Guide de Auvergne : Patrimoine et traditions

<p>Coiffe traditionnelle auvergnate</p>

Coiffe traditionnelle auvergnate

Patrimoine culturel
<p>Festival d'Aurillac.</p>

Festival d'Aurillac.

La scène musicale rock en Auvergne

La scène musicale clermontoise est riche d'une multitude de styles (folk, rock garage, pop, rap) et de talents : Cocoon, Quidam, Zach, The Delano Orchestra, Subway, Shaolin, The Elderberries, La Position du tireur couché, Pain Noir... pour n'en citer que quelques-uns.
Il existerait près de 800 groupes dans la région, une flopée de disques et de tournées témoignent qu'aujourd'hui, Clermont-Ferrand est bien devenue l'une des capitales du rock français.
La Coopérative de Mai possède deux salles de concerts labellisées scène de musiques actuelles (SMAC) se révélant être la troisième plus belle scène française et l'initiatrice la plus active de la scène régionale. Des bars comme le Bikini ou le Bomshell, un disquaire, Spliff, sans parler d'associations très actives comme Le Transfo participent aussi à la vie musicale rock. Denis Clavaizolle, clavier, vieux complice de Jean-Louis Murat, possède un studio d'enregistrement et une société, Sophiane Productions, soutient des groupes comme les Elderberries ou Cocoon. De leur côté, des fondus du néofolk comme St Augustine, Derek Delano ou Leopold Skin ont créé le collectif Kütu Folk, qui organise des concerts et édite des disques aux pochettes cousues à la main.

Le jazz est aussi bien présent à Clermont-Ferrand avec la belle programmation du festival Jazz en Tête où se sont produits les plus grands noms : Miles Davis, Michel Petrucciani, Dee Dee Bridgewater et Cassandra Wilson. Le Poco Loco propose des soirées jazz de qualité ainsi que La Puce à l'Oreille à Riom ou encore le Caveau de la Michodière, qui anime les voûtes du Puy de la Lune à la nuit tombée.. Le collectif Musique en Friche est la structure d'appui de six groupes de jazz contemporain et de musiques improvisées.

Littérature

L'Auvergne a hébergé de nombreux écrivains, dont il est difficile de faire la liste complète. Les plus célèbres sont le Moulinois Théodore de Banville (1823-1891), Charles-Louis Philippe né à Cérilly en 1874, ami de Valéry Larbaud né à Vichy en 1881. En Haute-Loire, deux gloires, le Vellave Jules Vallès né en 1832 au Puy-en-Velay, connu pour sa trilogie L'Enfant, Le Bachelier et L'Insurgé et Jules Romains (1885-1972) auteur des Copains et l'inventeur du personnage Knock.

Le premier écrivain puy-de-dômois renommé est Henri Pourrat, né en 1887 à Ambert, auteur de 70 ouvrages, romans, histoires et légendes, chansons et dictons.

Georges Bataille est né en 1897 à Billom et a publié en partie sous une série de pseudonymes.

Jean Anglade né en 1915 à Escoutoux, décédé le 22 novembre 2017 à Clermont-Ferrand, a rédigé plus d'une centaine d'ouvrages, des romans qui se passent en Auvergne, des biographies et des ouvrages historiques. A l'occasion de son centenaire en 2015, il édite un nouveau roman, Le Grand Dérangement.

Jean-Pierre Leclerc né en 1950 à Clermont-Ferrand et décédé en 2011 dont tous les romans se passent en Auvergne.

Christian Moncelet est un auteur qui aime beaucoup l'humour, l'inventeur des " insolivres ", vient de publier avec l'actrice et romancière Macha Méril une anthologie de L'Esprit au féminin.

Alexandre Vialatte n'est pas né en Auvergne, mais en Haute-Vienne, la famille de l'écrivain a ses attaches à Ambert où il séjournera régulièrement et se liera à Henri Pourrat au travers d'une riche correspondance. Connu pour ses articles littéraires, ses billets humoristiques, ses détournements d'horoscope et la parodie des almanachs, il intervient aussi dans le quotidien La Montagne. Il meurt à Paris en 1971, laissant une collection d'ouvrages devenus irréfutables ainsi qu'une série d'aphorismes amusants.

Les femmes sont nombreuses à s'être illustrées dans les domaines de la littérature et de la poésie en Auvergne.

