Guide du Ghana : Population et langues

Comme dans beaucoup de pays en Afrique, la population du Ghana est un patchwork de nombreuses ethnies aux caractéristiques souvent très différentes (rites, langues, coutumes...).

Au moins soixante-quinze tribus sont réparties sur le territoire national.

Les plus nombreux sont les Akan (47 % de la population, composés principalement des Fanti et des Ashanti habitant à l'ouest de la Volta), suivis des Mole-Dagbani (16 % de Mossi vivant essentiellement dans le Nord), 13 % d'Ewé dans l'Est, 8 % de Ga-Adangbe (dans le Sud, autour d'Accra et dans les forêts au nord), des Gourma (5 %), des Guan (3,7 %), des Gonja dans le Nord, des Dagomba. Environ 20 000 Blancs vivent au Ghana. Le pays compte plus de 400 000 habitants d'expression française venant du Togo, du Burkina Faso, de la Côte-d'Ivoire, du Niger et du Bénin. L'anglais est la langue officielle. Le kwa est le nom générique d'une quarantaine de langues parlées dans le golfe de Guinée dont l'éwé, le gen, le fon, l'ashanti et l'agui. La religion principale est le christianisme (71 %, dont 29 % de protestants et 14 % de catholiques), puis l'islam (17 %) et l'animisme (5 %).

Les Ashanti occupent la région de la forêt centrale. Avant la période coloniale, leur empire s'étendait sur le territoire actuel de la Côte-d'Ivoire et du Togo. Ils ont développé l'une des plus brillantes civilisations africaines. Leur splendeur vient de l'extraordinaire richesse de leurs souverains qui paradaient couverts d'or. Aujourd'hui, ils sont célèbres pour leur artisanat, en particulier le tissu kente, les poupées de la fertilité, les tabourets et les sculptures.

Lorsque les premiers Européens sont arrivés, ils ont trouvé que la richesse des Ashanti dépassait tout ce qu'ils avaient pu voir auparavant en Afrique de l'Ouest. Une part de l'or revenait directement au souverain et à son entourage qui pouvaient montrer ostensiblement leur richesse.

Le tabouret royal, par exemple, était entièrement orné du précieux métal jaune. On le déplaçait, protégé par une ombrelle, avec des tambours, des trompes et d'autres attributs prestigieux. Le roi (Ashantehene) était couvert d'or. Aujourd'hui encore, ses bracelets, alliances, collier, chaînes et sandales ont une très grande valeur. Il est possible d'observer cela tout en participant à l'un des festivals organisés dans la région Ashanti ou lors de cérémonies particulières.

Les Ga-Adangbe et les Ewé viennent probablement du pays Yoruba au Nigeria et se sont installés principalement dans le Sud et l'Est du pays.

La plupart des peuples du Nord parlent les langues voltaïques et ont beaucoup de points communs avec la culture burkinabé. Il faut aussi rattacher à ce groupe ceux qui au sud du royaume Mossi parlent le more, c'est-à-dire les peuples mamprusi et dagomba du Ghana du Nord-Est. Cette langue est également parlée par les Wala. Le grusi est parlé par le peuple dagarti installé dans le Nord-Ouest, mais aussi par les Gonja, dont il faut distinguer deux groupes : les Wagala qui parlent grusi et les Guang qui parlent un dialecte akan. Enfin, d'autres peuples parlent le grusi. Il s'agit des Kassena, des Frafra, des Sissala, des Builsa et des Talensi près de la frontière du Burkina Faso.

L'islam est très répandu au nord du pays, cette influence vient de ceux qui, les siècles passés, ont quitté le Mali pour s'installer au Ghana. Le catholicisme, bien sûr, s'est fixé suite à la conquête de la Côte-de-l'Or par les Européens, mais l'animisme reste encore très important au Ghana. Le syncrétisme s'est répandu à travers tout le pays et, le long de la côte, vous verrez de nombreux temples associant des divinités païennes, des représentations de Jésus, des anges, des djinns et des animaux.

Le rôle des ethnies

Le rôle social, économique et politique que jouent les ethnies dans le Ghana contemporain ne doit pas être sous-estimé. Depuis l'indépendance en 1957, les hommes politiques tiennent compte des inimitiés et des susceptibilités ethniques. Aujourd'hui encore, les chefs traditionnels tiennent un rôle important dans la vie politique nationale.

Les grandes classifications ethniques sont basées sur des différences linguistiques. Schématiquement le groupe akan, qui représente, au gré de ses multiples sous-groupes, plus de la moitié de la population du pays, occupe les régions du centre-ouest, du centre, du sud-ouest, et même de la Côte-d'Ivoire. Les Ga Adangbe et les Ewé se partagent la région qui va de la côte d'Accra aux lagunes de Kéta et d'Aflao, à la limite du Togo. La moitié nord est majoritairement peuplée par le groupe Mole Dagbani, qui comprend les Mamprusi, les Mossi, les Dagomba et les Gonja. Toujours dans le Nord, se trouvent quelques groupes très minoritaires, repoussés par les alliances, les guerres ou les persécutions (les Dagani, les Kusasi, les Lobi...). La tradition orale relate les légendes de l'implantation des peuples, qui sont peu fiables d'un point de vue historique. Les déplacements humains ont souvent été le fait de conflits ou de l'esclavage, qu'il soit local ou lié à la traite négrière. Enfin, l'amélioration du réseau routier et l'attirance des pôles urbains amoindrissent la dimension ethnique du Ghana.

