Guide d'Espagne : Histoire

Château de Miravet.
Château de Miravet.
Figures historiques

Guifred le Velu

Guifré el Pilós (840-897) est considéré comme le fondateur de la Catalogne au IXe siècle. Comte de Barcelone, de Gérone, d'Urgell et de Cerdagne, il obtient de Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, l'indépendance de son comté et le droit de le transmettre à ses descendants. Ses enfants poursuivirent les dynasties nouvellement créées, forgeant ainsi l'identité et le territoire catalans.

Lluís Companys

Figure fondamentale du catalanisme, Lluís Companys (1882-1940) a été président de la Generalitat de Catalunya de 1934 jusqu'à sa mort. Le 6 octobre 1934, il proclame au balcon du palais de la Généralité " l'Etat catalan " au sein de la République fédérale espagnole. Jugé et condamné à 30 ans de réclusion pour rébellion, il est libéré en 1936 après la victoire du Front populaire. A partir de 1939, après l'occupation de la Catalogne par les troupes franquistes, Lluís Companys est obligé de s'exiler en France. Livré à la dictature militaire franquiste par la police secrète de l'Allemagne nazie, il est rapatrié, torturé puis fusillé au château de Montjuïc le 15 octobre 1940. Au moment de son exécution, il refuse qu'on lui bande les yeux et meurt face au peloton en criant " Per Catalunya ! " (Pour la Catalogne !). Aujourd'hui, le stade olympique de Montjuïc porte son nom.

Des origines à nos jours
Les origines

La datation des peintures d'Altamira permet de faire remonter à une période située entre 15500 et 13500 ans av. J.-C. la présence d'une occupation humaine dans cette région. Mais c'est au IXe siècle av. J.-C. que les Celtes franchissent les Pyrénées et qu'ils se mêlent aux Ibères, formant ainsi les Celtibères. Ils s'établissent à l'ouest et au centre de la Péninsule, pour arriver en Galice entre 137 et 122 av. J.-C. Après leur victoire contre Carthagène (220-202 av. J.-C.), ce sera au tour des Romains d'entamer la conquête de la Péninsule, qui sera achevée à la fin du Ier siècle av. J.-C., avec la soumission des deux dernières provinces : la Cantabrie et les Asturies, et ce, malgré la résistance des autochtones. Cette première conquête sera suivie d'une deuxième, celle des Arabes, qui débarquent en Espagne en 711 et occuperont en quelques années la quasi-totalité de la Péninsule, à l'exception de la Cantabrie, jugée trop montagneuse. Cette dernière servira de refuge aux chrétiens fuyant les Asturies. Et c'est aux Asturies que sera donné le signal de la reconquête, avec la première défaite infligée aux Arabes par Don Pelayo, à Covadonga au VIIIe siècle. Ce même siècle, la Galice rejoindra le royaume des Asturies et poursuivra la reconquête. En Espagne, elle durera huit siècles et ne sera parachevée qu'en 1492, après la prise de Grenade.

Le siècle d'or

Quelques mois après la prise de Grenade, les Rois Catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, appuieront l'entreprise de Christophe Colomb qui aboutira à la découverte d'un nouveau continent. Cela contribuera à faire de l'Espagne une très grande puissance européenne, à la tête d'un immense empire colonial, notamment sous le règne de Charles Quint qui sera le souverain le plus puissant d'Europe. La découverte de l'Amérique ouvrira des perspectives illimitées pour le commerce qui se développera tout au long du XVe siècle, siècle que l'on a appelé le " siècle d'or espagnol ".
Cet empire amorcera un affaiblissement à la fin du règne de Charles Quint, lorsque les dépenses militaires nécessaires aux nouvelles conquêtes ne compenseront plus les revenus coloniaux, pourtant très importants.