Dans l'Allier, Jeanne Cressanges née à Noyant-d'Allier a rédigé une vingtaine d'ouvrages et de romans et essais qui se passent en Bourbonnais.

Dans le Puy-de-Dôme, Claude Dravaine, née en 1888, installée dans la région ambertoise publiera Nouara où elle raconte la vie des papetiers ambertois.

Monique Jouvancy, comédienne et auteure, elle est aussi lectrice à voix haute de lectures-spectacles et de lectures-promenades. Elle anime avec deux ou trois comédiens, une association qui se consacre à donner corps à la lettre morte, donner voix aux auteurs qui l'ont émue.

Cécile Coulon née en 1990 à Clermont-Ferrand a publié Le Roi n'a pas sommeil (2012, couronné Prix Mauvais Genres France Culture-Le Nouvel Observateur la même année), Le Rire du grand blessé (2013), Le Coeur du pélican (2015), Trois saisons d'orage (2017)

Peinture

L'Auvergne compte bon nombre d'artistes peintres, de lieux d'expositions de référence et d'autres de moindre importance, comme la résidence d'artistes à Dompierre-sur-Besbre, des galeries d'art ou les Arts en Balade à Clermont-Ferrand.

Dans l'Allier, dès le XIXe siècle, sous le nom d'école d'Aumance, on trouve un courant lancé par Henri d'Harpignies, qui peignait des paysages à la manière impressionniste, dans la tradition des maîtres de Barbizon.

Au XXe siècle, dans le Puy-de-Dôme, un second courant fait son apparition, désigné comme école de Murol. Cette école a produit une cinquantaine de peintres se situant dans la suite de l'impressionnisme ou du fauvisme, et tous possèdent en commun l'amour du paysage, et plus particulièrement du paysage sous la neige. Aujourd'hui ce mouvement pictural à son musée à Murol.

Depuis 1992, le musée emblématique est le MARQ, le Musée d'art Roger-Quillet situé à Clermont-Ferrand, on y trouve aussi des oeuvres contemporaines de jeunes artistes.

Le Cantal a aussi ses artistes Elise Rieuf (1897-1990) et Charlotte Musson (1905-1975), puissante portraitiste parisienne. 180 oeuvres sont à découvrir au Musée municipal de peinture Elise-Rieuf à Massiac.

Deux institutions incontournables font la part belle aux jeunes artistes, le FRAC Auvergne avec plus d'une vingtaine d'expositions par an et le centre d'art contemporain de Thiers, appelé aussi le Creux de l'enfer, où s'enchaînent les expositions et les résidences d'artistes, ce qui lui a permis d'acquérir une notoriété internationale.

Cinéma

L'Auvergne est un grand plateau de tournage et de festivals dont le plus célèbre est le festival international du court-métrage à Clermont-Ferrand installé à La Jetée, s'ensuivent le festival Jean-Carmet à Moulins, Traces de Vies et Plein la Bobine, festival du cinéma jeune public du massif du Sancy. La commission du film d'Auvergne a été créée en toute fin d'année 1997, dans le cadre de la Convention de Développement cinématographique signée entre le Centre national de la cinématographie et le conseil régional d'Auvergne. Dans le même temps, la Région a mis en place un fonds d'aide à la production de courts-métrages, de longs-métrages et d'oeuvres destinées à une diffusion télévisuelle. Chaque année, elle reçoit une centaine de demandes et une quarantaine de projets aboutissent, participant à la notoriété de la région et assurant des retombées économiques non négligeables. Les longs-métrages représentent une centaine de journées de tournage annuelles, mais la commission est également sollicitée pour des films publicitaires et même pour des projets de téléréalité. Au cours de cette décennie, ce sont plus de cent vingt courts-métrages, une bonne vingtaine de documentaires, une quinzaine de téléfilms et bientôt trente longs-métrages qui auront choisi leurs décors en Auvergne. Les génériques témoignent de la diversité des genres abordés : Le Temps des porte-plumes de Daniel Duval, docufiction Mitterrand à Vichy de Serge Moati, le court-métrage Céleste de Valérie Gaudissart, Quand j'étais chanteur de Xavier Giannoli ou encore le documentaire Etre et avoir de Nicolas Philibert... dont le dernier en date Cézanne et moi, tourné à Moulins en 2015 et bien d'autres ont bénéficié de soutien et sont venus tourner dans la région.

