Guide des Pays Baltes : Politique et économie

POLITIQUE
Estonie

L'Estonie est une république parlementaire. Le président de la République, chef de l'Etat, est élu au premier tour de scrutin par le Riigikogu, le parlement et, au second tour, si nécessaire, par un collège électoral. Son mandat est de 5 ans, renouvelable une fois. Il dirige la défense nationale, proclame les lois votées au Riigikogu, désigne le Premier ministre et peut initier une révision de la Constitution. Jusqu'en août 2016, le pays était dirigé par un président pro-européen Toomas Hendrik Ilves, surnommé " e-président " qui avait misé ses deux mandats sur le développement du potentiel numérique du pays. Les élections de 2016 resteront parmi les plus longues dans l'histoire du pays. Pour la première fois depuis l'indépendance du pays, le président a été élu seulement au sixième tour ! Le problème du choix d'un candidat commun a finalement été résolu en automne par la désignation de Kersti Kaljulaid qui devient Présidente de l'Estonie en octobre 2016. Le chef du gouvernement estonien est le Premier ministre, actuellement Jüri Ratas (Parti du centre). Le Riigikogu est composé de 101 députés, élus au suffrage universel direct pour 4 ans. Administrativement, l'Estonie est divisée en 15 départements, 202 municipalités rurales et 39 villes. Le droit de vote est réservé aux citoyens de nationalité estonienne âgés d'au moins 18 ans.

Depuis l'indépendance de 1991 jusqu'en 2008 l'Estonie a récolté les fruits de sa nouvelle politique : la croissance économique était au rendez-vous, l'inflation était maîtrisée et le budget assaini. Il est vrai que le pays avait aussi bénéficié de ses relations commerciales et politiques avec ses voisins nordiques, principalement la Finlande qui considère l'Estonie comme sa petite soeur. Les institutions financières internationales classaient les résultats de l'Estonie parmi les meilleurs d'Europe centrale et orientale, et en faisait le modèle du tigre balte par excellence. Avec la crise et les mesures idoines pour limiter les effets sur le tissu économique et la finance nationale, l'Estonie a été certes moins meurtrie que les deux autres pays mais n'en est pas sortie moins exsangue.

Comme en Lettonie, les relations avec la Russie restent ici dominées par la question des minorités russophones. En 2004, l'Estonie a intégré l'Union européenne (1er mai), l'OTAN (29 mars) et la zone euro en janvier 2011.

Les pays Baltes et l'Union européenne

Le processus d'élargissement de l'Union européenne enclenché en 1992 par le traité de Maastricht a obtenu un premier aboutissement en 2004. Après une longue période de négociations (12 ans), dix pays ont été invités à adhérer à l'UE (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Malte, Chypre, Hongrie). Depuis le 1er mai 2004, les trois Etats baltes font partie intégrante de l'Union européenne. En juin 2004, les trois pays Baltes ont élu leurs représentants au Parlement européen. Le nombre de députés de chaque pays s'élevait à 6 pour l'Estonie, 9 pour la Lettonie et 13 pour la Lituanie.

La Lituanie s'est vu refuser son entrée dans la zone dès 2007. En 2008, L'Estonie et la Lettonie ont reporté la date de l'adoption de l'euro du fait de la crise financière et de la trop forte inflation qui en découlait. Aucune date n'a été arrêtée du fait du contexte international et de son instabilité pour la Lettonie. Toutefois, l'Estonie a pu rejoindre la zone euro en 2011. Une entrée fort mitigée par les Estoniens à la fois mécontents de la perte de la couronne, qui était devenue au lendemain de la seconde indépendance un réel symbole national, et des sacrifices opérés pour prétendre devenir le 17e membre ayant adopté la monnaie unique européenne. La Lettonie est passée à l'euro le 1er janvier 2014, suivie de la Lituanie le 1er janvier 2015.

Grâce à une politique de restrictions budgétaires sévères, les pays ont su se redresser et finaliser leur parcours vers l'Europe par l'admission dans la zone euro. Dorénavant, les États baltes se soumettent à la législation édictée par le Conseil de l'UE et la Commission européenne (décisions, directives...) et bénéficient du Marché commun. Par ailleurs, la présidence tournante de l'UE a déjà été assurée par les pays baltes : Lituanie en 2013, Lettonie en 2015 et l'Estonie en 2017.

Lettonie

Le régime actuel de la Lettonie est directement issu de la constitution de 1918, remise en fonction depuis 1991. Il s'agit donc d'un régime parlementaire unicaméral ressemblant fortement à notre IIIe République. L'Assemblée unique (Saeima) compte 100 députés qui élisent le président de la République. Il n'existe pas de représentation régionale ou locale au niveau central et la démocratie de proximité se réduit aux élections municipales. Un gouvernement de 13 ministres est nommé et conduit par le Premier ministre. La Saeima et le président ont la possibilité de dissoudre le gouvernement par la procédure de " question de confiance " en particulier en matière budgétaire. Le président peut dissoudre la Saeima mais ses pouvoirs sont relativement limités à la diplomatie extérieure et à un droit de veto. Le 17 juin 1999, Mme V. Vīke-Freiberga est élue présidente de la République de Lettonie et elle devient alors la première femme de l'histoire de l'Europe centrale et orientale et de l'ex-Union soviétique à avoir été élue à la tête d'un État. Sa première élection a surpris et certains se montrèrent sceptiques de voir une femme au pouvoir de leur pays, en revanche sa réélection le 20 juin 2003 pour un mandat additionnel de 4 ans ne fut pas une grande surprise. En 2007 lui succède Valdis Zatlers, avec Valdis Dombrovskis comme Premier ministre. Élu en 2009, Dombrovskis a pour mission de lutter contre les effets de la crise économique mondiale, ce qui le porte à adopter un plan d'austérité budgétaire draconien, prévoyant une baisse de 20 % des salaires de la fonction publique, la division par deux du salaire des enseignants, une baisse de 10 % des pensions de retraite et la fermeture de plusieurs hôpitaux. En novembre 2013 il démissionne après l'effondrement d'un supermarché à Riga, dont il assume la responsabilité politique.

