Guide de Camargue : Patrimoine et traditions

Le patrimoine architectural des Alpilles et de la Camargue est à la hauteur de leur patrimoine naturel : c'est dire ! Les villages sont riches de monuments particulièrement bien conservés. Il faut dire que les habitants les préservent jalousement. Tout comme ils s'attachent à maintenir leurs traditions et leurs coutumes parfois ancestrales.

Patrimoine culturel
Littérature

Les Alpilles et le mouvement du Félibrige. Les Alpilles sont la patrie de grands écrivains qui, très attachés à leur territoire, n'ont eu de cesse de défendre ses particularismes. Le plus connu d'entre eux est bien entendu Frédéric Mistral. L'auteur de Mireille, né à Maillane en 1830, est l'un des premiers à avoir fait connaître sa région. Son oeuvre, saluée par Lamartine (" Un grand poète nous est né [...] un pays s'est fait livre, il y a une vertu dans le soleil "), a été couronnée en 1904 par le prix Nobel de littérature. Membre fondateur du Félibrige, une association de défense de la langue et de la culture provençales, il a écrit le grand dictionnaire des langues d'Oc, Lou tresor dou Felibrige. Un musée lui est dédié dans son village natal, où il passa toute sa vie et où il a été inhumé en 1914. Héritière de ce mouvement, Marie Mauron, née à Saint-Rémy-de-Provence, a elle aussi laissé une oeuvre d'une grande sensibilité poétique. Elle raconte avec beaucoup de tendresse la vie des paysans de Provence. De nombreux artistes fréquentant la région se retrouvent avec plaisir autour de sa table au Mas d'Angirany, comme Aragon, Edmonde Charles-Roux, Gérard Philipe ou Jean Cocteau. Celle qu'on surnomme la " Colette provençale " a écrit plus de cent ouvrages et a reçu notamment le prix de l'Académie française pour Mes grandes heures de Provence.

D'autres écrivains se sont inspirés des Alpilles lors de leur visite. Quand Alphonse Daudet est venu pour la première fois à Fontvieille, en 1864, il décida d'y passer ses vacances pour... les trente années suivantes ! Au cours de ses séjours, l'écrivain nîmois s'inspira des collines, des moulins, de toute la gaieté du terroir qui se retrouvent dans ses contes ciselés comme des bijoux, dont les fameuses Lettres de mon moulin. C'est également Fontvieille qui inspira le journaliste et écrivain Yvan Audouard. On doit notamment à cet ancien rédacteur en chef du Canard Enchaîné, le Bons baisers de Fontvieille mais également des articles dans le journal Franc-Tireur pendant la Seconde Guerre mondiale sous le pseudonyme de François Fontvieille.

Les manadiers-poètes de Camargue. On pourrait comparer le parcours de Folco de Baroncelli-Javon, plus connu sous le nom de marquis de Baroncelli, à celui de Fréderic Mistral, dont il était très proche. Bien que son oeuvre littéraire soit nettement moins prolifique (il n'a écrit que cinq livres et recueils de poèmes), il a largement contribué à construire ce qui fait la spécificité de la culture camarguaise et son identité. Après ses études à Avignon, cet aristocrate rencontre Mistral et Roumanille. Dès 1890, il publie un premier ouvrage en provençal, Babali, et dirige avec Mistal le journal L'Aioli. La découverte de la Camargue va alors sceller son destin : il sera manadier. Il glorifie les élevages de taureaux et de chevaux et étend la popularité du monde gardian dans la région, en France et à l'étranger. Toute sa vie, le marquis de Baroncelli mènera également de nombreux combats pour les peuples opprimés : les Indiens d'Amérique, rencontrés dans le cirque de Buffalo Bill, les républicains espagnols, et bien sûr les Gitans pour qui il obtient en 1935 le droit d'honorer publiquement leur patronne, sainte Sara. Par ailleurs, il suscitera la création ou la formalisation de symboles représentant l'identité de la Camargue : la croix de Camargue, le costume de gardian...

