La Grande Guerre a fortement marqué la mémoire collective de la région, alors divisée par la ligne de front avec d'un côté les Allemands et de l'autre, les Alliés issus de différents continents. Les conséquences de la guerre ont été désastreuses tant pour la population, en partie forcée à l'exode lointain, que pour la région, entièrement dévastée par les combats. Notamment lors de l'explosion de 19 mines le 7 juin 1917 à Messines, et en 1918, la bataille de la Lys et la prise du Mont Kemmel, suivis de l'offensive libératrice.

Dans l'arrondissement de Mouscron, la ville de Comines-Warneton a, entre autres étapes d'un riche programme de commémorations, établi un parcours à partir du fameux mémorial érigé par la Grande-Bretagne à Ploegsteert, en souvenir des 11 000 soldats anglais morts dans la région. Par ailleurs, la ville accueille depuis cet automne un centre d'interprétation de la Première Guerre mondiale, baptisé " Plugstreet 14-18 Expérience ".

TOURNAI

Tournai constitue l'une des plus grandes villes de la Wallonie picarde, cette vaste plaine verdoyante située aux portes de Lille, Bruxelles, Mons et Courtrai. Dans cette cité deux fois millénaire (et avec Tongres et Arlon, l'une des plus anciennes villes de Belgique), les premières traces de sédentarisation remontent à l'époque gauloise. Au 4e siècle, une première enceinte fut édifiée. A la période gallo-romaine succéda la période franque. Le roi Clodion, qui s'y installa vers 431, décida de faire de Tournai sa capitale. La dynastie mérovingienne y régna quelques décénnies, puis Clovis lui préféra Paris. Ensuite, plusieurs siècles durant, la ville fut dirigée par un gouvernement d'évêques. La construction de la cathédrale Notre-Dame et du beffroi, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, débute à cette époque (fin du 12e siècle). Imposante construction d'art roman et d'architecture gothique, la cathédrale est célèbre pour ses cinq tours ainsi que pour son trésor. D'où le surnom de Tournai : " la cité aux cinq clochers ".

L'âge d'or

Du 12 au 16e siècle, Tournai connut un véritable âge d'or, grâce au commerce croissant de la laine et de la pierre. Au même moment, un vaste mouvement artistique se developpa, à l'origine d'un rayonnement de la ville en Occident à travers l'architecture, la sculpture et la peinture. Mais aussi via d'autres domaines très renommés comme la tapisserie, l'industrie du cuivre, ou l'art de l'enluminure. Tournai a joué un rôle historique, économique, religieux et culturel de premier plan au sein du Comté de Flandre durant le Moyen Âge. Au 16e siècle, la ville passa sous le contrôle de l'Angleterre, avant un retour éclair vers la souveraineté française, puis son intégration aux Pays-Bas espagnols. Lorsqu'au 17ème siècle, Tournai repasse sous le contrôle de la France et du roi Louis XIV, celui-ci fit bâtir la citadelle, canaliser l'Escaut et instituera un Parlement. Par la suite sous domination hollandaise, Tournai deviendra belge en 1830.

Les séquelles de la Grande guerre

Durant la guerre 1914-1918, la ville est sous occupation allemande (avec déportations, réquisitions et privations comme ailleurs en Belgique) et à la Libération, les dégâts sont conséquents. Ainsi à la fin de la guerre, le 8 novembre 1918, les Allemands en retraite font sauter tous les ponts de la ville, sauf le Pont des Trous. Les dégâts sont pourtant moindres pourtant que lors de la Seconde guerre mondiale durant laquelle, du 16 au 20 mai 1940, le centre est bombardé par la Luftwaffe : 1 732 maisons seront détruites, et 3 500 autres très endommagées.

Lors de la Grande Guerre, l'armée française a défendu des positions dans et autour de Tournai. L'épisode le plus connu est celui des 83 et 84ème régiments de la 88ème division territoriale française qui subirent de lourdes pertes le 24 août 1914 en tentant de ralentir l'avance allemande. Un " Monument des Vendéens " leur rend hommage. De même, de nombreux soldats anglais sont tombés sur le sol tournaisien. En souvenir de ceux-ci et en vue de préparer la visite de citoyens anglais, un mémorial est depuis peu installé au pied du Pont de Fer.