Actuellement, le président letton est Raimonds Vējonis (Union des Verts et des Fermiers), élu le 8 juillet 2015. Il est le premier chef d'État écologiste en Europe. Depuis le 11 février 2016 le gouvernement est dirigé par le Premier ministre Māris Kučinskis succédant à Laimdota Straujuma, première femme à avoir dirigé l'exécutif letton.

Les enjeux

Depuis l'indépendance et malgré une grande instabilité (peu de gouvernements ont tenu plus de 200 jours), les principaux axes de la politique des gouvernements successifs ont visé à l'adhésion à l'Union européenne et à l'OTAN. Ces deux objectifs ont été atteints en 2004. Un flou certain existe maintenant quant à la volonté politique tant nationale qu'internationale. Inféodée aux alliés qui l'ont aidée dans ses démarches d'adhésion et sous l'influence des très puissants groupes d'intérêts économiques (essentiellement russes, scandinaves et nord-américains), la Lettonie mène une politique économique ultra-libérale et souffre encore d'une importante corruption économico-politique. La population lettone semble généralement politiquement passive : il a fallu attendre 2004 et la nomination sans consultation de Mme Udre (porte-parole de la Saeima sous l'étiquette écologiste, dont le parti bénéficie de nombreux financements occultes) au poste de commissaire européen pour voir les premières manifestations ayant pour cible l'action du gouvernement, mais c'est avant tout d'une différence des modes de contestation ou de résistance qu'il s'agit : comme ils le disent eux-mêmes " la pire chose qu'un Letton puisse vous faire est de vous ignorer ". Un véritable choc s'est produit en janvier 2009 avec des émeutes sociales suivant une manifestation suivie par près de 10 000 personnes : conséquence directe de la crise sérieuse que traverse le pays et des difficultés pour bien des familles de vivre correctement après des années de crédit facile. En 2011, la croissance repart finalement après une crise très difficile de plus de deux ans, commencée avec la crise internationale de 2008. Grâce à une série de réformes, l'économie lettonne en 2013 semble assainie et intègre la zone Euro en 2014.

Les relations avec la Russie

Les relations avec la Russie demeurent délicates en raison de l'importante population russe présente en Lettonie, mais aussi, de façon continue depuis Pierre Ier de Russie, à cause de la large façade maritime aux ports dégagés des glaces hivernales que partagent les trois États baltes. La principale source de revenus de la Russie est l'exportation vers l'Occident de ses matières premières ou de celles des pays qu'elle contrôle par le biais des accords C.E.I.

Les intérêts russes contrôlant une assez grande part de la finance locale et ayant parfois un monopole d'approvisionnement (pétrole, gaz), l'humour letton résume la situation par la formule " La finance russe tient la politique lettone par la bourse ". Par ailleurs, la question du traitement des non-citoyens est régulièrement amplifiée - souvent à outrance - par la diplomatie russe comme moyen de pression afin d'obtenir une ouverture linguistique (et donc politique) russe en Europe. De nombreuses manifestations de rues en Lettonie ont été largement monopolisées par des actions " spontanées " dirigées et financées par Moscou (contre l'adhésion à l'OTAN, contre la réforme de l'éducation en langue lettone...).

L’Union européenne

Le processus d'élargissement de l'Union européenne enclenché en 1992 par le traité de Maastricht a obtenu un premier aboutissement en 2004. Après une longue période de négociations (12 ans), dix pays ont été invités à adhérer à l'UE (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Malte, Chypre, Hongrie). Depuis le 1er mai 2004, la Lettonie fait partie intégrante de l'Union européenne. Cependant elle ne remplit pas encore les critères économiques nécessaires (stabilité des prix, taux d'échanges stable, très forte inflation...).

Dernier des neuf pays à se prononcer par référendum sur l'adhésion à l'Union européenne, la Lettonie a voté massivement en faveur du oui à l'Europe (67 % de voix positives). Les citoyens se sont massivement déplacés pour entériner le processus d'adhésion engagé depuis plusieurs années et porteur de grands espoirs. Le taux de participation a été de 72,53 %. Les bureaux de vote à l'étranger ont confirmé ce soutien massif.

Lors des élections européennes de juin 2004, la Lettonie a élu pour la première fois ses neuf représentants au Parlement européen, comme un peu partout en Europe. A l'issue du vote, le TB-LNNK (Parti pour la patrie et la liberté) et la JL (Nouvelle Ere), partis nationalistes traditionnellement alliés, ont remporté six des neufs sièges à pourvoir. Un siège a également été obtenu par le LC (la Voie lettone). La victoire des partis de droite a créé la surprise, cent jours seulement après l'intronisation du gouvernement de coalition dirigé à l'époque par l'écologiste Indulis Emsis.

