ÉGLISE SAINT-GEORGES-LE-MARTYR (ЦРКВА СВЕТИ ВЕЛИКОМАЧЕНИК ГЕОРГИЈ)

Édifice religieux
Staro Nagoričane
  Staro Nagoričane (Старо Нагоричане)
Macédoine

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L'avis du Petit Futé sur ÉGLISE SAINT-GEORGES-LE-MARTYR (ЦРКВА СВЕТИ ВЕЛИКОМАЧЕНИК ГЕОРГИЈ)

Plaque millesim 2018

Datant du XIVe siècle, l’église Sveti Velikomačenik Georgij est l'un des plus beaux exemples de l'architecture serbo-byzantine des Balkans. Seul vestige de l'ancien monastère Saint-Georges-le-Martyr de Staro Nagoričane, elle abrite de remarquables fresques bien préservées ainsi que le corps de l’empereur bulgare Michel III Chichman Asen. Il s’agit de l’une des deux grandes réalisations architecturales du roi serbe Stefan II Milutin avec le monastère de Gračanica (1321), au Kosovo, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Histoire

Le monastère fut créé par l’empereur byzantin Romain IV Diogène vers 1170. D’abord dédié au saint serbe Prochore de la Pčinja, il fut reconstruit et dédié à saint Georges par le roi serbe Stefan II Milutin en 1312-1313.

Romain IV Diogène. Celui-ci aurait fondé le monastère en accomplissement d’un vœu fait au saint local, l’ermite saint Prochore de la Pčinja. La légende raconte que le jeune Diogène était venu chasser dans la région de la Pčinja dont faisait partie Kumanovo et Staro Nagoričane. Alors qu’il pourchassait une biche, celle-ci trouva refuge dans la grotte où vivait saint Prochore. Ce dernier demanda au chasseur d’épargner l’animal et lui assura qu’un jour viendrait où il porterait la couronne impériale. Et quand la prédiction fut accomplie, Diogène fit élever le monastère en l’honneur du saint ermite. Le plan initial suivait celui des églises arméniennes. La ville voisine de Kratovo comptait en effet une communauté arménienne qui participa à la construction.

Stefan II Milutin. C’est également en accomplissement d’un vœu que le roi serbe restaura le monastère. La région de la Pčinja était passée sous son contrôle en 1299, lors de son mariage avec Simone Paléologue, fille de l'empereur byzantin Andronic II. Dès lors, Serbes et Byzantins s’allièrent pour lutter à la fois contre les Mongols, les Bulgares et les Ottomans. En 1311, Milutin envoya une armée dans les Dardanelles où les Ottomans menaçaient de s’emparer de Constantinople. Peu avant la bataille de Gallipoli (1311 ou 1312), il en appela à saint Georges pour que ses troupes remportent la victoire. Les Serbes, les Byzantins et leurs alliés génois écrasèrent 2 000 turcopoles, soldats arabes auxiliaires des Croisés passés au service des Ottomans. Aussitôt, Milutin lança la reconstruction du monastère qu’il dédia à saint Georges.

Michel III Chichman Asen. Le tsar (empereur) bulgare, fondateur de la dynastie des Chichman (1280-1419), fut enterré ici après la décisive bataille de Velbazhd (90 km à l’est, en Bulgarie), le 28 juillet 1330. Ce combat épique remporté par le roi serbe Stefan III Dečanski, fils de Milutin, marqua le début de 40 ans de domination complète des Serbes sur le sud des Balkans. La légende veut que Stefan Dečanski captura lui-même Michel Chichman grièvement blessé au cours de l’affrontement, et qu’il l’emmura vivant quatre jours plus tard dans une paroi de l’église Saint-Georges. Les historiens s’accordent en tout cas sur le fait que c’est bien ici que repose le tsar bulgare.