Dans la même mouvance, Joseph d'Arbaud s'installe en Camargue après des études de droit à Aix-en-Provence. Particulièrement connu pour son oeuvre La Bête du Vaccarès, ce poète évoque dans ses écrits une Camargue profonde et pure. En 1909, il participe avec le marquis de Baroncelli à la création de l'association la Nacioun Gardiano qui a pour but de maintenir et de glorifier le costume, les us et les traditions du Pays d'Arles, de Camargue et des pays taurins, poursuivre la diffusion de la langue d'oc et propager la doctrine félibréenne.

Carle Naudot, surnommé " Lou Camarguen ", membre de la Société d'ethnographie française, du Félibrige et de la Nacioun Gardiano, a lui aussi défendu et vivifié les traditions camarguaises, par l'écriture et la photographie. Il a notamment laissé deux ouvrages ethnographiques : Le seden et Camargue et gardians.

Peinture

Vincent Van Gogh, Arles et les Alpilles. L'histoire de ce géant nomade à l'oreille coupée est l'oeuvre d'un amoureux de la Provence qui pensait que l'avenir de l'art passait irrémédiablement par ces lieux si empreints de générosité et d'amour. Un art, la peinture, qui était son unique façon de s'exprimer totalement et qui a pris une tournure extraordinaire lors de son passage à Arles, puis plus tard à Saint-Rémy. Il déboule ainsi à Arles, en 1888, avec cette certitude artistique et il magnifie la ville et ses recoins les plus vivants. Le superbe Café la nuit est de cette trempe majestueuse aux couleurs chaleureuses et intimistes qui pousse ses admirateurs à se rendre sur les lieux de ce café qui fait encore le bonheur des Arlésiens. Mais, conscient de ses troubles, il se fera interner à Saint-Rémy dans l'asile Saint-Paul de Mausole (qui existe toujours et que l'on peut visiter en partie). Son agitation mentale et son génie aidant, il ne peut se résoudre qu'à peindre les magnifiques champs de blé, oliviers et cet art de vivre si paisible et ensoleillé avec des couleurs brutes et fortes qui ont donné des toiles aux noms évocateurs de Premier pas, La Sieste, Les Paveurs, Champ d'olivier le soir, La Nuit étoilée ou encore Les Iris. Son style tournoyant enivre aujourd'hui tous les amateurs de peinture et l'on se prend à découvrir une Provence peu ordinaire au bout des pinceaux de Van Gogh, une Provence qui lui colle à la peau et qui lui a permis de vivre complètement son art. Ce qui est moins connu de cette histoire est la partie plus personnelle de cette passion, qui a permis à l'auteur des Tournesols de se cerner, se comprendre au plus profond de son être, palper ses moindres tourments et les peindre. Car la période saint-rémoise offre une palette extraordinaire d'autoportraits du maître qui ont tous un trait différent exprimant à merveille les variations d'un homme si empreint de son art. A la vie, à la mort. La Provence trône en maîtresse dans l'esprit du peintre avec son caractère rebelle, ses couleurs qui se mêlent franchement les unes aux autres sans concession et qui sont éblouies par le soleil et magnifiées par le bleu du ciel. Une ode merveilleuse que Van Gogh a tenté d'expliquer à ses nombreux amis peintres venus le rejoindre tel Gauguin et que l'on retrouve dans la centaine d'oeuvres qu'il a léguées à la Provence.

Picasso et la corrida. On voyait régulièrement cet aficionado dans les arènes d'Arles assister aux corridas. La tauromachie est en effet un thème important dans toute l'oeuvre de Picasso. Sa première peinture de corrida connue date de 1889 : Petit picador jaune. Suit une série de toiles : Cheval éventré, La Mort du torero, Nature morte à l'épée du matador... Très attaché à Arles, l'artiste signe également une série de portraits de Jacqueline, sa femme, en Arlésienne. En 1971, deux ans avant sa mort, Picasso scelle son attachement à la ville en offrant au musée Réattu un ensemble soigneusement choisi de cinquante-sept dessins, tout juste éclos.

