Guide du Ghana : Histoire

Le Ghana est situé au centre d'une région qui a hérité d'une culture remontant au premier millénaire avant Jésus-Christ pour le travail des métaux, l'exploitation minière, la sculpture et l'agriculture. Le Ghana moderne doit son nom à l'ancien empire du Ghana, dont le centre se situait 800 km au nord de la ville d'Accra, et qui demeura florissant jusqu'au XIe siècle. Les Portugais l'ont appelé " El Mina " (la mine), puis les Anglais l'ont changé pour " Gold Coast " (Côte-de-l'Or), appellation qui s'imposa jusqu'au 6 mars 1957.

Chronologie

IIIe siècle > début de l'empire du Ghana.

1456 > arrivée des Portugais dans le golfe de Guinée.

1482 > fondation du château d'Elmina (fort São Jorge).

1503 > premier château portugais à Axim.

XVIIe siècle > unification du royaume Adanse ; concurrence entre les compagnies à charte des Pays-Bas, de l'Angleterre, de la Suède, du Danemark, de la France et du Brandebourg ; construction de forts sur la côte, surtout pour le commerce de l'or et la traite des esclaves.

1631 > prise d'Elmina par les Hollandais.

1650-1652 > construction du fort suédois Carolusburg à Cape Coast.

1665 > les Anglais prennent le château de Cape Coast.

1680 > les Akwamu s'emparent d'Accra et de Christianborg.

1695 > intronisation d'Osei Tutu, essor de l'Ashanti jusqu'en 1775.

1725-1730 > déclin des Akwamu.

1741 > construction du fort Fridensborg à Ningo.

1756 > attaque française de Cape Coast.

1800 > déclin du commerce européen.

1807-1874 > guerre de l'Ashanti.

1827 > bataille d'Akatamanso, défaite ashanti, traité de 1827.

1831 > les Ashanti abandonnent par traité tous leurs territoires du Sud.

1843 > Foreign Juridiction Act, appropriation coloniale de la Gold Coast.

1850 > départ des Danois.

1851 > traité de Fomena : les Ashanti abandonnent leurs prétentions sur les territoires du Sud.

1865 > la Gold Coast, la Sierra Leone, la Gambie et Lagos sont regroupés.

1872 > rachat des possessions hollandaises par l'Angleterre.

1873 > invasion ashanti ; les Anglais prennent Kumasi (Sagrenti War).

1877 > transfert du quartier général anglais de Cape Coast à Accra.

1896 > attaque du corps expéditionnaire de Sir Francis Scott sur Kumasi.

1898 > les colons français et les anglais dessinent à Paris les contours de la Côte-d'Ivoire, de la Haute-Volta et des " territoires du Nord ".

1901 > l'Ashanti devient colonie britannique.

1919 > la Société des Nations place le Togoland sous mandat britannique.

1925 > création d'un conseil des chefs suprêmes dans les régions occidentales, centrales, orientales.

1947 > le Dr Kwame Nkrumah est nommé secrétaire général de l'United Gold Coast Convention (UGCC).

Juin 1949 > Nkrumah quitte l'UGCC pour fonder le Convention People's Party.

1956 > vote pour l'annexion du Togoland à la Gold Coast.

6 mars 1957 > indépendance de la Gold Coast qui devient le Ghana. Kwame Nkrumah (1909-1972), dit Osagyefo (le rédempteur) devient Gouverneur général et Premier ministre.

1er juillet 1960 > proclamation de la République du Ghana, Nkrumah devient président.

Septembre 1965 > début de la construction du barrage d'Akosombo.

26 janvier 1964 > référendum : le parti de Nkrumah (CPP) devient parti unique.

24 février 1966 > Nkrumah est renversé par des militaires pendant son absence, Joseph Ankrah devient président.

17 avril 1967 > un coup d'Etat contre le général Ankrah échoue.

Avril 1969 > le général Afrifa remplace Ankrah, mêlé à une affaire d'abus de confiance.

