Guide de République dominicaine : Population et langues

Population

La population en chiffres. Difficile de connaître avec exactitude le nombre d'habitants en République dominicaine. En 2018, on estimait toutefois que la population dépassait les 10,3 millions d'habitants, dont 28 % a moins de 14 ans pour un âge moyen de 27,3 ans. Cette population est majoritairement urbaine (à 81,1 %) et la capitale compte environ 3 millions d'habitants. Le taux de croissance de la population est de 0,99 % par an, et l'espérance de vie est de 69,7 ans pour les hommes et de 73,1 ans pour les femmes. Le taux d'analphabétisme à l'échelle nationale est de 6 % et va jusqu'à 30 % dans les contrées rurales les plus pauvres. Le nombre d'enfants par femme (2,28 %) est en baisse depuis une décennie, au même titre que la mortalité infantile (22,7 ‰).

De très fortes inégalités subsistent en revanche au sein de la population : alors qu'un dixième seulement de celle-ci jouit de la moitié du revenu du pays, 30,5 % des Dominicains vivent en dessous du seuil de pauvreté national et de nombreux habitants des zones rurales ne disposent pas encore d'accès à l'eau.

Une diaspora importante. Il existe une diaspora dominicaine d'environ 3 millions de personnes dont deux tiers vivent aux Etats-Unis, et le tiers restant à Porto Rico, dans les Antilles et, dans une moindre mesure, en Europe, principalement en Espagne. Les émigrés américains, appelés Dominican York, sont facilement reconnaissables, car, de retour sur leur île, ils arborent fièrement les attributs et la panoplie de la sous-culture des ghettos hispano-américains : tennis énormes et délacées, bermudas larges pour les plus jeunes  ; or et diamants, chaînes, bagues et bracelets pour ceux qui ont fait fortune. Pour donner l'illusion de cette réussite nord-américaine, certains n'hésitent pas à louer des bijoux voyants pour la durée de leurs vacances au pays, afin d'épater amis et famille. On les a même surnommés les cadenous, du mot cadena, ou " chaîne " en français !

Une population immigrée venant principalement d'Haïti. Dominicano-Haïtiens ou Haïtianio-Dominicains ? Nul ne sait combien d'Haïtiens résident en République dominicaine. Les constants désordres politiques et sociaux du pays voisin ont généré une immigration haïtienne importante et incontrôlée à travers les frontières poreuses qui séparent les deux pays. Et, depuis le séisme de janvier 2010, l'immigration, bien que contenue, a encore augmenté depuis Haïti. Les Haïtiens constituent aussi pour leur plus riche voisine une main-d'oeuvre bon marché qui ne demande qu'à passer la frontière. Le recrutement massif de braceros haïtiens pour couper la canne à sucre dominicaine a commencé au début du XXe siècle, durant l'occupation américaine des deux républiques qui se partagent l'île d'Hispaniola. Le nombre de migrants qui traversent clandestinement la frontière entre les deux pays a fortement augmenté ces vingt dernières années à mesure que la crise s'aggravait en Haïti et que les Etats-Unis renforçaient leur dispositif pour freiner l'exode des boat people. Beaucoup de migrants ont abandonné les plantations sucrières pour s'engager dans la culture du riz ou la récolte du café, où plus de 90 % de la main-d'oeuvre est haïtienne.

