Guide d'Indonésie : Histoire

Il y a 2 000 ans, l'archipel indonésien était une plateforme d'échange avec la Chine et l'Inde. D'ailleurs la religion dominante à l'époque était l'hindouisme. Des siècles plus tard, l'Islam arrivera dans l'archipel par le biais des marchands musulmans venus commercer dans le détroit de Malacca. Au XVe siècle, l'archipel sera contrôlé par les Portugais qui se serviront abondamment des épices. Puis les Néerlandais reprendront les rênes de l'archipel au XVIIe siècle jusqu'à l'indépendance de l'Indonésie en 1949.

Figures historiques

Sultan Hasanuddin (1631-1670)

Vous trouverez plusieurs lieux à son nom à travers l'Indonésie, mais qui était-il donc ? Né à Makassar, le prince du royaume alors dit de Gowa (Sulawesi actuelle) se nomme en fait I Mallombasi Muhammad Bakir Daeng Mattawang Karaeng Bonto Mangepe. Ce n'est qu'après sa conversion à l'Islam qu'il accède au titre de Sultan Hasanuddin. A son ascension au trône de Gowa en 1653, la main-mise hollandaise sur les Indes orientales épargnent encore son royaume. Cependant les velléités des colons de contrôler plus encore la route maritime des épices débouchent finalement sur des affrontements entre la VOC et l'armée de Gowa. La puissance hollandaise est telle que Hasanuddin est contraint de se soumettre à la paix et de signer le traité dit de Bugaya. Les termes de ce traité sont si injustes que Gowa a tôt fait de reprendre les armes. S'en suit alors une longue série de combats meurtriers. Retranché dans son fort de Sombaupu, le sultan Hasanuddin abdique finalement en 1669 et meurt un an plus tard, âgé d'à peine 30 ans. Le 6 novembre 1973, il est nommé héros national.

Sukarno (1901-1970)

Le premier président de la république d'Indonésie, dont il a proclamé l'indépendance en 1945 avec son vice-président Mohammad Hatta. Né à Bilitar en 1901, il milite dès sa jeunesse pour le mouvement nationaliste contre les Hollandais. Il fonde en 1927 le parti national indonésien (Partai Nasional Indonesia, PNI). Plusieurs fois emprisonné et exilé, il est libéré au moment de l'invasion japonaise de 1942. Il tire parti de sa libération et les Japonais l'installent comme président du Conseil. En 1945, il se maintient au pouvoir et proclame l'indépendance de l'Indonésie. Il en devient le premier président à partir de 1949. En 1955, l'Indonésie accueille la conférence de Bandung, dont Sukarno prononce le discours d'ouverture, ce qui fait de lui l'un des leaders du tiers-monde. Il met en place un régime autoritaire dont il devient le président à vie à partir de 1963. Il est cependant forcé de se retirer de la vie politique en 1967 à la suite d'un coup d'Etat militaire. Près de quatre décennies plus tard, en 2001, sa fille Megawati est elle aussi élue présidente de la république indonésienne, reprenant ainsi le flambeau politique familial.

Suharto (1921-2008)

L'ancien dictateur, né en 1921 à Java et mort le 27 janvier 2008, devint président en 1965 suite à un coup d'Etat qui renversa le régime de Sukarno. Le général intransigeant fut à son tour destitué sous la pression de la rue, en 1998 après 32 ans de règne sur le pays, qu'il mena d'une main de fer. Les années Suharto, ou Ordre Nouveau, sont synonymes pour bien des Indonésiens d'une période de dictature mais aussi du mirage de réussite économique qui s'est brusquement écroulé à la lumière de la crise asiatique de 1997/98 qui a plongé l'Indonésie dans le chaos et a amené sa chute. Suharto, qui a amassé une immense fortune tout au long de sa présidence, est aussi l'image détestée d'un pouvoir corrompu - sa famille élargie, le " clan Suharto ", est également l'une des plus puissantes économiquement, ayant très largement profité des possibilités d'enrichissement qui se présentaient dans ce pays extrêmement corrompu. Mais en 2000, un procès pour corruption concernant quelque 600 millions de dollars détournés a été classé en non-lieu, et jusqu'à sa mort, le vieux dictateur n'a pas été inquiété.

Histoire de Bali

Les royaumes indianisés

La plus ancienne inscription découverte à Bali date de 914. Rédigée en balinais ancien et en sanskrit, elle est gravée sur une petite colonne de pierre, trouvée à Sanur et fait référence au " Adipatih Sri Kesari Varmma ", c'est-à-dire au roi Sri Kesari Varmma.

Un texte javanais, le Carita Parahyangan, atteste de la conquête de Bali par la dynastie des Sanjaya en 730. Entre 1019 et 1042, sous le règne du roi Airlangga, l'hindouisme se propage à Bali. Airlangga qui, après avoir dû se réfugier à l'est de Java, parvient ensuite à reconquérir peu à peu tout le royaume javanais. A la mort d'Airlangga, ce royaume est partagé en deux pour devenir le royaume de Janggala et celui de Kediri, du moins jusqu'à ce que ce dernier annexe son voisin, au milieu du XIIe siècle. Bali va conserver une partie de son autonomie pendant les règnes des princes Jayasakti (1146-1150) et Jayapangus (1178-1181). En 1222, Ken Arock décide la construction d'une nouvelle capitale à Malang (Singosari). Son successeur, Kritanagara, envahit Bali en 1284, mais est assassiné en 1292.

L'empire madjapahit (XIIIe-XIVe)

Alors que les troupes chinoises tentent de s'installer sur le territoire javanais, Ràden Wijaya les utilise pour combattre l'un des successeurs de Kritanagara, avant, dans un second temps, de se retourner contre elles. En 1294, ce premier roi de la dynastie Madjapahit installe la nouvelle capitale près de Trowulan (Java). L'empire atteint son apogée sous le règne de Hayam Wuruk et de son ministre Gajah Mada. A cette époque, marquée par un regain de puissance de la dynastie des Pejeng (à Bali), l'île regagne une partie de son autonomie.

En 1343, Gajah Mada envahit Bali et la soumet de nouveau à l'influence de Madjapahit en parvenant à vaincre le roi Dalem Bedaulu, un roi de légende pour les Balinais. Connu pour ses pouvoirs magiques, Bedaulu, pour prouver sa force et ses pouvoirs surnaturels, s'était coupé la tête et l'avait ensuite remise à sa place sans que paraisse la moindre trace de blessure.

Cette action provoqua la colère de Shiva qui décida de remplacer la tête du roi par une tête de sanglier. De ce jour, le roi porta le nom de Beda Ulu (Tête différente). Il était interdit de le dévisager sous peine de mort. Un texte javanais, rapporté par Prapanca, chroniqueur du royaume Madjapahit, montre le mépris dans lequel le royaume javanais tient les Balinais, considérés comme un peuple barbare. Gajah Mada décide de mettre sur pied une expédition contre les souverains balinais et instaure une vassalité placée sous ses ordres. Celle-ci s'établit à Samprangan, près de Gianyar. C'est de cette époque que datent les principales caractéristiques de la culture balinaise : rituels royaux et système de castes.

Conquête européenne (XVIe-XVIIe)

Lorsque l'empire Madjapahit éclate sous la pression musulmane, le roi balinais Waturenggong en profite pour asseoir son indépendance et même accroître son pouvoir en envahissant et en soumettant Lombok, l'île voisine de l'est, et une partie de Java-Est, rebelle à l'expansion musulmane.