Bâtiment

Pour la construction du monastère, Milutin fit appel à l’architecte connu sous le nom de Nikola, à qui il avait déjà confié l’édification de la cathédrale de la Mère-de-Dieu de Leviša, à Prizren, au Kosovo, achevée en 1309 et aujourd’hui classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Plan. L’architecte s’est ici inspiré de 3 édifices pour construire le catholicon (église principale) du monastère : l'église Saint-Panteleimon de Nerezi, près de Skopje, datant du XIIe siècle, et deux églises de Thessalonique achevées vers 1315, celle de Sainte-Catherine et celle des Saints-Apôtres. Ainsi, l’église n’adopte pas rigoureusement le plan carré à croix inscrite, typique de l’architecture byzantine, mais une forme plus rectangulaire. Le naos (temple ou pièce principale) composé d’une nef centrale et de deux ailes transversales. Côté occidental s’ajoute le narthex (vestibule) et, côté oriental, le sanctuaire est composé d’une abside flanquée d’une prothesis (au nord) et d'un diakonikon (au sud), deux « chapelles » réservées au clergé durant la liturgie. Tandis que le naos est dominé par un dôme principal monté sur un tambour octogonal, le narthex et le sanctuaire sont chacun surmontés de deux types de coupoles formant 4 dômes, eux aussi sur tambour, à chaque coin de l’édifice. L’ensemble est bien préservé. Mais le narthex était précédé d’un exonarthex (porche) dont ne subsistent que les parties basses.

Matériaux. Lors de la construction du bâtiment, les pierres de l’ancienne église Saint-Prochore-de-la-Pčinja ont été réutilisées. Celle-ci suivait le plan basilical très ramassé des églises arméniennes. Une petite partie a été conservée et un fragment de fresque du XIIe siècle a pu être conservé. À l’extérieur, la différence entre les remplois et les nouveaux matériaux ajoutés au XIVe siècle est clairement identifiable. Jusqu’à environ 5 m de hauteur, les murs sont constitués de pierres de taille de grès jaune grisâtre provenant de l’ancienne église. Puis, les maçons ont utilisé la technique mixte du « cloisonné » : des briques plates assemblées au mortier autour de pierres composant des motifs géométriques. Cette méthode a permis de créer des ouvertures. Mais celles-ci demeurent étroites. Si bien que la faible luminosité à l’intérieur a contraint les peintres à trouver des solutions originales pour rendre les fresques « lisibles ». Enfin, la toiture, à l’origine en plomb, a été retirée pour être fondue par les Ottomans à la fin du XVIe siècle, et remplacée par des tuiles. À cette occasion, la partie supérieure de l'église fut remodelée.

Autour de l’église. Tous les bâtiments annexes du monastère ont disparu. Le mur en pierre qui entoure aujourd’hui le terrain indique que le complexe était de taille réduite. Ainsi, l’exonarthex servait à relier l’église directement à d’autres bâtiments pour former un ensemble architectural semble-t-il très ramassé. Le campanile (à l’entrée), l’ancienne école (nord) et la fontaine (nord-est) datent du XXe siècle. Le terrain abrite également de nombreuses sépultures de moines, essentiellement du XIXe siècle. Elles sont en cours de restauration et de nombreux ossements (crânes, tibias, etc.) sont visibles à même le sol. Enfin, en dehors des murs, au nord-est de l’église, subsiste une ancienne habitation d’anachorètes qui, selon la tradition locale, servit de refuge à saint Prochore de la Pčinja.

Décor intérieur

L’intérieur de l’église fut entièrement recouvert de fresques entre 1313 et 1318. Celles-ci n’ont quasiment pas été modifiées depuis, à l’exception de quelques retouches lors de travaux de restauration en 1963 et 1998. L’ensemble du programme a été réalisé par les grands peintres grecs Michaïl Astrapas et Eutychios avec l’aide de leurs assistants. Dans l’ensemble, les fresques sont bien conservées sauf dans les parties basses et hautes, du fait de l’humidité.

Michaïl Astrapas et Eutychios. Le décor de l’église Saint-Georges de Staro Nagoričane constitue le chef-d’œuvre de ces deux peintres originaires de Thessalonique. De 1297 à 1321, ils furent les artistes majeurs de ce qu’on appela « l’école de la cour du roi Milutin ». Comme la plupart des peintres de cette époque, on ne sait que peu de choses d’eux. Ils furent les élèves du grand maître grec Manuel Panselinos, et ont sans doute participé avec lui à la réalisation des plus belles fresques du mont Athos. Michaïl Astrapas (« Michel l’Éclair », surnom dû au fait qu’il peignait vite) et Eutychios ont ensuite passé la plus grande partie de leur carrière au service du roi Milutin. Pour lui, ils ont réalisé le décor de 4 églises des Balkans aujourd’hui classées au Patrimoine mondial de l’Unesco : l’église de la Mère-de-Dieu-Perivleptos d’Ohrid, l’église du monastère de Studenica (Serbie), l’église du monastère de Gračanica (Kosovo) et la cathédrale de la Mère-de-Dieu de Leviša (Kosovo). On leur doit aussi les fresques de l’église Saint-Nicétas de Banjane, dans la Skopska Crna Gora, près de Skopje.

