Guide des Pays Baltes : Arts et culture

<p>Musée en plein air (Eesti Vaba Humuuseum), danses et chants estoniens.</p>

Musée en plein air (Eesti Vaba Humuuseum), danses et chants estoniens.

Malgré la censure pratiquée par le régime soviétique, la culture nationale a toujours été très présente dans la société, servant de refuge aux populations. Comme on ne pouvait ni sortir, ni voyager, ni s'exprimer, on se cultivait ! Lors de notre premier séjour, ce qui nous a le plus frappé, c'est le niveau culturel des gens. Imaginez la surprise quand un concierge lituanien vous récite les vers d'un poème de Victor Hugo que vous ne connaissez même pas (le poème) ! Le turbulent passé du pays a enrichi le domaine culturel d'influences étrangères : le romantisme allemand, le Baroque, l'Art nouveau. L'université de Vilnius a été fondée en 1579 par les jésuites.

Au moment du renouveau national et identitaire de la fin du XIXe siècle, la culture, bafouée et occultée sous la domination de la Russie tsariste, a repris du poil de la bête et a servi de ferment aux mouvements d'indépendance. Une situation similaire a eu lieu au cours des années 1980, avant la chute finale de l'URSS.

Les intellectuels et les artistes se sont souvent trouvés à la tête de ces mouvements et se sont même essayés, dans un premier temps, à l'exercice du pouvoir politique : Vytautas Lansbergis, professeur de musicologie et pianiste, a pris la direction de l'Etat lituanien en 1990 tandis qu'en Estonie l'écrivain Lennart Meri devint président de la république deux ans plus tard.

Depuis la fin de l'URSS toutefois, l'activité culturelle a perdu de sa rage (teintée de tristesse et de mélancolie), de son énergie et d'une certaine imagination stimulées jadis par les contraintes. Les thèmes ont changé et la production culturelle en général devient peut-être plus " positive ".

Si l'argent manque toujours pour soutenir la création qui n'est pas la priorité des gouvernements, les activités culturelles " passives " se sont multipliées, comme en témoignent la prolifération des galeries d'art, l'ouverture de musées, etc.

ARTISANAT
<p>Poupées russes.</p>

Poupées russes.

Très riche, l'artisanat letton a connu son heure de gloire au XIXe siècle avec les céramiques de Dranda et, aujourd'hui encore, sa poterie est renommée. Comme le tissage et la broderie, la ferronnerie fait aussi partie des traditions lettones. Le bois et ses dérivés sont très utilisés dans l'art populaire (mobilier, plats, décoration...).

L'art populaire estonien qui connut son plus fort épanouissement au XIXe siècle est riche et se distingue sensiblement de celui des populations slaves voisines. Le textile surtout les vêtements d'hivers, notamment les pulls et chaussettes brodées. Les céramiques, la verroterie et les articles en cuir sont aussi populaires. Parmi les pièces d'artisanat les plus caractéristiques, et dont l'origine remonte à la préhistoire, citons les grands pots à bière (ollekünn) ou pots à lait dont l'anse se prolonge souvent vers le bas par un motif ouvragé, ou un type de licol sculpté utilisé pour les attelages de fête ou encore les vastes coffres à linge décorés. A Tallinn, la vieille ville recèle bon nombre de boutiques d'artisanat local. Les meilleurs souvenirs à apporter d'Estonie seront les objets en bois (genévrier et bouleau), des dessous de tables, des chopes à bière et même des clés USB aux motifs traditionnels. En passant par l'île Saaremaa les incontournables des souvenirs à se procurer sont les objets en dolomite.

CINÉMA

Avant 1990, le cinéma lituanien était très contrôlé par les Soviétiques et donc limité par la censure mais aussi par les moyens techniques et financiers. Il n'existait que le Lithuanian Film Studio, une entreprise d'Etat. A l'indépendance, le cinéma a découvert l'économie de marché et ses multiples possibilités. L'unique moyen de fabriquer un film, alors que le pays était complètement dévasté, était le financement privé. En 25 ans d'indépendance, 40 entreprises de production de films ont vu le jour en plus du Lithuanian Film Studio. L'entreprise cinématographique du long ou du court-métrage, comme de l'animation, est en pleine ébullition. Ouverte sur l'Est comme sur l'Ouest, la Lituanie est maintenant invitée à participer aux festivals de Cannes, de Berlin et de Venise. On attend de le découvrir. Si le cinéma lituanien vous intéresse, regardez les programmations, car il y a beaucoup de festival pendant l'année. Pour tout savoir sur le cinéma lituanien, visiter le site www.lfc.lt.