L'empire javanais étant en pleine déconfiture, certaines de ses figures charismatiques, comme le prêtre Nirartha (Dang Hyang Dwijendra), se réfugient à Bali où elles semblent avoir introduit les premiers éléments de ce qui allait constituer la religion balinaise. Poètes, musiciens, danseurs, peintres - toute la fine fleur de l'empire Madjapahit - viennent à cette époque demander protection aux rois balinais, qui s'empressent de les accueillir avec chaleur. Considéré comme l'ancêtre des Brahmana Shiva balinais, Nirartha fonde les principaux temples de l'île, dont Ulu Watu et Tanah Lot, tenus pour les plus sacrés.

Le 22 juin 1596, une flotte hollandaise de quatre galions dirigée par Cornelis de Houtman s'embarque pour Banten. Houtman va se lier d'amitié avec le roi balinais de Gelgel.

Les raffinements de la cour balinaise sont alors à leur apogée. Le roi a un harem considérable, une troupe de cinquante nains dont, dit-on, les corps ont été déformés intentionnellement pour leur donner l'apparence d'un manche de kriss. A cette époque, celle des guerres de religion en Europe, Bali est considérée comme un avant-poste de l'hindouisme dans un océan musulman. La mission du navigateur hollandais est non seulement d'ouvrir la route des épices, mais également de mettre fin aux avancées des Portugais et des Espagnols, à la fois sur le terrain commercial et idéologique.

Asseyant leur pouvoir sur de petits fiefs, plusieurs seigneurs, vassaux de Gelgel, n'en témoignent pas moins d'une certaine indépendance. Certains vont même jusqu'à braver l'autorité du Dewa Agung. Ce sera le cas de Gusti Agung Maruti, Premier Ministre du roi, qui chasse Dewa Agung et prend sa place sur le trône. Exilés, le roi et les princes vont chercher à faire alliance avec leurs anciens vassaux, avant de fonder un nouveau royaume à Klungkung.

Cette remise en cause de la toute-puissance de la royauté donnera naissance à de nombreux petits royaumes ou seigneuries qui vont acquérir peu à peu leur indépendance par rapport à Klungkung et Gelgel. Ce dernier royaume va d'ailleurs disparaître au milieu du XVIIe siècle. D'autres royaumes verront le jour, comme ceux de Buleleng et de Karangasem.

La présence des Hollandais à Java va permettre aux royaumes balinais de monnayer leurs esclaves fort prisés. De plus, cette situation d'atomisation des forces royales balinaises conforte la politique d'expansion hollandaise. Bali ne constitue pas une menace et ses petits rois fournissent aux Hollandais la main-d'oeuvre nécessaire à l'implantation d'un mode de vie colonial.

Le royaume de Mengwi s'établit à Java-Est, tandis que Karangasem conquiert Lombok. Peu à peu, une série de royaumes réussissent à imposer leur spécificité : Klungkung, Badung, Tabanan, Karangasem, Buleleng, Gianyar, Bangli, Jimbrana et Mengwi forment l'ossature des différents pouvoirs royaux. La faillite de la VOC, à la fin du XVIIIe siècle, coïncide avec les débuts de l'empire colonial hollandais.

L'éthique hollandaise s'accommodant mal du commerce des esclaves, les royaumes balinais voient leur juteux marché se tarir et sont obligés de chercher d'autres débouchés. Au XIXe siècle, bien qu'ébranlé par l'éruption du Tambora à Sumbawa (1815), Bali noue des relations commerciales avec Singapour en lui vendant des porcs, du riz, de l'huile, du café et du thé contre des femmes, de l'opium et des armes.

Conquête hollandaise

Leur idéologie coloniale ayant peu à peu évolué, les Hollandais voient d'un mauvais oeil cette petite île pleine de royaumes qui bravent l'hégémonie de l'empire. Ils prennent prétexte du pillage par des Balinais d'une épave pour conquérir Bali par le nord. Débarqués à Buleleng en juin 1846, 23 bateaux de guerre et 3 000 hommes armés de fusil font face à 50 000 Balinais armés de kriss et de lances. Le palais de Singaraja est détruit et les Hollandais imposent au rajah de Buleleng, dans des conditions humiliantes, un traité de soumission, une amende de réparation de 400 000 guldens et l'installation d'une garnison permanente. La violation de ce traité amène les Hollandais à mettre sur pied, en juin 1848, une autre expédition punitive contre le jeune prince Gusti Ketut Jelantik. Ce dernier, à la tête de l'armée balinaise, oblige les Hollandais à capituler après les avoir encerclés dans le fort de Jagaraga.

Les Hollandais se vengent de cette défaite en avril 1849, opposant 60 vaisseaux de guerre, 5 000 hommes d'infanterie et 4 000 mercenaires aux 20 000 hommes du rajah de Buleleng. Gusti Ketut Jelantik, à présent héros national, est tué et Buleleng soumise. Les autres royaumes, peu enclins à s'allier avec leurs voisins, se résignent à obéir aux exigences hollandaises.

Désormais Buleleng et Jembrana dépendent de l'administration hollandaise, tandis que le contrôle politique et économique est subordonné à des contrôleurs coloniaux. Entre 1849 et 1894, les Hollandais domptent les royaumes rebelles, consolident leur pouvoir et développent la culture du café.

En 1894, après avoir vaincu les rois balinais de Lombok, les Hollandais imposent le contrôle juridique et militaire sur l'île.

En 1895 et 1900, sur le conseil du roi d'Ubud, les royaumes de Karangasem et de Gianyar reconnaissent la souveraineté hollandaise tout en gardant un semblant d'autonomie. Il ne reste plus que les trois royaumes du Sud pour affronter l'autorité coloniale : Badung, Klungkung et Tabanan.

Tragédie balinaise

En 1904, une nouvelle fois, les Hollandais prennent prétexte du pillage d'une épave chinoise au large de Sanur pour étendre leur domination sur le sud de Bali. Le roi de Badung refuse d'indemniser un bateau chinois (le Sri Kumala) battant pavillon hollandais. Le 14 septembre 1906, les troupes hollandaises, constituées de plus de 2 000 hommes, débarquent au nord de Sanur et bombardent Badung (Denpasar). Le roi de Badung, ainsi que toute la famille royale, vêtus de blanc, ornés de bijoux et armés de kriss, foncent sur les troupes hollandaises.

Les autres se suicident ou achèvent eux-mêmes leurs blessés, accomplissant le puputan, le combat à mort, ou sacrifice rituel. Dans l'enceinte du palais, les femmes du rajah se plantent le kriss dans le coeur. Les troupes hollandaises décident de marcher vers l'ouest et de soumettre le rajah de Tabanan, qui leur échappe en se suicidant. Il ne reste plus alors qu'un seul royaume rebelle : Klungkung, qui tombera entre les mains des Hollandais en 1908.

Les péripéties sanglantes de la conquête de Bali soulèvent l'indignation aux Pays-Bas et le gouvernement colonial entreprend d'imposer une nouvelle politique. Aux subtilités des règles hiérarchiques balinaises, les Hollandais substituent les leurs et imposent une politique colonialiste.

" L'île aux seins nus "

L'armée coloniale reste en place jusqu'en 1914, date à laquelle, l'ordre paraissant définitivement rétabli, le gouvernement remplace l'autorité militaire par une autorité civile. En 1917, une gigantesque éruption du Batur, suivie d'un tremblement de terre, fait de nombreuses victimes. Les Hollandais, fortement critiqués par la colonie elle-même, décident de renforcer leur politique " humanitaire " en multipliant les hôpitaux et en... pacifiant quelques derniers noyaux de résistance, avant d'entreprendre de redonner progressivement aux royaumes pacifiés leur autonomie et de leur permettre d'appliquer leurs propres lois. Le tourisme fera son apparition à Bali en 1924, lorsque la KPM mettra un service de liaison maritime hebdomadaire entre Singapour, Batavia et Bali. L'intérêt pour l'île grandissant, la KPM construira, dès 1925, le Bali Hotel à Denpasar, un hôtel qui accueillera plusieurs notoriétés, dont Miguel Covarrubias, Charlie Chaplin et Noël Crawford.