Le centre-ville se regénère

Depuis quelques années, la cité aux Cinq clochers est en chantier et en 2015, elle devrait arborer ses nouveaux attraits dans leur totalité. 51 millions d'euros ont été débloqués à cet effet. Pour clé de voûte du projet, la restauration de la cathédrale Notre-Dame et de ses environs. Mais aussi, dans la foulée, une rénovation profonde des voiries et places du périmètre Unesco, un renouvellement du mobilier urbain et de l'éclairage, une relocalisation de l'office de tourisme (aujourd'hui installé dans un superbe hôtel de maître de la place Paul-Emile Janson, au coeur du quartier Cathédral). Et le quai des Salines a été réaménagé en vue de faciliter la circulation des piétons, automobilistes et cyclistes, tout en soulignant son patrimoine : les façades classées, le pont des Trous, le pont de Fer, des arbres centenaires...

Aux environs

Leuze-en-Hainaut

Petite ville posée entre Pays des Collines, Tournaisis et non loin du Pays Vert et du Borinage, elle compte un peu plus de 13 000 habitants. Son édifice le plus remarquable est la collégiale Saint-Pierre, impressionnante par ses dimensions. L'hôtel de ville reflète la première moitié du 20ème siècle tandis que la gare provient d'une partie inutilisée de celle de Tournai ! Au 19e siècle, Leuze-en-Hainaut (qui s'appelait alors Leuze, simplement) possédait de nombreuses entreprises florissantes (tissus, farine, brasserie, distillerie, bonneterie...). Elle est aujourd'hui beaucoup plus tournée vers les services et le résidentiel.

Antoing

A une dizaine de kilomètres de Tournai, c'est une petite cité où le temps semble s'être arrêté au siècle dernier. Le château des Princes de Ligne est une magnifique demeure de style néogothique, transformée généreusement par un élève de Viollet-le-Duc. Il fut construit sur les bases d'un château dont les origines remontent au 12e siècle. Il est accessible tous les dimanches de la mi-juin à fin septembre.

ATH

Ath est située au confluent des deux Dendre. La petite ville peut s'enorgueillir d'un passé industriel riche (des industries de la pierre, du textile, du bois, des brasseries et une sucrerie aujourd'hui disparues) et d'un folklore exceptionnel. Elle est la capitale du Pays Vert et la Cité des Géants. La région athoise est essentiellement agricole. A Ath, la Tour Burbant est, avec ses vingt mètres de hauteur, le plus imposant vestige militaire de la ville. Outre ses aspects historiques et didactiques, la tour permet de découvrir un splendide panorama des alentours. La Ducasse d'Ath est reprise sur la liste des chefs-d'oeuvre du patrimoine mondial de l'Unesco depuis novembre 2005. La Belgique possède depuis très longtemps une tradition de jeux de balle à la main. Parmi ceux-ci, la balle pelote et le jeu de paume, ancêtre du tennis. Un espace leur a été consacré dans les combles de l'hôtel de ville d'Ath, cité parmi d'autres considérée comme un bastion de la balle pelote.

Aux environs

Chièvres

Située entre Mons et Ath, la ville de Chièvres a probablement des origines romaines et certainement mérovingiennes. Au 12e siècle, elle était une " franche ville " du Comté de Hainaut. Si le Moyen Âge rendit la ville prospère, plusieurs épidémies, des incendies, les guerres et la Révolution française la précipitèrent vers le déclin. La Base aérienne de Chièvres possède son musée. Il rend compte de la présence militaire dans la localité de 1917 à nos jours, en passant par l'occupation allemande et l'arrivée des forces de l'OTAN dans les années soixante.

Beloeil

A Basècles (Beloeil), le musée de la Pierre et du Marbre témoigne du passé industriel de la région.