31 août 1970 > Edward Akufo-Addo (né en 1906) est nommé président (auparavant, la présidence était exercée par un collège de trois personnes).

13 janvier 1972 > le général Acheampong arrive à la tête du National Redemption Party (NRC).

27 avril 1972 > mort de Nkrumah et funérailles nationales au Ghana.

5 juillet 1978 > coup d'Etat du lieutenant général Frederick Akuffo.

16 mai 1979 > le capitaine Rawlings est arrêté après l'échec d'un coup d'Etat.

4 juin 1979 > 1er " coup " de J. Rawlings (né le 22 juin 1947, fils d'un Ecossais) à la tête de l'Armed Forces Revolutionary Council (AFRC).

16 juin 1979 > exécution des généraux.

Juin 1979 > les affrontements entre Kokomba et Namumba font 1 500 morts, crise économique.

Juillet 1979 > Hilla Limann (né en 1934) devient président.

30 et 31 décembre 1981 > 2e " coup " de Rawlings à la tête du PNDC, les partis politiques sont interdits.

1982 > 10 000 enseignants s'exilent.

1983 > aides conditionnelles du FMI et de la Banque mondiale.

27 mars 1984 > un coup d'Etat échoue.

1985 > tentatives d'assassinat de Rawlings.

Novembre 1985 > affrontements entre Moba et Kokomba.

1986 > projet d'une fédération Ghana-Burkina Faso.

28 février 1992 > référendum pour le pluralisme (92,6 % de oui).

3 novembre 1992 > élections présidentielles, Rawlings devient président (élu au premier tour avec 58,3 % des voix).

1993 > arrivée d'environ 100 000 réfugiés togolais.

Février et mars 1994 > affrontements au nord-est du pays : 1 000 morts, 150 000 déplacés, 250 villages brûlés.

Mars 1995 > manifestations à la suite de l'instauration de la TVA à 17,5 %.

7 décembre 1996 > réélection de Rawlings avec 57,2 % des voix.

7 janvier 2000 > élection de John Agyegoum Kufuor qui sera réélu quatre ans plus tard.

29 septembre 2006 > le Ghana adhère à la francophonie.

Janvier 2009 > John Atta Mills, issu du parti de l'opposition National Democratic Congress, gagne les élections face au parti en place, sans heurts.

2010 > le Ghana parvient en quart de finale lors de la Coupe du monde de football en Afrique du sud.

24 juillet 2012 > décès subit de John Atta Mills, dans l'exercice de ses fonctions de président du Ghana, alors âgé de 68 ans.

Décembre 2012 > élection de John Dramani Mahama, 55 ans, un écrivain qui a sorti la même année son premier ouvrage intitulé My First Coup d'Etat : And Other True Stories from the Lost Decades of Africa.

29 mars 2014 > le président ghanéen John Dramani Mahama prend la tête de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), dont la présidence quitte Yamoussoukro pour Accra.

Décembre 2016 > Face au président sortant John Dramani Mahama, Nana Akufo-Addo du New Patriotic Party remporte l'élection présidentielle avec 53,85 % des suffrages. Il prend officiellement ses fonctions le 7 janvier 2017.

La période coloniale

L'arrivée des Européens au XVIe siècle transforme les échanges commerciaux de la région. Les premiers à s'installer dans le golfe de Guinée sont les Portugais, en 1456. La zone sahélienne cède le pas à la côte occidentale de l'Afrique. Jusqu'au début du XVIIe siècle, l'or et l'ivoire sont les principaux biens exportés depuis les côtes ghanéennes. Mais très vite, à partir de 1625, la traite des esclaves commence. Elle devient dans les années 1650 le commerce le plus lucratif, à la fois pour les négriers européens et les rois africains.

Les Européens utilisent les forts et les bâtiments annexes pour se loger, se protéger et emmagasiner les marchandises (des armes et de la poudre essentiellement) qu'ils échangeaient contre les esclaves.