En 1929, la restauration de la légitimité des royaumes est fêtée par une grande cérémonie à Besakih (le principal temple de Bali).

La crise de 1929 a des répercussions sur la colonie. Peu à peu cependant, les fonctionnaires et administrateurs hollandais entreprennent une véritable mise en valeur des atouts touristiques balinais en tâchant de faire oublier la désastreuse image des colons. Exaltant la magie de la sexualité indigène, le livre de Krause va contribuer à l'engouement pour " l'île aux seins nus ". Les touristes qui s'embarquent sur les navires de la KPM découvrent avec ravissement un Bali pacifié, à la culture riche et fascinante, aux paysages enchanteurs.

Guerre et indépendance

Cette idylle va durer une douzaine d'années, jusqu'en 1942, date de l'occupation japonaise, quelques jours après l'attaque de Pearl Harbor dans le Pacifique. Cependant, et ce dès les années 1930, une volonté d'unification des différentes ethnies indonésiennes faisait son chemin sous l'impulsion d'intellectuels javanais et sumatrais. Quelques Balinais étaient venus les rejoindre, apportant leur pierre à l'édifice nationaliste et à cette revendication d'indépendance. Les Indonésiens, qui ont accueilli l'armée japonaise presque en libératrice, vont déchanter rapidement devant la répression nippone et, surtout, devant l'accaparement des richesses de leur sol et de leur main-d'oeuvre au profit de l'armée et de la population japonaises.

A la fin de la guerre, la majorité de la population est acquise à l'idéal d'indépendance. Mais la Hollande ne reconnaîtra l'indépendance de l'Indonésie qu'en 1949.

La tempête politique après l'indépendance

Malgré les luttes de factions dans les années qui suivent la véritable prise en main du pouvoir, Bali reste fidèle à Sukarno pour des raisons politiques et sentimentales : la mère du Président est balinaise. Cette attitude lui vaudra de devenir une région distincte en 1958 et d'inciter Sukarno à encourager le tourisme indonésien à Bali. En 1962, au titre des dommages de guerre japonais, le président fait construire le Bali Beach à Sanur, un projet qui va tourner court, dans des conditions à la fois tragiques et rocambolesques, à la suite de l'éruption du Gunung Agung.

Le 30 septembre 1965, à la suite du coup d'Etat militaire, le général de réserve Suharto organise la répression. L'armée intervient à Bali dès le mois de novembre, tout en laissant le soin aux banjars (communautés de quartiers d'un village ou d'une ville) de faire la chasse aux communistes, ce dont les plus conservateurs s'acquittent avec férocité.

Des membres du PKI sont lynchés, d'autres exécutés à coups de kriss, d'autres encore noyés dans les rivières, qui n'en finissent pas de charrier les corps. La répression prend un tour religieux quand quelques chefs réactionnaires décrètent certains villages impurs (sebel) à la suite de l'éruption du Gunung Agung, en 1963. Les massacres prennent alors le caractère d'un rite de purification (caru).

Pour le général Suharto, la voie est désormais ouverte : il va pouvoir évincer définitivement le président Sukarno et imposer l'ordre nouveau. Bali se pacifie. Le gouvernement Suharto ayant vite compris quels bénéfices il pouvait escompter de l'exploitation touristique de Bali, le nombre de visiteurs dans l'île est passé, entre 1970 et 1997, de quelques milliers à trois millions, venus de tous les pays, y compris l'Indonésie.

Mais l'inflation guette : plus de 50% en 1997. La rue commence à gronder, des émeutes éclatent un peu partout. Fraîchement réélu en mars 1998, Suharto démissionne le 21 mai 1998. Ensuite, c'est une page douloureuse de l'histoire balinaise qui se tourne : les attentats terroristes du 12 octobre 2002 et du 1er octobre 2005.

Depuis plusieurs années, le calme sur l'île est revenu, la croissance et les touristes également. Plus de 7 millions de voyageurs, se sont rendus en Indonésie en 2013, principalement à Bali. L'Indonésie est devenue la première économie d'Asie du Sud-Est avec un PIB supérieur à 6% depuis 2009.

Histoire d'os

Le pithecanthropus erectus, plus connu sous le nom d'homme de Java, serait apparu il y a 1 million d'années. Un fragment de crane et un fémur furent déterrés en 1891 par l'anthropologue et anatomiste néerlandais Eugène Dubois dans le lit du fleuve Solo situé en Java central. Le " chaînon manquant " venait sans-doute d'être découvert. La théorie d'Ernst Haekel, inspirée elle-même par les travaux de Charles Darwin, dont Eugène Dubois était un admirateur, venait de prendre une nouvelle tournure. Cependant, les travaux du scientifique ne rencontrèrent que moqueries et scepticismes à son retour en Europe. En 2003, une équipe d'archéologues australiens fait une découverte encore plus surprenante sur l'île de Florès. Dans une grotte, plusieurs ossements d'une espèce inconnue qui aurait vécu en totale autarcie jusqu'il y a seulement 18 000 ans, échappant à la branche homo sapiens, venaient balayer toutes les connaissances mondiales. Baptisé homo floresiensis ou homme de Florès, la qualification de ces êtres qui ne mesuraient 1,20 m n'est toujours pas définie.

Chronologie

Ve s. - XVe s. > Royaume de Tarumanagara

VIIe-Xe s.> Royaume de Sailendra (temples de Borobudur et Prambanan)

VIIe- XIVe s. > Royaume de Sriwijaya à Sumatra

VIIIe-IXe s. > Royaume de Sunda

Xe-XVe s. > Royaume de Mojopahit (1293-1527), à Java-Est, étend son hégémonie sur l'archipel

XIIIe-XIVe s. > Royaume de Singasari

XIIIe-XVIIe s. > Développement de l'islamisation et arrivée des Européens

Fin XIIIe s.> Début de l'islamisation à Aceh (nord de Sumatra)

1511> Prise de Malacca par les Portugais

1596 > Arrivée des Hollandais dans l'archipel

1602> Création de la Compagnie des Indes orientales aux Pays-Bas

1619> Fondation de Batavia par les Hollandais

2e moitié du XVIIe s.> La Compagnie des Indes orientales étend son contrôle sur l'Indonésie

XVIIIe-XIXe s.> Développement de l'emprise coloniale

1650-1750> Guerres javanaises de succession ; intervention des Hollandais

1799> Liquidation de la Compagnie des Indes orientales

1811-1816> Période anglaise, avec T. S. Raffles

1816> Retour des Hollandais et mise en place d'un État colonial (les Indes néerlandaises)

1825-1830> Guerre de Java (révolte du prince Diponegoro)

1830> Début du système des cultures

1860> Publication de Max Havelaar en Hollande

1873-1903> Guerre d'Aceh

1891> découverte des ossements de l'Homme de Java

1908-1945> La montée de la revendication nationaliste

1908> Éveil du nationalisme ; fondation du mouvement Budi Utomo

1912> Fondation du Sarekat Islam

1920> Fondation du Parti communiste (PKI)

1926> Fondation de l'organisation musulmane Nahdlatul Ulama

1927> Fondation du Parti national indonésien (PNI) par Soekarno

28 octobre 1928> " Serment de la jeunesse "