D'autres artistes ont rendu hommage à la beauté des paysages des Alpilles et de la Camargue. Parmi eux, Yves Brayer. On peut d'ailleurs admirer une centaine d'huiles, d'aquarelles et de dessins de ce peintre fidèle à la tradition figurative au musée qui porte son nom aux Baux-de-Provence. On peut également citer Hermann-Paul, Parisien installé aux Saintes-Maries-de-la-Mer, considéré comme l'un des meilleurs peintres et illustrateurs de la Camargue. Ou encore Auguste Chabaud, originaire de Graveson, et peintre expressionniste qui s'inspira des paysages mais aussi des scènes rurales des villages de Provence.

Cinéma

Depuis le début du siècle, plusieurs centaines de films ont été réalisés en Camargue. Bien que ces
productions n'aient pas marqué l'histoire du cinéma, elles font émerger deux représentations de la Camargue : la Camargue gitane, celle des Saintes-Maries-de-la-Mer, et la Camargue du gardian, Camargue sauvage des grands espaces naturels, façonnée par l'eau, terre des chevaux et des taureaux. Cette basse Camargue est d'ailleurs l'essence même du célèbre film Crin blanc, tourné en 1952.

Les scénarios de nombreux films sont bien souvent empruntés à la littérature régionale. L'oeuvre de
Frédéric Mistral, celle d'Alphonse Daudet et de Marcel Pagnol ont été chacune adaptées au cinéma. Les Alpilles offrent alors un décor naturel de choix. Récemment, Daniel Auteuil y a tourné La Fille du Puisatier. Mais aussi : Le Coeur des hommes avec Marc Lavoine, Indigènes avec Jamel Debbouze, Camille Claudel, 1915 avec Juliette Binoche, Avis de mistral avec Jean Reno...

Patrimoine architectural
Villes et villages

Dans les Alpilles. Hérités des siècles précédents, deux types de villages sont présents dans les Alpilles. Les villages perchés, les anciens castra, construits sur les hauteurs et dominés par un château, dont il ne reste bien souvent aujourd'hui que des ruines. Parmi eux : Orgon, Eygalières, Les Baux-de-Provence ou encore Aureille. Les autres villages, qui se trouvent en plaine, se sont développés de part et d'autre d'une voie de circulation principale. Maussane-les-Alpilles, Saint-Etienne-du-Grès, Mouriès ou encore Fontvieille sont des exemples particulièrement représentatifs. Saint-Rémy-de-Provence s'est, elle, agrandie autour d'un noyau central composé de ruelles médiévales et entouré d'un cours bordé de platanes.

Quelle que soit leur morphologie, des éléments sont redondants dans ces communes : la place ombragée qui est investie lors des manifestations ou des marchés, les fontaines et les lavoirs et plus rarement les halles. Dans les villages qui accueillaient une noblesse ou de riches dignitaires, de nombreux hôtels particuliers ont également été construits dans le centre. Certains sont particulièrement bien conservés comme l'hôtel Mistral de Mondragon à Saint-Rémy-de-Provence. Construit au XVIe siècle par le baron de Crozes, il accueille aujourd'hui le musée des Alpilles. Autre exemple : l'hôtel de Manville aux Baux-de-Provence, avec ses fenêtres à croisée encadrées par des pilastres à chapiteau ionique.

A Orgon, à Fontvieille ou aux Baux-de-Provence, certains habitants se sont " appuyés " sur les rochers des Alpilles, et se sont servis de leur morphologie pour construire des habitats troglodytes ou semi-troglodytes. Nombreux sont ceux qui vivent encore dans ce type de maisons qui peuvent se révéler être un atout touristique : chambres d'hôtes et restaurants profitent de ce cachet supplémentaire.