Style et signature. Le style de Michaïl Astrapas et Eutychios se rattache au courant artistique dit « paléologue » ou « macédonien », du nom de la grande dynastie byzantine des Paléologue (1261-1453) originaire de Macédoine. Il se caractérise par des clairs-obscurs très contrastés et des drapés aux plis prononcés. Face au manque de luminosité à l’intérieur de l’église Saint-Georges, les peintres ont eu recours à deux solutions. Ils ont d’abord joué sur une palette de couleurs très étendue allant du blanc au rouge le plus vif. Mais, surtout, ils ont innové en insufflant un dynamisme jamais atteint dans l’art pictural byzantin, d’habitude très figé. Leur signature apparaît dans deux fresques du naos de l’église : sur le mur nord, dans le bouclier d’un saint militaire, et, sur pilier sud-ouest, dans le vêtement d’un saint. Leurs noms sont accompagnés de la date à laquelle à été achevé le décor : l’année 6826 du calendrier byzantin (calculé à partir de la création du monde fixée au 1er septembre 5509 av. J.-C.) qui correspond à l’année 1318 du calendrier grégorien.

Inscriptions. L’église a beau être de rite orthodoxe serbe, la plupart les textes qu’elle comporte sont rédigés en grec, en particulier les inscriptions des fresques. Il s’agit de la version byzantine de la langue grecque, qui comporte peu de différences avec le grec moderne, notamment le sigma (Σ) qui adopte la forme dite « lunaire » (Ϲ) mais qui se prononce de la même manière (« s »). Ils ne s’agit pas d’une volonté ou d’une facilité de la part des deux peintres grecs, mais d’un souhait du commanditaire et du clergé serbe. Si les habitants de la région sont alors majoritairement slaves (bulgares et serbes), ceux-ci ont fait partie de l’Empire byzantin jusqu’en 1299 et ont donc toujours suivi la liturgie uniquement en grec. C’est donc afin de faciliter la compréhension des scènes bibliques par les fidèles que les inscriptions ont été rédigées ainsi. L’une des rares inscriptions en vieux-savon liturgique (ancêtre de la langue serbe) se trouve sur le linteau au-dessus de la porte d’entrée de l’église, sous le portrait presque effacé de saint Georges. Gravée dans la pierre, elle décrit la construction du bâtiment en 1312-1313 par le roi Milutin pour célébrer une « victoire contre les Turcs », allusion à la bataille de Gallipoli.

Narthex

Précédant le naos, le « vestibule » de l’église abrite la fresque la plus importante, celle de la Dormition de la Mère de Dieu, ainsi qu’un vaste calendrier illustré de 365 saints et le portrait du donateur de l’église.

Dormition de la Mère de Dieu. Cette vaste fresque composée de 4 registres (lire ci-après) occupe une grande partie du mur ouest, au-dessus de la porte d’entrée. Elle illustre ce qui correspond chez les catholiques à l’Assomption de la Vierge. Mais le concept de la dormition (du latin dormitio, « sommeil ») est plus large : il évoque autant la mort physique de la Vierge que sa montée au ciel. Thème majeur dans l’iconographie byzantine depuis le VIe siècle, la dormition de la Mère de Dieu occupe toujours une place primordiale dans les églises orthodoxes. Si la fresque profite ici d’un emplacement de choix, elle se démarque surtout par ses innovations tant graphiques que théologiques. Dans le but de rendre la scène plus lisible, les peintres ont d’abord joué sur les contrastes, avec des fonds blancs (le Paradis, le linceul de la Vierge, etc.) qui font davantage ressortir les autres couleurs. Ils ont aussi présenté la dormition sous la forme d’une procession, les personnages emmenant la dépouille vers le mont des Oliviers. Cela a pour effet de dynamiser l’ensemble du tableau. Et cela est presque unique dans l’art byzantin, où la dormition est le plus souvent une scène de déploration statique. Enfin, sur un plan théologique, Michaïl Astrapas et Eutychios ont aussi introduit les personnages des prophètes dans leur composition. Là aussi, c’est une rareté, mais cela permet d’établir un lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

Dormition de la Mère de Dieu : 1er registre. Les porteurs de la dépouille de la Vierge sont accompagnés par une foule de prélats, saints, adorateurs et curieux. Au centre, figure « l’outrage du juif Jéphonias », thème fréquent dans l’iconographie orientale. Le rabbin Jéphonias a les avant-bras tranchés « par une force invisible, avec une épée de feu » pour avoir voulu renverser la dépouille de la Vierge. Dans les écrits apocryphes, Jéphonias est le symbole de la rédemption des Juifs qui n’ont pas voulu entendre le message du Christ. Ainsi, à la suite de cet épisode, le rabbin sera miraculeusement guéri pour s’être converti. Les personnages situés à droite représentent les Juifs restés fidèles à l’ancienne religion : considérés comme complices de l’acte de Jéphonias, ils avancent, honteux, subissant leur part du châtiment divin.

