Guide des Pays Baltes : Survol des pays Baltes

GÉOGRAPHIE

Jacques Brel aurait pu chanter aussi les plats pays Baltes, l'altitude dans ces trois Etats ne dépassant guère les 300 m (point culminant en Estonie : le Suur Munamagi, 318 m).

L'Estonie, le plus petit des trois pays Baltes, offre pourtant les pays les plus variés. Les contrastes naturels sauront impressionner les touristes les plus exigeants. Iles, falaises, plages de sable fin, forêts sauvages, marécages et lacs se rencontrent dans un si petit pays ! Au croisement de la Russie occidentale, du nord de la Scandinavie et du cercle Arctique, l'Estonie cultive un écosystème riche et rare.

Une partie de la Lettonie, des régions côtières estoniennes et de la région de Kaliningrad se trouvent en dessous du niveau de la mer (en moyenne 50 m). La bande côtière varie entre falaises, dunes et rives marécageuses. Autre caractéristique, la superficie réduite des trois pays. En effet, du nord de l'Estonie au sud de la Lituanie, on ne compte que 650 km, qu'il est possible de parcourir en une journée.

Ce territoire a hérité des dépôts de la couche glaciaire présente il y a quelque 12 000 ans av. J.-C., et qui compose l'actuelle plaine d'Europe du Nord. Il est en conséquence traversé par de nombreux cours d'eau (le plus connu, le fleuve Niémen ou Nemunas, et son affluent la Neris en Lituanie, la Daugava en Lettonie qui naît en Russie) et par des milliers de lacs (4 000 en Lettonie, 3 000 en Lituanie) recouverts d'une végétation généreuse.

Lituanie

Distance nord-sud : 276 km, est-ouest : 373 km.

Superficie : 65 303 km².

Pays limitrophes : Russie (enclave de Kaliningrad), Biélorussie, Lettonie, Pologne. Au total, 1 747 km de frontières.

Forêts : 28 % du territoire (pins, sapins, bouleaux). Les plus grandes : Druskininkai-Varena, Labanoras-Pabrade, Kazlu Ruda.

Lacs : 4 000. Les plus grands : les lacs Lubans et Raznas.

Rivières : 722 (dont 21 de plus de 100 km). Principales : Nemunas (Niémen), Neris, Venta, Sensupe.

Point culminant : le mont Juozapines (249 m).

4 provinces : Kurzeme (ouest), Zemgale (sud), Vidzeme (centre et nord), Latgale (est).

Températures moyennes : janvier - 5 °C à - 30 °C ; août + 20 °C à + 29 °C.

Précipitations annuelles : + ou - 600 mm.

Jours de soleil dans l'année : 71,79.

Lettonie

Distance est-ouest : 413 km.

Pays limitrophes : Estonie au nord, Lituanie au sud, Russie à l'est et Biélorussie au sud-est. Le plus grand littoral des 3 Etats baltes : 496 km.

Forêts : 40 % du territoire.

Lacs : 2 300. Les plus grands : les lacs Lubans et Raznas.

Rivières : 12 000. La Gauja (460 km), la Daugava (357 km en Lettonie).

Point culminant : le mont Gaizinkalns (311,60 m).

4 provinces : Kurzeme (ouest), Zemgale (sud), Vidzeme (centre et nord), Latgale (est).

Températures moyennes : été 17 °C, hiver - 5 °C. Maximale : 29 °C. Minimale : - 37 °C (à Aluksne sur la frontière avec l'Estonie et la Russie, le point le plus froid de la région balte, en janvier).

Précipitations annuelles : 600 mm à 650 mm.

Estonie

Pays limitrophes : Lettonie au sud et Russie à l'est.

Lacs : 1 400, dont le Peïpus (Peipsi), le plus étendu (3 555 km², dont 1 529 km²).

Rivières : la plus longue, la Pärnu (144 km).

Îles : l'Estonie possède 1 500 îles, dont les plus grandes sont Saaremaa (2 922 km²) et Hiiumaa (1 023 km²).

Ensoleillement : 74 jours par an.

Précipitations : 600 mm par an.

Humidité : 81 %.