Patrimoine architectural
Le Puy-de-Dôme, terre d'archéologie

Le département est riche ! Ici, plus de deux mille ans d'histoire redessinent la carte des sites occupés par l'homme, des lieux de croyances en emplacements stratégiques. Les fouillent se poursuivent, elles affirment cette forte présence, et distinguent deux périodes emblématiques : celle des

Arvernes durant l'ère gauloise, qui ressort sur les oppida de Gergovie, de Corent et de Gondole ; et celle des gallo-romains, qui marqua le sommet du Puy-de-Dôme de son temple de Mercure, et durant laquelle Lezoux brilla par sa production intensive de céramiques. Les animations ne manquent pas, soyez aussi attentifs aux activités organisées durant les Journées Nationales de l'archéologie et les Journées européennes du Patrimoine. Cinq sites touristiques à ne pas manquer :

Musée Départemental de la Céramique à Lezoux.

Oppidum de Corent.

Plateau de Gergovie.

Temple de Mercure, au sommet du Puy-de-Dôme.

Maison archéologique des Combrailles à Voingt.

Villes et villages
<p>Façades - Vichy</p>

Façades - Vichy

Chaque territoire possède son identité architecturale répondant à un usage précis. Les villages de montagne avec leurs maisons aux toits de lauzes, les burons et les jasseries sur les Hautes-Chaumes du Forez. L'architecture de plaine, plus particulièrement en Limagne, pays des pigeonniers et des colombiers qui témoignent d'une riche activité céréalière. Les tonnes qui indiquent la présence d'un vignoble et les moulins qui abondent au bord des cours d'eau.

Architecture de montagne

Compains. Ce bourg aux traditions rurales avec ses différents hameaux dont Brion, connu pour ses foires aux bestiaux.

Egliseneuve-d'Entraigues. Berceau du fromage saint-nectaire, le bourg est regroupé autour de son église romane du XIIe siècle et offre une belle unité de toits d'ardoises bleues.

Murat-le-Quaire. Bourg de montagne typique, bâti en pierre de lave et toits de lauzes. La mairie était au XVIIIe siècle la résidence seigneuriale.

Riom-ès-Montagnes. Connue pour sa maison de la Gentiane, village typique pour ses maisons aux toits d'ardoise.

Saint-Pierre-la-Burlhonne. La jasserie la plus connue est celle du col du Béal transformée en auberge. Autrefois utilisée pour fabriquer et affiner les fromages.

Architecture médiévale et Renaissance

Certaines villes comme Montluçon, Moulins, Aurillac, Mauriac, Brioude, Le Puy-en-Velay, Clermont-Ferrand, Riom ont gardé leurs quartiers médiévaux et un riche patrimoine historique.

Besse. Autrefois cité fortifiée, a conservé ses ruelles étroites et pavées, ses échoppes, ses belles demeures en pierres de lave aux volets rouges, ses fontaines fleuries. Au détour des rues, le château du Bailli, la maison de la Reine Margot, le manoir Sainte-Marie-des-Remparts et le beffroi, la porte d'entrée XVe siècle de l'ancienne cité médiévale.

Billom. De ses origines médiévales, la cité a conservé une collection d'étroites rues pavées, bordées de maison à pans de bois. Les rez-de-chaussée, occupés par de grandes baies parfois surmontés de crocs de bouchers témoignent de leur vacation commerciale.

Châteldon. Centre marchand prospère a conservé ses boutiques anciennes à pans de bois, témoignages de l'importante activité artisanale. Aujourd'hui renommée pour son eau minérale gazeuse.

Pont-du-Château. Dont l'histoire est liée à la batellerie sur l'Allier, a conservé autour de l'église quelques jolies boutiques et maisons à colombages.

Thiers. Capitale de la coutellerie, la cité thiernoise a aussi conservé ses maisons à pans de bois.

Architecture thermale et Belle Epoque

Le thermalisme a développé, début du XIXe siècle, dans les villes de Néris-les-Bains, Châtel-Guyon, La Bourboule, Le Mont-Dore, Royat et Saint-Nectaire une architecture particulière : de belles villas, des anciens palaces, des casinos, et des établissements thermaux, pour accueillir une clientèle aisée venue se soigner et aussi se divertir.

La Bourboule. Façade de l'ancienne boulangerie Rozier, inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, les cariatides de l'hôtel de ville, les Grands Thermes de style néo byzantin et de nombreux anciens palaces caractéristiques de cette architecture.

