GALERIE DES ICÔNES (ГАЛЕРИЈА НА ИКОНИ)

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Plaque millesim 2018

Cette galerie est le joyau des musées de la République de Macédoine. Elle ne réunit qu'une soixantaine d'icônes dans deux salles. Mais il s’agit là d’une sélection des images les plus précieuses et les plus marquantes de l’école d’Ohrid. Peintes du XIe au XIXe siècle, elles représentent le « best of » des 800 icônes byzantines et postbyzantines subsistant dans la région. Avant la visite, vous pouvez aussi lire l'encadré « Signification de l'icône ».

Visite

Une seconde salle, au sous-sol, ouverte en 2017, contient des icônes récentes et des objets liturgiques. Elle ne présente qu'un intérêt limité. Mais la salle principale, au rez-de-chaussée, renferme les trente-six icônes les plus précieuses. Celles-ci sont présentées par ordre chronologique. Comme il s’agit de chefs-d’œuvre de l’art religieux oriental, il est fréquent que certaines soient absentes, car prêtées provisoirement à des musées étrangers le temps d’une exposition. Voici notre petite sélection.

Quarante martyrs de Sébaste – Date : 2e moitié du XIe siècle - dimensions : 43,5 x 33 cm. C’est la plus ancienne représentation de ce type au monde et la deuxième plus ancienne icône de la galerie après celle de saint Basile le Grand et saint Nicolas (n° 272) qui date de 1045/1055. Peinte pour la cathédrale Sainte-Sophie d’Ohrid, elle illustre le martyre de quarante soldats chrétiens de la garnison romaine de Mélitène (aujourd’hui Malatya, en Turquie). Ceux-ci furent mis à mort sur le lac gelé de Sébaste (aujourd’hui Sivas) au cours de l’hiver 320 sur ordre de Licinius, qui régnait alors sur la partie orientale de l’Empire romain. Il leur fut promis un bain chaud s’ils renonçaient à leur foi. Deux d’entre eux acceptèrent, mais deux autres soldats, soudain convertis, se joignirent aux suppliciés qui moururent tous dans le froid de la nuit. Les quarante martyrs furent canonisés : leurs auréoles apparaissent bien rangées horizontalement dans la partie supérieure, sous le Christ en médaillon à moitié effacé. Cet épisode revient assez fréquemment dans l’iconographie orientale. Il frappe par la force de conviction et le stoïcisme des martyrs. Mais il est surtout important politiquement. Car les quatre empereurs romains associés avaient passé un accord pour cesser les persécutions antichrétiennes. L’épisode de Sébaste sert alors de prétexte à Constantin pour entrer en guerre contre Licinius, s’emparer de tout l’Empire et devenir le champion des chrétiens. Constantin créera ensuite Constantinople, sera le premier empereur romain à se convertir au christianisme et deviendra (sans le savoir) le fondateur de l’Empire byzantin.

Annonciation (deux icônes avec riza) – Date : début du XIIe siècle - dimensions : 111 x 67,5 cm (chacune). Très célèbre, ce diptyque provient de l’église voisine de la Mère-de-Dieu-Perivleptos et porte l’inscription du nom de son commanditaire, l’archevêque d’Ohrid Léon II Mung (1108-1120). Il illustre l’annonce à Marie de sa maternité divine par l’archange Gabriel. Chacun des deux personnages est peint sur un support différent dont le fond et les bords sont recouverts d’une superbe riza. Cette protection en métal repoussé sert ici à « peindre » les auréoles, le fond aux motifs végétaux et les personnages saints sur les côtés. Ainsi, autour de Marie apparaissent ses parents Joachim et Anne, le Christ, saint Jean-Baptiste et différents saints et prophètes. Le maforii rouge framboise de Marie est, lui, tenu par deux pierres taillées semi-précieuses.

Christ pantocrator (avec riza) – Date : 1262/1263 - dimensions : 134,5 x 93 cm. C’est la plus ancienne icône de la région portant la mention d’une date exacte : l’année 6771 du calendrier byzantin, inscrite au revers, qui correspond à 1262 ou 1263. Derrière se trouve aussi le nom du commanditaire, le plus érudit des archevêques d’Ohrid, le Grec Constantin Kabasilas. Destinée à l’église de la Mère-de-Dieu-Perivleptos, elle représente le Christ « tout-puissant » (pantokrator en grec) drapé de bleu et d’or avec une auréole constituée d’une riza martelée et dorée. Les proportions ne sont pas réalistes : les épaules sont trop étroites, mais cela permet au peintre – anonyme – de mettre en avant le visage et les mains. La main droite, en particulier, avec deux doigts tendus symbolise la double nature, humaine et divine, du Christ.