Dormition de la Mère de Dieu : 2e registre. Au centre se trouve la Vierge posée dans son linceul. Il s’agit de l’enveloppe charnelle de la Mère de Dieu plongée dans un sommeil paisible et éternel, tandis que son âme apparaît sous la forme d’un nouveau-né emmailloté tenu par le Christ, lui-même entouré d’archanges et signalé par le christogramme formé des lettres byzantines IC ΧC, abréviation de Isous Chrisos (« Jésus-Christ »).

Dormition de la Mère de Dieu : 3e registre. On retrouve ici la Vierge en majesté, tout au moins son âme s’élevant au ciel dans un cercle de lumière, et surmontée des lettres ΜΡ ΘΥ, abréviation de Mitera tou Theou (« Mère de Dieu »). Elle est cernée d’anges, dont ceux situés derrière elle, sont munis de lances. De part et d’autre sont représentés 8 prophètes de l’Ancien Testament accompagnés de leurs manuscrits et de leurs symboles. Ainsi, à gauche, on reconnaît Ézéchiel portant une fenêtre. Celle-ci représente la « mission » du prophète, à savoir, dévoiler au grand jour ce qui se passe dans les ténèbres (Livre d’Ézéchiel, chapitre 8). Sur la partie droite se trouve un « intrus », le seul membre du groupe sans auréole : c’est Balaam, le prophète déchu aussi qualifié de « faux prophète », qui incarne l’égarement. Corrompu par l’argent, il chercha à nuire au peuple d’Israël et fut condamné à mort. Il est représenté en turban, pour signifier qu’il n’était pas juif mais issu du royaume de Moab (territoire de l’actuelle Jordanie qui fut souvent en conflit avec Israël). Balaam est accompagné d’une étoile. C’est l’évocation de sa prophétie tirée du livre des Nombres perçue comme annonçant la venue du Christ : « De Jacob monte une étoile, d'Israël surgit un sceptre. »

Dormition de la Mère de Dieu : 4e registre. Au-dessus de la Vierge s’élevant dans le ciel, deux anges ouvrent à celle-ci les portes du Paradis où l’attendent la multitude des anges. À l’intérieur de ce rectangle dominant la scène, tout est peint en blanc, couleur qui est pour les chrétiens le symbole non seulement de la pureté et de la virginité, mais aussi de la dormition/assomption de la Vierge. De part et d’autre du Paradis apparaît l’inscription H Κοίμηση της Θεοτόκου (I Kimisi tis Theotokou), « La Dormition de la Mère de Dieu » en grec. Enfin, au-dessus des prophètes sont représentés les 12 apôtres dans d’étranges nuages en forme de barquette accompagnés chacun d’un défunt qui est conduit au Paradis. Sur la droite, l’une des « barquettes » a quitté les autres pour s’approcher de la Vierge montant au ciel du 3e registre. Celle-ci bénit le défunt de sa main gauche en lui lançant une sorte de cordelette.

Menologion. L’essentiel du reste des fresques du narthex est composé d’un programme représentant les 365 saints fêtés au cours de l’année liturgique orthodoxe orientale, appelé menologion (« tableau des mois » en grec). Celui-ci commence au 1er septembre (le 8 septembre selon le calendrier julien toujours suivi par l’Église orthodoxe serbe). Ce jour-là est matérialisé sous la voûte du mur oriental, à gauche de l’entrée menant au naos, par le portrait de saint Siméon le Stylite. Cet ermite du IVe siècle représenté vivant sur une colonne (son épithète vient de stylo qui signifie « colonne » en grec) est l’une des figures tutélaires de la lignée des Nemanjić auquel appartient Milutin. Le fondateur de la dynastie, Stefan Nemanja, prit ainsi le nom de Siméon lorsqu’il abdiqua pour devenir moine en 1196. S’en suivent 364 autres fresques (portraits et scènes) illustrant le saint du jour. Certains personnages apparaissent ici pour la première fois dans l’iconographie chrétienne. C’est le cas des deux saints serbes locaux du XIIe siècle, saint Prochore de la Pčinja et saint Joachim d’Osogovo. Les peintres ont aussi introduit le portrait d’un autre saint du XIIe siècle venant de leur ville natale, saint Eustathe de Thessalonique, célébré le 20 septembre selon le calendrier liturgique serbe (3 octobre). Michaïl Astrapas et Eutychios ont pris comme modèle le portrait du saint peint en 1312 au monastère de Vatopedi (mont Athos) par leur maître Manuel Panselinos.