Vichy. Reine des villes d'eau possède un patrimoine thermal remarquable. Thermes de style néo byzantin, hall de Sources et ses fresques, galeries métalliques Art déco, casino décoré de cariatides, théâtre Art nouveau aux décors or et ivoire.

Neuf communes classées Plus Beaux Villages de France

Dans l'Allier, Charroux est une ancienne place forte fortifiée.

Au coeur des Monts du Cantal, dans le Parc naturel régional des Volcans d'Auvergne, Tournemire et le château d'Anjony dominent la vallée de la Doire et Salers se distingue par son architecture datant principalement de l'époque du Bailliage des Hautes Montagnes d'Auvergne.

En Haute-Loire, Arlempdes a accueilli le premier château de la Loire. Blesle doit son existence et son essor à son abbaye bénédictine créée au IXe siècle. Si de la forteresse bâtie par les barons de Mercoeur ne subsiste que donjon, tours et mur d'enceinte, maisons à pans de bois et portes sculptées témoignent encore du passé médiéval du village. Lavaudieu s'est développé autour de l'abbaye bénédictine fondée en 1057 par le premier abbé de La Chaise-Dieu, Robert de Turlande.

Dominant la vallée du Haut Allier, sur la voie Régordane reliant l'Auvergne au Languedoc, Pradelles, ancienne place forte était une étape importante pour les marchands important les denrées du Midi ainsi que pour les pèlerins.

Dans le Puy-de-Dôme, sur l'ancienne voie Régordane reliant Auvergne et Languedoc, Montpeyroux, ancien village vigneron perché sur sa butte enroule ses maisons d'arkose autour de son donjon. Perché sur un pic volcanique, le village d'Usson offre un panorama exceptionnel à 360 degrés sur la Chaîne des Dômes, le Massif du Sancy, le Cézallier, les Monts du Cantal et du Livradois-Forez.

Châteaux
<p>Château de Cordès.</p>

Château de Cordès.

L'Auvergne est le pays des châteaux. Ils sont les témoins de son patrimoine historique, artistique et architectural et s'animent lors de réceptions, expositions, concerts... et aussi par l'accueil en chambres d'hôtes ou même parfois à l'occasion du tournage d'un film. Le département de l'Allier est truffé de vieux donjons, de forteresses médiévales, de châteaux et gentilhommières... 574 châteaux sont disséminés dans la campagne dont une quarantaine sont ouverts à la visite. La Route Historique des Châteaux d'Auvergne regroupe 43 châteaux ouverts à la visite sur les quatre départements et accueille chaque année environ 350 000 visiteurs soit la seconde plus importante fréquentation touristique en Auvergne après Le Pal.

Architecture religieuse
<p>La façade de la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay</p>

La façade de la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay

Les sanctuaires. Le temple de Mercure au sommet du puy de Dôme a été le plus spectaculaire.

L'art roman. La Basse-Auvergne, dont la zone géographique rassemblait alors le département du Puy-de-Dôme, une partie de celui de l'Allier, le nord du Cantal et l'arrondissement de Brioude en Haute-Loire, fut largement marqué par cette explosion. Les églises romanes sont nombreuses et présentent des particularités propres à l'Auvergne, grâce à l'utilisation ingénieuse de matériaux locaux, reconnaissables aussi dans les sculptures des corbeilles des chapiteaux, les peintures et la statuaire. Depuis une quinzaine d'années, l'Association Terres Romanes d'Auvergne a conçu un parcours des dix communes les plus représentatives du patrimoine roman exceptionnel. La " Route Romane " permet donc de découvrir : Auzon, Blesle, Brioude, Clermont-Ferrand, Issoire, Lavaudieu, Orcival, Mailhat-Lamontgie, Saint-Nectaire et Saint-Saturnin.

L'art gothique. Ce style est peu représenté en Auvergne et a donc très peu de caractéristiques propres à la région. La cathédrale de Clermont-Ferrand est de style gothique du Nord et du centre de la France. Construite en lave de Volvic, un matériau ingrat, mais apprécié par l'architecte pour sa résistance lui donne ce caractère austère. L'église de Montferrand est plutôt gothique méridionale, tandis que la cathédrale de Moulins, les chapelles d'Aigueperse, Riom et Vic-le-Comte rappellent celle de Paris. On retrouve le gothique languedocien dans l'abbatiale de La Chaise-Dieu, chef-d'oeuvre de l'art monastique. La cathédrale de Saint-Flour, Notre-Dame des Oliviers à Murat, Saint-Loup à Billom, Saint-Gal à Langeac... témoignent aussi de ce style.