En Camargue. Constitué d'alluvions plus au moins sableuses, le sol de la Camargue n'a jamais offert pierres et grands arbres pour des constructions. Les villae romaines, dont il ne reste rien aujourd'hui, avaient été construites avec les pierres des Alpilles amenées par bâteau. Cet espace plat a finalement eu pendant longtemps une architecture d'abris et de refuges pour les gardians et les bergers. Les murs des cabanes étaient en terre, la charpente constituée de petits troncs et le toit réalisé avec la sagne (la chaume de roseau). La légèreté des matériaux utilisés oblige à tenir fortement compte des contraintes climatiques. Pour donner le moins de prise possible au vent, les cabanes sont orientées nord-ouest / sud-est et elles se terminent au nord-ouest, face au mistral, en arrondi. Pour un meilleur écoulement de l'eau, les deux versants de leur toiture sont fortement inclinés (45 %). Ce n'est qu'entre le XVIe et le XVIIIe siècle que la Camargue voit apparaître des mas agricoles en matériaux de construction durables, comme la pierre de Fontvieille. Leurs sites d'implantation ont été dictés par la morphologie du terrain : on les retrouve essentiellement en " hauteur " (toute relative !) sur les bourrelets alluviaux.

Avec l'essor du tourisme, de nouveaux codes architecturaux ont vu le jour. Les manades se sont peu à peu multipliées. Les propriétés sont entourées d'une clôture maçonnée et recouverte d'enduit blanc à la chaux. L'entrée du lieu est généralement assez imposante et rappelle celle l'hacienda espagnole. Ce modèle, importé à l'origine, fait aujourd'hui partie intégrante de l'identité du sud de la Camargue, en particulier des Saintes-Maries-de-la-Mer.

Le mas. Typique dans les Alpilles ou en Camargue, le mas (dont il faut prononcer le " s " final si vous ne voulez pas être taxé " d'estranger " !) se trouve en campagne, sur les propriétés agricoles. On peut distinguer le corps de logis, habitation souvent la plus ancienne si ce n'est originelle, des autres bâtiments destinés à l'exploitation agricole : les écuries et le pigeonnier. Autre élément indispensable : le puits permettant de puiser l'eau dans la nappe phréatique. A la fois lieu de production et d'habitation pour les riches propriétaires dès le XVIe siècle, les mas, avec leur forme allongée et leurs murs de pierres, ont aujourd'hui délaissé leur vocation agricole pour devenir de superbes propriétés de villégiature.

Architecture religieuse

Dans les Alpilles. Le nombre d'édifices religieux dans les Alpilles témoigne de la forte implantation chrétienne dans le secteur. Beaucoup datent de l'époque romane et offrent donc une décoration sobre. Très bien conservées, ces églises et chapelles méritent un détour lors de votre séjour. Plus particulièrement : Saint-Jean-du-Grès à Fontvieille, l'église Saint-Vincent au coeur de la cité médiévale des Baux-de-Provence, Notre-Dame-du-Château à Saint-Etienne-du-Grès ainsi que Saint-Pierre-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence. Plus récente, la collégiale Saint-Martin, à Saint-Rémy-de-Provence, se démarque par son style architectural. Si cette église est mentionnée dès le XIIe siècle, elle a été transformée au fil du temps et c'est dans les années 1820 que l'architecte Michel-Robert Penchaud lui donne son style de temple grec qu'on lui connaît aujourd'hui. Inspirée de la Maison carrée de Nîmes, la façade se dresse au-dessus d'un podium. D'imposantes colonnes surmontées de chapiteaux ioniques soutiennent un fronton épuré. Sa coupole rappelle, quant à elle, le Panthéon de Rome.

En Camargue. Les chapelles sont peu nombreuses en Camargue et il n'existe aucun oratoire. La raison ? Jusqu'à la moitié du XIXe siècle, la Camargue avait une densité de population modeste aux modes de vie quasi autarciques. Il n'y avait que quelques rares points agglomérés autour d'édifices fortifiés : Saliers, Albaron, Gageron, Les Saintes-Maries-de-la-Mer... C'est dans ces villages que l'on retrouve aujourd'hui les églises et les chapelles, dont les bâtiments actuels datent généralement des XVIIIe et XIXe siècles.

L'église des Saintes-Maries-de-la-Mer vaut particulièrement le déplacement. Ses origines restent mal connues et laissent donc une large place aux mythes. Son édification remonte aux IXe et XIIe siècles. Elle domine le village et est visible à 10 km depuis l'intérieur des terres. Il s'agit d'une véritable forteresse, formée d'une nef unique et droite, sans ornement et haute de 15 mètres. Le toit est entouré d'un chemin de ronde, avec créneaux et mâchicoulis et fut utilisée comme tour de guet. L'église servait ainsi de refuge à la population du village lors des attaques de pillards par les côtes.