Portrait du roi Milutin. Dans la partie basse du mur nord, parmi les portraits de saints, apparaît une fresque très endommagée du roi serbe entouré de deux personnages. On reconnaît Milutin portant une reproduction en miniature de l’église qu’il offre à saint Georges, situé à droite. En échange, le saint tend au roi une épée en remerciement de sa victoire contre les Ottomans à Gallipoli. À gauche de Milutin, se trouve Simone (Simonida) Paléologue, la 4e femme du roi, réputée fort belle. Derrière cette présentation quasi unique du couple royal se cache une sordide histoire. La princesse byzantine fut l’objet d’un mariage arrangé : malgré les protestations du patriarche de Constantinople, Simone fut unie dès l’âge de 5 ans à Milutin. Le mariage fut trop rapidement consommé et ce viol empêcha par la suite Simone d’avoir des enfants.

Naos

À la suite du narthex, le « temple » est décoré de fresques organisées en 7 registres successifs qui culminent sous les voûtes à 9 m de hauteur. De haut en bas, cet ensemble se découpe de la manière suivante : 1) motifs géométriques ; 2) portraits de saints (guerriers, ascètes, apôtres, etc.) ; 3) cycle de Saint-Georges ; 4) cycle de la Passion du Christ ; 5) cycle de la Résurrection du Christ ; 6) cycle des miracles du Christ ; 6) cycle du calendrier des fêtes orthodoxes. Enfin, le dôme central est orné de la traditionnelle représentation du Christ Pantocrator. Les parties les mieux préservées se trouvent sur les murs ouest (le long du narthex) et nord (à gauche de l’iconostase).

Cycle de Saint Georges. Occupant le 3e registre, il relate principalement les différents épisodes du martyre du saint, avec différentes scènes de torture jusqu’à sa décapitation devant les murs de Nicomédie (aujourd’hui Izmit, en Turquie) le 23 avril 303. Le cycle inclut aussi les épisodes des miracles attribués au saint. Notez particulièrement deux panneaux du mur nord. La scène de la destruction des idoles païennes est tout à fait classique : saint Georges fait tomber des statues grecques antiques d’une tholos (temple circulaire) par la seule force de ses prières. Mais la scène de saint Georges et du dragon, juste à côté, est plus surprenante. D’habitude, le saint est représenté en train de terrasser l’animal pour sauver la princesse et les habitants de Lydda (aujourd’hui Lod, en Israël). Cette fois, le dragon a été apprivoisé par le saint et est tenu en laisse par la princesse. Cette représentation est rare, sinon unique, mais elle correspond bien à la légende de saint Georges qui veut que le dragon soit apprivoisé avant d’être tué.

Cycle de la Passion du Christ. Les fresques les plus riches du 4e registre se trouvent également sur le mur nord. Trois scènes présentent la montée au Golgotha jusqu’à la Crucifixion où le Christ est encadré par le « bon larron » (à gauche, avec une auréole) et le « mauvais larron ». Juste avant cette série, la scène de la « dérision du Christ » (au-dessus de la destruction des idoles du cycle de saint Georges) intéresse particulièrement les musicologues. La foule qui se moque du Christ condamné à mort est accompagnée de musiciens. Dans la Bible, très peu d’instruments sont décrits, mais cinq d’entre eux sont représentés ici : deux trompettes ou clairons en arrière-plan, une paire de cymbales à l’avant-plan et, parmi les personnages à gauche, un tambour et une flûte. Cette dernière ne correspond pas aux modèles de l’Antiquité. Il s’agit de la plus ancienne représentation connue d’une flûte à bec moderne, instrument apparu en Europe au XIVe siècle.