La Lettonie a assumé la présidence tournante de l'Union Européenne de janvier à juin 2015. Elle a également affirmé son attachement à l'intégrité territoriale de l'Ukraine ce qui a ravivé à l'échelle nationale la tension russo-lettonne.

Lituanie

La Lituanie est désormais une démocratie parlementaire. Le président de la République est élu au suffrage universel pour cinq ans.

Au moment de l'indépendance, la personnalité politique la plus en vue était Landsbergis, à l'époque à la tête du mouvement nationaliste Sajudis. Depuis, l'homme - plutôt de droite - a fondé son propre parti et a perdu les élections présidentielles de 1993. C'est l'ex-communiste, le populaire Brazauskas (du Parti démocratique du travail, DLP), qui les a remportées. A noter que Brazauskas a été le premier leader communiste en 1989 à se séparer de Moscou. Pragmatique et homme de terrain (particulièrement apprécié dans les milieux agricoles), son passé lui a permis d'entretenir de bonnes relations avec la Russie, ce qui n'était pas négligeable. Les législatives de 1996 ont été de nouveau gagnées par les conservateurs et Brazauskas a dû composer avec un gouvernement de droite et un président du Seimas (Assemblée) qu'il connaissait bien (Landsbergis).

Les élections présidentielles de février 1998 ont désigné Valdas Adamkus comme troisième président lituanien depuis le retour à l'indépendance. Lituanien vivant aux États-Unis depuis 48 ans, Adamkus, qui occupait aux États-Unis un poste important dans l'administration, a dû renoncer à la citoyenneté américaine. Parmi les promesses sur lesquelles était basée sa campagne, figuraient celles de dynamiser l'économie et de mettre un point final à l'époque de transition. En janvier 2003, à la surprise générale, l'ancien maire de Vilnius, Rolandas Paksas, remporte les élections présidentielles aux dépens du président sortant. Celui-ci n'occupera ses fonctions que pendant 18 mois car il est destitué le 6 avril 2004 pour corruption et violation de la Constitution, après quatre mois de bataille de la part de la population. Valdas Adamkus redevient président lors des élections organisées le 13 juin 2004.

Depuis 2009 le pays est dirigé par Dalia Grybauskaitė, ancienne commissaire européenne, élue à 69 % des votes. Fervente défenseure des droits de l'homme, on l'appelle " Dame de fer " notamment pour sa prise de position dans le conflit russo-ukrainien. Elle soutient ouvertement la cause ukrainienne et accuse Moscou de vouloir accaparer l'Europe de l'est. La Lituanie est également membre de l'OTAN depuis 2004. Selon des experts, son adhésion au bloc a permis au pays de faire face à la Russie et a marqué le point de non-retour dans le passé soviétique.

Les relations avec la Russie

Les relations entre la Russie et la Lituanie ont toujours été tendues. Pour Moscou, comme les deux autres pays baltes, la Lituanie faisait partie de sa zone d'influence. Avec l'adhésion à l'UE et à l'OTAN, le pays a réussi à diminuer l'impact de la Russie sur sa politique intérieure et extérieure au grand dam de son puissant voisin. Depuis la crise ukrainienne, le gouvernement lituanien exprime ouvertement son soutien à l'Ukraine et ne prend pas de gants en critiquant la politique hostile de Moscou vis-à-vis des anciennes républiques soviétiques.

L’Union européenne

La Lituanie a intégré l'UE le 1er mai 2004. Elle a rempli presque tous les critères économiques nécessaires pour intégrer la zone € (stabilité des prix, taux d'échanges stable...), mais est encore à la traîne concernant certaines politiques européennes, notamment sur le plan agricole. Dès le mois de juin 2004, la Lituanie a élu ses représentants au Parlement européen. Les députés européens ont été élus par la population de chacun des trois pays. En décembre 2007, la Lituanie est entrée dans l'espace Schengen. Elle a assumé la présidence européenne du 1er juillet 2013 au 1er janvier 2014.

Enclave de Kaliningrad

L'enclave de Kaliningrad fait partie de l'administration russe en tant que région (oblast). Un gouverneur est nommé par le président russe.

Kaliningrad en veut à l'Union européenne de la présenter sous un jour noir. Les rapports provenant de Bruxelles insistent tous sur la pollution, le sida, les trafics ou la misère, sur le fait qu'un habitant sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté. " Cette image ne correspond pas à la réalité, s'exclame le député régional Sergueï Kozlov. A 2,8 %, le taux de chômage est un des plus bas de Russie. De nombreuses entreprises ne trouvent pas de salariés. En fait, ici, nous sommes plus actifs, plus européens ". Les plus entreprenants ont su tirer parti de la situation géographique. Suivant un mouvement général dans toute la Russie, de confortables hôtels délaissant la rusticité des anciens Intourist et accueillent désormais avec professionnalisme les touristes dans la ville natale de Kant.

Kaliningrad et l’élargissement de l’Union européenne

Tout d'abord, la dynamique d'exclusion du territoire de Kaliningrad due au processus d'élargissement n'a été que très tardivement perçue comme potentiellement handicapante par Moscou. Cet éveil tardif n'a fait que renforcer chez les autorités russes le sentiment de se retrouver devant ce fait accompli qu'est l'acquis communautaire et la législation Schengen.