Du siècle d'or aux années noires

Le XVIIIe siècle verra décliner le pouvoir espagnol. Entamée avec les derniers héritiers des Habsbourg, la décadence s'accentuera avec les Bourbons, Philippe III et Philippe IV : reconnaissance de l'indépendance des Pays-Bas, signature du traité des Pyrénées avec la France, indépendance du Portugal et concurrence croissante du commerce espagnol par les Anglais et les Hollandais. La guerre de succession entre les Habsbourg et les Bourbons, ébranlera un peu plus la puissance espagnole. Le XIXe siècle sera notamment marqué par la guerre d'Indépendance, menée par le peuple espagnol contre Napoléon, et verra la restauration de la dynastie des Bourbons. Ce sera aussi le temps des guerres carlistes, qui jusqu'en 1849, opposeront les partisans de Don Carlos, fils de Ferdinand VII à ceux d'Isabelle II, sa nièce. Cela contribuera à la fragilisation du pouvoir de l'Etat. Proclamée en 1873, la Première République ne durera pas non plus. Cette instabilité politique s'accompagnera d'une perte progressive de l'Empire colonial - avec, comme symbole, la perte de Cuba en 1898 - et aussi d'un développement des mouvements anarchistes et nationalistes, notamment basques. Déchirée par les conflits intérieurs, politiquement instable, socialement et économiquement affaiblie, l'Espagne ne jouera qu'un rôle mineur dans la politique internationale du début du XXe et restera neutre durant la Première Guerre mondiale. L'accroissement des difficultés conduira le roi Alphonse XIII à soutenir la prise de pouvoir du général Primo de Rivera en 1923, mais la croissance des revendications régionales le contraindra à lui demander de se retirer en 1930. En 1932, la victoire des républicains aux élections municipales conduira à la fondation de la Deuxième République et à l'exil du roi.

Une démocratie titubante

Texte profondément novateur, la Constitution de la Deuxième République reconnaît la singularité des cas basques et catalans et leur accorde le statut d'autonomie mais est loin de faire l'unanimité parmi les forces conservatrices. Et en 1933, la coalition de centre droit, arrivée au pouvoir lors des élections nationales, entreprend d'anéantir les réformes initiées par le gouvernement précédent, avec notamment la suspension des régimes autonomes basque et catalan. Réunies sous le nom de Front populaire, les forces de gauche sortent gagnantes, à une faible majorité, des élections de février 1936 et le nouveau gouvernement restitue le statut d'autonomie à la Catalogne et au Pays Basque. Ce ne sera accepté ni par la droite conservatrice ni par l'armée. Le 17 juillet 1936, à Melilla (au Maroc), la première garnison militaire se soulève, préparant l'offensive du mouvement national. La guerre civile entre républicains et nationalistes commence.

De la guerre civile à la dictature franquiste

Elle durera jusqu'en 1939, date à laquelle le général Franco, vainqueur, prendra le pouvoir. Au total, elle aura causé la mort d'environ 1 200 000 Espagnols, parmi lesquels 750 000 civils. L'un des épisodes les plus tragiques de cette guerre sera le bombardement de la population civile de Guernica, en avril 1937. La victoire de Franco, chef du Mouvement national, est suivie de sanglantes répressions. Soutenu par la Phalange, organisation d'idéologie fasciste, Franco devient " Caudillo " (chef de l'Etat) et établit une dictature s'inspirant d'abord du modèle mussolinien. En 1940, il fait proclamer un état de non-belligérance favorable aux puissances de l'Axe. Plus d'un million et demi d'Espagnols fuient le pays. A peine sortis d'une guerre civile, les exilés politiques espagnols sont confrontés à la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, l'espoir de restaurer une démocratie en Espagne s'amenuise. Il faudra attendre 1945 pour que le gouvernement républicain espagnol en exil se réorganise et trouve un pays d'accueil : le Mexique. Malgré la condamnation du franquisme par l'ONU, dès le début des années 1950, le gouvernement de Franco est reconnu par la communauté internationale. Les successifs présidents du gouvernement républicain en exil plaident la cause républicaine et démocratique espagnole devant l'ONU, mais sans succès. Pendant ce temps, le gouvernement franquiste évolue : il mène une politique extérieure d'intégration aux institutions internationales. En 1953, l'Espagne signe avec les Etats-Unis un traité d'assistance économique et militaire ; en 1955, elle devient membre de l'ONU et, en 1959, membre de l'OECE (l'actuelle OCDE).