Températures moyennes : elles sont ici en général plus basses que chez les deux voisins du sud et les hivers plus rigoureux et plus longs. Penser à s'équiper très chaudement si l'on compte séjourner en Estonie pendant cette période de l'année. C'est aussi le pays dans l'ensemble baltique où la pratique du ski est la plus répandue.

Température moyenne maximale : 20 °C en juillet, température moyenne minimale : moins 7 °C en février.

CLIMAT

Du sud de la Lituanie au nord de l'Estonie, la région est située entre le 55e et le 60e parallèle, c'est-à-dire à la latitude nord du Canada. Malgré des hivers rigoureux (adoucis en partie par la présence de la mer Baltique), le climat est tempéré mais frais et humide. Plus on pénètre dans les terres, plus il devient continental, avec des températures parfois inférieures de 4 degrés à celles des côtes en plein hiver, et d'au moins 2 degrés supérieurs en été.

La meilleure période pour s'y rendre s'étale entre les mois de mai et septembre. Du fait de la situation septentrionale du pays, les journées d'été y sont particulièrement longues (surtout en juin, le mois le plus agréable, alors que les précipitations sont fréquentes en juillet et août). Les températures estivales varient entre 15 °C et 25 °C avec des soirées habituellement fraîches (ne pas oublier la classique petite laine !). Dans la région baltique, l'automne prend des allures d'été indien quand les forêts s'illuminent de couleurs vives et chatoyantes.

La période hivernale, quant à elle, est particulièrement longue et laisse peu de place au printemps. On peut rencontrer de la neige en avril. L'hiver estonien, plus au nord, est le plus rigoureux, avec des températures pouvant atteindre parfois des records de - 30 °C, mais depuis quelques années, elles tendent à devenir plus supportables (autour des - 5 °C en moyenne). Quoi qu'il en soit, il est inutile de préciser qu'un bon équipement (gants, bonnet, sous-vêtements chauds, chaussures imperméables...) est nécessaire en plein mois de janvier.

A noter que les conditions de circulation durant l'hiver sont difficiles (routes bloquées, problèmes de salage) à cause de l'abondance de la neige et du verglas.

Enfin, le manque de luminosité accentué par le filtre gris du ciel (de novembre à mars) rend cette période encore plus difficile. Cependant, en janvier et février, les deux mois les plus froids, il est possible (à condition de disposer d'un équipement adapté à des températures moyennes de - 15 °C, en dessous desquelles les nuages ne se forment que rarement) de s'adonner aux plaisirs exotiques : skier sur la plage, marcher sur la mer gelée, patiner sur d'immenses lacs sous un ciel bleu et ensoleillé.

ENVIRONNEMENT - ÉCOLOGIE
<p>Église de Pühajõe.</p>

Église de Pühajõe.

La période soviétique d'industrialisation forcée et de militarisation stratégique de la région a été marquée par une grande irresponsabilité des dirigeants de l'époque sur le plan écologique : déchets chimiques, pollution des rivières, de la mer Baltique et de l'air, centrale nucléaire d'Ignalina (de type Tchernobyl) en Lituanie... L'environnement en a beaucoup souffert. L'augmentation du trafic et du parc automobile est la cause principale des émissions de dioxyde de carbone. Toutefois, la prise de conscience du problème a été générale au moment de l'indépendance. Depuis, une nette amélioration est en cours, associée à une coopération croissante avec les instances et les organisations internationales (dont le WWF) pour revenir à une situation plus saine et créer le cadre législatif nécessaire.

L'environnement urbain est un modèle pour les capitales européennes : les villes (à l'exception de Kaliningrad) sont d'une propreté extrême et jouissent d'espaces verts présents jusque dans les centres urbains. Vilnius, par exemple, dispose de nombreuses poubelles et de cendriers, de retour dans votre ville, vous en viendrez à les regretter et à ne savoir que faire de votre papier ou mégot.

Après avoir joué un rôle important dans les mouvements d'indépendance, les mouvements écologiques restent puissants et la sauvegarde de l'environnement est redevenue l'une des priorités après les années de laisser-aller de la période soviétique. On attend du touriste qu'il se comporte en conséquence.

