Capitale de la province du Nangarhar, Jalalabad est située dans une véritable oasis. C'est la dernière grosse ville à l'est avant la frontière pakistanaise. C'est donc un important carrefour pour des camions qui transportent des marchandises. Ville agitée à l'activité débordante, Jalalabad bénéficie de l'influence pakistanaise et de sa proximité avec la frontière.

Il y fait beau toute l'année, trop chaud en été et bon en hiver. Ville fleurie qui, au printemps, sent bon la fleur d'oranger, Jalalabad était, avant la guerre, le lieu de villégiature des bourgeois afghans. Sous la monarchie, elle était la ville d'hiver des rois. La population est essentiellement pachtoune. La communauté sikh était importante avant la guerre. Ils sont encore présents, mais beaucoup ont quitté le pays à l'époque des talibans. On peut visiter le temple sikh, ou Daramsal, et le quartier attenant où les hakim (musulman physicien) pratiquent encore l'antique pharmacopée grecque (unani dawakhana). Les habitants vivent du commerce avec le Pakistan et de la culture des fruits et des légumes. L'atmosphère de la ville ressemble à celles des villes d'Inde et du Pakistan.

Le bazar grouille d'activité, les rickshaws traversent la ville, des vendeurs de glaces déambulent. Jalalabad est une étape agréable, où il est conseillé de s'arrêter deux jours afin de profiter des magnifiques sites environnants ainsi que des jardins et des bords de rivière bucoliques. Vers la mi-avril, des poètes se réunissent, venant de tout l'Afghanistan, pour une conférence où ils récitent des poèmes dédiés aux fleurs d'oranger. La fête s'appelle Mushaïra (fleur d'oranger).

Les Afghans se retrouvent dans les jardins de Seraj-ul-Emorat pour y pique-niquer et écouter les poètes. C'est le meilleur moment pour visiter Jalalabad, époque de la floraison des orangers et de leur parfum entêtant. Mais la date de la fête de la fleur d'oranger, pendant laquelle poètes et intellectuels de Jalalabad se livrent à des joutes verbales, n'est jamais fixée à l'avance...

La province du Nangarhar ne cultive pas que des orangers... Au début des années 1990, c'était la première région pour la culture du pavot. A la fin des années 1990, elle a été dépassée par le Helmand, dans le Sud. Aujourd'hui, on n'en cultive pratiquement plus. Une bonne culture de substitution a été mise en valeur : les oliveraies. L'olive a ainsi peu à peu remplacé le pavot selon un rapport des Nations unies. Reste que de nombreux narco-trafiquants vivent toujours autour de Jalalabad.

Histoire. En 329 avant J.-C., Alexandre le Grand est passé par Jalalabad avec 30 000 de ses hommes, alors qu'il se dirigeait vers l'Inde. Du IIe au VIIe siècle, plus d'un millier de stupas bouddhiques, comme à Hadda, ont fleuri dans la région. Le Nangarhar était alors un des lieux de pèlerinages bouddhistes les plus importants au monde. La région était également au centre du mouvement sculptural du Gandhara, lequel mouvement a, pour la première fois, représenté des bouddhas sous des formes humaines, avec un profil grec et des habits romains. Selon la légende, le Bouddha lui-même aurait visité cette vallée. La ville même de Jalalabad fut fondée en 1570 par Jalaluddin Akbar, un empereur moghol d'Inde (1556-1605). Il lui donna son nom, qui signifie " la demeure de la splendeur ". Ce sont les Moghols qui firent du col de Khyber la route principale vers l'Inde. Depuis sa fondation, beaucoup de gouvernants afghans ont fait de Jalalabad leur villégiature d'hiver. Malheureusement, la plupart de leurs magnifiques palais ont aujourd'hui disparu. La ville a été quelque peu marginalisée pendant plusieurs décennies.

En 1842, quelque 16 000 soldats britanniques ont fui la ville pour Kaboul, après qu'une cuisante défaite leur a été infligée par les Afghans. La légende raconte qu'un seul Anglais, le Dr Brydon, aurait survécu au massacre de ces militaires britanniques. En 1919, Amir Habibullah a été assassiné alors qu'il pêchait près de Jalalabad. Son mausolée est situé dans le centre de la ville. Pendant la majeure partie de la guerre soviétique, Jalalabad a été un bastion du régime communiste afghan, soutenu par l'armée Rouge. L'aéroport a été utilisé pour plusieurs offensives soviétiques contre la guérilla afghane dans la région du Safed Koh, au sud et au nord. Pendant les années 1980, les moudjahidines ont réitéré leurs attaques contre les positions du gouvernement dans les faubourgs de la ville. En mars 1989, à la suite du retrait soviétique, Jalalabad s'est soulevée, mais le gouvernement a mis les insurgés en déroute. L'attaque avait été préparée de Peshawar, par les Américains et les services secrets pakistanais (ISI), pour placer les moudjahidines au pouvoir et mettre fin au régime communiste. Tout au long de la guerre, la région de Jalalabad a subi des bombardements et des attaques fréquentes. Durant l'été 1989, Jalalabad était au coeur des combats entre l'armée de Kaboul et la résistance. En août 1992, la ville s'est déclarée autonome. Grâce à son aéroport et une ligne aérienne privée, elle est devenue un important carrefour commercial, depuis Dubaï et vers le Pakistan. La contrebande s'est développée très vite. A cette époque, Jalalabad était dirigée par Hadji Abdul Qader, et la province produisait environ 1 500 t d'opium par an, comme le Helmand. Après la chute du régime de Najibullah, en 1992, Jalalabad a été gouvernée comme une province semi-autonome. De 1992 à 1996, une douzaine de commandants locaux ont contrôlé les diverses sections de la route entre Jalalabad, Kaboul et la frontière pakistanaise, chacun réclamant des taxes de passage. La ville a été prise par les talibans en 1996, assez calmement. Jalalabad étant majoritairement pachtoune, il y a eu moins de résistance qu'à Kaboul ou à Hérât.

Géographie. Jalalabad est située à 570 m d'altitude, dans des plaines assez basses. L'été, le climat est très chaud et humide, parfois étouffant. La mousson indienne arrive jusque-là. En revanche, les hivers sont très doux. Jalalabad est située 1 000 m plus bas que Kaboul, ce qui explique son climat bien plus agréable. Les palmiers poussent au bord de la rivière. Selon certains géographes, le climat de cette région est subtropical, marqué par une végétation luxuriante et unique en Afghanistan. On y trouve de la canne à sucre, des grenadiers, des orangers, des palmiers, une multitude de variétés de fleurs, etc. La vallée de Jalalabad est située dans une plaine fertile, irriguée par les rivières Kaboul et Kunar. Au nord, elle est entourée par les montagnes de l'Hindu Kush et par celles du Spinghar, au sud. Comparée aux autres villes afghanes, Jalalabad est une oasis.

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