L'histoire des différents forts montre la rivalité des nations européennes pour commercer avec les monarques locaux et obtenir l'accès au golfe de Guinée. En 1631 par exemple, les Hollandais récupèrent le fort d'Elmina. Seuls deux petites entités territoriales composant la Gold Coast résistent à l'envahisseur anglais en 1750. Il s'agit des royaumes ashanti et fanti.

C'est d'ailleurs plus ou moins à cette époque que se forme véritablement le royaume ashanti dans la région de Kumasi sous le règne d'Osei Toutou (1695-1731). Ce n'est que près d'un siècle plus tard, sous la chefferie d'Osei Bunsu, que le royaume ashanti atteint son apogée, dont la plus belle preuve demeure la résistance aux troupes britanniques.

La résistance ashanti

Depuis le début du XVIIIe siècle, les Ashanti possèdent donc leur propre royaume avec une administration unique. Conscients de l'intérêt d'avoir de l'influence sur d'autres peuples pour protéger leurs frontières, ils décident à partir de 1807, et pour une vingtaine d'années, de contrôler les tribus peules et fanti, placées le long du littoral. Mais assez rapidement, ils doivent affronter les troupes britanniques qui n'entendent pas lâcher leurs forts. Lors de la bataille d'Akatamanso en 1827, les Ashanti enregistrent une première défaite qui accouchera d'un traité mettant à mal leurs velléités. Puis en 1851 avec le traité de Fomena, les Ashanti doivent abandonner leurs prétentions sur les territoires du Sud. Leur situation se complique d'autant plus que, huit ans plus tôt, la Gold Coast est devenue colonie anglaise.

En 1871, l'Angleterre parvient à arrêter les dirigeants fanti. Le ton montre entre les Ashanti et la couronne britannique, pour accoucher en 1873 d'une véritable guerre qui prendra fin l'année suivante par l'incendie de Kumasi, la capitale des Ashanti. Il faut attendre 1901 pour voir l'ensemble du territoire ashanti être annexé à la Gold Coast. Dès lors, la couronne britannique établit définitivement sa domination, qui existait déjà depuis 1844 auprès des chefs des régions côtières. En 1874, le Royaume-Uni contrôlait déjà toute la côte et une partie significative de l'intérieur des terres. En 1901, alors que l'essentiel du territoire est placé sous contrôle administratif direct, le territoire ashanti et une partie du Nord du pays, préservent une certaine autonomie.

Le Ghana moderne connaît alors ses premières heures. Les traditions des Ashanti et des Fanti survivent bien pendant la domination britannique.

L’indépendance

Mais, dès 1925, les premiers signes de l'indépendance, tout du moins d'une certaine autonomie, apparaissent. Les Britanniques organisent ainsi de premières élections au Ghana dans le but d'élire un conseil législatif composé de chefs locaux. Les premiers pas de la vie politique ghanéenne, nationalisée de telle manière, sont balbutiants.

C'est alors qu'intervient la Seconde Guerre mondiale. L'Angleterre sort très affaiblie du conflit, et la politique étrangère pèse lourd, sur un système national à bout de souffle. L'Inde obtiendra d'ailleurs son indépendance dès 1947. Chez les intellectuels ghanéens, le signe est clair. Et c'est ici qu'intervient Kwame Nkrumah et son parti, la Convention du peuple (CPP), qui remporte donc les élections de 1951. Il participe activement au mouvement panafricain qui se développe dans un premier temps outre-Manche et outre-Atlantique, avant de gagner peu à peu la conscience des élites africaines sur le continent.

Les négociations pour l'indépendance durent alors six ans, et, dans un climat relativement stable, le tout jeune Ghana prend son envol. Le 6 mars 1957, l'indépendance du pays est proclamée. Fort de ce succès, Kwame Nkrumah devient Premier ministre.