1930-1932> Répression du mouvement nationaliste par les Hollandais

1942 mars> débarquement japonais à Java et capitulation des Hollandais

1er juin 1945> Naissance du Pancasila (discours de Soekarno)

2 septembre 1945> capitulation du Japon

1945-1949> Révolution indonésienne

17 août 1945> Proclamation de la république d'Indonésie par Soekarno qui devient président du pays et M. Hatta vice-président

Septembre 1945> Débarquement des troupes alliées et retour des Hollandais

Décembre 1949> Accords de la Table ronde à La Haye, reconnaissance des États unis d'Indonésie

1950-1958> Démocratie libérale, parlementarisme à l'occidentale

15 août 1950> Retour à la République unitaire, avec une constitution provisoire

Décembre 1955> Première élections générales. Conférence de Bandung

1958> Rébellion de Sumatra

1959-1965> " Démocratie dirigée "

1959> Décret de Soekarno qui instaure le retour à la Constitution de 1945

1960> Rupture des relations avec les Pays-Bas, liée à la campagne pour la libération de l'Irian Barat (Nouvelle-Guinée occidentale)

Janvier 1963> Début de confrontation avec la Malaisie

Mai 1963> La tutelle de l'Irian Barat est confiée à l'Indonésie

1964> Création du Secrétariat conjoint des Groupes fonctionnels, futur Golkar

1964-1965 > Montée des troubles sociaux et de l'influence du PKI ; rapprochement avec la Chine

30 sept-1er octobre 1965> Tentative de coup d'État avorté. Féroce répression anticommuniste : 700 000 arrestations, 500 000 exécutions. Interdiction du PC

Octobre-décembre 1964> Arrestations et massacres visant les communistes et la gauche

11 mars 1966> Les pleins pouvoirs au général Soeharto pour le rétablissement de l'ordre ; interdiction du PKI. Début de l'Ordre nouveau

1968> Soeharto devient président de la République ; loi favorisant les investissements étrangers

1970> Mort de Sukarno

1971 > Élections générales ; victoire écrasante du Golkar

1973> Remaniement des partis politiques, désormais au nombre de 3 : Golkar, PPP, PDI

1976> Rattachement de Timor oriental à l'Indonésie

1984> Émeutes de Tanjung Priok : répression des milieux musulmans

1990> Dégel des relations diplomatiques avec la Chine ; création de l'Association des Intellectuels musulmans (ICMI)

27 juillet 1996> Le siège des locaux du PDI par la police se transforme en émeutes

Septembre 1997> L'Indonésie est touchée de plein fouet par la crise asiatique

13 au 15 mai 1998> Émeutes à Jakarta

21 mai 1998> Démission du Président Soeharto. Habibie endosse son poste par intérim

5 mai 1999> Accord de New York sur le Timor oriental

7 juin 1999> Élections législatives

30 août 1999> Référendum d'auto-détermination à Timor oriental

20 octobre 1999> Abdurrahman Wahid accède à la présidence de la République

23 juillet 2001> Le Congrés (MPR) vote la destitution du président Wahid. Mme Megawati Soekarnoputri, vice-présidente est proclamée présidente de la République

12 octobre 2002> Attentats à Bali visant principalement des Australiens

2003> Découverte d'un squelette sur l'île de Florès datant de 18 000 ans

Juillet 2004 > Première élection présidentielle au suffrage universel, élection de M. Susilo Bambang Yudhoyono

9 septembre 2004 > Attentat contre l'ambassade d'Australie à Jakarta (10 morts)

26 décembre 2004> Un tsunami se produit au large de Sumatra faisant plus de 170 000 victimes

1er octobre 2005> Nouveaux attentats à Bali

27 mai 2006 > Un séisme d'une magnitude de 6,2 sur l'échelle de Richter fait 5 782 victimes sur Java

2 août 2007 > La Commission européenne des transports inscrit toutes les compagnies aériennes indonésiennes sur la liste noire des compagnies dangereuses, y compris la compagnie nationale Garuda. Juin : capture d'Abu Dujana, chef présumé de la Jemaah Islamiyah.

27 janvier 2008> Mort de l'ancien président Soeharto

Juillet 2008 > Réélection de M. Susilo Bambang Yudhoyono

2010> Plus de 13 % de la population indonésienne vit encore sous le seuil de pauvreté, malgré un taux de croissance élevé, de plus de 7 % par an. Octobre : violente éruption du volcan Merapi, près de Yogyakarta (Java-centre) : 353 morts, plus de 350 000 personnes évacuées, et le temple de Borobudur recouvert de cendres. L'Indonésie, par le biais du président Yudhoyono, reconnaît et s'excuse des exactions et des actes de torture menés par son armée dans la province de Papouasie.

2011> Les Pays-Bas s'excusent pour le massacre d'au moins 150 personnes dans le village de Rawagede (Java) lors de la guerre d'indépendance en 1947.

3 septembre 2013> Brouille entre l'Indonésie et l'Australie sur fond d'espionnage

28 septembre 2013 > Bali. Miss France termine deuxième du concours Miss Monde derrière Miss Philippines. Des milliers d'opposants islamistes sont descendus dans les rues de Djakarta

7 octobre 2013> Sommet de l'Asie-Pacifique à Bali

7 décembre 2013> 159 pays membres de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) ont conclu le premier accord commercial mondial depuis... 1994

9 avril 2014> Le Partai Demokrasi Indonesia - Perjuangan, PDI-P, principal parti d'opposition au gouvernement de Susilo Bambang Yudhoyono est arrivé premier

9 juillet 2014 > Joko Widodo est élu président de l'Indonésie. Il prendra ses fonctions le 20 octobre 2014.

2015 > 12 étrangers sont exécutés pour trafic de drogue.

14 janvier 2016 > Attentat à Jakarta revendiqué par l'organisation État islamique qui fait 7 morts.

7 décembre 2016> Un séisme de magnitude 6,5 fait au moins 97 morts en Indonésie, dans la province d'Aceh, au nord de Sumatra.

10 mars 2017> Dans une interview donnée à l'AFP, le président indonésien a déclaré qu'il n'était pas contre l'idée d'un moratoire sur la peine de mort. Il a toutefois précisé qu'il demanderait l'avis de son peuple.

29 septembre 2017> Le volcan Agung à Bali s'est réveillé. Des dizaines de milliers d'habitants sont évacués.

16 décembre 2017> Un nouveau séisme au large de Java, a provoqué la mort de trois personnes. Cette secousse ressentie jusqu'à Jakarta a précédé une alerte tsunami, provoquant le déplacement de plusieurs milliers d'habitants.

17 décembre 2017> Environ 80 000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Jakarta, pour protester contre la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.

13 mai 2018 > Plusieurs attentats-suicides sont commis contre trois églises et un commissariat à Surabaya, deuxième ville indonésienne, par des kamikazes prétendant agir au nom de l'État islamique. 30 morts et de nombreux blessés.

25 mai 2018> Le Parlement indonésien a voté un renforcement de la législation antiterroriste après les attentats suicide perpétrés par l'État islamique qui ont fait plus de 30 morts à Surabaya.

La préhistoire

Des vestiges de l'époque préhistorique sont présents dans toutes les îles. Ces hommes seraient venus d'Asie dès l'ère glaciaire, il y a plus d'un million d'années. Pendant longtemps, un squelette, découvert en 1890 et appelé " l'homme de Java ", datant de cinq cent mille ans, a fait la célébrité de cette île. Il fait partie de ces chaînons manquants, recherchés par tous les paléontologues.
Les découvertes africaines l'ont invité à plus de modestie. Si on ne trouve que quelques peintures rupestres en Indonésie, les menhirs et autres monolithes y sont en revanche fréquents. De nombreux visiteurs venus d'Asie, de la Chine du Sud notamment, ont colonisé les îles au cours des deux millénaires avant J.-C.. La culture Dông-Sôn (civilisation du bronze apparue au Vietnam) s'est répandue en Indonésie aux environs du IIIe siècle avant J.-C. Les énormes tambours fabriqués aujourd'hui, en Indonésie, sont les vestiges de cette civilisation.

