord du pays. En 1748, le traité d'Aix-la-Chapelle met fin aux hostilités et fixe, jusqu'à l'intervention des armées révolutionnaires françaises en 1792, les divisions politiques de l'Italie : les Etats pontificaux coupent toujours la péninsule en deux. La Savoie renforçe quant à elle ses positions dans le Piémont et en Sardaigne ; cette même Savoie qui, au cours du XVIIIe siècle, connaît le despotisme éclairé de ses princes (Victor-Amédée II, suivi de Charles-Emmanuel III), imités en cela par les autres régnants des principautés italiennes. Cependant, malgré ces réformes, un écart croît entre un Nord sensible aux idées philosophiques européennes, et un Sud de grands propriétaires terriens, chantres de l'immobilisme. Telle est la situation dans la péninsule italienne à l'arrivée des troupes commandées par Napoléon Bonaparte.

Napoléon Bonaparte et l'Italie. Conquérant tout d'abord la Savoie dès 1792, les troupes révolutionnaires françaises ne pénétrent en Italie du Nord qu'au printemps 1796. Ce qu'on appelle la campagne d'Italie ne doit durer que deux ans. Le 18 octobre 1797 est signée la paix de Campo Formio (qui marque la fin de Venise comme Etat) : l'Italie du Nord est organisée en républiques libres, auxquelles viennent se joindre après leur conquête les républiques correspondantes aux anciens Etats pontificaux et à l'ancien royaume de Naples. Malgré certaines exactions commandées par les temps de guerre, les Italiens découvrent pour la première fois de leur histoire la liberté sous presque tous ses aspects. Une " âme italienne " semble être née. Après la proclamation de l'Empire français en 1804, les républiques italiennes sont une à une intégrées dans un royaume d'Italie à la tête duquel s'installe, en 1805, Napoléon lui-même. A ce royaume viennent s'ajouter, entre 1805 et 1809, la Vénétie et le Trentin. Si Napoléon n'a jamais l'idée ou la volonté de réaliser l'unité de l'Italie, elle se réalise de fait : un même corps de lois (le code Napoléon), une même administration régissent la vie de l'ensemble des Italiens. Ceux-ci en gardent un profond souvenir qui allait être à l'origine du futur Risorgimento. L'expérience " unitaire " prend fin avec le réveil des ennemis européens de Napoléon. En 1813, le nord de la péninsule est de nouveau envahi, cette fois par les troupes autrichiennes. En octobre 1815, toute la péninsule est conquise.

L'unification et la monarchie

De 1815 à 1848. Le congrès de Vienne, en 1815, marqua la fin des guerres napoléoniennes et sanctionna pour l'Europe, et l'Italie plus particulièrement, un retour à la réaction, aux régimes despotiques d'avant la Révolution française. Les princes italiens ou étrangers retrouvèrent leurs principautés (duchés de Modène, de Parme, de Toscane...), l'Autriche recouvrait la Lombardie, les Etats pontificaux étaient restaurés ainsi que le Piémont. Que ce soit dans le sud ou dans le nord, la répression s'abattit partout sur les Italiens, aucunement consultés lors de ce redécoupage de leur péninsule. A partir de 1815 va se développer une idée, ou plutôt une conscience nationale, très vite relayée par des mouvements qui s'exprimeront à travers l'action de sociétés secrètes, les fameuses carbonari, peuplées d'intellectuels, d'officiers, de magistrats, de tous les représentants de la vie sociale italienne, les masses rurales exceptées. Ces actions furent du reste très vite réprimées, comme les soulèvements de 1820 et 1821 dans le Piémont.

L'idée d'une unité nationale faisait son chemin, mais la forme qu'elle devait prendre était l'objet de discordes au sein de la mouvance nationale. Trois courants s'affrontaient : le premier, représenté par l'abbé Gioberti, prônait une confédération des principautés italiennes à la tête de laquelle prendrait place le pape ; le deuxième, celui de Giuseppe Mazzini, militait pour la mise en place d'une république unitaire ; le troisième et dernier, enfin, dont les chefs de file étaient d'Azeglio et Balbo, rêvait également d'une fédération mais chapeautée par le royaume de Piémont. C'est cette dernière tendance qui, en 1860, l'emportera.

Un nouvel Etat italien. En 1848, à la suite de mouvements populaires, plusieurs princes de la péninsule furent obligés d'accorder des constitutions. Le roi de Piémont Charles-Albert dut, sous la pression, instaurer dans son royaume un régime constitutionnel. Parallèlement, la Lombardie se soulevait contre l'occupant autrichien, rejointe, dans ce qui devenait une guerre ouverte, par le roi de Piémont qui déclara à cette occasion que : " l'Italia farà da se " (" l'Italie se fera elle-même ").