Dans la fièvre de la victoire de la nation ghanéenne, les premières années de gouvernance se passent dans le calme. Sur la jeune scène politique nationale, Kwame Nkrumah parvient, de manière parfois litigieuse, à évincer l'ensemble de l'opposition. C'est au sein de son parti que germent alors les premières critiques, dont celles du puissant secrétaire général du CPP, Tawia Adamafio. De plus en plus écouté, ce dernier, devenu entre temps responsables des affaires présidentielles, rallie autour de lui de plus en plus de militants. Et, en août 1962, Kwame Nkrumah échappe à un attentat. Tawia Adamafio et deux autres membres importants du CPP sont arrêtés pour complicité d'assassinat. La justice croit tenir la preuve de leur malhonnêteté dans le fait qu'ils avaient insidieusement éloigné leur voiture de celle du président quelques secondes avant qu'elle n'explose. Ils sont alors condamnés à mort, avant que leur peine ne soit commuée en 20 années de prison ferme.

Des premières années républicaines instables

Choqué par cet incident, Kwame Nkrumah craint alors à chaque instant pour sa vie. Dans le but de renforcer sa sécurité, son parti devient le seul autorisé. Une loi parlementaire assure également qu'il ne peut y avoir qu'un seul candidat dans la course à la présidentielle. Dans ces conditions, Kwame Nkrumah est facilement réélu en 1965 à la tête de l'Etat.

Mais, profitant d'un voyage diplomatique en Asie, l'opposition, frustrée de n'avoir aucune représentation politique, fomente et réussit un coup d'Etat en février 1966. Le fondateur du Ghana ne reviendra plus jamais dans son pays après cet incident.

Pour les auteurs du coup d'Etat, l'action était légitime compte-tenu du manque de libertés individuelles et de la corruption présumée au sommet du gouvernement. Critiques courantes d'un nouveau gouvernement à son aîné, après une prise de pouvoir par la force. La première page de l'ère politique sous l'indépendance se tourne, et de nombreux problèmes persistent. Peu sont les Ghanéens à croire en la légitimité et en l'utilité d'un leader national. La majorité préfère faire confiance aux chefferies locales. Mais devant une scène politique qui crée volontairement de la place aux autres partis, les élections de 1969 apparaissent comme les plus compétitives depuis 1951. Le Parti progressiste (PP) mené par Kofi Busia est à la lutte avec l'Alliance nationale libérale (NAL) de Komla A. Gbedemah. Ce sera finalement le PP qui remportera les élections et obtiendra 74 % des sièges du Parlement.

Conscient des espoirs placés en lui par l'ensemble du peuple ghanéen, le PP cherche à réformer au plus vite. Les deux principales mesures prises par Kofi Busia peu après son arrivée au pouvoir sont une loi limitant l'investissement étranger dans les petites entreprises et l'expulsion du pays de milliers de non-Ghanéens. Malheureusement pour lui, il n'aura guère le temps d'observer l'impact de ces décisions sur la société. Un nouveau coup d'Etat le pousse vers la sortie, 27 mois après les élections, le 13 janvier 1972. L'impatience devant les difficultés économiques semblent avoir été la cause principale de ce nouvel incident. Le non respect du droit de grève des ouvriers aussi. Fort de son arrivée à la tête de la première brigade d'Accra, le colonel Kutu Acheampong mène ce coup d'Etat sanglant. Il signe surtout l'arrêt de mort de la jeune démocratie ghanéenne qui au travers d'un parti unique sous Nkrumah, puis d'un système multipartite sous Busia, avait tenté d'essayer de comprendre quelles doivent être les priorités de développement pour sortir la nation de la pauvreté.

Nkrumah, le visage du Ghana

S'il y a un nom du monde de la politique ghanéenne qu'il faut retenir, c'est bien le sien : Kwame Nkrumah. Leader principal de la cause indépendantiste ghanéenne dans les années 1950, il a également largement contribué à l'essor du mouvement panafricaniste dans les années 1960. Pour beaucoup d'Africains, Kwame Nkrumah est l'un des plus grand héros de l'histoire moderne.