Ouvrages d’art

La gestion de l'eau a toujours été un enjeu important que ce soit dans les Alpilles, pauvres en rivières, ou en Camargue, pour évacuer les eaux saumâtres et amener les eaux douces du Rhône.

Si les Romains avaient construit de spectaculaires aqueducs dans les Alpilles, la mise en place de canaux date de l'époque moderne. Le premier à innover en la matière est Adam de Craponne, qui va, en 1554, dériver l'eau de la Durance et construire le canal qui porte son nom. D'autres lui succéderont, si bien qu'aujourd'hui le territoire des Alpilles est traversé par une dizaine de canaux centenaires. L'un d'eux est particulièrement remarquable : le canal des Alpines septentrionales dont l'ensemble du réseau forme près de 120 kilomètres. Au niveau du Percé d'Orgon, le canal traverse le rocher de Saint-Roch grâce à un tunnel de 400 m. Concernant le canal de la vallée des Baux, c'est un tunnel d'un kilomètre qui lui permet de franchir le relief sans encombres ! Tout au long de ces canaux, on compte également quelques chutes d'eau spectaculaires comme celle à la sortie de Saint-Rémy-de-Provence (en direction d'Eygalières).

En Camargue, il a fallu à la fois établir un système de canaux de drainage et de canaux d'irrigation pour permettre les cultures. C'est notamment le développement d'une agriculture viticole à la fin du XIXe siècle, qui fait appel à de grandes quantités d'eau, qui a nécessité la mise en place d'un système hydraulique submersionniste. On construit donc des stations de pompage, des maisons de gardes-canal, mais aussi des ponts et des ponceaux. Les premiers, au nombre de cinq, permettent de relier l'île de Camargue au reste du monde, les seconds permettent aux routes et aux chemins de franchir les innombrables roubines.

Traditions et modes de vie
Xarabanda

Si vous voulez mieux connaître la musique folklorique de l'archipel, nous vous conseillons l'écoute et l'achat des disques du groupe Xarabanda (fondé en 1981), notamment l'opus Cantigas ao Menino Jesus (2001). C'est un recueil de 14 chansons pour la Nativité, anciennes ou plus récentes. L'une d'elles, par exemple, intitulée Meu Menino Jesus, a été composée par les soldats portugais de Madère lorsqu'ils combattaient dans les guerres d'indépendance en Afrique. Dans un registre à la fois musical et humouristique, le groupe 4Litro, plus récent, connaît un certain succès à Madère (www.myspace.com/xarabanda).

Festas de Natal e Fim de Ano (fête de Noël et jour de l'An)

Les célébrations de Noël et de fin d'année offrent une programmation riche et variée de manifestations à caractère religieux, ethnographique, gourmand et artistique. Beaucoup de musiques, de fleurs, de couleurs et de lumière dans tout le centre-ville de Funchal. Malgré tracas et crise, cette période est toujours vécue intensément par les habitants de Madère dans un esprit de fête très communicatif. Dès le début du mois de décembre commencent les préparatifs de la saison, avec l'inauguration des illuminations de Noël et la confection des douceurs typiques de ce moment festif, parmi lesquelles le gâteau de miel, bolo de mel, et les biscuits au miel, broas de mel. Les enfants plantent dans de petits pots des graines qui germeront environ dix jours plus tard annonçant pour la nouvelle année fertilité et renouvellement. Dans une ambiance conviviale continue avec crèches reconstituées, nombreux kiosques de produits traditionnels (ponchas fruitées, douceurs...) et multitude de spectacles musicaux, vivez les temps forts : la fête du marché dos Lavradores, en chansons, le vendredi précédant Noël, et, bien sûr, si vous avez trouvé un vol retour à tarif abordable, le grandiose spectacle de feu d'artifice du Nouvel An, dans l'amphithéâtre de la baie de Funchal, officiellement reconnu par le livre des records Guinness, en 2007, comme le plus grand spectacle de feu d'artifice du monde avec plus de 60 000 explosions durant 8 minutes et 17 tonnes de matériel pyrotechnique utilisés devant plus de 100 000 spectateurs. Alors que quelque 350 000 ampoules décorent la ville, c'est l'encombrement de paquebots dans la rade de Funchal, à minuit pile, tous les habitants de la capitale de l'île ouvrent portes et fenêtres et allument leurs lumières. La consommation d'électricité serait telle à ce moment que le reste de l'île en serait privé...