L'Estonie produit très peu de films. Cependant, les films d'animation estoniens ainsi que les documentaires se sont fait un nom dans le milieu cinématographique. Les réalisateurs Priit Pärn, Johannes Pääsuke, Mark Soosaar ont contribué à la promotion du cinéma estonien à l'étranger. En 2014, le public européen a pu découvrir Crosswind : La Croisée des vents (Risttuules) de Martti Helde. Le film raconte la vie d'une déportée estonienne en Sibérie. Tous les étés un festival international du film a lieu à Pärnu et en hiver c'est autour du festival de cinéma des Nuits noires à Tallinn que se réunissent les amateurs de septième art.

L'histoire du cinéma letton remonte jusqu'en 1910 avec la projection du film racontant l'arrivée du tsar Nicolas II à Riga. Deux ans plus tard, c'est à Riga que naît l'un des cinéastes russes les plus connus Sergueï Eisenstein. En 1923, un mécène russe finance la construction du premier cinéma Splendid Palace à Riga. Parmi les films tournés durant la période d'indépendance on peut citer Lāčplēsis d'Aleksandre Rusteikis (1933) et Le Fils du pêcheur de Vilis Lapenieks (1940). La période soviétique du cinéma letton fut marquée par l'apparition de la société de production cinématographique Riga Film Studio. C'est ici qu'ont été tournés les films du " Fonds d'Or " du cinéma letton dont le Marécage (Purva bridējs 1966), La montre du capitaine Enrico (Kapteiņa Enriko pulkstenis 1967) et Serviteurs du diable (Vella kalpi 1970). Le musée interactif Cinevilla à Tukums retrace l'histoire du cinéma letton et permet de découvrir les principales oeuvres cinématographiques du pays. Pour tout savoir sur le cinéma letton consulter le site suivant : www.nkc.gov.lv/en

DESIGN

Les arts appliqués et le design estoniens sont de plus en plus reconnus au plan international. Le design estonien en matière de graphisme, de luminaires, de mobilier, de textiles, de bijoux ou encore de vêtements a su se frayer un chemin jusqu'au marché international, jusqu'aux foires et aux expositions professionnelles. Newsweek a désigné, dans le passé, Tallinn comme une des capitales inattendues du design. L'Estonie doit cet honneur à l'aménagement à la fois moderne et raffiné de ses cafés et de ses restaurants, dû à un certain nombre d'architectes d'intérieur formés à l'aménagement de l'espace, tels que Pille Lausmäe, Gert Sarv, Maile Grünberg, le bureau Pink, etc. Les intérieurs impressionnent par leur caractère nordique, leur complexité maîtrisée et par de nombreuses solutions novatrices. L'un des domaines les plus tournés vers le design est l'industrie du textile et de la confection. Des marques telles qu'Ivo Nikkolo, Monton, Sangar ou Klementi occupent déjà une place non négligeable dans le paysage international et elles ne cessent d'améliorer leurs positions. La marque Hula, particulièrement novatrice, a été conçue en collaboration avec les étudiants de l'Académie des beaux-arts et se prépare à franchir les frontières du pays.

Outre l'importance de l'exportation de bois brut, l'Estonie connaît également une croissance rapide de la production de mobilier, qui offre beaucoup de travail aux designers dont le travail a été largement reconnu. C'est ainsi que Martin Pärn a obtenu le prix international Rote Punkt pour une création innovante appelée table de Martin. Mentionnons entre autres les entreprises Thulema (Martin Pärn), T&T Mang (Tiina Mang, Kaisa Raidmets, Aet Seire) et le producteur de luminaires 4Room (Tarmo Luisk). Deux grands producteurs de baignoires ont fait de cette branche un secteur concurrentiel : il s'agit de Balteco (design Toomas Kelder) et d'Aquator (Sven Sõrmus et Villi Pogga).