Il naît en 1909 à Madam Nyaniba, dans ce qui est à l'époque appelé la Gold Coast, territoire aux mains de la couronne britannique. A l'inverse de nombre d'enfants de son âge, il a la chance de pouvoir étudier et obtient un premier diplôme à 21 ans, celui de l'université d'Achimota, dans le nord d'Accra. Il poursuit alors son parcours estudiantin outre-Atlantique, où il obtient deux licences et un master en philosophie à l'Université de Pennsylvanie en 1942. C'est sur les campus américain que naît son goût pour le militantisme. Aux débuts des années 1940, il devient même président de l'Organisation des étudiants africains du Canada et des Etats-Unis.

Se sentant trop éloigné des centres de décision qui concernent l'avenir de la Gold Coast, il décide de partir s'installer à Londres. Il participe alors grandement à l'organisation du 5e congrès panafricain qui se tient à Manchester en 1945. Ami du fondateur du panafricanisme, l'Antillais George Padmore, Kwame Nkrumah organisera d'ailleurs aussi les 6e et 7e conférences panafricaines, cette fois-ci sur le sol de la Goald Coast, en 1953 à Kumasi et 1958 à Accra. Ce dernier rendez-vous sera d'ailleurs la première conférence des Etats Indépendants d'Afrique.

Profitant de ses connaissances acquises aux Etats-Unis et de son charisme, il se lance dans une campagne pour convaincre l'opinion publique ghanéenne de militer pour l'indépendance du pays. Il se fixe alors trois objectifs : apprendre à gouverner, unifier les quatre territoires de la Gold Coast pour n'en former qu'un, et obtenir l'indépendance. Le 6 mars 1957, il proclame l'indépendance de son pays. La Gold Coast devient Ghana. A la tête du jeune Etat, il décide trois ans plus tard de travailler à la rédaction d'une nouvelle constitution pour faire du premier pays de l'Afrique sub-saharienne à avoir obtenu son indépendance, une république. En avril 1960, le texte est ratifié et les premières élections le désignent comme président.

Dans l'un de ses essais parus en 1967, Le socialisme africain revisité, il définit clairement son point de vue en matière de politique. A l'heure où chacun des deux camps de la guerre froide cherche de nouveaux alliés, Kwame Nkrumah est persuadé que le modèle socialiste correspond mieux à la condition africaine de l'époque et permettra le développement du continent. Il refuse cependant de suivre les théories marxistes.

Dans cette optique, il décide d'industrialiser son pays avec l'argent et les emprunts de l'Etat, plutôt que de faire appel aux capitaux étrangers. C'était la seule et unique manière selon lui d'être véritablement indépendant des puissances occidentales. Malheureusement, dans les années 1950, le marché du cacao traverse une première crise et le coût du barrage d'Akosombo pèse lourdement sur les caisses de l'Etat. Rapidement, le riche Ghana devient l'un des pays les plus pauvres d'Afrique. Le ton monte entre Kwame Nkrumah et ses opposants. Apeuré par l'éventualité d'un coup d'Etat, il fait passer deux lois aux congrès pour limiter les libertés individuelles : les grèves sont interdites et son administration est désormais autorisée à arrêter tous les suspects complotant contre lui, sans avoir à passer devant un tribunal. Alors discret sur la scène publique de peur de se faire assassiner, il réapparaît en en 1964 pour faire passer un nouvel amendement. Ce dernier assure à son groupe politique, le CPP, d'être le seul parti officiel autorisé et il devient président à vie. Le 22 janvier 1966, il inaugure (enfin) le grand barrage d'Akosombo, symbole de son pouvoir et de son importance dans l'histoire du pays. Mais profitant d'un déplacement diplomatique en Asie, l'opposition organise et réussit un coup d'Etat victorieux en février 1966. Kwame Nkrumah ne retrouvera plus jamais le pouvoir. Il ne rentrera d'ailleurs jamais au Ghana.