En vertu d'accords entre les deux pays, les coupeurs de canne et ouvriers agricoles haïtiens envahissent les grandes exploitations à l'heure de la récolte, mais ne repartent pas à la fin de la zafra. Ils s'établissent et leurs enfants naissent sur le territoire dominicain, d'où la difficulté pour les autorités de les renvoyer sur leur moitié d'île. Entassée dans des bateyes, des villages sommaires et souvent insalubres, une population, qu'on estime entre 500 000 et 1,5 million d'Haïtiens (dont un tiers d'enfants), survit misérablement dans une situation plus ou moins légale. Les bateyes, principalement présents dans les régions de plantations de canne à sucre, sont socialement organisés. Commerces, écoles, conseils d'anciens, les habitants y ont reproduit l'organisation sociale des villages haïtiens, important les médecines et les croyances traditionnelles. Le déclin de l'industrie sucrière, à partir des années 1980, a encore aggravé la misère dans les bateyes, qui constituent une véritable épine dans le pied du gouvernement dominicain. Les Haïtiens sont embauchés également comme vendeurs ou gardiens, par les nombreux Français installés sur l'île, pour qui il est plus facile de communiquer en français plutôt qu'en espagnol, ou bien encore à la réception des hôtels pour recevoir les touristes de l'Hexagone. Le domaine de la construction utilise aussi cette main-d'oeuvre bon marché. Les imposantes tours qui s'élèvent dans les quartiers résidentiels et les dizaines d'hôtels édifiés sur les plages de Bavaro ou de Samaná ainsi que la nouvelle ligne de métro de la capitale sont construits par des sans-papiers haïtiens.

En 2013, la Cour suprême de République dominicaine a statué que les personnes nées de parents entrés sur le territoire illégalement ne recevraient plus la citoyenneté dominicaine. La décision s'applique de manière rétroactive à toutes les personnes nées après 1929 ; des centaines de milliers d'Haitiens se sont donc retrouvés privés de leur citoyenneté dominicaine et déportés en Haïti, alors que beaucoup n'y avaient jamais mis les pieds. Seules 10 000 personnes environ ont réussi à obtenir leur document. Cette difficulté a l'obtenir s'explique par la nécessité de fournir les certificats de naissance émis en Haïti ET en République dominicaine, ce que la plupart des personnes ne possèdent pas, ou n'ont pas la possibilité d'aller chercher dans le pays voisin. La conséquence étant la création de centaines de milliers d'apatrides, ce qu'interdisent formellement les accords internationaux en matière de droits de l'homme.

Largement critiqué par de nombreuses institutions internationales, le gouvernement de Danilo Medino est resté inflexible sur sa position et a continué les déportations. Un climat délétère à l'encontre de la population haïtienne du pays s'est donc installé depuis 2013.

Composition de la population. La population indienne primitive de l'île a disparu dès les premières heures de la colonisation. Colons européens, et surtout espagnols, puis esclaves importés d'Afrique, enfin immigrants asiatiques sont à l'origine de l'actuelle population. Aujourd'hui, la République dominicaine est certainement la plus métissée des Caraïbes. Plus de 84 % des habitants de l'île ont une origine africaine, mais ces racines sont généralement niées par les Dominicains malgré les nombreuses survivances culturelles africaines. Les métis constituent l'essentiel de la population, un peu plus de 70 %, 16 % de noirs, 14 % de blancs. Ce brassage ethnique s'explique par les deux occupations haïtiennes qu'a dû subir le pays au cours de son histoire. La différenciation sociale, qui résulte le plus souvent des différences raciales, est par conséquent moins marquée en République dominicaine que dans les pays voisins. La création d'un système éducatif moderne et le développement économique du pays ont quelque peu gommé les disparités sociales autrefois beaucoup plus marquées. Une classe moyenne importante se constitue et représente aujourd'hui le gros de la population. Malgré tout, l'exode rural est important et a favorisé le développement de quartiers pauvres aux abords des plus grandes villes.

Tu es dominicain si...

L'une de tes expressions favorites est : Coño - Anda la mierda  ! - Anda el diablo  ! - Coo - El diache  ! - Que vaina  ! - Dímelo - Ta Tó  ! - Y es fácil...   ! - Qué lo qué  ? - Ahhh... Po tá bien  ! - Que tripeo - Tu si jode - Tá cool - Tá jevi - La creta  ! - Tu tá pasá - No le dé mente  ! - Cójelo suave  ! - Que bufeo  ! - No te quille - Degrasiá  ! - Malbá - Barbarasa - Pariguayo  !

Tu peux danser sans musique.

Tu as appris à danser la bachata et le merengue avant d'apprendre à marcher.