Le marché fait de plus une place importante aux petites entreprises axées sur le design : Matti Õunapuu, par exemple, occupe le créneau de la conception et de la production des box à skis. C'est sur le marché du design que la tradition estonienne des arts appliqués, profondément enracinée dans l'univers nordique, cherche aujourd'hui un débouché. Dans le domaine des bijoux et du textile, la frontière entre le design et les arts appliqués est difficile à déterminer comme le montrent les travaux de Katrin Amos et d'Ülle Kõuts. Le design en matière de textile s'affirme tout particulièrement pour sa qualité artistique et technique, avec les oeuvres de Mare Kelpman, de Monika Järg, d'Elna Kaasik et de bien d'autres encore.

FOLKLORE

Le folklore des trois pays Baltes est très ancré dans les traditions païennes du Moyen Age, antérieures à la conquête chrétienne. Situés au coeur même de leur culture, il a été l'un des facteurs principaux du renouveau national et identitaire au moment de l'indépendance, le lieu de l'expression de la résistance.

Le chant (choral notamment) tient une place prépondérante dans le folklore balte. N'a-t-on pas donné le nom de " révolution en chantant " aux divers mouvements d'indépendance des trois pays à la fin des années 1980 ?

Ces chants populaires sont appelés " daînas " en Lettonie et " daînos " en Lituanie.

De nombreux festivals, suivis par des milliers de personnes, ont lieu chaque année dans chacun des trois pays. Voir, pour les dates de ces festivals, la rubrique correspondante à chaque pays.

Les contes et les fables occupent une place importante dans l'imaginaire national et font largement référence aux anciennes divinités de la nature. Le Kalevipoeg, par exemple, conte épique estonien, est encore enseigné dans les écoles.

Très riche également, l'art folklorique s'exprime notamment dans la sculpture sur bois, que vous rencontrerez sous forme d'objets-souvenirs sur les étals dans les rues ou encore sous forme de totems (symbolisant les divinités païennes) dans les campagnes.

Les instruments de musique folklorique les plus courants sont la flûte, le bois de tout genre, anches, sifflets et autres cors, et, surtout, le plus caractéristique de la région, " l'arbre chantant " (kannel en estonien, kokles en letton, kankles en lituanien), une sorte de cithare à 25 ou 33 cordes. Pour la petite histoire, l'arbre qui sert à sa fabrication doit être coupé à la mort d'une personne du village...

L'accordéon, enfin, tient aussi une place importante dans la musique folklorique balte.

MÉDIAS

Il n'existe pas de publications en français dans la région baltique. Cependant on pourra trouver des informations en anglais couvrant les trois pays.

Commencez d'abord par acheter sur place le Baltic Times, un journal hebdomadaire en anglais qui donne des informations générales sur les trois pays.

La collection des guides In your Pocket - www.inyourpocket.com - fournit les renseignements pratiques en anglais que vous attendez sur chacune des villes baltes. A acheter dans les kiosques, les librairies, les offices du tourisme et dans certains hôtels.

Pour suivre l'actualité des pays Baltes consultez le site www.bnn-news.com. 

Au développement rapide de la presse écrite depuis l'indépendance, s'est ajouté celui des nombreuses radios privées de musique et d'information et des télévisions qui ont abandonné les sinistres et pauvres programmes de la période soviétique. De nombreux médias ont opté pour Internet comme principal moyen de communication.

En Estonie
Presse locale

Les principaux quotidiens sont : le Postimees (" Le Postillon "), couplé avec le magazine mensuel d'actualités Luup (" La Loupe "), Eesti Päevaleht (" Le Journal quotidien estonien "), Õhtuleht (" Le Journal du soir ") et le journal économique Äripäev (" Le Quotidien des Affaires "). Les quatre plus grands quotidiens tirent entre 20 000 et 70 000 exemplaires par jour et leur tirage cumulé avoisine les 200 000 exemplaires par jour. Les 2 hebdomadaires les plus importants, L'Eesti Ekspress (" Express Estonien ") et le Maaleht (" Le Journal de la Campagne ") ont un tirage total de 90 000 exemplaires par semaine. La presse estonienne subit une forte influence des médias des pays voisins comme la Russie, la Finlande et la Suède. Les périodiques en anglais et en allemand peuvent être facilement trouvés partout à travers le pays.