Aux insurgés lombards et aux troupes piémontaises s'ajoutèrent des renforts envoyés par d'autres princes italiens et même par la papauté. Mais, très vite, les dissensions puis la défection du pape (elle privait la cause nationale de sa caution éminemment prestigieuse) laissaient seule la maison de Savoie aux prises avec les Autrichiens, qui, dès août 1848, obligeaient Charles-Albert de Savoie à signer un armistice. Ayant sauvé l'essentiel, Charles-Albert reprit le combat en 1849 mais, une nouvelle fois battu, il abdiqua en faveur de son fils Victor Emmanuel II. Laissé seul face aux régimes absolutistes italiens soutenus par l'Autriche, le royaume de Piémont vit arriver, en 1852, à la tête de ses affaires, un dénommé Cavour dont l'habileté politique et diplomatique allait conduire à l'unité de la péninsule italienne. S'alliant la gauche, élevant le Piémont au rang de grande puissance (guerre de Crimée sanctionnée par le traité de Paris), Cavour s'unit par le traité de Turin à la France de Napoléon III, favorable aux nationalités et au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La France accordait son aide militaire de fait au Piémont contre l'Autriche, en échange de Nice et de la Savoie. La guerre, marquée par les batailles de Magenta (4 juin 1859) et de Solferino (24 juin), fut victorieuse pour les Franco-Piémontais. Le Piémont récupérait la Lombardie, mais non la Vénétie, toujours aux mains des Autrichiens.

La maison des Savoie. Les troupes piémontaises envahirent les Etats pontificaux puis vinrent imposer l'autorité du roi piémontais à Naples. Victor Emmanuel II fut proclamé roi et, ce qui était nouveau, " par la volonté de la nation ", autant dire par le peuple italien tout entier. Florence devint la capitale du jeune Etat italien, Rome étant toujours occupé par le pape et les forces françaises chargées de le protéger. Ce n'est qu'en 1870, à la suite du retrait des troupes françaises de la ville - guerre franco-prussienne oblige - que Rome fut enfin réuni au reste de la nation et devint capitale.

La monarchie parlementaire (1870-1915). La marche vers l'unité nationale avait pendant des décennies mobilisé les idées et les énergies de chacun. L'unité enfin réalisée, l'Italie prenait conscience de son retard économique à l'échelle de l'Europe, de ses différences, de l'important écart de développement qui séparait le nord industriel du Mezzogiorno, du sud presque exclusivement rural. Sur le plan politique, la monarchie parlementaire était des plus fragiles, du fait, semble-t-il, du régime censitaire en vigueur. Ce n'est qu'en 1912 que le suffrage universel finira par s'imposer. Ce sera l'époque du développement économique italien, dans le nord tout au moins ; le Sud restera à l'écart de ce phénomène et sa population se trouvera poussée à l'émigration, principalement vers le Nouveau Monde. Ce sera aussi l'époque de l'expansion du colonialisme italien.

L'Italie des XXe et XXIe siècles

L'engagement italien et l'avènement de Mussolini. L'Italie déclare tout d'abord la guerre à l'Autriche-Hongrie (mai 1915), puis à l'Allemagne (août 1916). Par le traité de Saint-Germain, elle acquiert, entre autres, le Trentin et Trieste. En mars 1919, Mussolini fonde à Milan les Faisceaux italiens de combat. Le fascisme se nourrit également des problèmes socio-économiques. Les troubles sociaux, la violence, les carences évidentes du régime parlementaire, l'instabilité gouvernementale profitent à Mussolini qui, le 28 octobre 1922, organise avec ses Chemises noires la fameuse marche sur Rome. Le 30 octobre, le roi Victor-Emmanuel III appelle Mussolini au pouvoir.

La Première Guerre mondiale, dans les Alpes italiennes et les Dolomites. Rattachées à l'Empire austro-hongrois lorsque débute le conflit, les Dolomites italiennes sont douloureusement marquées par la Grande Guerre puisque leurs crêtes constituent la ligne de front. Entre 1915 et 1918, Italiens et Autrichiens s'y affrontent dans des combats d'une incroyable barbarie. Les militaires des deux camps creusent des tranchées, équipent les parois abruptes pour pouvoir s'y déplacer, évident montagnes et glaciers pour créer les infrastructures qui leur sont nécessaires : galeries, dortoirs, entrepôts d'armes et de munitions, hôpitaux...

L'Italie fasciste. Respectant tout d'abord le régime parlementaire, Mussolini organise, en 1924, des élections qui renforcent sa suprématie. La dictature fasciste commence. La politique mussolinienne concernant les affaires extérieures se radicalise brutalement après la conquête de l'Ethiopie, entreprise par le Duce fin 1935-début 1936.