Langue

Depuis le XIXe siècle, certains défendent avec ferveur la langue provençale. En fixant de façon écrite la langue provençale, Frédéric Mistral a contribué à sa survie. " Ce n'est pas le passé que nous chantons, et ce n'est pas une langue morte ; notre langue vit, elle est parlée par tout un peuple, elle a sa gloire, ses savants, ses poètes ", écrivait-il. Les Alpilles et la Camargue ont été un foyer actif de cette " Renaissance provençale ", commencée il y a 150 ans avec la fondation du Félibrige. Aujourd'hui, on trouve encore de nombreuses associations de défense de la langue et de la culture provençale, dont 150 sont rassemblées dans le Collectif Prouvènço, qui représente près de 8 000 adhérents. Ce collectif oeuvre depuis de nombreuses années à la création d'un Observatoire de la langue et de la culture provençales.

Artisanat

Tissus provençaux : c'est au XVIIe siècle sur le port de Marseille, qu'arrivent, en provenance des Indes, les premiers ballots d'étoffes (les indiennes) et autres cotonnades. Ces toiles de coton, blanches, bleues ou de couleurs variées, unies ou rayées, ornées de petits motifs répétitifs, connurent un succès considérable. Très vite appréciées pour la gaieté de leurs coloris, ces étoffes deviennent un véritable phénomène de mode, toutes catégories sociales confondues. Le succès est tel qu'il inquiète les manufacturiers lyonnais, qui obtiennent du marquis de Louvois l'arrêt de l'importation de ces tissus, véritable prohibition de l'étoffe qui durera 73 ans. Ce n'est qu'en 1758 que la royauté, sous les conseils avisés de la marquise de Pompadour, autorise à nouveau la commercialisation et la confection des tissus. Avec les deux seules fabriques historiques encore en activité, Souleiado (Tarascon) et Les Olivades (Saint-Etienne-du-Grès), le territoire concentre aujourd'hui toute la production d'indiennes provençales authentiques.

Le travail du cuir : le travail du cuir révèle de nombreux talents, notamment celui de maître bottier. Plusieurs ateliers de bottes camarguaises perpétuent la tradition. Ces bottes sont fabriquées avec du cuir de veau tanné à l'écorce de châtaignier et de mimosa, assemblées par couture et pose de plus de 80 clous. Elles séduisent non seulement les gardians et manadiers, mais également tous les amateurs de produits authentiques.

La selle camarguaise : c'est une autre production traditionnelle spécifique à la région. Très confortable, très stable, cette selle et son harnachement s'adaptent parfaitement à la monte camarguaise et au travail des gardians : le troussequin et le pommeau sont plus hauts que sur les selles traditionnelles, et les étriers sont fermés sur l'avant.

Poteries et santons : l'argile, d'une qualité exceptionnelle en Provence, a permis aux artisans de créer toutes sortes d'objets. Poteries, céramiques mais également santons sont façonnés quotidiennement par de nombreux artisans dans les Alpilles et à Arles. Au Paradou, un musée est consacré aux santons.

Petit dictionnaire des cépages des vins de Madère

Bual

Les Jésuites auraient importé ce cépage de Bourgogne au XVIIe siècle. Considéré comme le meilleur cépage du porto blanc, il intervient dans la composition de certains vins de Madère donnant un vin demi-doux, équilibré, fin en bouche, à la belle couleur vermeille, on le sert avec certains fromages ou des desserts.