La presse électronique

Au rang des plus importants portails Internet figurent : Delfi, Neti, Hot, Zone et Eesti Päevaleht Online. De récentes études de marché révèlent que près de la moitié de la population utilise régulièrement Internet. Cela a accru de manière spectaculaire l'importance du service Internet de l'agence de presse Baltic News Service (BNS) et Estonian News Agency (ETA). En ligne vous trouverez les traductions anglaises de la presse locale sur le site : www.bns.ee

Radio

En Estonie, les stations les plus populaires sont : Eesti Raadio (la radio estonienne publique appartenant à l'Etat) ; Raadio Kuku (la première radio indépendante du pays, 100.7 FM à Tallinn), et Vikerraadio (103.5 FM à Tallinn).

Télévision

Les principales chaînes de télévision sont Estonian TV (www.etv.ee), Kanal 2 (www.kanal2.ee) et TV 3 (www.tv3.ee). Les chaînes nationales finlandaises et russes sont également accessibles.

En Lettonie
Presse française et étrangère

Les journaux en français ne sont pas faciles à trouver. Dans le Narvesen, un tabac-presse du Centre, centre commercial du centre-ville, on peut parfois acheter Le Monde, Courrier International et Le Canard enchaîné. Généralement, la presse internationale peut être facilement trouvée dans les hôtels.

La presse locale

Le public letton apprécie la lecture des journaux et a plus confiance dans les médias que dans d'autres institutions. La presse écrite est donc vivace, si ce n'est florissante. Elle est en général de bonne qualité ; la lecture de plusieurs journaux offre une information plus complète. La presse écrite accorde une grande importance aux questions européennes. Les principaux quotidiens en letton sont Diena, Neatkarīgā Rīta Avīze (" L'Indépendant du matin "), Latvijas Avīze (" Le Journal letton "), Dienas Bizness (" Les Affaires du jour ").

Radio

On peut capter BBC World Service sur 100.5 FM (pas encore RFI en français !). La radio russophone la plus populaire Mix FM (106.3 à Riga). Pour les radios en letton, la Radio Nationale, Latvijas Radio, possède 5 fréquences. Les plus écoutées sont Latvijas Radio 1 (90.7 FM à Riga) et Latvijas Radio 2 (107.7 FM à Riga).

Télévision

Les principales chaînes de télévision en Lettonie sont LTV 1 et 2 (Etat), TV 3 et TV 5 en letton et en russe.

En Lituanie
Presse française et étrangère

Il est encore difficile de trouver la presse française en Lituanie, excepté à l'Institut français de Vilnius, le centre Oscar Milosz, fondé en 1994 et pourvu d'un large choix de livres et de publications dans notre langue.

La presse anglophone, en revanche, est bien présente en Lituanie. Un hebdomadaire anglais traite de l'actualité de la région baltique (The Baltic Times). On le trouvera dans les librairies (plus rarement dans les kiosques) ou à la réception des grands hôtels.

Presse locale

Le Lietuvos Rytas (www.lrytas.lt) est un quotidien lituanien de qualité datant de 1989. Un autre quotidien Respublika est édité en lituanien et en russe.

Radio

En Lituanie, la radio nationale est Lietuvos Radijas, dont Lietuvos Radijas 1 (102.6 FM à Vilnius) et Lietuvos Radijas Klasika (musique classique, 105.1 FM à Vilnius). La station Pūkas (90.1 FM à Vilnius), qui diffuse du folk lituanien à longueur de journée, peut être une bonne entrée en matière pour découvrir la musique populaire du pays. La Lithuanie a le plus haut taux de pénétration des fréquences hertziennes en Europe, autant dire qu'on y capte bien ! Les plus populaires sont SWH sur 105.2 et 89.6 (SWH version russe), et STAR FM sur 106.2. Les radios lituaniennes programment des émissions en anglais : Radiocentras sur 101.5, Ruskoje Radijo (russe) sur 105.6, Znad Wili (polonais) sur 103.8, M-1 sur 106.8, BBC World Service sur 95,5 MHz. On peut capter Radio France Internationale (RFI) sur 98.3 MHz.