La Seconde Guerre mondiale. Quand Hitler, en 1939, se trouve isolé face à l'Angleterre et la France, le Duce ne le suit pas. Ce n'est qu'en juin 1940, quand les forces françaises et anglaises sont acculées à la défaite par les troupes allemandes, que l'Italie entre en guerre et envahit la France. Cependant, très vite, on constate un certain manque d'adhésion populaire, tout d'abord au niveau de l'opinion publique du pays. Quant à l'armée, mal préparée, elle va de défaite en défaite. La contestation populaire gagne même les rangs du parti fasciste (le Grand Conseil) qui, en juillet 1943, destitue Mussolini, lequel est arrêté et placé en résidence surveillée. Un nouveau gouvernement, dirigé par le général Badoglio, avec l'assentiment du roi Victor-Emmanuel III, négocie un armistice avec les Alliés. Avertie, l'Allemagne envoie ses troupes occuper Rome et l'Italie méridionale. Une fois libéré, Mussolini, avec l'aide des Nazis, reconstitue dans le nord du pays un Etat fasciste : la république de Salo. De nouveau arrêté, il est sommairement exécuté avec son amante. Tous deux sont pendus par les pieds sur une place de Milan, et leurs dépouilles offertes en pâture à l'ire populaire. Malgré le soutien, à partir de 1943, d'une partie de la population acquise à la cause alliée, l'Italie est à juste titre considérée comme l'un des vaincus de cette guerre. En conséquence, elle perd ses possessions coloniales acquises durant le fascisme, ainsi que ses acquis territoriaux de la Première Guerre mondiale, c'est-à-dire Fiume, l'Istrie, la petite ville de Zara et une partie de la Vénétie Julienne, qui passent alors aux mains des Yougoslaves. La paix revenue, le Comité de libération nationale placé à la tête du gouvernement se charge d'organiser des élections et surtout un référendum relatif aux institutions du pays, et dont le résultat va condamner la monarchie. Humbert II, qui était monté sur le trône après l'abdication de son père Victor Emmanuel III, choisit de s'exiler. Après l'adoption d'une nouvelle constitution, entérinée en 1948 et qui laisse une grande influence au président du Conseil, chef du gouvernement et véritable détenteur du pouvoir exécutif, la vie politique italienne est principalement marquée par la lutte pour le pouvoir entre quelques grands partis issus de la Résistance, comme le Parti communiste (PCI), le Parti socialiste (PSI), le Parti républicain (PRI), les Sociaux-démocrates et enfin la Démocratie chrétienne (DC). Cette dernière bénéficie d'un large écho auprès des Italiens, ce qui explique sa présence continuelle dans les trente-deux gouvernements qui vont se succéder à la tête de l'Italie entre 1946 et 1974. Une vie politique caractérisée par des crises incessantes, comme on va le remarquer.

L'Italie depuis les années 1970. Les années 1970 sont particulièrement agitées et difficiles en Italie. Les " Années de plomb ", ainsi que les surnomment les médias, commencent avec l'Autunno Caldo (" l'automne chaud ") de 1969, durant lequel grèves, manifestations et émeutes se succèdent. Les choses vont empirer peu à peu, et l'Italie doit faire face à un activisme violent et incontrôlable, auquel prennent part les Brigades rouges et des groupuscules de droite. Le pays est au bord de la désintégration. Cette confusion sociale et politique trouve son point culminant avec l'assassinat du Premier ministre Aldo Moro, enlevé en 1978 par les Brigades rouges, puis tué à la suite du refus du gouvernement de négocier. Vers 1985, vitalité de l'économie italienne aidant, le terrorisme est quasiment éradiqué. Mais l'Italie, qui prospère, se trouve confrontée à une série de scandales et de bouleversements politiques qui révèlent l'ampleur de la mainmise de la mafia sur la vie économique et politique du pays. L'opération Mani Pulite (" mains propres ") a pour but d'assainir la vie politique et publique. Au plan européen, l'Italie se montre aussi de plus en plus présente. Ainsi, en février 1992, elle signe le traité de Maastricht qui institue l'Union européenne, dont elle assure ensuite la présidence durant le premier semestre de 1996.