Cependant quelques problèmes demeurent : aussi, dans certains cas faut-il éviter de boire l'eau aux robinets, la vétusté des canalisations datant généralement de l'époque soviétique pouvant occasionner des maladies microbiennes. Il est également préférable de se renseigner avant de se baigner dans n'importe quel lac ou rivière situés en dehors des parcs naturels nationaux.

Parcs nationaux
<p>Jardin fleuri d'un village de pêcheurs du parc national de Lahemaa.</p>

Jardin fleuri d'un village de pêcheurs du parc national de Lahemaa.

Tous les parcs nationaux et réserves naturelles font l'objet d'un contrôle rigoureux, et des règlements sont imposés à l'entrée, comme ceux concernant le camping, la chasse ou la pêche. En règle générale, demandez toujours les informations nécessaires à l'entrée des parcs avant de vous y aventurer. Des notices, désormais traduites en anglais et en allemand, sont vendues dans les points d'information des villages. Avant de partir dans la nature, se procurer les cartes détaillées dans les Offices du tourisme est infiniment plus pratique.

Parcs nationaux et réserves naturelles lituaniennes

La Lituanie est un des rares pays européens à avoir conservé un environnement propre et sauvage. Composé de grandes vallées légèrement ondulées, de vastes étendues de forêts couvrant presque 30 % du territoire et de rivières à écoulement lent, le pays doit une bonne part de sa beauté à la diversité de ses paysages. Les lacs représentent l'une des principales richesses nationales, c'est pourquoi la Lituanie est souvent nommée " le pays des lacs ". Pour mieux sauvegarder l'environnement et étudier le milieu naturel, cinq parcs nationaux, trente parcs régionaux et plus de deux cents réserves naturelles ont été créés. Captivants par leur beauté et leur tranquillité, ces parcs et réserves sont des étapes incontournables de votre séjour. Le camping sauvage est interdit en Lituanie, et des emplacements sont réservés à cet effet ainsi que pour les feux de camp. La pêche et la chasse étant également réglementées, se renseigner avant toute initiative en ce domaine.

Réserves naturelles de Lettonie
<p>Attention ! Traversée d'élans dans le parc national de Lahemaa.</p>

Attention ! Traversée d'élans dans le parc national de Lahemaa.

Les habitudes lettones de défense de l'environnement existent de longue date : les premières lois et réglementations furent promulguées aux XVIe et XVIIe siècles. Depuis cette époque jusqu'à nos jours, les principes de défense de l'environnement sont suivis dans la gestion des forêts, et il y a des restrictions certaines dans le domaine de la chasse. Au XIXe siècle, plusieurs projets furent entrepris pour consolider les dunes le long de la mer Baltique et du golfe de Rīga. Au début du XXe siècle, les zones forestières possédant des valeurs culturelles, historiques ou naturelles furent mises à l'écart et sauvegardées. La première réserve naturelle fut établie en 1912 à Moricsala (une île du lac Usmas). A l'heure actuelle, la Lettonie possède 4 réserves naturelles intégrales, 3 parcs nationaux, à l'intérieur desquels se trouvent des réserves et des zones d'accès restreint, 1 réserve biosphère, 278 zones naturelles réglementées, 43 parcs naturels, et 9 zones paysagères protégées. Les forêts englobent des mini-réserves (sanctuaires) pour la protection des espèces animales rares (des oiseaux principalement), des plantes, des lichens et des champignons. Le Livre rouge de la Lettonie (registre des espèces menacées de la Lettonie), établi en 1977, répertorie 112 espèces de plantes et 119 espèces animales ; ce catalogue d'espèces rares et en voie de disparition est analysé et mis à jour régulièrement. De plus en plus de plantes, d'animaux, d'invertébrés, de champignons et de lichens tombent sous la protection de la législation nationale. La Lettonie a ratifié les conventions internationales de Washington, de Bern et de Ramsare.

FAUNE ET FLORE
<p>Cigogne du parc national de Lahema.</p>

Cigogne du parc national de Lahema.