De même, l'Union européenne n'a commencé à s'interroger sur Kaliningrad qu'en 2002 alors que le sujet est devenu hautement politisé et l'objet de fortes tensions de la part des deux protagonistes. En 2004 la Russie et l'Union européenne ont reconnu l'urgence d'arrangements particuliers pour réguler le transit des frontaliers russes. Finalement, ce n'est qu'en 2011 que les dirigeants européens se sont entendus avec leurs homologues russes sur la nécessité de la mise en place de mesures facilitant la circulation des Russes de Kaliningrad et le reste du pays. Des négociations tripartites (Russie, Union européenne, Lituanie, Pologne) se sont alors engagées et ont abouti à l'abolition des visas en 2012. Les habitants de la région de Kaliningrad n'ont plus besoin de visas pour voyager à travers l'Europe, mais d'un permis valable deux ans.

Le DFT facilite le transit

Le nouveau régime introduit deux principaux documents facilitant le transit par la Lituanie depuis et vers la Russie : le premier est un régime de documents facilitant le transit (DFT) par voie terrestre des ressortissants russes. Il est valable pour une durée limitée à un an. Le deuxième document facilitant cette fois le voyage par train (DFVT) est délivré aux personnes traversant le territoire lituanien par train. Les deux documents sont gratuits. Ce nouveau régime a nécessité des moyens supplémentaires importants afin de faire face au nombre de demandes. Un nouveau consulat lituanien a même été créé à Sovietsk, la seconde ville de l'enclave. La situation n'est cependant pas brillante et malgré les efforts fournis par les autorités lituaniennes, des queues interminables se forment chaque jour devant les consulats lituaniens et la période minimale nécessaire pour recevoir ces fameux documents de transit peut atteindre jusqu'à sept ou huit jours.

A la recherche de nouvelles solutions

L'Union européenne réfléchit actuellement à la possibilité de mettre en place une sorte de train à grande vitesse reliant Kaliningrad à Saint-Pétersbourg, qui éviterait le recours à des documents de voyage spécifiques. Des études de faisabilité sont en cours, et la solution actuelle est considérée comme permanente aux yeux de l'Union européenne.

La volonté " intégrationniste " de l'Union européenne a abouti à l'aberrant isolement de ce morceau de territoire russe qui a vu naître Kant. Le nouveau régime de transit est une ingérence claire de l'Union dans les affaires intérieures russes. La Russie s'est vue imposer la législation Schengen et a dû accepter cette situation de fait, contre son propre gré. Le discours de l'Union ne cesse de vanter les mérites de l'élargissement et de sa logique " intégrationniste " clamant son effet bénéfique sur la paix et la stabilité en Europe. Cependant ces effets semblent s'arrêter aux frontières mêmes de l'Union tandis que derrière ces nouvelles " lignes de démarcation ", une partie de la population frontalière souffre d'une mise à l'écart de cette nouvelle zone de liberté et de sécurité en Europe.

ÉCONOMIE

Durant la période soviétique, les Républiques baltes étaient considérées par le reste de l'URSS comme prospères et privilégiées (installation d'usines de pointe, technologie avancée, meilleur niveau de vie). Vitrines soviétiques face au monde occidental, elles bénéficiaient d'une position stratégique et intermédiaire. Cependant, comme dans la totalité de l'Union soviétique, la vie y était difficile et sans éclat.

En dépit des nettes améliorations apportées par l'effondrement de l'URSS (arrivée des produits occidentaux, fin des queues interminables devant les magasins d'État, liberté d'expression et de mouvement...), les premières années d'indépendance ont été difficiles. Dans les années 2000, les trois pays connaissent stabilité et croissance.

Avec l'intégration à l'Union européenne, l'afflux d'investissements étrangers et de fonds européens s'accélère et la région connaît une euphorie économique. Les salaires augmentent vite, bien qu'ils restent encore très inférieurs à la moyenne européenne. Les loyers s'envolent, les centres commerciaux poussent comme des champignons... La crise économique de 2008 a beaucoup frappé ces trois pays qui du fait de l'importance de leur secteur tertiaire ont subi frontalement les effets de celle-ci. En corollaire : hausse des prix vertigineuse, apparition du chômage de masse et gel de projets immobiliers. Des émeutes ayant même eu lieu en 2009 en Lettonie et Lituanie afin de protester contre la situation et la précarisation d'une partie de la population. Des politiques de forte austérité appliquées en 2010-2012 dans les trois pays ont permis de sortir de la crise et de connaître un nouvel essor du développement économique et social. Aujourd'hui, les pays baltes sont souvent appelés " tigres baltes " du fait d'une importante modernisation économique menée depuis leur indépendance.