Malmsey (ou malvoisie)

Originaire de Crète, ce cépage fut introduit sur l'île par les premiers colons. Il donne un vin riche, doux et savoureux, digestif par excellence, ou très bien en accompagnement (desserts ou cafés).

Verdelho

Originaire d'Italie, c'est un cépage blanc qui a donné son nom à l'un des quatre principaux types de vin de Madère. Vin demi-sec de bonne tenue, frais et fruité, il convient bien à l'apéritif ou pour accompagner des potages.

Sercial

C'est un cépage blanc plutôt rare intervenant dans la composition du Madère. Il donne indéniablement le vin le plus sec et le plus léger de tous les vins de Madère, il accompagne parfaitement les apéritifs. Ce cépage serait originaire de la vallée du Rhin.

Musique – Danses

Les fêtes traditionnelles rythment la vie des villages tout au long de l'année. Elles sont un moment d'expression privilégié pour la musique et la danse. On sautille aux sons du galoubet (flûte à bec à trois trous) et du tambourin. C'est aussi l'occasion d'admirer les Arlésiennes en costume traditionnel. Lors de la Fèsto Virginienco, par exemple, qui se déroule aux Saintes-Maries-de-la-Mer, les jeunes filles sont conviées à " prendre le ruban " et à porter le costume " de dame " pour la première fois en symbole de leur passage à l'âge adulte. A Arles, lors de la Fête du costume, le premier dimanche de juillet, ce sont 500 participantes qui revêtent leurs plus belles et plus riches parures.

Qu'il s'agisse d'honorer un saint (saint Bonet, sainte Barbe, saint Omer, saint Roch, saint Jean, saint Eloi...), une pratique agricole (la maraîchage, le début des transhumances, la récolte du riz...) ou de perpétuer une pratique séculaire, les groupes de danse enchaînent les farandoles. Cette danse, sans conteste la plus connue, serait symbole de fécondité (balancement des bras, spirale, passage sous l'arc formé par les danseurs...).

Sports et jeux traditionnels

Tu tires ou tu pointes ? Comme partout en Provence, les jeux de boules comptent parmi les fondamentaux de l'art de vivre dans les Alpilles et en Camargue. La naissance du jeu provençal, encore appelé la " longue " ou " trois pas ", remonte au XIXe siècle. Issue de la boule lyonnaise, c'est un jeu au cours duquel les parties se déroulent de manière mobile sur un terrain de 15 à 20 mètres. La partie se joue en 13 points. En 1910, à La Ciotat, la pétanque a été inventée par un joueur de jeu provençal, qui, atteint de rhumatismes, décida de jouer en restant les pieds " tanqués ", c'est-à-dire joints et sur un terrain deux fois moins long. Longtemps considéré comme un amusement de feignants et non comme un sport à part entière, la pétanque est aujourd'hui le huitième sport en France par le nombre de licenciés et on compte près de 370 000 joueurs répartis dans 78 pays !

La course camarguaise : la traditionnelle bouvino se déroule dans les arènes des villages du pays d'Arles. Le principe : arracher les attributs (glands, cocardes et ficelles) attachés entre les cornes d'un taureau de race Camargue. Pour cela, les raseteurs (hommes habillés tout de blanc) courent autour de la bête équipés d'un crochet (une sorte de grand peigne accroché au poignet). Les sauts en contre-piste peuvent être impressionnants quand le taureau charge !

Les ferias : chaque année, Arles organise une feria de Pâques (avril) et une feria du Riz (septembre). La ville des Saintes-Maries-de-la-Mer organise également une feria du cheval (juillet) et une feria " biou y toros " (août). Les ferias se déroulent sur plusieurs jours et sont l'occasion de nombreuses festivités.

La joute nautique provençale : discipline très répandue, la joute provençale ou targo, se pratique de mai à septembre dans les ports de plaisance, les canaux et autres plans d'eau. Très spectaculaire, elle consiste à faire tomber à l'eau un adversaire juché à la proue d'une embarcation à l'aide d'une lance en bois. La place forte est à Port-Saint-Louis-du-Rhône.

Adresses Futées de Camargue

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