Transition démocratique et régime des autonomies

En 1969, Franco désigne son successeur, Juan Carlos de Bourbon, petit-fils d'Alphonse XIII. Et, en 1972, âgé de 80 ans, il délègue la présidence du gouvernement à l'amiral Carrero Blanco, qui meurt lors d'un attentat revendiqué par l'ETA, à la fin de l'année 1973. C'est Carlos Arias Navarro qui lui succédera, mais la politique menée sera sans grand changement. A l'intérieur, l'opposition au régime franquiste s'intensifie : grèves ouvrières, manifestations d'étudiants et d'intellectuels, courants autonomistes. A la mort de Franco, le 20 novembre 1975, Juan Carlos est couronné roi d'Espagne, mais La Phalange demeure le seul parti officiel. Dès 1976, les forces démocratiques, encore non reconnues légalement, entament une série de manifestations pour réclamer la liberté et l'amnistie pour les détenus politiques. Face à cette tension populaire, Juan Carlos Ier destitue Arias Navarro de son poste (il est remplacé par Adolfo Suarez, futur président), reconnaît légalement tous les partis politiques, notamment le Parti communiste espagnol, et les syndicats ; il fait voter le référendum du 15 décembre 1976 réorganisant les Cortes (Parlement). Le pays s'achemine rapidement vers un régime démocratique. Les élections ont lieu le 15 juin 1977 et portent au pouvoir l'Union du centre démocratique (UCD) et son leader Adolfo Suárez. Face à une situation économique devenue explosive (l'inflation atteint 44 % et le chômage ne cesse de progresser), meetings, rassemblements, et manifestations se multiplient. Pour y répondre, le gouvernement veut unir toutes les forces politiques représentées au Parlement, autour du plan d'action à suivre. Cette démarche aboutira au " pacte de Moncloa " avec, comme signataires, Enrique Tierno Galvan, futur maire de Madrid, Felipe F. González, président du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), et Manuel Fraga, leader de Allianza Popular. En 1978, le pays approuvera la nouvelle constitution, par référendum. En déjouant la tentative de putsch militaire survenue en 1981, aux Cortes, Juan Carlos, gagnera sa légitimité auprès de tous les Espagnols. Et, en 1982, le PSOE remportera la majorité absolue aux élections législatives. En cinq ans, la démocratie aura été consolidée. Un système de tendance fédérale est né, le système des autonomies.

Les années 1990

Le gouvernement de Felipe González mène une politique économique de plus en plus libérale avec, comme priorité, le contrôle de l'inflation plus que la baisse du chômage. Après des années de division, la droite espagnole retrouve son unité et crée le Partido Popular (PP) à la fin des années 1980. Les critiques de José Maria Aznar, son président, trouvent un écho de plus en plus large au sein de la population, mais pas assez pour gagner les élections de 1992. Toutefois, dès le début, le nouveau mandat du PSOE s'annonce périlleux, avec la révélation du financement occulte du PSOE qui discrédite le parti et le chef du gouvernement, Felipe González, mais surtout le scandale du GAL (Grupo Antiterrorista de Liberación). Un groupe militaire antiterroriste financé par le gouvernement qui a mené une guerre sanglante contre les membres de L'ETA dans les années 1980, dont les principaux responsables ont été l'objet d'un procès retentissant au début de l'année 1995. Les élections de 1996 donnent une courte victoire à José María Aznar qui doit composer avec les nationalistes qu'il avait largement critiqués durant la campagne. Mais aux élections de mars 2000, il remporte une deuxième victoire, à la majorité absolue. Durant ces années, les gouvernements successifs ont donné la priorité aux efforts budgétaires et monétaires pour satisfaire aux critères de Maastricht. Cela permettra à l'Espagne d'intégrer la zone euro depuis son lancement, en janvier 2002.