Christ Pantocrator. Comme c’est le plus souvent le cas dans les églises orthodoxes, cette représentation du Christ « tout-puissant » illustre la coupole du dôme central. Porté par huit anges, il tient les Saintes Écritures dans la main gauche et fait le benedictio graeca (signe de bénédiction) de la main droite pour inviter à la vie éternelle. Le registre inférieur est occupé par les Pères de l’Église qui apparaissent sous les traits d’anges assurant la communion en partant d’un autel protégé par un ciborium (baldaquin). Puis, entre les huit fenêtres du tambour, sont figurés huit prophètes de l’Ancien Testament tenant un manuscrit relatant leur prophétie. Le reste du décor a disparu. Il comportait sans doute la représentation des douze apôtres, dont les quatre évangélistes (Mathieu, Marc, Luc et Jean). Ces derniers ont aussi été peints sur le tambour de chacune des quatre coupoles secondaires surplombant le narthex et le sanctuaire.

Sanctuaire

C’est la partie la plus sacrée de l’église. Symboliquement fermé par l’iconostase, le sanctuaire est normalement réservé aux membres du clergé chargés de la célébration de la liturgie (messe). De manière classique, il se compose de l’autel (au centre, dans le prolongement de la coupole principale), de l’abside de l’autel (à l’est), de la prothesis (au nord) et du diakonikon (au sud).

Iconostase. Cette « cloison portant les icônes » est, certes, de modestes dimensions et très rudimentaire, mais c’est l’une des mieux préservées de l’époque byzantine. Chose rare, elle conserve sa structure en marbre d’origine, ailleurs le plus souvent remplacée par une cloison en bois sculpté. Et, chose encore plus rare, elle est ornée de deux « fresques-icônes » : des icônes peintes à même le marbre et inamovibles. Celles-ci représentent saint Georges (la dédicace de l’église), à gauche, et la Mère de Dieu Pelagonitissa, à droite. Cette dernière est l’une des icônes plus connues du genre « Pelagonitissa ». Ce type de représentation de la Vierge est apparu en Pélagonie, dans la région de Prilep, au monastère de Zrze, vers le XIIe siècle. Il s’agit d’une variante de l’Éléousa (« Vierge de Tendresse »), mais sans solennité. Le Christ enfant apparaît sans auréole, dans une étonnante position, presque désarticulé, comme s’il effectuait un mouvement rotatif, plaçant sa tête contre celle de sa mère et caressant le visage de celle-ci de sa main gauche. Les deux icônes principales sont complétées par deux fresques peintes sur les piliers du dôme : l’Éléousa (à gauche) et le Christ Pantocrator (à droite), tous deux représentés en pied. Enfin, au centre, les portes royales, sont de facture récente. Elles sont en bois et sculptées d’une scène de l’Annonciation avec l’archange Gabriel (porte gauche) et la Mère de Dieu (porte droite).

Abside. La partie haute est ornée d’une grande fresque la Mère de Dieu en Majesté (aussi dite « trône de sagesse »), où la Vierge apparaît assise sur un trône. Entourée des archanges Michel (à gauche) et Gabriel, elle est elle-même le « trône » sur lequel siège le Christ enfant, symbolisant quant à lui la Sagesse de Dieu. En dessous, entre deux frises des Pères de l’Église (saints théologiens) en habits de prélats serbes du XIVe siècle, est peinte la scène de la Communion des apôtres. On y voit le Christ représenté deux fois debout derrière l’autel en train de distribuer le pain (à gauche) et le vin (à droite).

Diakonikon et prothesis. Ces deux « chapelles » sont situées de part et d’autre de l’autel. Toujours placé au sud, le diakonikon (« pour le service du diacre » en grec) sert de sacristie où est préparée la plus grande partie de la liturgie (messe). Il est orné d’un cycle de la vie et miracles de saint Nicolas, le protecteur de la dynastie des Nemanjić. Au nord, la prothesis (« préalable » en grec), est le lieu de la préparation des Saints Dons. C’est ici, à l’abri du regard des fidèles, que sont bénis pain et le vin distribués lors le la Divine Liturgie (l’Eucharistie pour les catholiques). Cet espace est principalement décoré d’un cycle de la vie de la Mère de Dieu. Il abrite également les portraits de deux archevêques d’Ohrid, le Bulgare saint Clément d’Ohrid (v. 840-916) et le Grec Constantin Kabasilas (v. 1190-1259).

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Informations et horaires sur ÉGLISE SAINT-GEORGES-LE-MARTYR (ЦРКВА СВЕТИ ВЕЛИКОМАЧЕНИК ГЕОРГИЈ)

Accès libre en journée – tenue correcte exigée. Si le gardien n’est pas là, renseignez-vous au petit poste de police situé en face, dans la rue principale de Staro Nagoričane.

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