Architecture militaire

Au XIIe siècle, la région se couvre de châteaux de formes très différentes en fonction de la particularité des lieux sur lesquels ils sont édifiés. Très souvent attaqués, détruits ou démolis par les villageois, ils ont pratiquement tous disparu. Néanmoins certains sont quand même parvenus jusqu'à nous. Anjony, Léotoing, Mauzun, Murol, Châteaugay, Tournoël, entre les monts Dôme et la Limagne, les tours de Bourbon-l'Archambault, les remparts de Billy ou les courtines d'Hérisson... Dans certains villages du Val d'Allier désertés par leur seigneur, les villageois inventent le fort villageois, constitué de maisons serrées les unes contre les autres, comme à La Sauvetat.

Ouvrages d’art

Le viaduc de Garabit. C'est peut-être, si ce n'est le plus connu, en tout cas le plus impressionnant. Pont métallique construit en 1884 par Gustave Eiffel, toute la difficulté de son édification a résidé dans le remplacement du point d'appui par un arc de 52 m d'ouverture dans une vallée très profonde. Long de 552 m, il enjambe la Truyère avec ses cinq travées, à plus de 120 m de hauteur. La remise en peinture du viaduc de Garabit a été décidée suite aux investigations détaillées qui ont mis en évidence le vieillissement de la peinture et à l'apparition de rouille dans les parties les plus exposées aux intempéries. Le poinsettia, ou rouge Gauguin, est donc la nouvelle couleur du viaduc. Pour cette remise à neuf, 38 tonnes de peinture seront utilisées, couvrant une surface de 51 000 m². Superbe mise en lumière du site.

Le viaduc des Fades. Félix Virard s'est inspiré en 1901 de l'ouvrage réalisé par le même Eiffel à Evaux-les-Bains, pour construire le viaduc des Fades. Composé d'un tablier en treillis d'acier, il se situe à 92 m au-dessus de la Sioule et est porté par deux piles en maçonnerie de pierre. Le viaduc est labellisé Patrimoine du XXe siècle.

Le pont suspendu de Saint-Projet-Arches. Dans le Cantal et la haute-vallée de la Dordogne, le pont suspendu de Saint-Projet enjambe la rivière Dordogne en une seule travée de 195 mètres de portée. La construction de ce pont qui relie le Cantal à la Corrèze et a été ouvert à la circulation en 1945, suite à la mise en eau du barrage de l'Aigle situé 5 km environ en aval. En contrebas, se trouvait autrefois le couvent de Saint-Projet du XVe siècle, l'église et le village de Saint-Projet-le-Désert, aujourd'hui sous les eaux.

Traditions et modes de vie

L'estive. Depuis la nuit des temps, chaque année, de fin mai à début octobre, les vaches quittent le bassin d'Aurillac pour les plateaux du Cézallier couverts de callune et de fleurs donnant ce goût si particulier au lait. Allanche est la commune du Cantal qui se place parmi les premières en superficie de terres d'estives. La transhumance donne lieu à la fête de l'estive qui a pour but de faire connaître les produits de terroir et de rassembler les inconditionnels de la race salers.

Les migrants. Depuis longtemps, l'Auvergne est un territoire de migrations. La plupart étant paysans, leurs petites exploitations ne leur permettant pas de vivre toute l'année, ils ont dû trouver des revenus complémentaires. Seule la Châtaigneraie cantalienne, grâce à la culture du chanvre, n'est pas impactée par le phénomène migratoire. Les migrants partaient travailler dans le Sud avant de revenir pour les moissons, d'autres peignaient le chanvre et cardaient la laine des moutons, tandis que les mariniers s'engageaient dès l'automne pour descendre diverses denrées sur les sapinières, en suivant le cours de l'Allier, puis celui de la Loire. Les chaudronniers couraient les villages et les foires pour réparer ou vendre leurs marchandises.