Les Akan. Le groupe Akan est majoritaire dans le Ghana actuel, avec près de la moitié de la population et occupe 5 des 10 régions administratives. Il se divise en 14 grands sous-groupes. Outre un tronc linguistique collectif, ces groupes ont en commun des institutions politiques, sociales et culturelles. Les linguistes reconnaissent deux grands courants dominants : le twi, utilisé majoritairement par les gens de l'intérieur, et le fanti par ceux de la côte. Sur l'ensemble de la société akan ghanéenne, sept clans, nommés abusua, sont de tradition matrilinéaire et sept du nom de ntoro ou kra, de tradition patrilinéaire. Ces deux concepts fondamentaux et complémentaires sont le ciment du groupe akan, qui s'étend aussi à la Côte-d'Ivoire.

A leur naissance, tous les Akan appartiennent à l'abusua de leur mère, mais héritent de l'esprit agissant (ntoro ou kra) de leur père. Ainsi, dans tout ce qui a trait aux activités viriles, comme l'organisation militaire traditionnelle, l'Akan appartient au groupe du père. En revanche, s'il voyage, il sera reçu comme un membre de l'abusua local, dans le cadre de la famille élargie. La tradition orale des Akan considère que le Bono, aujourd'hui région administrative du Brong Ahafo, fut le berceau de leurs ancêtres.

Les Mole Dagbani. Les groupes Mole Dagbani (16,5 % de la population) ont un ancêtre commun. Vers le XIIe siècle, une vague de cavaliers venant de l'est, du pays Haoussa, et du Tchad déferla sur l'actuel nord du Ghana. Comme ils possédaient une science et des structures militaires élaborées, ils n'eurent aucun mal à imposer leur autorité aux habitants de la région.

Les Gonja. Ils font partie des Mole Dagbani. La tradition orale raconte que lorsque les conquérants Mandé, emmenés par Ndewura Jakpa, arrivèrent dans le territoire de l'actuel Nothern Region, ils se mêlèrent avec les autochtones ashanti. La ville de Salaga est devenue la capitale de l'Etat gonja.

Les Ewé. Implantés à l'extrémité orientale du littoral de l'actuel Ghana et dans la région Volta, les Ewé constituaient une multitude de petits royaumes à l'époque précoloniale. Beaucoup d'entre eux vivent aujourd'hui au Togo et au Bénin. Selon la tradition orale, ils seraient originaires de l'est du fleuve Niger et auraient émigré vers l'ouest pour des raisons méconnues.

Les Ga-Adangbe. Sous groupe des Ga-Dangme, qui au XVIe siècle guidés par leur roi King Ayi Kushi migrèrent de l'Est vers l'Ouest pour atteindre la région de Accra. Majoritairement représentés à Accra et ses alentours, on les trouve également dans l'Est du Ghana, au Togo, notamment dans la zone de Aného et jusqu'au Bénin. La vie culturelle des Ga est rythmée par de nombreux festivals dont le Homowo qui a lieu à Accra chaque mois d'août.

Les rastas

On peut voir des " hundreds of dreads " sur les côtes et dans les montagnes du Ghana.

Tolérée par les autorités, la communauté rasta est la plus importante d'Afrique de l'Ouest. Leur église, la Foundation of Rastafaraï Unification Center, regroupe plus de 100 000 pratiquants. A Accra ou Kumasi, ils se retrouvent le samedi au son des percussions et des guitares, remercient et prient " Jah ", le Tout-puissant, même si l'essentiel n'est pas d'être présent le samedi, mais de laisser Dieu guider ses pas. Derrière leur croyance, un homme, le " Black Jah ", Hailé Sélassié, roi des rois, seigneur des seigneurs, guide spirituel. Les rastas suivent les principes de la Bible, et croient notamment au voeu de Nazareth. Ainsi, ils ne se coupent pas les cheveux et ne se rasent pas, preuve qu'ils dédient leur vie à Dieu. Enfants de la nature, ils lui vouent un culte respectueux et se nourrissent uniquement de végétaux.

Pour Ras Binghi, prêtre rastafaraï, " tous les gens oppressés par la société sont des rastas contre Babylone ". Dans l'idéologie Rastafaraï, chaque peuple doit vivre sur la terre proche de ses racines. Ainsi, Rita Marley a choisi le Ghana pour son mouvement, " rapatriation ", visant à ramener les rastas égarés en Jamaïque, sur la terre de leurs ancêtres.

La présence de la femme du roi du Reggae dans le pays dynamise le mouvement. Son studio Tuff-Tong sur les hauteurs d'Aburi devrait permettre aux groupes locaux de reggae, qui manquent cruellement de moyens, d'exporter leur talent. Un talent qu'ils cultivent farouchement. Sculpteurs, musiciens, footballeurs, créateurs de mode... Puisqu'ils ne peuvent vivre dans la société, ils vivront à part, unis et confiants dans la victoire du bien sur le mal. Au Ghana, la scène musicale de la capitale organise de nombreuses soirées. Sur les plages d'Accra, les vagues déferlent au rythme saccadé de la mélopée plaintive du reggae. Alors : " Forget your trouble and dance ! "

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