De nos jours

Le cafouillage politique et médiatique du gouvernement de José María Aznar, après l'attentat survenu à Madrid le 11 mars, lui fait perdre les élections à quelques jours du vote alors qu'il était donné grand gagnant. Après huit ans d'absence, le PSOE revient au pouvoir avec, à sa tête, José Luis Rodríguez Zapatero, un avocat de 43 ans, qui fait de la lutte contre le terrorisme la priorité de son mandat. Il débutera par le retrait des troupes espagnoles d'Irak. Cap mis sur l'Europe, rapprochement diplomatique avec le Maroc, volonté de régulariser tous les travailleurs immigrés clandestins, éradication de la violence conjugale et modernisation de la loi sur le divorce : Zapatero incarne le changement politique attendu après les années de pouvoir du PP. Mais il irrite aussi l'opposition conservatrice lorsqu'en 2004, il remplace les cours d'éducation religieuse par des cours d'éducation civique ou en légalisant le mariage homosexuel en juin 2005. Autre projet phare de son action : rendre justice aux victimes du franquisme. Avec l'ETA, le gouvernement s'est engagé dans un processus de paix qui sera de très courte durée. Réélu en mars 2008, José Luis Rodríguez Zapatero doit affronter l'éclatement de la bulle immobilière et la crise financière à laquelle l'Espagne est confrontée, à l'instar des autres pays européens, et qui la fera rentrer officiellement en récession, fin 2008. Il lance une politique de rigueur visant à résorber le chômage (20 %, le plus fort taux de l'Union européenne) et à faire repartir la croissance qui se heurte à de nombreuses manifestations de la population et des syndicats, en 2009 et 2010. Cette politique fera connaître au PSOE une très lourde défaite électorale en novembre 2011. En 2012, Mariano Rajoy, son successeur, mettra en place une sévère politique d'austérité qui n'empêchera pas le pays de s'enfoncer dans la récession ni d'atteindre un taux de chômage de 26 %. Sous la pression des marchés, le gouvernement sollicite le sauvetage des banques, au cours de l'été 2012. Il procédera aussi à une augmentation du taux de la TVA qui sanctionnera particulièrement les secteurs de la culture et de la santé, entraînant de nombreuses manifestations de mécontentement. Dans le même temps, la Catalogne affirme son désir d'indépendance, lors du défilé de la Diada, le 11 septembre 2012, et Artur Mas, président du gouvernement autonome de Catalogne, revendique le droit à l'autodétermination pour les Catalans. Cette revendication sera maintenue en 2013 après le succès de la chaîne humaine réalisée durant la diada du 11 septembre 2013.
Marquée par une sortie de la récession mais pas par la fin des difficultés économiques, l'année 2013 voit se poursuivre les manifestations de mécontentement (contre les réductions budgétaires, la réforme Wert de l'enseignement...). Quant à la question catalane, elle pèse quotidiennement sur les débats en posant notamment la question d'une modification de la constitution.

La confrontation se poursuit en 2014 avec la tenue, en novembre, d'un référendum régional en Catalogne affichant une volonté indépendantiste, mais non reconnu par l'Espagne, au niveau national. Lors des élections régionales du 27 septembre 2015, les listes indépendantistes catalanes emportent une majorité des sièges au parlement. En s'engageant sur une sortie de l'Etat espagnol dans les 18 mois. Texte de nouveau déclaré inconstitutionnel en novembre 2015. Autre problématique récurrente de ces années, les affaires de corruption qui émaillent régulièrement l'actualité espagnole et catalane, touchant des personnes, des municipalités, des régions. Elle contribuera à l'émergence de deux nouveaux venus sur la scène politique, Ciudadanos, au centre droit et Podemos, à gauche du PSOE. En appuyant des plate-formes citoyennes, ces derniers vont conquérir cinq municipalités dont Madrid, Barcelone et Valence. Et lors des élections législatives du 20 décembre 2015, ces nouvelles formations feront exploser le classique bipartisme d'exercice du pouvoir entre le PP et le PSOE, rendant impossible la formation d'un gouvernement et conduisant à de nouvelles élections le 26 juin 2016. La tenue de nouvelles législatives en juin 2016 n'ayant toujours pas permis de dégager une majorité absolue (176 sièges), c'est le PP (137) qui s'engage à former un gouvernement de concertation. Contrairement à ce que pronostiquaient les sondages, Podemos ne devient pas le deuxième parti politique espagnol n'obtenant que 75 sièges, après avoir passé un pacte électoral avec Izquierda Unida et s'être présenté sous le nom de Unidos Podemos.

Conséquence des résultats des élections législatives de décembre 2015, l'Espagne a connu en 2016, la plus longue crise gouvernementale de son histoire avec 315 jours sans gouvernement en fonction. Une crise résolue partiellement le 29 octobre 2016, avec l'élection de Mariano Rajoy comme président du gouvernement. Intervenant après trois échecs de tentatives d'investiture, cette élection à la majorité relative, suffisante lors du deuxième tour de scrutin, ne donne au gouvernement qu'une petite marge de manoeuvre pour gouverner et n'a été rendue possible que par l'abstention de 68 députés du PSOE. Ce dernier a aussi connu une grave crise au cours de 2016, qui a entraîné la démission de son secrétaire, Pedro Sánchez, le 1er octobre 2016. Sur le plan économique, l'Espagne continue à enregistrer une baisse du chômage (19,6 %) même si ce dernier concerne toujours près d'un jeune espagnol sur deux. Mais elle a surtout subi une forte pression au plan européen. Un instant menacée de sanctions financières sous forme d'amende pour " dérapage budgétaire " par les ministres des Finances de la Commission européenne, l'Espagne devra toutefois procéder à de nouveaux ajustements budgétaires pour revenir sous le seuil des 3 % de déficit.