L’Estonie, un pays libéral

Après l'indépendance, l'Estonie a réussi à passer d'une économie administrée et centralisée à une économie de marché dynamique, libéralisée par des gouvernements successifs qui ont observé une stricte orthodoxie budgétaire, tout en menant à bien la modernisation du pays. Surnommée le " tigre balte ", l'Estonie a connu entre 2000 et 2007 une croissance annuelle moyenne supérieure à 8%, soutenue principalement par l'importance des investissements étrangers et la hausse des salaires, et accompagnée par une forte réduction du chômage. Très dépendant des investissements étrangers, le pays a été durement frappé par la récession en 2008-2009, qui a causé une diminution du salaire moyen de presque 5%. Mais dès 2010, l'économie estonienne entame une nouvelle croissance. Cette tendance s'est poursuivie et intensifiée les années suivantes. Toutefois, la crise laisse dans son sillage un taux de chômage élevé ainsi qu'un tissu social assez fragilisé, notamment dans les régions russophones de l'est. L'émigration est en croissance pour des raisons économiques (médecins en Finlande et en Suède, experts informatiques aux Etats-Unis). Le pays, qui comptait 1,5 million d'habitants en 1995, en a perdu plus de 200 000. Le gouvernement estonien essaie de résoudre cette crise démographique à travers un programme visant à solliciter le retour des émigrés dans le pays, et à augmenter le taux de natalité.

Les différents secteurs économiques

La structure économique de l'Estonie est dominée par le secteur des services, en particulier le transport, le commerce et le tourisme. Si l'agriculture a considérablement décliné, l'industrie reste quant à elle diversifiée autour de quelques secteurs porteurs comme la sous-traitance électronique et des télécommunications ou les activités liées à l'exploitation du bois et des ressources naturelles. Le secteur de pointe de l'économie estonienne est l'informatique. Ce sont les programmeurs estoniens qui ont développé Skype, ainsi que les systèmes de paiement par téléphone mobile, le vote par Internet, la carte d'identité électronique multifonctionnelle ; ils ont aussi déployé des efforts sur le plan de la cybersécurité.

L'Estonie est au carrefour de l'ouest et de l'est de l'Europe et elle a toujours eu d'excellents ports de commerce et de transit qui ont beaucoup joué dans le développement du pays. Après la restauration de l'indépendance, la part du secteur financier s'est considérablement accrue. Aujourd'hui, les investissements étrangers sont impliqués dans environ 90 % du secteur bancaire estonien. Enfin, l'Estonie est un excellent exemple de pays ayant réussi à passer d'une économie planifiée à une économie de marché en pleine expansion.

Un des pays les plus libéraux au monde
Statistiques de l’Estonie

PIB : 44 Mds € ; taux de croissance : 3,5 %.

Inflation : 3,8 %.

Chômage : 6,5 %.

Salaire moyen : 1 100 €.

Salaire minimum : 470 €.

Principaux partenaires commerciaux : Finlande, Allemagne, Suède, Russie.

Données de l'année 2018

Le tourisme dans l’économie

Le secteur du tourisme représente près de 10 % du PIB estonien. Depuis mai 2004, en raison de l'intégration de l'Estonie au sein de l'UE, les statistiques sur le nombre de ressortissants étrangers traversant les frontières estoniennes ne sont plus disponibles. Cependant cet indicateur a été en constante augmentation. Le nombre de touristes ayant visité l'Estonie en 2017 a atteint 1,8 million pour une population estonienne de 1,3 million d'habitants.

Les touristes en Estonie viennent principalement de Finlande (plus de la moitié) et de Russie, mais aussi de Suède, d'Allemagne, d'Italie, de Lettonie et, de plus en plus grâce à l'arrivée des compagnies à bas prix, de Grande-Bretagne. Tallinn est la première destination touristique du pays. La plupart des touristes qui restent moins d'un jour en Estonie, principalement les Finlandais, viennent, non pas pour visiter, mais pour acheter des produits vendus moins chers : bières et autres alcools, produits alimentaires, mais aussi produits de soin, de beauté, vêtements et biens d'équipement de la maison.

L'adhésion à l'UE a permis à l'Estonie d'ouvrir ses portes aux touristes occidentaux et de leur faire découvrir tous les attraits de ce pays plein de contrastes aux confins de l'Europe.

La Lettonie, entre stabilité et croissance

Il est bien loin le temps où la Lettonie, sortant de près de cinquante ans de communisme, voyait sa production chuter et connaissait l'hyperinflation.

De 1999 jusqu'à 2007, la Lettonie connaît une croissance très soutenue du PIB avec une progression moyenne de plus de 8 %, qui lui a valu, aux côtés de l'Estonie et la Lituanie, d'être qualifiée de " tigre balte ". Le niveau de vie letton, toujours le plus faible de l'Europe des 28, rattrape celui de ses pairs européens. Mais le pays a été durement atteint par la crise financière et économique en 2008-2009 ; son PIB a chuté de 18% en 2009. Les mesures d'austérité particulièrement rigides alors mises en oeuvre ont provoqué une forte réduction de la masse salariale et des dépenses publiques. Le chômage reste une préoccupation majeure qui touche principalement les régions les moins développées et les populations non formées et non mobiles. Après trois années de récession, l'économie lettone a affiché en 2011 un des meilleurs taux de croissance de la zone Euro.

En dehors du bois qui représente 33 % de ses exportations, la Lettonie ne dispose pas de ressources naturelles ni d'équipements industriels. Son économie est peu diversifiée et les échanges avec l'Union européenne encore limités. Le pays est un passage incontournable pour le pétrole russe, ce qui est une source de revenus non négligeable pour la Lettonie, mais accroît sa dépendance envers son grand voisin russe avec lequel elle a bien du mal à trouver un équilibre politique.