Mère de Dieu Hodegetria (avec riza) - Crucificxion du Christ – Date : 2e moitié du XIIIe siècle - dimensions : 95,5 x 65 cm. Cette icône peinte des deux côtés a été réalisée par deux des plus grands artistes médiévaux des Balkans, les Grecs Michailis Astrapas et Eutychios, à qui l’on doit notamment les fresques de l’église voisine de la Mère-de-Dieu-Perivleptos. Au recto : la « Vierge conductrice » ou Mère de Dieu Hodegetria (du grec ancien odigeo qui signifie « je conduis » ou « je guide »). La peinture est complétée par une riza avec auréoles martelées et fond en filigrane. Au verso : la crucifixion du Christ avec la Vierge et l’apôtre Jean. La galerie possède deux autres de ces icônes « à double face » qui étaient destinées aux processions, dont l’une, magnifique, peinte au début du XIVe siècle, montrant l’Annonciation et, au recto, la Mère de Dieu Psychosostia (« Sauveuse des âmes »).

Saint Clément d’Ohrid (icône en relief) – Date : fin du XIIIe siècle - dimensions 140 x 35 cm. La galerie expose plusieurs icônes représentent le grand évêque d’Ohrid. Mais celle-ci, disposée dans un coin de la pièce principale, est unique. Si elle s’apparente à une statue en bois, il s’agit en fait d’une « icône en relief », un type d’icône très rare dans l’art byzantin. Celle-ci provient de l’église de la Mère-de-Dieu-Perivleptos et c’est la seule du genre en République de Macédoine. L’apparition des icônes en relief au XIIIe siècle pourrait être liée soit aux premières iconostases en bois gravé, soit à l’influence artistique occidentale après la prise de Constantinople par les Latins en 1204.

Sainte Marine et scènes de sa vie – Date : v. 1754 - dimensions : 92,5 x 60,5 cm. C’est l’une des icônes les plus marquantes de la galerie. Elle a été réalisée par Constantin de Shpat, maître de l’école de Berat. La sainte, connue en Occident sous le nom de Marguerite d’Antioche, est morte en martyre en 305. Comme dans une autre icône de la galerie (n° 158), elle est traditionnellement figurée brandissant un marteau pour tuer un démon et/ou un dragon. Douze vignettes représentent les scènes de sa vie (tentations du démon, apparition de la colombe de l’Esprit saint, etc.) et de son martyre. Perpétuellement soumise à la tentation, elle a fait vœu de chasteté. Mais pour avoir repoussé les avances du gouverneur romain Olybrius, elle est torturée et mise à mort. Ce qui est intéressant, c’est que les Romains sont ici tous représentés sous les traits d’Ottomans, Olybrius se retrouvant en tenue de pacha. Un anachronisme sans doute très volontaire.

Mère de Dieu Panton Chara – Date : 1844 - dimensions : 57 x 41 cm. Elle a été réalisée par Dico Zograf, grand peintre mijak de Tresonče (Mavrovo), pour l’église Saint-Jean de Kaneo. Elle appartient à une sous-catégorie particulière dite de la « Joie de tous » (Panton Chara en grec) se rattachant aux icônes de la « rose inflétrissable » (évocation de la virginité). Le Christ enfant a revêtu la tenue or-orange du grand prêtre. Les inscriptions sont rédigées à la fois en grec et en vieux-slavon. En bas, figurent six portraits de saints. Le dernier sur la droite porte le fez arabe rouge adopté dans l’Empire ottoman à partir du XIXe siècle. Il revêt aussi un gilet brodé et une fustanelle typiques de la région gréco-albanaise de l’Épire. Il s’agit du néo-martyr saint Georges de Ioánnina (dans l’actuelle Épire grecque), tué en 1838 pour avoir renoncé à l’islam et s’être converti au christianisme.

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Adresse et contacts :
GALERIE DES ICÔNES (ГАЛЕРИЈА НА ИКОНИ)

Klimentov Univerzitet
Ohrid (Охрид)
Macédoine
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Avis des membres sur GALERIE DES ICÔNES (ГАЛЕРИЈА НА ИКОНИ)

Note générale : 4.5/5
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
2 avis d'internautes
5/5
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Visité en juin 2019
Magnifique!
Des icônes de toute beauté font de cet endroit un lieu incontournable. a ne pas manquer
Avis déposé le 01/08/2019 
4/5
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Visité en juin 2017
Les plus belles icônes des églises d'Ohrid sont présentées ici. Certaines datent du XIe siècle et ont donc près de 1000 ans ! Elles sont superbes mais si on n'est ni amateur, ni connaisseur d'icône... Entrée 100 dinars, traduction de tous les titres en anglais. Une salle en sous-sol présente des fresques sauvegardées mais le vendeur de tickets ne savait pas où était la lumière...
Avis déposé le 13/06/2017 
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