Si en 2017, la résolution de la crise gouvernementale a permis à Mariano Rajoy de gouverner en recherchant des accords, dossier par dossier, souvent avec l'appui de voix canariennes ou basques, si Pedro Sanchez a été de nouveau élu secrétaire général du PSOE et si l'économie a affiché une prévision une croissance de plus de 3 %, les secousses sont venues du côté de la crise catalane, la fin de l'année ayant principalement été marquée par la tenue du référendum en Catalogne, le 1er octobre 2017, déclaré inconstitutionnel par le Tribunal constitutionnel espagnol. Après le vote le 28 octobre de la DIU, déclaration unilatérale d'indépendance par le Parlement catalan, le Sénat a approuvé la mise en place de l'article 155 de la Constitution suspendant notamment la DIU et de nouvelles élections ont eu lieu en Catalogne, le 21 décembre 2017. Des élections qui ont donné la majorité parlementaire aux indépendantistes, mais ont aussi fait de Ciudadanos, le parti qui a obtenu le plus de votes et de députés. Autre fait notoire, la campagne de Junts Per Catalunya a été menée par Carles Puigdemont, président démis, depuis la Belgique où il s'est rendu le 30 octobre 2017. Là, il a fait l'objet d'un mandat d'arrêt international, émis par l'Espagne, retiré puis de nouveau émis lors de son passage par l'Allemagne. Après son arrestation le 25 mars 2018 par la police allemande, le mandat a été levé par l'Espagne, au vu des conditions émises par le tribunal de Schleswig-Holstein pour son extradition (le motif de rébellion contre l'Etat espagnol n'étant pas retenu). De retour en Belgique, Carles Puigdemont réside aujourd'hui à Waterloo et a désigné Quim Torra comme son successeur. Ce dernier ayant été élu président de la Generalitat, le 14 mai 2018, par majorité simple grâce à l'abstention de la Cup (extrême gauche radicale catalane).

Hormis la persistance de la crise catalane, l'année 2018 a aussi été marquée par le jugement de nombreux cas de corruption comme celui de Rodrigo Rato, ex-ministre de l'Économie du gouvernement Aznar, ou l'affaire Gürtel. L'implication du PP dans de nombreux scandales conduira à la victoire de la motion de censure proposée par le PSOE, et à l'arrivée de Pedro Sánchez à la présidence du gouvernement, en mai 2018. Gagnée avec des éléments composites, cette victoire du PSOE ne lui a pas permis jusqu'à présent de finaliser ses projets de budget pour 2019. Dans ce contexte où tous les partis sont plus ou moins en pré-campagne, Ciudadanos a annoncé la rupture de son pacte de gouvernement au sein de la junta de Andalucia, ce qui a conduit sa présidente Susana Diaz à convoquer des élections locales anticipées en Andalousie, le 2 décembre 2018. Qualifiées de " tremblement de terre ", ces dernières font perdre la majorité absolue à la gauche et voient progresser Ciudadanos (+ 12 députés par rapport à 2015) et émerger avec force un nouvel intervenant, Vox, extrême droite, qui obtient 12 sièges à l'occasion de ces élections. Sur le papier, la majorité requise pour gouverner (55 sièges) ne peut être assurée que par une coalition des trois partis de droite. L'évènement politique majeur de 2019 en Espagne a eu lieu le 26 mai, jour des élections municipales dans tout le pays.

Chronologie

De 1500 à 500 av. J.-C.> De nombreux navigateurs méditerranéens, phéniciens, et grecs surtout, fondent des colonies sur les côtes d'Ibérie, dont l'intérieur est déjà occupé par les Ibères, les premiers habitants de la Péninsule.

218 av. J.-C.> Deuxième guerre punique. Le triomphe des Romains leur permet d'entreprendre la conquête de toute l'Ibérie.

De 414 à 419> Les Wisigoths, chrétiens, s'emparent du Nord et fondent un royaume qui s'étend peu à peu à toute la Péninsule. La capitale s'installe à Tolède.