Télévision

La télévision publique est représentée par la LTV1 et la LTV2. Les autres chaînes sont la Télé 3, la LNK TV et, créée en 1993, une télévision commerciale Baltic TV. Des chaînes russe (TV 6) et polonaise sont également présentes sur le réseau. Grâce au câble, on peut capter à présent toutes les chaînes émettant des programmes internationaux. Pour la France : Canal France International et TV 5. La télévision lituanienne a cette particularité du doublage par une seule et même voix masculine pour l'ensemble des personnages, qu'ils soient masculins ou féminins. Ce doublage en léger différé fait disparaître la bande-son originale. Une expérience !

MODE

A Rīga, l'industrie de la mode, ce summum de la frivolité capitaliste, n'a (presque) plus rien à envier à Paris ou Milan. Quatre écoles de mannequins se sont créées dans la capitale lettone. Les défilés se succèdent et les créateurs ont pignon sur rue, habillant le show-biz comme le personnel politique local. La styliste Asnate Smeltere, avec sa marque SSalons A, exclusivement financée avec des capitaux privés, a été une des pionnières du secteur. Au mois de juillet, les soldes sont l'occasion de faire du shopping bon marché tout en arpentant le vieux centre-ville historique.

MUSIQUE

La Lituanie est connue pour son jazz (le saxophoniste Petras Vyšniauskas en est une figure bien connue). De nombreuses formations se produisent dans les bars de Vilnius, Kaunas ou Klaipėda. Mais le pays est aussi bien représenté dans le rock, avec, par exemple, le groupe BIX, idole des jeunes, et qui a sa propre boîte dans Vilnius. Un peu plus âgé, le Montand ou l'Aznavour lituanien s'appelle Povilaitis. Enfin, le musicien classique le plus célèbre est sans doute Čiurlionis (1875-1911). La musique américano-occidentale est très écoutée en Lituanie. La propagation des modes s'y fait désormais aussi vite qu'en Amérique ou que dans les autres pays d'Europe. Quant aux artistes français, on apprécie ici Patricia Kaas ainsi que tous les anciens de la chanson française (Dassin, Montand...).

La musique estonienne a été et demeure une partie indissociable de la culture nationale. Etre un " peuple chantant " fait partie de l'identité estonienne. Parmi les vestiges musicaux les plus anciens, il faut mentionner la tradition millénaire du chant populaire en octosyllabes appelé regilaul. Le chant populaire et la culture traditionnelle n'ont pas perdu leur vogue : des festivals de musique traditionnelle et populaire sont organisés dans tout le pays et de nombreux compositeurs ont puisé leur inspiration dans les traditions musicales du peuple estonien. Les compositeurs locaux tels que Arvo Pärt, Veljo Tormis, Erkki-Sven Tüür, Lepo Sumera, Sven Grünberg, ainsi que des chefs d'orchestre et de choeur comme Neeme Järvi, Eri Klas, Tõnu Kaljuste, Olari Elts ou Anu Tali, ont d'ailleurs une renommée mondiale. La tradition des festivals pan-estoniens de chant a débuté en 1869 à Tartu, où eut lieu le premier festival, réunissant près de mille chanteurs et musiciens venus de tout le pays. Aujourd'hui, c'est devenu une fête qui, tous les cinq ans, rassemble près de 30 000 chanteurs et musiciens devant un public de quelque 300 000 personnes. La tradition des festivals de chant en Estonie a inspiré, en 1988, ce qu'on appelle la Révolution chantante, qui a réuni des centaines de milliers de personnes sur la place du Chant pour exprimer leurs aspirations politiques et chanter des chants patriotiques. C'est en chantant que l'Estonie s'est libérée de l'occupation soviétique. En 2003, la tradition des festivals de chant et de danse, qui fête cette année ses 135 ans, a été inscrite, ainsi que l'espace culturel de l'île de Ruhnu, sur la liste des chefs-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'Unesco.

L'Estonie est connue dans le monde pour le haut niveau de l'enseignement de la musique et pour sa musique chorale. Cette dernière a été distinguée lors de l'attribution, en février 2004 à Los Angeles, des prix Grammy de la musique, qui ont été entre autres décernés au chef d'orchestre Paavo Järvi, aux chefs de choeur Tiia-Ester Loitme et Ants Soots, à la chorale de jeunes filles Ellerhein, au Choeur d'hommes national estonien et à l'Orchestre symphonique national d'Estonie pour leur disque de Cantates de Sibelius. Par ailleurs, c'est à Tallinn que le fameux piano Estonia a vu le jour en 1893 grâce au génie créateur d'Ernst Hiis. Sous Staline l'usine était la seule habilitée à fabriquer des pianos à queue. Après la chute de l'URSS l'entreprise a été privatisée par une société américaine.