LESSINES

Lessines pourrait avoir été fondée par les Saxons vers le 5e siècle, après une bataille perdue contre les Romains. La terre de Lessines, tout comme celle de Flobecq, se trouvait sur la limite du Hainaut et du Comté d'Alost. Lessines doit beaucoup à la pierre. L'exploitation du gisement de porphyre sur la rive droite de la Dendre a permis la création, entre 1850 et 1930, d'un nouveau quartier aussi important que celui du noyau historique de la ville, situé sur la rive gauche. Le développement économique de Lessines grandit encore à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Parmi les activités phares de la cité : la culture et le traitement des plantes médicinales et de la chicorée, l'implantation des premières fabriques d'allumettes chimiques, des usines de lampes électriques. De nombreuses brasseries se trouvaient également sur le territoire de la ville. Aujourd'hui, Lessines est surtout connue pour son Hôpital Notre-Dame à la Rose et l'entreprise internationale Baxter.

ENGHIEN

Ville fondée au 11e siècle par Englebert d'Enghien, la petite cité aux allures bourgeoises est située à la lisière de la frontière linguistique. Ancienne place militaire, résidence d'agrément des comtes de Luxembourg, Enghien possède tous les traits d'une ville " forte " de la Renaissance. La station thermale du Val d'Oise (France), Enghien-les-Bains, lui doit son nom. Outre le splendide parc et ses abords (182 hectares, dont une roseraie), Enghien accueille un élégant musée de la Tapisserie, rappelant le passé lissier de la localité. Il est abrité au sein de la Maison Jonathas, un ancien donjon roman restauré. Presque en face de celui-ci, l'église Saint-Nicolas abrite un carillon de 51 cloches.

MOUSCRON-COMINES

Véritable enclave wallonne en terres franco-flamandes, les communes de Mouscron et Comines-Warneton constituent une petite région " à part ", trop méconnue des touristes. Celle-ci révèle pourtant de très agréables atours. Les traces d'activité humaine les plus anciennes dans la région datent de l'époque romaine, selon des découvertes archéologiques entreprises au lieu-dit Mont-à-Leux. Mouscron, Comines-Warneton et Estaimpuis ont développé de nombreuses connexions (transports, soins de santé...) avec les villes de Roubaix et Tourcoing qui sont leurs plus proches voisines. Le nom de Mouscron n'apparaît pour la première fois qu'en 1060 et signifierait " mosscher-on ", autrement dit " endroit marécageux, couvert de mousse ". Quelques années plus tard, le comte de Flandre attribua ces terres à la collégiale Saint-Pierre de Lille.

Au gré des guerres et des traités, Mouscron changea plusieurs fois de main. La bourgade fut notamment française entre 1668 et 1678 et hollandaise après 1713. Mouscron était en outre partagée entre trois seigneuries qui se répartissaient les terres : celle de Mouscron, le fief du Val qui dépendait de Warcoing et celle de Saint- Pierre de Lille. Ce fut la première qui détint peu à peu tous les autres fiefs de la paroisse. Elle avait pour demeure le château des Comtes. Probablement à cause de sa position géographique, Mouscron et la région furent sévèrement touchées par les guerres. Au 16e siècle, les Hurlus (des gueux adeptes de Luther) s'emparèrent ainsi du château pour un temps, tandis qu'au 17e siècle, la région eut à souffrir douloureusement des guerres de l'armée de Louis XIV.

Plus récemment, elle subit encore les affres des deux conflits mondiaux. Sur le plan économique, Mouscron prit son essor à la fin du 18e siècle lorsque les habitants de Roubaix et de Tourcoing émigrèrent pour fabriquer du molleton, production interdite à Lille. L'aspect de la ville s'en trouva modifié et l'activité textile s'orienta également quelques années plus tard vers le coton. De nombreux ouvriers flamands, à la recherche de travail, émigrèrent à leur tour vers la région tandis qu'au début du 20e siècle, des entrepreneurs français mirent sur pied des filatures et des usines de tapis. Aujourd'hui, les différents réaménagements et la démographie croissante au cours de ces décennies ont fait de Mouscron une vaste conurbation avec Roubaix, Tourcoing et la métropole lilloise... et placent la cité un peu à l'écart de la vie wallonne !

B - Wallonie Picarde : Les lieux incontournables

Photos B - Wallonie Picarde

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12.95 €
2018-03-28
576 pages

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