Guide d'Indonésie : Population et langues

Le pays compte plus de 267 millions d'habitants, un chiffre qui positionne l'Indonésie au quatrième rang mondial des pays les plus peuplés, derrière la Chine, l'Inde et les États-Unis et première nation musulmane. Java compte plus de 130 millions d'habitants, soit 1 000 habitants au km². La surpopulation est dans cette île un énorme problème.

Le gouvernement a réussi avec un certain succès à freiner la natalité galopante en proclamant " Dua cukup " (deux, ça suffit). Le planning familial est bien suivi dans les villes, alors que dans les campagnes, les familles de plus de six enfants sont légion. La classe moyenne, consciente de la nécessité d'assurer à sa progéniture une éducation supérieure, est moins prolifique, mais dans les campagnes, les enfants représentent des bras dont on a besoin.

Les politiques ont tenté de décongestionner l'île en pratiquant une politique de transmigration (déplacement de population vers les autres îles) qui n'a pas vraiment été couronnée de succès. Cette politique avait déjà été mise en place par les Hollandais pour renforcer les effectifs des ouvriers dans les plantations. Avec 40 millions d'habitants, Sumatra est la deuxième île du pays en termes de population. Bali connaît également quelques problèmes de surpeuplement.

La devise de l'Indonésie est " l'unité dans la diversité ". Le gouvernement n'est encore jamais parvenu à uniformiser cette diversité d'autant que les niveaux de chômage et de pauvreté élevés accentuent les tensions inter-ethniques.

 

Les ethnies

Ethniquement, l'Indonésie est une mosaïque extrêmement riche et diverse : on y compte aujourd'hui plus de 700 groupes ethniques qui parlent autant de langues et de dialectes. Les Indonésiens sont répartis en trois groupes inégaux : les Austronésiens, les chinois et les Papous. Les Javanais, les Soundanais, les Madourais appartiennent à la première grande famille. Le deuxième groupe est composé de Chinois et de descendants de Chinois. Ils ne sont pas perçus comme véritablement Indonésiens. La minorité chinoise représente environ 3 % de la population. C'est la communauté la plus prospère du pays. S'ils détiennent les richesses économiques du pays, tous ne sont pas riches. De tout temps boucs émissaires des frustrations des Indonésiens, ils ont une nouvelle fois dû affronter la terreur lors des grandes manifestations de mai 1998. La plupart d'entre eux ont adopté des noms et le mode de vie des Indonésiens. Ils parviennent tout de même à préserver leurs traditions notamment architecturale et linguistique. Le confucianisme a été officiellement déclaré 6e religion officielle en l'an 2000. La dernière grande famille est représentée par les Mélanésiens, à la peau noire et aux cheveux crépus (en Irian Jaya notamment). Les principales minorités en Indonésie sont les Acihais, les Bataks et les Minangkabaus sur Sumatra ; les Dayaks à Bornéo ; les Minahasas, les Makassars, les Bugis, les Bajaus et les Torajas aux Célèbes ; les Javanais, Sundanais et les Madurais sur Java ; les Balinais, les Sasaks dans Nusa Tenggara.

 

Les langues

La République d'Indonésie n'est pas seulement le plus grand archipel du monde, c'est aussi un grand ensemble de peuples et de communautés.

Plus de 700 dialectes sont actuellement parlés en Indonésie, parmi lesquels les langues régionales de chaque île (javanais, soundanais, balinais, minangkabau, toraja, mandar, sasak, madurais, makasar, etc.), qui sont la langue maternelle de beaucoup d'Indonésiens. Cinq langues dépassent les 10 millions de locuteurs. Il s'agit du javanais avec plus de 80 millions de locuteurs, du soundanais, du pesidir, du madourais et du malais. Mais tout Etat moderne a besoin d'un moyen de communication compréhensible par tous. Et c'est le malais indonésien (bahasa indinesia) qui a emporté la mise, car il n'était pas associé à un groupe ethnique particulier, cette nouvelle langue a servi à symboliser l'unité nationale à contrario de ce qui s'est passé en Inde ou l'hindi ne s'est imposé que dans le nord du pays. L'indonésien est en grande partie dérivé du malais, dont il est très proche, mail il est émaillé de sanskrit, d'arabe, de persan, de chinois, de néerlandais, de portugais et plus récemment de français et d'anglais.

C'est ainsi que ces différents langages se sont progressivement et imperceptiblement immiscés dans la bahasa Indonesia, devenue langue officielle du pays en 1928.

Le deuxième congrès indonésien de la jeunesse avait alors encouragé la formation d'une langue nationale unifiée ; " Satu nusa, satu bangsa, satu bahasa " (un pays, un peuple, une langue). Les Indonésiens dans toute leur diversité acceptèrent d'adopter une langue commune pour faire union.

C'est une langue très simple que l'on peut apprendre rapidement ; elle n'a pas de grammaire ni de conjugaison. Pour former un adverbe par exemple, il suffit de dire deux fois le mot en question.

Sur le territoire indonésien, le bahasa Indonesia n'est que la seconde langue apprise, après la langue maternelle. L'apprentissage en est obligatoire à l'école, mais il arrive dans des régions reculées que les gens ne la connaissent pas, ce qui crée des difficultés de compréhension entre Indonésiens eux-mêmes.

Chaque chef du village ou " maire " est censé parler indonésien ; c'est une condition pour occuper ce poste.

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