En Lettonie, Wihtols et Kalninš sont les plus éminents représentants de la musique classique du début du siècle. Rīga était d'ailleurs un centre musical important et son ballet, créé en 1920 où se produisit Barychnikov, fut le plus fameux d'URSS. Aujourd'hui, Cosmoss, groupe de musique classique chantant à capella, et Ance Krauze, dans la catégorie traditionnelle, sont très populaires. Mais, c'est le rock qui est très apprécié par la jeunesse lettone, et les festivals se multiplient. Parmi les groupes locaux les plus représentatifs, il faut citer Brainstorm, Bet Bet, et Līvi, le groupe de hard rock letton. En 2000, la Lettonie, qui participe pour la première fois au concours de l'Eurovision, a terminé 3e au classement final avec le groupe Brainstorm, idole de la nouvelle génération. En 2002, la Lettonie garde le souvenir fier de sa victoire à l'Eurovision, grâce à sa candidate Marija Naumova, restée depuis très populaire.

La littérature lettone

L'écrivain le plus connu de Lettonie est incontestablement Jānis Rainis (1865-1929). Il s'opposa dans ses écrits (pièces de théâtre, poésies) à l'oppression russe, ce qui lui valut l'exil. La littérature lettone compte aussi dans ses rangs des auteurs tels que le nouvelliste Rūdolfs Blaumanis (1863-1908), Anna Brīgadere (1861-1933) et Kārlis Skalbe (1879-1945), qui puisèrent leur inspiration dans des contes très présents dans l'imaginaire letton. L'épopée nationale lettone s'inspire d'ailleurs de celui d'Andrējs Pumpurs, le Lāčplēsis, Le Tueur d'ours, écrit au XIXe siècle. La littérature récente est représentée par des romanciers tels que Zigmunds Skujinš ou la nouvelliste Andra Neburga.

Musées estoniens

Les musées estoniens mettent en avant les quelques collections de poteries datant des Estes, premiers habitants de la région. Les motifs utilisés alors pour la décoration des objets quotidiens ne s'assimilent à aucun autre, mais cette spécificité a peu à peu été supplantée par les symboles des tribus finno-ougriennes. La plupart des objets et productions artistiques du pays datent du XIIe siècle, des invasions danoises et germaniques. Les motifs retrouvés prennent alors une tournure clairement religieuse. Les plus beaux ont été retrouvés dans quelques églises de Tallinn sous les peintures Renaissance.

PEINTURE
<p>Peintre au palais de Rundāle.</p>

Peintre au palais de Rundāle.

Les figures les plus connues de la peinture lettone sont Jānis Rozentals (impressionnisme et Art nouveau) et les paysagistes Purvītis et Valters.

La peinture estonienne apparaît comme réaction à la domination allemande dans la région balte à la fin du XIXe siècle. Le réveil national provoque des changements dans le milieu culturel et artistique de l'époque. Les peintres les plus connus de cette période sont Johann Köler, Karl Ludwig Maibach, Paul Raud. Parmi les peintres contemporains on peut citer Mare Vint et Andres Tolts.

Vilhelms Purvītis (1872-1945)

Après avoir suivi les cours de l'Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, il voyagea en Europe où il participa à de nombreuses expositions. La plupart de ses tableaux représentent des paysages lettons sous la neige ou au printemps.

Après la Première Guerre mondiale, il devint professeur à l'Académie des beaux-arts en Lettonie qu'il avait contribué à créer. Entre les deux guerres, il joua un rôle essentiel dans le développement de l'art pictural letton.

Jānis Rozentāls (1866-1916)

Il est l'un des plus illustres peintres lettons. Très connu pour sa peinture de genre et de portrait, il peint à la manière réaliste du XIXe siècle, puis découvre l'impressionnisme qu'il confond avec l'Art nouveau.

Jānis Valters (1869-1932)

Etudiant à l'académie des arts de Saint-Pétersbourg, à la fin du XIXe siècle, il émigre définitivement en Allemagne en 1906. Il se perfectionne dans la peinture dite " paysagiste ".

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