Statistiques de la Lettonie

PIB : 28,4 Mds € ; taux de croissance : 4,5 %.

Inflation : 2,8.

Chômage : 8 %.

Salaire mensuel moyen : 925 €.

Salaire mensuel minimum : 370 €.

Principaux partenaires commerciaux : Lituanie, Russie, Estonie, Allemagne.

Données de l'année 2018.

Les différents secteurs de l’économie

Le secteur primaire. Le secteur primaire (agriculture, sylviculture et pêche) ne représente plus que 4,1 % du PIB letton, contre 20 % au début des années 1990. Cependant il reste important car il emploie encore aujourd'hui 11,6 % de la population active. Le secteur primaire joue un rôle essentiel dans la création des emplois ruraux et régionaux alors que le taux de chômage dans les campagnes lettones atteint parfois 25 %. Depuis l'indépendance le secteur de la pêche voit sa production décliner tout comme la production de viande. Le secteur fait face à une restructuration notamment pour se mettre en conformité avec les normes européennes.

Le secteur agricole, après l'indépendance, a dû faire face à une importante restructuration : les terres jusqu'à là collectives ont été privatisées et restituées aux anciens propriétaires ou à leurs héritiers. Les anciens kolkhozes soviétiques ont été démantelés, les machines et les terrains, qui étaient jusque-là en commun, partagés. Aujourd'hui le secteur agricole souffre de la faible taille des exploitations, de la baisse de la demande intérieure et du manque de compétitivité de la production locale face aux importations.

Les forêts couvrent 45 % du territoire en Lettonie. Les ressources forestières lettones demeurent une des principales richesses du pays et les exportations de bois et d'articles boisés représentaient, en 2013, 33 % des exportations. Les principales espèces présentes en Lettonie sont le pin, le bouleau, l'aulne et le sapin. L'importance des ressources naturelles a permis le développement d'un savoir-faire dans le travail du bois. Avec le temps, les activités se sont diversifiées et la filière bois compte aujourd'hui un large spectre d'industries qui va des matières premières (exploitations forestières) aux produits finis (meubles par exemple) en passant par les productions intermédiaires (bois scié, contreplaqué, etc.).

L'industrie. Les industries les plus performantes sont l'industrie agroalimentaire, la transformation du bois, les technologies d'information et de communication et l'électronique, l'industrie mécanique et métallurgique, l'industrie textile et du prêt-à-porter et la chimie/pharmacie.

Aujourd'hui, sur les friches industrielles des anciens conglomérats soviétiques, se développent des parcs industriels où fleurissent des activités de sous-traitance notamment dans le secteur textile. La Lettonie est devenue une place de choix pour la délocalisation d'entreprises danoises, suédoises et allemandes. La Lettonie a toujours été un pays abondamment doté de ressources naturelles alimentaires (poisson et viande, produits laitiers, céréaliers et baies). Auparavant, réputé " garde-manger " de la Russie et de la Suède, ce pays produisait et conditionnait des produits alimentaires, non seulement pour les pays voisins, mais aussi pour le reste du monde.

Aujourd'hui l'industrie agroalimentaire est la branche la plus importante de l'industrie de transformation, qui emploie à l'heure actuelle la population active la plus nombreuse. Les secteurs les plus importants sont l'industrie laitière, la transformation de la viande, l'industrie du poisson, l'industrie de transformation céréalière et la production de boissons. La production locale occupe 60 % du marché, mais le développement rapide des grandes surfaces et l'évolution des modes de consommation liée à l'augmentation du niveau de vie poussent le consommateur à rechercher de nouveaux produits et à diversifier sa demande dans le secteur alimentaire.

Les services. En Lettonie, le secteur tertiaire est devenu, en l'espace de quelques années, prédominant loin devant l'industrie manufacturière ou le secteur primaire. Le secteur des services représentait, en 2017, 73,7 % du PIB national, signe s'il en est besoin, que la Lettonie s'est rapidement réorientée vers une organisation de l'économie propre aux pays occidentaux. Les sous-secteurs qui apportent le plus sont le commerce (22,4 %), les transports, l'entreposage et les communications (13 %), l'immobilier (11 %) et l'administration publique (7 %). Le développement des services dépend surtout du secteur des communications et du transport, notamment du transit portuaire. Mais le poids de ces secteurs dans l'ensemble des services est appelé à décliner. La part des autres services - financiers et commerciaux notamment -, dynamisés par la concurrence des entreprises étrangères, est en forte expansion.

Le tourisme

Le tourisme se développe à grande vitesse en Lettonie et le pays voit désormais sa capitale assaillie en été par les touristes scandinaves, anglais ou italiens. 5,8 millions de touristes ont visité la Lettonie en 2017, soit plus que ce que le pays compte d'habitants. Cependant le tourisme ne représente pour le moment que 2 % du PIB, car la majorité des touristes ne passe que 2 journées en Lettonie.

Les touristes baltes (Lituaniens et Estoniens) représentent la grande majorité de ce tourisme (58 %), essentiellement pour le transit et des raisons familiales, suivis par les Russes, les Allemands et les Finlandais.

Le gouvernement letton a annoncé un plan ambitieux de développement du tourisme, avec pour objectif de faire de la Lettonie une destination connue de tous en Europe occidentale, et différenciée des autres pays Baltes. Ce programme a été couronné d'une campagne publicitaire sur le réseau international CNN, et appuyé par l'adhésion du pays à l'Organisation mondiale du tourisme (OMT). Les infrastructures touristiques se concentrent essentiellement à Rīga et à Jūrmala, la capitale balnéaire de la Lettonie.