Tu peux sentir l'odeur de la côte de porc fumée qui cuit chez toi alors que tu es dehors.

Tu peux entendre crier dans ton quartier : ¡ Se fue la luz  !

Dans ta maison, il y a une lampe à huile dans chaque pièce.

Tu as grandi en écoutant Fernando Villalona ou Sergio Vargas.

Tu avais peur du cuco quand tu étais petit.

Tu renverses du rhum par terre et tu t'exclames : Eso e pá lo muerto  !

Tu bois du Brugal, de la Presidente ou de la Mamajuana comme si c'était de l'eau.

Tu manges du mangu ou des bananas plantain frites avec du ketchup.

Tu utilises des mots tels que : gile (gilette : rasoir), cute (cutex : dissolvant), kote (kotex : serviettes hygiéniques), vivaporu (vix vaporub), poloche (poloshirt : t-shirt), guachiman (watchman : gardien), confle (corn-flakes : céréales).

A chaque fête, il y a un plat de spaghettis.

¡Que viva Santo Domingo  ! (Merci à Mayaline)

Langue

L'espagnol dominicain a pris quelques libertés entre influences créoles et castillan académique. Le Dominicain affectionne les diminutifs, ignore volontiers les " n " et les " s " ainsi que la règle de la concordance des temps, il change le castillan originel par de nombreux anglicanismes comme dans toute l'Amérique latine. Il a une fâcheuse tendance à accélérer son débit et à " chanter " la langue, ce qui n'en facilite pas la compréhension. Les adeptes de l'espagnol académique risquent fort d'être pris au dépourvu par une langue insulaire qui s'est affranchie de ses origines. Pas de panique, les Dominicains, s'ils sont bavards, savent aussi prendre le temps de communiquer et de se faire comprendre.

L'héritage linguistique taïno. Nous utilisons toujours de nombreux vocables hérités de la langue précolombienne, tant en espagnol qu'en français. Quelques exemples parmi tant d'autres : Anana (ananas), barbacoa (barbecue), caribe (Caraïbes), Kaiman (caïman), guyaba (goyave), huracan (ouragan), iguana (iguane), hamaca (hamac), maiz (maïs), piragua (pirogue), tabaco (tabac)...

Petit lexique

Voici quelques mots et expressions du langage courant pour converser comme un natif  !

A po'ta'bien (ah, pues, esta bien) : ah ben ok.

Ahora mismo : tout de suite.

Ahorita : un peu plus tard.

Bomba : génial, super, bingo.

Un bonche : une fête avec des amis.

Un sorbete : paille pour les boissons.

Un carajito : un petit enfant.

Ceniza : se dit d'une bière très fraîche.

Una chatarra : une épave roulante, de celles qui sont refusées par notre contrôle technique.

Un chele : un centavo.

Un chichi : un bébé.

Chichon, chinchazon : bosse.

Un chin : un peu.

Un chin chin ou chililin : un tout petit peu.

Chulo, bonito, lindo ou precioso : mignon.

Cingar : faire crac-crac.

Cocaleca : pop-corn.

Un colmado : une épicerie (on y joue aux dominos tout en buvant une bière).

Un concho : un taxi public ou taxi à deux roues (aussi motoconcho).

Coño (prononcer " cogno ") : stupide, connard... à utiliser au volant  !

Contrale, conchole, caramba, caray : merdouille.

Diache : diantre.

Como estas : quoi de neuf.

Una fria, una cerveza : une bière.

Una funda : un sac plastique.

Una guagua : minibus.

Guapo, enfadado : fâché.

Hablador : menteur.

Una lechosa : une papaye

Mata : arbre.

Un monton : énormément.

Pajaro : homosexuel.

Pa'lante : de l'avant, en avant.

Pariguayo : idiot.

Una pavita : une sieste.

Prieto negro : noir.

Un policia acostado : un ralentisseur de circulation.

Una rumba : beaucoup.

Sanky Panky : un gigolo dominicain.

Un tigre : racaille ou petit malin.

Vaya : waouh.

Una yola - embarcacion pequeña : une barque.

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