Favorisées non seulement par l'abandon administratif de l'URSS de vastes régions agricoles, mais ayant bénéficié aussi depuis la dernière décennie d'hivers moins rigoureux, de nombreuses espèces végétales et animales ont pu se développer sauvagement, à leur guise : élans, sangliers (énormes comme ceux rencontrés sur la presqu'île de Neringa), renards, lynx, visons, mais aussi une grande colonie de loups, et même de bisons (Pašiliai, dans le parc régional de Krekenava et Gauja Park en Lettonie). On trouve des castors et des loutres dans les lacs et les rivières. La région représente également une magnifique réserve ornithologique : canards, grues, échassiers, sternes, cygnes, corneilles et une des plus grandes colonies de cigognes d'Europe en Lituanie.

Les amoureux de nature et de randonnées seront comblés dans ces pays dont 25 % à 40 % du territoire sont recouverts de magnifiques forêts de conifères (pins, sapins) et de bouleaux principalement. Les amateurs d'équitation seront intéressés de savoir que l'étalon Trakehner est originaire de Kaliningrad. Son élevage date du régime prussien, au XVIIIe siècle. Champignons comestibles et baies tapissent les sous-bois et font le plaisir des amateurs de cueillette et des locaux qui les revendent sur les marchés, surtout en automne.

Les innombrables lacs invitent à la baignade et à la pêche. La très faible pollution des eaux et la présence d'une chaîne écologique complète jusqu'aux grands prédateurs favorisent la présence de nombreuses espèces européennes de poissons, crustacés et mollusques d'eau douce devenues bien rares en Europe de l'Ouest ou du Sud. Une invitation à pratiquer toutes les formes de pêche traditionnelle (anglaise, mouche...) mais aussi à découvrir les méthodes nordiques d'été ou d'hiver (pêche sur glace).

En outre, de nombreuses régions des pays Baltes sont dotées de vastes parcs naturels, incontournables pour le voyageur : le Gauja National Park, en Lettonie, le Lahema National Park, à l'est de Tallinn ou encore le parc national d'Aukštaitija, au nord de Vilnius, presqu'île de Neringa (Kuršiu Nerija), sur la côte lituanienne, etc.

De nombreuses espèces animales en voie de disparition, voire d'extinction dans le reste de l'Europe, coulent encore des jours heureux dans les pays Baltes : loups, lynx et ours. Lorsque leur chasse fut interdite dans les années 1990, le nombre de loups passa à 500.

Les derniers grands prédateurs d'Europe ont trouvé ici un véritable paradis qui pourrait jouer un rôle important dans la conservation de leurs espèces.

L'ours brun, victime de son succès auprès des chasseurs venus de l'ouest, a failli disparaître.

Le cerf est l'animal qui abonde le plus en Estonie et il est très souvent observé dans les champs et à la lisière des forêts au petit matin. L'élan est plus timide et furtif, et bien souvent seules ses traces seront visibles. Les ratons laveurs et les castors, qui sont des animaux essentiellement nocturnes, seront eux aussi difficilement observables, mais vous aurez souvent l'occasion de voir un arbre qui est passé entre leurs dents !

L'Estonie est aussi l'un des derniers bastions du vison d'Europe, remplacé partout par le vison d'Amérique plus gros et plus agressif. On ne compte plus qu'une centaine d'individus de cette espèce en Europe, dont une majorité en Estonie et sur les îles de Saaremaa et Hiiumaa. Financée par le zoo de Tallinn, une grande opération de réintroduction du vison d'Europe a été lancée en 2000 à travers le pays. Mais l'animal le plus secret d'Estonie, le plus difficilement observable, est l'écureuil volant. On estime à 200 la population d'écureuils volants concentrée sur l'est du pays et même les scientifiques chargés de les étudier avouent n'en voir qu'un par an en moyenne.

Cet éventail d'espèces de mammifères vient s'ajouter à une population très variée d'amphibiens, de reptiles (notamment dans les tourbières et les marais) et d'oiseaux.

Le phoque par contre, et au grand mécontentement des organisations de défense de la nature, est devenu de nouveau une proie pour les chasseurs en raison de la volonté récente du gouvernement estonien d'accéder à la demande de nombreux habitants des îles, notamment celle de Kihnu. Depuis 2014, la chasse aux phoques est autorisée, mais très réglementée avec un quota établi pour chaque année. Malgré ces mesures, l'initiative du gouvernement reste peu claire aux yeux de beaucoup d'Estoniens.

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