Ressources nationales et enjeux énergétiques

La Lettonie demeure pauvre en ressources énergétiques, les seules ressources locales étant le bois (26 %), la tourbe et l'hydroélectricité (5,2 %). Ces dernières ne suffisent cependant pas à couvrir la totalité de la demande énergétique locale. Le pétrole n'est pour le moment ni exploité ni raffiné sur le sol letton. En matière de pétrole brut, la Lettonie est dépendante des sources d'approvisionnement étrangères, surtout de la Russie. Les seules importations de produits pétroliers représentent entre 30 et 40 % du total des produits énergétiques importés. La raffinerie lituanienne Mazeikiai est le principal fournisseur du carburant (80-90 %) de Lettonie. Le pays est donc dépendant énergétiquement de ses voisins : l'approvisionnement en gaz est actuellement assuré à 70 % par la Russie. Si, au début des années 1990, la Russie couvrait 90 % des besoins lettons dans le domaine, désormais, en matière d'électricité, le puissant voisin de l'Est ne fournit plus que 5 % de l'offre totale. La Lettonie importe actuellement 40 % de son électricité.

La Lituanie, le tigre de l’est

En dépit des nettes améliorations apportées par l'effondrement de l'U.R.S.S. (arrivée des produits occidentaux, fin des queues interminables devant les magasins d'Etat, liberté d'expression et de mouvement, etc.), les premières années d'indépendance ont été difficiles. De 2000 à 2008, la Lituanie connaît stabilité et croissance (jusqu'à 9 % de croissance par an !). Avec l'intégration dans l'Union européenne, l'afflux d'investissements étrangers et de fonds européens s'accélère et la région connaît une euphorie économique. Les salaires augmentent vite, bien qu'ils restent encore très inférieurs à la moyenne européenne. Les loyers s'envolent, les centres commerciaux poussent comme des champignons... On répare, on rénove, on agrandit de partout ! Mais en 2009, le pays connaît une crise économique sans précédent ; le PIB recule de 14,5 %. La croissance s'essouffle, le chômage apparaît, l'économie s'effondre et les perspectives ne sont pas réjouissantes. Ce petit pays, qui avait fait tant d'efforts, voit nombre de ses espoirs s'envoler en fumée. Pour faire face à la crise, le gouvernement lituanien a adopté à partir de 2009 des mesures sans précédent. Contrairement à son voisin letton, la Lituanie décide de ne pas faire appel au Fonds Monétaire International et choisit la voie de l'austérité en diminuant drastiquement les dépenses du secteur public, notamment les salaires des fonctionnaires. Depuis 2011, le pays retrouve le chemin de la croissance (+ 5,9 %) grâce aux mesures de consolidation économique et budgétaire du gouvernement. L'économie lituanienne, forte d'une main-d'oeuvre qualifiée et compétitive, d'exportations diversifiées (principalement vers la Russie, la Lettonie, l'Estonie, l'Allemagne, la Pologne et la Biélorussie) et d'une consommation privée dynamique, a su se redresser et enregistre parmi les meilleurs taux de croissance de l'Union européenne (3,6 % en 2012 et 3,4 % en 2013). Le pays a rejoint la zone Euro au 1er janvier 2015.

Les difficultés de l’indépendance

Après la chute de l'Union soviétique, le pays a dû faire face à une crise liée à la réorganisation de son économie. Tout d'abord, un fossé s'est creusé entre ceux qui ont su saisir les opportunités économiques qu'offrait l'indépendance (hommes d'affaires aux dents longues, intellectuels ou apparatchiks reconvertis à l'économie de marché...) et les nouveaux pauvres (comme les retraités) qui survivaient grâce à de petits boulots (le système D appris pendant la période soviétique faisait bien ses preuves !). La réintroduction de la monnaie nationale, mettant en avant la lutte contre l'hyperinflation, et la flambée des prix qui a suivi ont été impitoyables pour les petites gens. Ceux-ci n'avaient pas accès aux supermarchés à l'occidentale apparus après 1991 et vivaient dans les ensembles H.L.M. soviétiques où ils s'entassaient à plusieurs familles.

Une transition difficile
<p>Travaux des champs.</p>

Travaux des champs.

Sur le plan économique, les Lituaniens ont dû aborder leur marche vers l'économie de marché dans des conditions bien difficiles. Il a fallu réformer, redéfinir un cadre de lois et de réglementations pour l'économie et le commerce afin de lutter contre la corruption sauvage et la mauvaise perception des impôts, s'adapter à la concurrence des prix internationaux, réorienter les échanges vers de nouveaux partenaires (autres que l'ex-U.R.S.S.), recréer un environnement qui était peu propice aux affaires, restructurer le système bancaire. Les privatisations visant à réduire l'ancien monopole d'Etat ont fait passer une partie du pouvoir entre les mains de nouveaux privilégiés, voire de la mafia qui, comme ailleurs, sévit dans la région. La jeune république indépendante a dû faire face aux problèmes des frontières, notamment avec la Biélorussie et la Russie, réinstaurer des postes de douane (une initiative toujours difficile et longue à faire passer). Il a fallu également recréer l'armée nationale avec les moyens et les effectifs existants (des conseillers américains ont rejoint l'armée lituanienne, des CRS français ont été envoyés), réinstaller des ambassades à l'étranger, leur trouver des locaux et accueillir celles des autres pays.