Les Auvergnats à Paris. Chaque année, une communauté s'organisait pour rejoindre à pied, Paris. Rarement vus d'un bon oeil, ils se regroupaient au sein d'amicales, défendant ainsi leurs traditions, musique et danse en particulier. Louis Bonnet, fils d'imprimeur, monté à Paris pour devenir journaliste, a l'idée de créer un journal pour soutenir ces milliers d'Auvergnats déracinés. En 1882, sort le premier numéro de L'Auvergnat à Paris. Plus tard, le Vellave Jules Vallès et Emile Zola apportent leur collaboration. Le journal gagne très vite des dizaines de milliers de lecteurs. En 1886, il met en place la Ligue auvergnate et du Massif central qui a pour but de fédérer tous les Auvergnats de la capitale. Depuis, la Ligue a multiplié ses activités et réunit huit filiales chacune spécialisée sur une thématique précise. En 1902, Louis Bonnet lance les " trains Bonnet " réservés aux expatriés, qui peuvent ainsi rentrer chez eux pendant leurs congés, pour une somme modique. Actuellement, les Auvergnats possèdent encore 60 % des cafés, hôtels-restaurants à Paris, et sont environ 500 000 en Ile-de-France. Plus particulièrement dans le quartier de la Bastille où se trouve le siège historique des Auvergnats de Paris, mais ils sont aussi partout dans la capitale, facilement repérables aux noms typiquement régionalistes qu'ont gardés leurs enseignes.

Langue

L'auvergnat est généralement considéré comme une langue d'oc, bien que certains soient d'avis que la langue auvergnate se trouve à mi-chemin entre les langues d'oc et les langues franco-provençales. Le dialecte d'oc auvergnat est parlé dans le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire, la région de Saint-Flour et de Mauriac et une partie importante du Bourbonnais - la région de Montluçon, de Gannat, de Vichy et la Montagne bourbonnaise. La plaine de l'Allier, jusqu'à Saint-Pourçain-sur-Sioule, et la Sologne bourbonnaise ont peu de vestiges de langue d'oc ; c'est le pays de la langue d'oïl, mais cependant des réminiscences se trouvent dans tout le département de l'Allier. L'aurillacois fait, lui, partie du domaine dialectal languedocien.

Lexique

Arpion : orteil.

Badaraud : niais.
Barailler : divaguer, mal marcher.
Batailler : discuter.
Faire la baube : faire la moue, la grimace.
Bauge : grand sac.
Belou : jeune enfant.
Biaude : blouse.
Bonnes gens ! : expression de compassion.
Bousin : bruit.
Brailles : pantalon.
Bredin : peu intelligent.
Cacau : oeuf, oeil.
Chougner : pleurnicher.
Crognon : quignon.

Démiolier : casser, briser

Se dépatouiller : se débrouiller.
Gaugne : joue.
Gonfle : gonflé.
Marche que ! : tant pis !
Avoir du montant : avoir du courage.
Obligé : obligatoire.
Personne plus : plus personne.
Petas : tissu.
Pogne : main.
Poutou : bisou.
Profiter : grandir et grossir.
A revoir : au revoir.
Trempe : trempé.

Artisanat

L'Aurillac : le parapluie contre la grisaille (Cantal). Cette fabrication a été introduite par Alexandre Périer, né à Marmanhac, émigrant cantalien revenu au pays pour monter sa première fabrique à Aurillac. Vers la fin du XIXe siècle, les manufactures employaient environ 3 000 personnes. Aujourd'hui, Aurillac est considérée comme la capitale française du parapluie, puisqu'elle assure 50 % de la production nationale.

La coutellerie de Thiers (Puy-de-Dôme). La coutellerie s'est développée à Thiers à partir du XIVe siècle, grâce aux habitants de Châteldon. Ces derniers étaient couteliers et avaient fui leur ville après la peste noire. Jusqu'au XVe siècle, l'usage des couteaux était réservé à la noblesse. C'est pourquoi il faut attendre le siècle suivant, époque d'apparition des couteaux pliants, pour que l'activité thiernoise connaisse un véritable essor, encore amplifié au XVIIe siècle. A partir du XIXe siècle, le nom du fabricant apparaît sur le manche, remplaçant des signes divers et variés. Les compagnons couteliers ont créé un magnifique couteau à la ligne pure et élancée symbolisant leur savoir-faire : le Thiers®.

La dentelle du Puy (Haute-Loire). On suppose que l'on fabriquait déjà de la dentelle au Puy dès 1408, et que l'Eglise eut une grande part au développement de cet art. Le Puy étant au Moyen Age un haut lieu de pèlerinage sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, les pèlerins se mêlaient aux marchands et il s'y vendait de tout, et surtout des dentelles. Le carreau était l'outil principal de la dentellière.