Les influences extérieures

L'indienne. Des liens commerciaux unissent l'Insulinde avec l'Inde à partir du IIIe siècle après. J.-C. A partir du IVe siècle, la culture indienne imprègne profondément les mythes, les arts et les religions (hindouisme et bouddhisme) de l'archipel. Les princes des royaumes adoptent le sanskrit. L'Indonésie va assimiler cette culture, comme elle le fera avec les autres, en lui donnant des caractères originaux. Le système des castes, par exemple, plaît aux princes locaux qui l'adoptent, ainsi que l'écriture et l'art. Mais l'hindouisme ne touche que les élites ; le peuple reste encore animiste dans sa grande majorité. Tous les domaines de la technique et des arts vont subir l'influence de cette brillante civilisation. Des Indonésiens iront jusqu'au Népal pour suivre un enseignement métaphysique et religieux. Au VIIIe siècle apparaît à Sumatra l'empire bouddhiste de Sriwijaya. Il prend le contrôle du détroit de Malacca et s'installe non loin de là, à Palembang à Sumatra, puis il se déplacera à Jambi. Cependant, à partir du VIIIe siècle, de nouveaux royaumes concurrents émergent peu à peu. Java, elle aussi, connaîtra la naissance de royaumes bouddhistes comme ceux de Pajajaran, Sailendra, Kediri et Sigosari. Mataram voit le jour, c'est l'apparition du magnifique mandala bouddhique de Borobudur, puis de Prambanan. Au XIVe siècle, le royaume javanais de Majapahit prend le dessus et constituera l'un des plus puissants Etats que Java ait connus. Il marque l'âge d'or de l'Indonésie. Il rayonnera de 1294 (deux ans après le passage de Marco Polo sur Sumatra) à 1398, mais ne disparaîtra totalement qu'en 1527. Cet empire, qui avait pris ses distances avec l'Inde, avait développé une culture et un art indépendants. Le bouddhisme régresse ensuite même si des " poches " subsistent à Solo et surtout à Yogyakarta. Bali est de son côté connue du monde entier pour être la seule enclave hindouiste hors de l'Inde, et c'est ce qui fait en partie son charme. Depuis, l'islam a supplanté partout le bouddhisme, et l'Indonésie est le premier pays musulman du monde.

L'arabe et l'Islam. Si les Arabes ont eu des liens commerciaux avec l'Inde dès le VIIe siècle, ce n'est cependant qu'au XIIIsiècle que leur influence aura de véritables répercussions sur tout l'Archipel. L'Islam, amené par des marchands de Gurajat (Inde), va s'implanter d'abord au nord de Sumatra, dans l'Etat actuel d'Aceh. Puis, il va rapidement se répandre dans tout l'archipel à partir des ports et des grandes villes marchandes. De nombreux princes javanais vont se convertir à leur tour. En 1527, le sultanat de Demak à Java porte le coup fatal à l'empire Madjapahit déjà bien affaibli.

La portugaise. Vasco de Gama franchit le cap de Bonne-Espérance en 1497. L'année suivante, il arrive à Calicut, en Inde. En 1511, d'Albuquerque, qui a poursuivi l'avancée vers le Levant, s'empare de Malacca, alors grande puissance commerçante dans la région. Il s'y établit et envoie son second, d'Abbreu, à la recherche des Moluques (les îles des sultans de Ternate et Tidore) dont la position a été située grâce à une carte saisie lors de la prise de la ville. Le capitaine portugais va longer les îles de la Sonde jusqu'à Solor, et remonter jusqu'aux îles Banda et à Ternate, productrice des clous de girofle tant recherchés. A Ternate, les Portugais installent des comptoirs et s'y maintiennent jusqu'en 1575. Puis ce sera le début du déclin. Chassés des Moluques par les Hollandais, ils perdent aussi Malacca. Ils se replient sur la partie orientale Timor, qu'ils ne quitteront définitivement qu'en 1975.

L'anglaise. Au XVIIe siècle, les Compagnies hollandaise et anglaise des Indes orientales sont concurrentes. Cette concurrence provoque de nombreux conflits entre les deux puissances. La prétendue bonne entente cesse en 1623, année où les Hollandais massacrent les commerçants anglais à Ambon, obligeant les Anglais à se cantonner à Sumatra. En 1811, lorsque Napoléon s'empare des Pays-Bas, les Indes hollandaises tombent dans son escarcelle. Mais ce seront finalement les troupes britanniques, commandées par le brillant Raffles, fondateur de Singapour, qui prendront le contrôle des possessions hollandaises. Borobudur est découvert à cette période.

Après la défaite napoléonienne, les Indes orientales sont restituées à la Hollande dont l'Angleterre veut qu'elle reste une grande puissance européenne pour faire face à la France sur le continent.
Les Anglais se maintiendront à Bengkoolen sur Sumatra jusqu'en 1824, et abandonneront totalement les îles aux Bataves pour concentrer leurs efforts sur la Malaisie.

La hollandaise. En 1596, quatre navires accostent à Banten, sur Java. Après avoir fait le plein d'épices, ils reviennent aux Pays-Bas. L'opération est tout juste rentable. Mais déjà les armateurs hollandais lèvent des flottes qui vont déferler sur les îles. Pour y mettre un peu d'ordre, ces marchands créent la VOC, " Vereenigde Oost-Indische Compagnie ", la Compagnie hollandaise des Indes orientales. La VOC organise les affaires. Elle fait bâtir des forts, y place des garnisons, et signe des traités commerciaux. La prise en main est brutale : les Portugais sont chassés, puis c'est au tour des Espagnols qui s'aventurent depuis les Philippines voisines ; les Anglais sont massacrés, les navires coulés à vue. On extermine aussi les indigènes qui refusent les traités.

Pour n'avoir pas respecté les traités imposés par les Hollandais, la population des îles Banda est punie dans un bain de sang. Pour cause de monopole des épices, la chape hollandaise s'abat sur les Moluques. Pour éviter une surproduction, les cultures sont limitées à quelques îles.
Sur les autres, les arbres sont déracinés quelles que soient les conséquences pour les populations locales. Isolées dans la mer du même nom, les îles Banda deviennent le coeur des Indes : ce sont les seules autorisées à produire des épices. Jan Pieterszoon Coen transforme Jayakarta en Batavia en 1619.
En 1799, à force de corruption et de mauvaise gestion, la VOC fait faillite. Après les interludes français et britanniques, l'Etat néerlandais prend en main les destinées du pays qui devient une colonie à part entière. Les autochtones n'y gagnent toutefois pas au change puisque, dès 1830, les Hollandais mettent au point un système de culture forcée (cultuurstelsel). Pour subvenir aux besoins européens, les populations indigènes doivent produire café, poivre, thé, coton et sucre. Java devient une grande ferme exploitée grâce au travail d'une main-d'oeuvre bon marché et d'esclaves. La Hollande connaît alors son second âge d'or... au prix de l'exploitation sans merci de la main-d'oeuvre locale. Elle peut grâce à cet argent financer la construction de son chemin de fer.
C'est à cette époque (deuxième moitié du XIXe siècle) que le nom Indonésie devient populaire : étymologiquement, il vient du latin Indus (Inde) et du grec nesos (île).
Il faut attendre les années 1920 pour qu'un semblant d'enseignement secondaire fasse son apparition. En 1940, le pays compte 68 millions d'habitants, dont 90 % d'analphabètes. L'empire hollandais est alors dirigé par 30 000 fonctionnaires coloniaux. La population néerlandaise, métis compris, s'élève à 300 000 personnes contre 60 millions d'Indonésiens. En 1942, l'invasion japonaise met fin à 340 années de présence coloniale. La plus longue histoire de domination européenne est balayée en quelques jours. Les Hollandais se retrouveront dans des camps de concentration.
Aujourd'hui, le visiteur est souvent accueilli en Indonésie au cri de " Belanda, Belanda  ! ", du terme indonésien désignant les Hollandais. Des vestiges de la présence hollandaise demeurent dans toutes les grandes villes, à Java et aux Moluques notamment, mais aussi en Irian Jaya où les bâtiments en dur d'après-guerre n'en sont pas moins hollandais. L'amoureux de vieilles pierres se rendra en priorité aux îles Banda où s'attarde le parfum exotique d'une grandeur passée.