Statistiques de la Lituanie

PIB : 47,2 Mds € ; taux de croissance : 3,8 %.

Inflation : 3,7 %.

Chômage : 7,1 %.

Salaire moyen : 895 €.

Salaire minimum : 450 €.

Principaux partenaires commerciaux : Russie, Allemagne, Pologne, Lettonie, Estonie, Biélorussie.

Données de l'année 2018.

Espoirs et avenir

Cependant, en dépit de toutes ces difficultés, il semble que depuis l'indépendance un bon bout de chemin a été parcouru. Dans les années 2000, le pays connaît l'une des croissances les plus rapides dans le monde grâce à son intégration au sein de l'Organisation mondiale du commerce en 2001, puis dans l'Union européenne en 2004, ce qui permet une plus grande circulation de la main-d'oeuvre, des capitaux et du fret. Après cinquante années de communisme, l'indépendance a ramené des perspectives d'avenir ainsi que les possibilités que semble offrir l'économie de marché. Les exportations, qui avant étaient dirigées principalement vers la Russie, sont réorientées vers l'Union européenne qui devient le principal partenaire commercial de la Lituanie.

En outre, la Lituanie profite du fait que, pendant la période hivernale, son unique port, à Klaipėda, n'est pas pris par les glaces. La grande autoroute, la Via Baltica, joignant la Finlande à la Pologne en passant par les Pays Baltes, représente une source de développement pour la région. En plus de sa situation de pays intermédiaire, le rêve inavoué serait un développement comparable à celui des " Dragons " comme Hong Kong ou Taïwan, en tant que plateforme pour les investisseurs internationaux et pour pénétrer de la sorte les marchés ex-soviétiques. On n'en est pas encore là, mais pour l'instant la Lituanie tente de tirer son épingle du jeu. Pour clore ce survol rapide de la situation économique, il faut garder à l'esprit que la marche vers l'indépendance est longue et douloureuse. En 2009, la Lituanie est entrée en récession, dans un contexte mondial difficile. Le flux migratoire vers l'Irlande, le Danemark et la Grande-Bretagne augmente significativement. Depuis 2012, l'économie repart et enregistre parmi les meilleurs taux de croissance de l'Union européenne. Si depuis la fin de l'U.R.S.S., la Lituanie avait été complètement dépendante du gaz russe, Vilnius a récemment trouvé une issue à cette situation de monopole. En octobre 2014, le port de Klaipeda accueille un terminal flottant de gaz naturel liquéfié, baptisé Indépendance, qui brise le monopole du géant gazier russe Gazprom dans les pays baltes. Le méthanier permet à la Lituanie d'acheter au norvégien Statoil 540 millions de mètres cube de gaz, et d'importer ensuite annuellement, après l'expiration fin 2015 de son contrat avec Gazprom, jusqu'à 4 milliards de m3. Selon la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, le nouveau terminal garantit la sécurité à la région toute entière ", car il peut couvrir 90 % des besoins en gaz des trois pays baltes, améliorant sensiblement la sécurité énergétique dans la région.

Kaliningrad ou le pays de l’ambre

Depuis une quinzaine d'années, Kaliningrad a appris à s'adapter pour survivre dans la région constituée de trois pays dont la politique économique et politique diffère de celle de la région russe. Car l'éclatement de l'Union soviétique a plus affecté ce territoire de 15 000 km² que le reste de la Russie, dont il s'est retrouvé coupé. La production industrielle y a chuté de près de 50 % depuis 1991, la pêche s'est effondrée, des dizaines de milliers d'ex-militaires de cette ville de garnison, réduite à un poste avancé sans importance stratégique, ont dû se reconvertir. Beaucoup se sont recyclés dans l'économie parallèle qui fait aujourd'hui vivre 60 % des habitants.

Kaliningrad possède l'unique mine d'extraction d'ambre à ciel ouvert, qui fournit 80 % de la production mondiale, avec 300 tonnes par an. Elle se trouve à Yantarny (prononcer Yantarnoye), sur le littoral de la Baltique. Ses réserves sont évaluées à 450 000 tonnes donc non épuisables pour les 150 ans à venir. On peut visiter la mine sur demande.

L'enclave est également riche en ressources pétrolières. Ces dernières sont estimées à 275 millions de tonnes. La principale entreprise de la région est " Lukoil-Kaliningradmorneft " qui extrait chaque année de l'ordre de 700 000 à 750 000 tonnes de brut, exportées ensuite sur le territoire de la Fédération de Russie.

Les autres ressources de la région sont la tourbe, le lignite, le sel, les matériaux de construction, le phosphore, l'argile et le sable de construction et graviers.

La présence allemande à travers le tourisme et les investissements

La position géographique de la région ainsi que son climat attirent non seulement les touristes russes, mais également des touristes étrangers désireux de visiter l'ancienne Königsberg. Depuis les années 1990, le nombre de touristes a augmenté. Les touristes allemands représentent près de 50 % des touristes étrangers. Ils sont suivis par les Polonais, les Lituaniens, les Biélorusses et les Scandinaves.

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