711> Les Maures, maîtres de l'Afrique du Nord, débarquent. En deux ans, ils réussissent à conquérir quasiment toute la Péninsule. Ils bénéficient du soutien des juifs et de tous les mécontents de l'occupation wisigothe.

722> Bataille de Covadonga, dans les Asturies. Première victoire des chrétiens contre les Maures, ce qui marque le début de la Reconquête.

1469> Le mariage d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon assure l'unification de l'Espagne.

1492> Découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Isabelle et Ferdinand (les Rois Catholiques) achèvent la Reconquête en occupant Grenade.

1519> Héritier des Habsbourg par son père, Charles Ier devient empereur du Saint Empire (Allemagne et une partie de l'Autriche) sous le nom de Charles Quint. Il est le plus puissant souverain d'Europe. Fernand Cortéz débarque au Mexique et détruit l'empire aztèque.

1571> Philippe II remporte la bataille navale de Lépante contre les Turcs. L'Espagne contrôle alors la Méditerranée.

1588> " L'Invincible Armada " est vaincue par les Anglais.

1701-1714> Guerre de Succession entre les Bourbons et les Habsbourg. La paix d'Utrecht de 1713 reconnaît Philippe V, un Bourbon, comme roi d'Espagne, mais le force à céder la Flandre et les possessions italiennes.

1808> Napoléon prétexte de vouloir faire passer par l'Espagne les troupes qui doivent combattre le Portugal allié aux Anglais. En fait, il occupe l'Espagne et force Charles IV à abdiquer. Napoléon donne la couronne à son frère, Joseph Bonaparte. Débute alors la guerre d'Indépendance.

1826> Soulèvement dans les grandes colonies d'Amérique.

1873> La Première République est proclamée, mais, en l'absence d'un gouvernement stable, un pronunciamiento restaure la famille de la reine Isabelle.

1898> Guerre contre les Etats-Unis : perte des Philippines, de Guam, de Porto Rico et de Cuba.

1909> " Semaine tragique " de juillet. Mort de plusieurs ouvriers à Barcelone, après une grève (le gouvernement voulait faire appel aux réservistes catalans pour se battre au Maroc).

1910> José Canalejas, libéral, est nommé président du Conseil. L'exécution sommaire d'un anarchiste catalan, accusé à tort d'avoir fomenté la grève de juillet 1909, a conduit au renversement du gouvernement conservateur.

1912> Assassinat de José Canalejas par un anarchiste.

1931> Les partis républicains triomphent aux élections municipales dans les grandes villes. Le roi quitte le pays. La Deuxième République est proclamée.

1936> Le bloc de gauche, ou Front populaire (Frente Popular), sort vainqueur des élections générales de justesse.

1936-1939> Guerre civile, qui oppose les partisans de la République espagnole et les rebelles nationalistes.

1955> L'Espagne est membre de l'ONU.

1975> Mort de Franco, le pouvoir est confié au prince Juan Carlos de Bourbon

1978> Adoption par référendum d'une nouvelle Constitution. La Catalogne devient une région autonome.

23 février 1981> Tentative de coup d'Etat au parlement. L'intervention du roi Juan Carlos le fait échouer.

1981> Valence et Murcie obtiennent à leur tour le statut de communauté autonome.

1986> L'Espagne intègre la Communauté économique européenne (l'ancêtre de l'Union européenne).

1996> Victoire électorale de la coalition gouvernementale du Partido Popular (PP, droite) menée par Aznar.

11 mars 2004> Quatre trains explosent à Madrid et dans sa banlieue. Bilan : 191 morts.

14 mars 2004> Zapatero, leader du Parti socialiste, remporte les élections législatives.

Mars 2008> Réélection de Zapatero. L'ETA lance une campagne de violence en été.

2008> Eclatement de la bulle immobilière et crise financière. Entrée de l'Espagne en récession.

Novembre 2011> Mariano Rayjoy devient chef du gouvernement.

Juin 2012> L'Espagne obtient de l'Union européenne une ligne de crédit de 40 milliards d'euros, pour le sauvetage de son secteur financier.

11 septembre 2012> La Diada (fête nationale catalane) regroupe 1,5 million de personnes à Barcelone.

11 septembre 2013> Nouveau succès pour la Diada qui forme une chaîne de 400 km, traversant la Catalogne, du nord au sud.