Il s'installe d'abord à Conakry en Guinée, où il est nommé co-président du pays par le chef d'Etat et ami, Ahmed Sékou Touré. Malade, il doit s'envoler pour Bucarest où il ne parviendra jamais à guérir d'un cancer. Il y meurt en avril 1972, à l'âge de 62 ans.

Un régime autoritaire

Le conseil national de la rédemption (NRC), à la tête duquel se trouve Kutu Acheampong, cherche à défendre sa légitimité en accusant l'ancien gouvernement de corruption et, surtout, d'avoir jeté le pays dans le gouffre financier. Le NRC est alors convaincu qu'un régime militaire permettrait de garantir la stabilité dont le pays à besoin pour relancer l'économie et rembourser ses dettes.

Toutes les grandes compagnies étrangères sont alors nationalisées. Le premier choc pétrolier n'aide en rien ces nouvelles mesures, isolant un peu plus le Ghana sur le marché mondial. L'ancienne Gold Coast est comme privée d'un pétrole devenu trop cher pour un pays aussi endetté. Le ton se durcit alors en 1975, lorsque Kutu Acheampong rebaptise son parti en Conseil suprême militaire (SMC) et nomme uniquement des officiers aux différents postes de ministres. Des journaux indépendants sont interdits, et la propagation de rumeurs devient un crime.

Certaines universités voient leurs portes se fermer, le militantisme anti-SMC ayant pris une trop grande ampleur.

Devant le mécontentement général, Kutu Acheampong organise un référendum pour l'approbation d'un gouvernement d'union national, composé de militaires et d'élus. Mais les mesures mises en place par ce nouveau régime ne changent rien. En 1978, le peuple s'impatiente. L'inflation frôle les 300 % et certains produits de première nécessité comme le riz ou l'eau sont de plus en plus difficiles à obtenir. A certains endroits, ils sont même introuvables.

Le lieutenant Frederick Akuffo prend alors le pouvoir. En janvier 1979, le multipartisme occupe à nouveau l'espace politique. Une nouvelle constitution est même rédigée pour défendre le pluralisme. Mais, en mai de cette même année, à quelques mois de son institutionnalisation, un groupe de sous-officiers et de soldats de l'armée, mené par le lieutenant Jerry Rawlings, fomente un nouveau coup d'Etat qui échoue. Les principaux auteurs sont arrêtés. Mais, soutenu par l'ensemble de l'armée, un nouveau coup d'Etat est tenté en juin par les rescapés. Celui-ci est victorieux et permet de libérer Jerry Rawlings. Le 24 septembre 1979, le pouvoir est rendu aux civils et au Dr Limann, dirigeant du parti national populaire qui vient de remporter les élections. Avec une très faible majorité au parlement, il proclame la troisième République.

L’histoire récente

Le 31 décembre 1981, la situation économique se dégradant, Limann est renversé et laisse la place à Jerry Rawlings et à son équipe, déterminés à engager de profondes réformes. A nouveau, les autres partis politiques que le sien sont interdits. Son salut viendra incontestablement du soutien reçu par la communauté internationale, la Banque Mondiale et le FMI, soutien qui contribuera largement à assainir les finances du Ghana. Fort de cette présence internationale et d'un bilan économique meilleur que celui de ses prédécesseurs, Rawlings est élu président de la République en 1992 avant d'être réélu quatre ans plus tard. L'instabilité politique semble alors avoir fui le Ghana à jamais.