Vers l'indépendance

Les mouvements nationalistes. La révolte est venue des intellectuels, formés par les Hollandais, et non des paysans. Diponegoro, prince musulman qui a mené de 1825 à 1830 la guerre de Java, est le premier leader véritablement indépendantiste de l'archipel. Il finira par être capturé, sous prétexte de négociations. Les Hollandais ont voulu former aux Pays-Bas des élites indonésiennes fidèles : elles se révéleront un vivier de fervents nationalistes : Budi Utomo (1908), le parti Sarekat Islam en 1912. Le parti communiste indonésien (PKI) est fondé en 1920. Il sera interdit en 1927. La même année, un ingénieur, Sukarno, fonde le PNI, Parti national indonésien, qui revendique l'indépendance par le recours à la résistance passive. Avec la crise de 1929, la Hollande mise tout sur ses colonies pour se remettre sur pied. La police secrète nettoie la scène politique indonésienne en emprisonnant Sukarno, Hatta et Sjahrir. Les partis sont interdits. En 1940, la défaite de la Hollande face à Hitler précipite la chute du colonisateur blanc de son piédestal.

L'occupation japonaise. Ses richesses naturelles ont toujours fait de l'Indonésie le jardin secret rêvé du Japon. Malgré toute sa puissance, l'île de l'Empire du Soleil-Levant a besoin de matières premières pour son industrie. Après l'attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, le Japon envahit l'archipel. En janvier 1942, la déferlante japonaise s'abat sur l'Insulinde. Ambon, QG de la marine hollandaise, est anéanti. En février, les escadres japonaises s'enfoncent entre Bornéo et les Célèbes, dans le détroit de Makassar. Les Hollandais lancent leurs dernières forces dans le combat : le 27  février, 14  petites unités sont mises en pièces au cours de la bataille de la mer de Java par des navires japonais dont les batteries ont une bien plus longue portée. Le 1er mars 1942, les Indes hollandaises deviennent japonaises à la suite de la prise de Batavia, qui récupère son ancien nom de Jayakarta. Un geste envers les indépendantistes avec qui les Japonais espèrent gouverner. Près de 200 000 Indonésiens vont périr dans les forêts de Birmanie à l'occasion de la construction du chemin de fer ; bien d'autres disparaîtront lors des travaux de creusement des tunnels destinés à abriter les Japonais des bombardements alliés. Les Hollandais, qui se sont laissés capturer plutôt que de périr les armes à la main, sont enfermés dans des camps.

La reprise en main britannique. Le 17 août 1945, Sukarno et Hatta proclament l'Indépendance. En septembre, les Anglais arrivent à Jakarta pour rétablir l'ordre (période Bersiap) et se saisir des prisonniers japonais, mais la résistance indonésienne inattendue complique les choses. Il faudra assiéger Surabaya un mois durant avant que les troupes nationalistes ne rendent les armes. Les Anglais demanderont aux nationalistes d'assurer la sécurité et l'ordre ; ce sera la première reconnaissance de fait de la nouvelle République.

La révolution. A leur retour, les Hollandais découvrent que les Indonésiens sont non seulement motivés, mais aussi bien équipés militairement. La guerre de libération va durer quatre ans. En 1946, Sukarno quitte Jakarta, trop exposée, et se rabat sur Yogya dont le sultan est un allié puissant. En juin 1947, la Hollande choisit la force en débarquant sur Java et Sumatra. En décembre, Yogya est bombardée et bientôt occupée par les paras. Victoire hollandaise indiscutable, mais les campagnes restent aux mains des Indonésiens qui entament une politique de guérilla. Le monde entier condamne le fanatisme colonial des Hollandais. Les Etats-Unis constatent que les sommes qu'ils donnent pour la reconstruction de la Hollande dans le cadre du plan Marshall sont dépensées de l'autre côté du monde pour une guerre coloniale d'arrière-garde. Sous leur pression, les Hollandais se retirent finalement le 27 décembre 1949.

L'indépendance indonésienne

La république indonésienne. Le 16 décembre 1949, Sukarno est élu Président par le Parlement unanime. La République, rapidement reconnue, devient le soixantième Etat à intégrer l'ONU. Mais les lendemains sont difficiles. Désorganisé, dépourvu d'infrastructures, le pays est la proie de forces centrifuges qui menacent la République d'éclatement. Cette période est marquée par des tentatives indépendantistes chez les Minangkabaus à Sumatra, les Acehais aux Célèbes, les Makassars et les Minahassas aux Moluques. Au nord de Bornéo, les Etats de Sabah et de Sarawak (britanniques) tentent de rejoindre la confédération malaisienne. En 1955, l'Indonésie accueille à Bandung la conférence des pays non alignés. En 1956, Sukarno se lance dans la politique de la " démocratie guidée ". Il se rapproche des communistes et impose une politique très dirigiste. C'est le début de la politique de la Konfrontasi, confrontation avec les Occidentaux pour se rapprocher de la Chine communiste. En 1963, l'Irian Jaya, toujours aux mains des Hollandais, redevient indonésienne.

Le coup d'Etat de 1965. Il a lieu le 30 septembre. On a d'abord cru que c'était un coup d'Etat fomenté par les communistes. C'est pourtant le dauphin de Sukarno, le général Suharto, aidé par les militaires, qui en fut apparemment l'instigateur. A cette victoire de l'armée et des milieux conservateurs musulmans succèdent d'importants pogroms antichinois ainsi que le massacre massif des opposants et, en premier lieu, des membres du PKI (Parti communiste indonésien). De l'aveu même de la CIA, ce serait " l'un des pires meurtres de masse du XXe siècle ". Entre 400 000 et 500 000 personnes sont tuées en quelques mois. Washington accorde cependant à Suharto une aide généreuse. L'Indonésie retrouve les faveurs de la Banque mondiale (la fortune de la famille Suharto correspond alors à peu de chose près au plan de sauvetage décidé par le FMI) et des investisseurs occidentaux. Sukarno sera placé en résidence surveillée. Il mourra en 1970.

Les années Suharto : l'Ordre nouveau. On assiste à une reprise de la croissance économique, mais due uniquement au pétrole et à la révolution verte, deux choses que " même l'inefficacité massive du système de corruption ne put entièrement empêcher " (comme le remarque un observateur australien, Clive Hamilton). Suharto rêve de modernité à l'américaine.