L'ère Berlusconi. De nouveau président du Conseil en 2001, Silvio Berlusconi assure une deuxième fois la présidence de l'Union européenne. En politique intérieure, il doit pourtant faire face à une hostilité grandissante qui atteint son apogée en avril 2005, quand 12 régions sur 16 sont gagnées par le parti du centre-gauche. En 2006, c'est celui-ci qui gagne les élections, et Romano Prodi devient le chef du Conseil italien. La droite italienne, et notamment Silvio Berlusconi qui n'accepte pas sa défaite, multiplie les attaques contre le gouvernement Prodi. En difficulté à droite, Silvio Berlusconi décide de créer un nouveau parti, le Peuple de la Liberté (Popolo della Libertà, PDL), destiné à prendre le leadership de la droite. La nouvelle formation vient contrer le nouveau Parti Démocrate créé le 14 octobre 2007 et qui fusionne les principaux partis de centre-gauche. Le vote de la loi de finances, approuvée par 161 voix contre 157, marque une victoire très étroite pour le gouvernement Prodi. Pourtant, le retour du " professore " ne sera qu'une parenthèse dans les années Berlusconi : le milliardaire remporte haut la main les élections législatives anticipées d'avril 2008. Toutefois la vive contestation de la part de l'opposition ainsi qu'un fort mécontentement populaire nourri par les conséquences économiques de la crise internationale (face à laquelle on reproche à Berlusconi de ne pas avoir adopté les mesures nécessaires) ont contribué à déstabiliser le gouvernement du Cavaliere. Par ailleurs, le trouble causé par les scandales de corruption, de détournement de fonds et de prostitution de mineurs (Rubygate), ont sérieusement mis en péril la survie du gouvernement, et ce malgré une opposition de centre-gauche faible et fortement divisée. Les élections municipales de mai 2011, qui marquent la perte de Naples et surtout de Milan, fief historique de Silvio Berlusconi, sonnent le glas du Cavaliere. L'Italie s'enfonce de plus en plus dans la crise économique et malgré les politiques d'austérité impulsées par le gouvernement, la pression des milieux financiers et de l'opinion publique est telle que Silvio Berlusconi se résout à démissionner le 12 novembre 2011.

Le retour des démocrates. Un nouveau gouvernement de technocrates dirigé par l'ancien commissaire Mario Monti est investi par le Parlement, avec pour seul objectif de sauver l'économie italienne quel qu'en soit le prix en termes de restrictions budgétaires. Le 21 décembre 2012, il démissionne de ses fonctions et prend dans la foulée la tête d'une coalition en vue des élections législatives anticipées. Ces élections ont lieu les 24 et 25 février 2013 et voient, pour la chambre des députés, la victoire de la coalition centre-gauche (29,5 %), talonnée par le centre-droite (29,1 %), loin devant Mario Monti (10,5 %). Le dégagement d'une nette majorité au gouvernement semble difficile. Après un vide politique de deux mois, le président de la République Giorgio Napolitano nomme Enrico Letta, du Parti Démocrate, à la tête du gouvernement. Il démissionnera en février 2014, suite à l'entrée en politique de Matteo Renzi, premier secrétaire du P.D., qui ne lui accordera pas sa confiance. Renzi est actuellement Premier ministre ; il mène une politique européaniste, visant à relancer la croissance et le pouvoir d'achat dans la péninsule. Depuis le 3 février 2015, le président de la République est Sergio Mattarella.

Le pays a du mal à adapter sa production industrielle aux diktats de la mondialisation et peine à se redresser de la crise qui mine son économie depuis 2009. Le chômage sévit particulièrement dans le nord industriel. Toutefois la région tire encore son épingle du jeu grâce à un tourisme dynamique.

Large victoire du " non " au référendum italien. A presque 60 %, les Italiens ont rejeté le 4 décembre 2016 par référendum, la réforme constitutionnelle portée par Matteo Renzi, qui, dans la foulée a annoncé sa démission. Le chef du gouvernement s'appelle désormais Paolo Gentiloni. Il a été nommé par le président Sergio Mattarella chargé de trouver une solution à la crise politique. Paolo Gentiloni souhaite trouver un accord avec le Parlement sur la réforme de la loi électorale, avant la tenue de nouvelles élections.

Un virage eurosceptique, nationaliste, populiste et droitier. Les dernières élections de mars 2018 ont placé en tête des élections législatives et parlementaires la Coalition de centre droit menée par Salvini (37% des voix), le leader de la Ligue du Nord, parti d'extrême droite, associé entre autres, avec Forza Italia l'ancien parti de Berlusconi soutenu par ce dernier. Leurs idées : nationalisme, conservatisme, racisme, eurosceptiscisme. Le second parti sortant est le Mouvement 5 étoiles, mené par Luigi di Maio, parti populiste de droite également eurosceptique. Le grand perdant est le parti de la coalition de Centre Droit mené par Matteo Renzi (22,9% des voix). Ce dernier a d'ailleurs présenté sa démission à la tête du parti le lendemain des élections. A travers ce vote, la crise migratoire, la crise économique et le chômage ressortent comme les principales préoccupations des Italiens et se traduit comme un désaveu de la politique européenne à son égard.

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