En novembre 1997, si le taux de croissance du pays reste élevé, les autres indicateurs (taux d'inflation, endettement et déficit budgétaire) sont encore inquiétants. Ce n'est qu'avec l'arrivée au pouvoir de John Kufuor et son élection en 2000, que la situation économique s'améliore globalement. Mais le niveau de vie des Ghanéens n'évolue guère positivement pour tous. En décembre 2004, il se présente à sa propre succession et remporte à nouveau la majorité des suffrages. Fort d'un taux de croissance élevé, il entreprend de nombreuses réformes, dans le domaine de l'éducation notamment, permettant à chaque enfant de recevoir un enseignement public et gratuit. De nouvelles élections présidentielles et parlementaires ont lieu en 2009 et voient triompher le candidat du parti d'opposition National Democratic Congress, John Atta-Mills, devant le candidat du parti de Kufuor. L'élection se passe sans heurts, montrant que la démocratie continue tranquillement son chemin au Ghana. John Atta-Mills décède dans l'exercice de ses fonctions. John Dramani Mahama lui succède lors des élections présidentielles de décembre 2012. Durant son mandat, le président a fait face à de nombreuses critiques, liées avant tout au ralentissement de l'économie. L'homme d'Etat était pour certain trop absorbé par les grands et dispendieux projets d'infrastructures, ignorant ainsi les réels problèmes quotidiens du Ghanéen moyen : augmentation du coût de la vie, chômage et d'énormes problèmes d'électricité. En décembre 2017, le chef de l'opposition Nana Akufo-Addo, 72 ans, avec son programme bien plus axé sur la redynamisation de l'économie du pays remporte les élections présidentielles.

Acheampong, le mal-aimé

A leur évocation, il est des noms qui s'accompagnent d'une mauvaise image. Celui d'Acheampong est de ceux là. Ignatius Kutu Acheampong, né en 1931 à Kumasi, s'est retrouvé à la tête du Ghana de janvier 1972 à juillet 1978, après avoir fomenté un coup d'Etat contre Kofi Busia, qui avait démocratiquement remporté les élections quelques mois plus tôt. Enseignant de formation, puis militaire, il a toujours cherché à renforcer le pouvoir de l'armée au sein du gouvernement. Les exemples de son goût pour l'ordre et la force sont légion. Sous son " règne ", le conseil des ministres est ainsi rebaptisé " Conseil militaire suprême ".

Il met également en place, après un referendum très contesté, ce qu'il appelle " le gouvernement d'union ", pérennisant la présence de militaires au sein du gouvernement.

Sous Acheampong, le Ghana connaît de nombreux changements encore visibles dans la société d'aujourd'hui, comme le passage du système de mesure impérial au système métrique, ou encore la conduite à droite au lieu de la gauche. A son tour évincé du pouvoir par le général Fred Akuffo le 5 juillet 1978, il est arrêté et emprisonné dans un établissement pénitenciaire de la région ashanti. Moins d'un an plus tard, après le fameux 4 juin révolutionnaire qui porte Jerry Rawlings au pouvoir, la fin d'Acheampong se rapproche. Avec Fred Akuffo et quatre autres militaires de premier rang, il est abattu par un peloton d'exécution.

L'homme qui a remis le pays sur les rails : John Atta-Mills

John Atta-Mills est issu d'une famille aisée, il sort de l'université d'Accra diplômé en droit, et obtient son doctorat en études orientales et africaines, à Londres. Il occupe la fonction de professeur de droit à l'Université d'Accra avant d'atterrir dans le cercle proche du pouvoir en 1997, en tant que vice-président de Jerry Rawlings jusqu'en 2001. Il devient ainsi le candidat de son parti politique, le NDC (National Democratic Congress). C'est seulement en 2009 qu'il réussit à gagner les élections présidentielles. Il meurt président le 24 juillet 2012 (né le 21 juillet 1944, à cette date le Ghana s'appelle la Côte d'Or). Son village natal, Tarkwa, au nord de Takoradi, est notamment connu pour ses mines d'or. L'homme, lui, est connu pour sa droiture dans les comptes de l'Etat et son honnêteté politique. Tout le pays l'a pleuré. Dans les mémoires, il reste le président qui a solidifié la démocratie au Ghana, celui qui a reçu le président américain Barack Obama en juillet 2009, ce dernier considérant le Ghana comme le pays à l'histoire démocratique la plus exemplaire de toute l'Afrique subsaharienne.

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