La capitale se couvre de buildings. Mais un parti politique dirige alors tout sans partage : le Golkar, le parti de Suharto, implacable avec les partis d'opposition qui ont alors bien du mal à faire face à cet ogre.
En 1975, après l'effondrement du colonialisme portugais, l'armée indonésienne envahit le Timor-Oriental, avec l'approbation et les armes des Etats-Unis. En vain, le Conseil de sécurité des Nations unies ordonne le retrait de l'Indonésie du Timor-Oriental : en quelques mois, des milliers de Timorais sont tués et les réserves pétrolières du Timor-Oriental annexées. En 1989, un traité signé avec Jakarta autorisera l'Australie à exploiter le pétrole de la " province indonésienne du Timor-Oriental " (une exploitation à laquelle s'associeront les compagnies occidentales). Sous la pression internationale, le Timor-Oriental finira par redevenir indépendant en 1999. Sur le plan intérieur, l'Indonésie est dominée par Java. Les Javanais détiennent le pouvoir politique et militaire.
Toutes les richesses naturelles sont exploitées par Java qui en touche le bénéfice, ne laissant que des miettes aux populations locales. Les tensions sont envenimées par la " politique de Transmigration " : pour sauver Java des effets de la surpopulation, le gouvernement va inciter des milliers de paysans à venir s'installer dans les îles périphériques. Ces envahisseurs ont évidemment été très mal acceptés sur leurs nouvelles terres. Et ils n'ont fait qu'accélérer le processus de déforestation

Le pays aujourd'hui

La chute d'un dictateur. En décembre 1997 et en janvier 1998, les denrées alimentaires de base enregistrèrent de spectaculaires hausses de prix. En février, des émeutes populaires dites " de la faim ", manipulées, semble-t-il, par des militaires en civil, prirent pour cible les commerçants chinois. Les étudiants réclamèrent des mesures d'urgence de stabilisation des prix. En mars 1998, au moment de la réélection de Suharto, la sécheresse due au phénomène climatique El Niño provoqua une famine dans la partie orientale de l'archipel indonésien. En 1997, l'inflation atteint plus de 50 %. Mais ces revendications économiques n'étaient pas la seule raison qui poussait ces jeunes à rejeter Suharto ; depuis les années 1980, le pouvoir du vieux dictateur commençait à s'effriter, pendant que le mouvement pro-démocratique, lui, gagnait du terrain. Nettement plus politisées, des manifestations, encadrées par des organisations civiques ou religieuses, s'accompagnent au mois de mars de slogans : " Suharto Satan " et " Pendez Suharto ". Jusqu'au début du mois de mai 1998, le mouvement étudiant ne reçoit qu'un soutien tiède des principales forces d'opposition du pays. Il faut attendre le 11 mai, enfin, pour que trente-neuf des principales personnalités de l'opposition signent une pétition demandant l'annulation des résultats de l'élection présidentielle. M. Amien Raïs, dirigeant du deuxième mouvement musulman du pays (28 millions d'adhérents), dénonce publiquement le régime " le plus corrompu de l'Univers " et se déclare prêt à assumer le pouvoir.

Le 4 mai, les hausses des prix des carburants et de l'électricité déclenchent de violentes émeutes à Medan. Le 12 mai, la manifestation à l'université privée de Trisakti, à Jakarta, se solde par la mort de six étudiants. Le 13 mai, après les obsèques des victimes, la capitale indonésienne est mise à feu et à sang : pillages, incendies (où périssent 500 personnes).
Les cibles choisies par les casseurs - voitures produites par les fils de Suharto, comme la Timor, demeures et banques des proches de la famille du Président - indiquent clairement la haine du régime. Dès lors, la démission de Suharto apparaît comme inévitable même à ses plus fidèles supporters, et, le 20 mai 1998, la secrétaire d'Etat américain, Madeleine Albright, demande au président de démissionner pour ouvrir la voie à une " transition démocratique ".
Le lendemain, allait s'achever un règne sans partage de trente-deux années. Le successeur de Suharto est l'un de ses fidèles amis, M. Baharudding Jusuf Habibie, 61 ans, chargé d'organiser de futures élections démocratiques. Dans cette partie qui a opposé le nouveau pouvoir et les oppositions, l'armée, agitée par de profondes luttes internes, joua un rôle très important.

La démocratie s'installe. Les élections ont bien eu lieu et pour la première fois de son histoire, tous les partis politiques et toutes les tendances de l'Indonésie ont pu s'exprimer. Signe d'un renouveau démocratique : 48 partis politiques se sont affrontés de manière totalement pacifique. A la sortie des urnes, le parti PDI-P de Megawati Sukarnoputri, la fille du père de l'indépendance, est vainqueur avec 34 % des voix. Loin derrière viennent le Golkar (22 %), puis les partis de l'islam politique. Ces derniers s'allient dans une coalition nommée " axe du centre ", et parviennent à hisser au pouvoir Abdurrahaman Wahid plus connu sous le nom de Gus Dur, le célèbre leader charismatique de l'organisation musulmane " Nahdatul Ulama ". Le président Habibie, issu de l'ancien régime, n'était pas populaire : considéré comme trop tolérant envers Suharto, il souffre aussi des résultats du référendum sur l'indépendance du Timor-Oriental, mené dans la province : 78,5 % des Timorais votent pour ; un vote qui coûtera la vie de 2 000 d'entre eux. Dans une véritable furie vengeresse, la capitale Dili est détruite à 80 % par l'armée indonésienne. Mais le nouveau président Gus Dur ne réussit pas à se faire aimer de ses concitoyens, et perd rapidement le soutien de ses principaux alliés : islam radical lorsqu'il rétablit des relations avec Israël, islam réformiste lorsqu'il propose d'annuler la loi interdisant le communisme, armée, démocrates et réformistes lorsqu'il est heurté par des accusations de corruption. Malgré ses tentatives de s'accrocher au pouvoir, soupçonné lui aussi de corruption, il fut lui aussi destitué. Sa vice-présidente, Megawati Sukarnoputri, bien plus populaire et fille de Sukarno, fut choisie par le Congrès du peuple pour le remplacer sans passer par les urnes. Elle avait déjà acquis sa légitimité lors des dernières élections. C'était son parti le PDI qui en était sorti vainqueur, mais les alliances en avaient alors décidé autrement.

Megawati est ainsi devenue le cinquième Président de l'Indonésie. Une femme Présidente, dans le plus grand pays musulman au monde  ! Megawati entame son mandat avec une situation économique désastreuse : l'économie est dans un état de délabrement dramatique, et des tensions secouent l'archipel à Aceh, aux Moluques et en Irian Jaya ; certains agitent le spectre de la " balkanisation " de l'Indonésie, d'autant que le pays subit d'inquiétantes vagues d'attaques contre des églises, marque d'une radicalisation de certains musulmans. Megawati, qui se présentait comme " la petite mère du peuple ", ne conserva pas longtemps cette image, notamment lorsqu'elle forma un pacte avec l'armée, afin de maintenir l'unité de l'archipel menacée par les tensions sécessionnistes.
Si elle peut être créditée pour avoir ramené une certaine stabilité politique dans le pays, en proie à de violentes secousses depuis la chute de Suharto, certains qualifiaient cette stabilité d'immobilisme.
La Présidente n'a mis en place aucune des réformes sociales qu'elle avait préconisées, la corruption restant toujours aussi massive, l'insécurité augmentant avec les attentats qui frappaient le pays, notamment à Bali en 2002. La fille de Sukarno a donc payé le prix de cette chute de popularité ; en juin 2003, son parti subit une défaite cuisante, n'emportant que 19,8 % des suffrages, derrière le Golkar, machine politique de l'ancien dictateur.
Emerge alors une nouvelle figure, ancien général également membre du cabinet de Megawati, dont le nouveau parti le Parti démocrate remporte 10 % des voix : Susilo Bambang Yudhoyono, dit SBY, qui bénéficie d'une image d'homme intègre et avait axé sa campagne sur la lutte anticorruption. Au second tour des élections présidentielles, qui s'organisent pour la première fois au suffrage universel direct, ce général très charismatique écrase Megawati en emportant 61 % des voix.