Décembre 2013> Le gouvernement catalan annonce un référendum sur l'indépendance de la Catalogne pour 2014. Déclaré inconstitutionnel.

19 juin 2014> Felipe VI est proclamé roi d'Espagne par les Cortes Generales après l'abdication du roi Juan Carlos Ier, son père en sa faveur, après 39 ans de règne.

9 novembre 2014> Vote en Catalogne portant sur l'indépendance de la Catalogne. C'est le oui qui l'emporte, avec un taux de participation inférieur à la moyenne. Vote déclaré nul par le conseil constitutionnel saisi par le gouvernement espagnol.

9 mai 2015> Irruption de deux nouveaux partis sur la scène politique : Podemos et Ciudadanos, à l'occasion des municipales et des régionales.

Novembre 2015> Le parlement catalan issu des élections de septembre engage la sécession de la région avec l'Etat espagnol. Malgré la déclaration d'inconstitutionnalité du 11 novembre, les listes indépendantistes, majoritaires au parlement catalan, promettent une sortie de l'Espagne 18 mois plus tard.

20 décembre 2015> Les élections générales espagnoles ne dégagent aucune majorité permettant l'exercice du pouvoir. Mariano Rajoy reste chef du gouvernement en fonction.

12 janvier 2016> Carles Puigdemont devient président de Generalitat, après le retrait d'Artur Mas.

26 juin 2016> La tenue de nouvelles législatives ne permet pas d'aboutir à une majorité absolue (176 sièges requis). Le parti ayant le plus d'élus (PP 137) s'engage à former un gouvernement de concertation.

29 octobre 2016> Investiture de Mariano Rajoy, PP, élu président du gouvernement par le congrès des députés, lors du deuxième tour de scrutin, qui ne requiert qu'une majorité relative : 170 à faveur, 110 contre et 68 abstentions (PSOE). Une investiture qui met fin à une crise de 315 jours, avec un gouvernement en fonction, dirigé par Mariano Rajoy, et qui a donné lieu à trois tentatives d'investiture et un nouveau scrutin.

22 mai 2017 > Les militants du PSOE réélisent Pédro Sánchez au poste de secrétaire général, poste auquel se présentaient Susana Diaz et Patxi Lopez.

17 août 2017 > Un attentat à la camionnette fait 15 morts à Barcelone et celui de Cambrils un mort, le lendemain. Tous deux revendiqués par le groupe Daech.

1er octobre 2017 > Tenue du référendum en Catalogne. Déclaré inconstitutionnel par le Tribunal constitutionnel.

28 octobre 2017> Vote de la déclaration unilatérale d'indépendance (DIU) par le parlement de Catalogne. Suivie de l'approbation par le Sénat de la mise en oeuvre de l'article 155 de la Constitution espagnole. Qui suspend notamment la DIU et annonce des élections en Catalogne le 21 décembre 2017.

21 décembre 2017> Élections en Catalogne qui donnent la majorité absolue (70 députés pour 68 nécessaires) aux listes indépendantistes : Junts Per Catalunya, liste dirigée par Carles Puigdemont, (34), ERC (32) et CUP (4). Ciudadanos : 37, PSC : 17, Catalunya en comú, 8, PP : 3.

17 janvier 2018> Élection de Roger Torrent (ERC) à la présidence du Parlement catalan.

14 mai 2018> Élection de Quim Torra, comme président de la Generalitat de Catalogne (66 voix pour, 65 contre), après le renoncement de Carles Puigdemont à se porter candidat.

31 mai et 1er juin 2018> Vote de la motion de censure contre le gouvernement Rajoy présenté par le PSOE et appuyée par Podemos, et divers partis régionalistes. Pedro Sanchez devient le septième président du gouvernement espagnol.

Juillet 2018> Élection de Pablo Casado à la tête du PP, lors du second tour des premières primaires menées par le PP en Espagne, en remplacement de Mariano Rajoy.

25 octobre 2018> La cour suprême espagnole confirme l'accusation de rébellion portée contre neuf dirigeants indépendantistes, déjà en prison préventive, parmi lesquels Oriol Junqueras, ex-vice-président de la Generalitat et cinq autres membres de l'exécutif catalan et même accusation contre Carme Forcadell, ancienne présidente du Parlement catalan ainsi que Jordi Cuixart, président d'Omnium Cultural et Jordi Sanchez, président de l'ANC (assemblée nationale catalane). Les procès débutent en 2019.

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