La lave émaillée (Puy-de-Dôme). Andésite est le nom géologique que l'on donne aux laves en tant que roche magmatique volcanique. Il n'existe cependant pas d'andésite vraie dans le volcanisme récent du Massif central. Toutes les laves utilisées pour les émaux sont donc des trachy-andésites, roche volcanique, dont les caractéristiques générales, non gélivité, résistance aux températures extrêmes et aux produits corrosifs et l'homogénéité en font un matériau fiable, esthétique, aux multiples utilisations. Elle est donc utilisée dans les domaines les plus variés (objets de déco, design, mobilier, crédences, bijoux, souvenirs, etc.) où leurs qualités techniques mais également la modernité, l'élégance et la sobriété de leurs tons gris, font des Laves de Chambois, du Mont-Dore et de Volvic, un matériau d'excellence qui n'a rien de comparable avec les laves d'origines chinoises que l'on retrouve malheureusement en Auvergne pays de la lave par excellence. L'émaillage sur lave est une technique permettant de produire la lave émaillée, utilisée pour la réalisation de plaques de rues, de tables d'orientation, de plans de travail pour les cuisines, de revêtements muraux, de panneaux décoratifs, mais aussi bijoux, plaques souvenirs, créations artistiques et objets design. L'Auvergne compte plusieurs ateliers-boutiques de lave émaillée qui sont aussi des lieux ouverts sur l'art et la culture avec des expos, concerts, rencontres, stages et découverte de l'émaillage sur lave.

Le papier d'Ambert (Puy-de-Dôme). Le papier connaît son apogée sous le règne de Louis XVI, puis c'est le déclin, sauf dans la vallée livradoise, et à Ambert, où cette activité survit encore quelque temps. Mais elle s'effondrera à son tour. Des trois cents moulins à papier qui bordaient la Forie, le Laga et le Grandif, il n'en reste qu'un : le moulin Richard-de-Bas.

La Route des métiers

Depuis 1987, la Route des métiers propose de découvrir les professions et les savoir-faire locaux à travers les musées, châteaux, les échanges avec les artisans et les producteurs. Chacun présente et conte sa structure aux visiteurs. Des producteurs du Bois dore au Chaudron de Fournioux en passant par les artisans de l'atelier Fleur de cuir d'Allègre, des Chapeaux de Fanny ou de l'atelier Magma ou encore le musée de la Dentelle à Arlanc, celui du Petit Monde des automates ou du papier à Ambert. Tout y passe et donne lieu à des conversations autour des peintures, de l'huile ou même des couteaux. Un savoureux mélange entre la tradition et la modernité.

www.routedesmetiers.fr

Musique – Danses
<p>Joueur de vielle</p>

Joueur de vielle

La bourrée. Elle est à l'origine un fagot de bois. Celui autour duquel on dansait, a donné son nom à la fameuse danse à deux ou trois temps. Pour certains, elle remonte à la Grèce antique. En tout cas, c'est une certitude, on la retrouve dans les suites de Bach, ainsi que chez Lully, Rameau et d'autres musiciens du XVIIe siècle. Evidemment, ce n'est pas encore celle que l'on connaît aujourd'hui. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la bourrée n'est pas au départ une spécificité auvergnate. Ce nom va être donné à une façon de danser propre à la région, au XIXe siècle. Elle se danse à deux, quatre, jusqu'à vingt personnes. Plusieurs variantes existent, parmi lesquelles la simple, la montagnarde, ou la figurée. Elle se danse au son de la vielle à roue, de la cabrette, de l'accordéon, du violon, auxquels on ajoute aujourd'hui le saxophone, le trombone... Beaucoup de groupes folkloriques voient le jour à partir de la fin du XIXe siècle, en particulier dans la capitale parisienne. Le groupe La Bourrée est créé par Louis Bonnet, fondateur de L'Auvergnat de Paris. Le reste du pays va suivre, un renouveau se faisant jour à partir du revival des années soixante-dix. C'est en effet l'époque où sont créés Les Brayauds, qui encore aujourd'hui organisent des bals, des festivals et des stages. De nombreux groupes de danseurs se sont aussi créés dans la région, certains organisant des spectacles dans toute la France.

Sports et jeux traditionnels

Adresses Futées de Auvergne

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