Les défis des élites politiques. L'Indonésie a donc aujourd'hui passé avec succès l'épreuve du feu de la transition démocratique pacifique. Si les hommes et femmes qui menaient la reformasi, réforme politique après la chape de plomb des années Suharto, ont déçu, les institutions sont là, notamment pour lutter contre la corruption. Est-ce à dire que l'Indonésie est devenue " la troisième plus grande démocratie au monde " après l'Inde et les Etats-Unis ?

On n'en est pas encore là, car il reste des défis à relever. Les élites locales et, surtout, économiques n'ont pas vraiment été renouvelées depuis la chute du dictateur et la corruption reste une gangrène énorme dont l'Indonésie aura certainement du mal à guérir. D'ailleurs, l'armée reste une composante essentielle du jeu politique indonésien, et n'est pas prête à voir s'échapper son pouvoir. Enfin, pour se maintenir au pouvoir, le président doit prendre à bras-le-corps l'énorme tâche de maintien de la croissance de l'économie, ainsi que la lutte contre la pauvreté, thème au coeur de la politique depuis la crise monétaire. Un autre défi auquel s'est récemment confrontée l'Indonésie a été l'influence des mouvements séparatistes qui ont longtemps déchiré l'archipel dans ses zones reculées.

A Aceh, sur l'île de Sumatra, le conflit aura duré près de trente ans, entre 1976 et 2005 (cf. encadré). Suite au tsunami de décembre 2004 qui a ravagé la région, les flashes des médias internationaux ont éclairé la situation et la région a bénéficié d'une internationalisation de la question : un cessez-le-feu, toujours en vigueur aujourd'hui, a été signé en 2005 entre l'armée indonésienne et les forces du Mouvement pour un Aceh libre (GAM). Autre région tiraillée par la tentation indépendantiste : la Papouasie abrite une résistance armée à Jakarta et de nombreux affrontements ont un temps eu lieu entre les forces armées indonésiennes et la population locale. Depuis l'arrivée de Susilo Bambang Yudhoyono à la tête du pays, en 2004, des lois accordant une plus large autonomie à la province ont néanmoins été votées et un début de reconnaissance des exactions commises sur place par l'armée indonésienne a même été prononcé par le président Yudhoyono.

Enfin, la menace de la mouvance extrémiste islamiste n'est pas la moindre qui pèse sur le pays. Les militants alimentant la Jemaah Islamyiah et autres mouvances sont peu nombreux sur le territoire, mais ont montré leur capacité d'action. Mais le gouvernement de Megawati d'abord, puis celui de SBY, ont largement durci la répression antiterroriste, avec le soutien appuyé des Etats-Unis. Des suspects ont été arrêtés en relation avec les attentats de Bali et Jakarta. En 2008, trois des instigateurs des attentats de Bali ont été exécutés, et récemment en 2011, Umar Patek, impliqué dans de nombreux attentats dont ceux de Bali, a lui aussi été arrêté. Suite à son procès, il a été condamné à 20 ans de prison.

Aujourd'hui, la croissance économique indonésienne ralentit même si elle a été ces dernières années l'une des plus dynamiques d'Asie et les investissements étrangers n'ont cessé d'affluer dans les grandes zones industrielles de l'archipel. Un vaste programme de développement des infrastructures a encore récemment été décidé par les autorités. Si l'Indonésie continue d'affirmer son renouveau économique, y subsistent de réels problèmes de gouvernance : l'Indonésie est classée au 129e rang (sur 183) pour la " facilité à faire des affaires " et au fond du classemnt par l'ONG Transparency International, s'agissant de la corruption, en dépit de la volonté réaffirmée du Président Yudhoyono de faire de la lutte contre ce phénomène une priorité.

2014 marque un nouveau tournant. Une nouvelle majorité à l'assemblée et un nouveau Président à la tête du pays après les deux mandats consécutifs de Susilo Bambang Yudhloyono. La lutte contre la corruption reste encore et toujours une priorité du président Joko Widodo. Le nouveau président s'est attiré les foudres de la communauté internationale en 2015 en faisant exécuter 12 étrangers pour trafic de drogue. D'autres exécutions ont été annoncées pour l'année 2016. Le début de cette année a été marqué par un attentat terroriste à Jakarta revendiqué par l'organisation Etat islamique. Le gouvernement indonésien a promis d'éradiquer le terrorisme et a arrêté des suspects en lien avec l'organisation Etat islamique.

L'Indonésie est peuplée de 267 millions d'habitants. Selon certaines projections, sa population se stabilisera à l'orée des années 2050, avec une population atteignant les 350 millions d'habitants. L'objectif et les défis internes sont multiples. Un accroissement de la classe moyenne à 130 millions d'ici 2020. Un essor des villes moyennes, une jeunesse mieux formée. Dans les prochaines années, l'accent sera mis sur la modernisation des infrastructures et des voies de communications. Enfin, l'Indonésie compte bien reprendre un peu de leadership à la Chine grâce à son rôle dans l'ASEAN, aidé aussi par les États-Unis et le Japon. D'ailleurs, la visite du Premier ministre japonais, Shinzo ABE, en Indonésie les 15 et 16 janvier 2017 a poursuivi le renforcement du partenariat entre les deux pays, notamment dans le domaine de la connectivité dans l'océan Indien et l'océan Pacifique. L'Indonésie a multiplié également ses échanges avec l'Australie. Les deux pays sont liés par un partenariat stratégique global et entretiennent un dialogue politique dense, avec notamment une rencontre annuelle des chefs d'État et de gouvernement et un dialogue annuel 2+2 (Affaires étrangères et Défense). Le gouvernement indonésien encourage également la participation des investisseurs étrangers au financement des infrastructures, comme par exemple la construction d'un véritable réseau ferroviaire à Sumatra.

Accord de paix entre le GAM et le gouvernement

Le 15 août 2005, deux jours avant le 60e anniversaire de l'indépendance du pays, le gouvernement indonésien et les rebelles d'Aceh ont signé en Finlande un accord sur l'avenir de cette province. Cette signature met fin à un conflit de trente ans opposant l'armée indonésienne au GAM (Gerakin Atjeh Merdeka : Mouvement pour un Aceh libre), ayant provoqué la mort de 15 000 personnes. L'accord définit une plus large autonomie pour la province d'Aceh, sans pour autant lui donner son indépendance.

Le gouvernement indonésien promit l'amnistie à tous les prisonniers politiques du conflit ainsi qu'à tous les membres de la guérilla encore emprisonnés, tout en retirant ses troupes de la province. En face, les militants du GAM s'engagèrent à déposer les armes et à participer au processus politique.

Depuis mars 2006, la province d'Aceh a autorité sur les affaires publiques, mais le gouvernement indonésien a toujours la mainmise sur les affaires étrangères, la défense, la sécurité intérieure ou encore la justice. La province dispose néanmoins d'un drapeau, d'un hymne et d'armoiries qui lui sont propres.

La population n'est pas dupe pour autant : au-delà de la signature historique de cet accord de principe, c'est sur le terrain que la paix doit être réellement gagnée. Personne n'oublie les précédents accords qui ont capoté suite à des provocations provenant des deux camps.

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