Guide de Camargue : Économie

Les territoires des Alpilles et de la Camargue sont dynamiques, très tournés vers le tourisme mais pas uniquement. L'agriculture, notamment la viticulture et l'élevage, ainsi que le secteur industriel avec les entreprises du bâtiment, d'exploitation des salins, et les artisans, se maintiennent. Une économie relativement équilibrée donc, même si le secteur tertiaire représente plus de 50%.

Ressources naturelles

Le sol du massif des Alpilles a longtemps été et est toujours exploité. Près des Baux-de-Provence, l'ingénieur Pierre Berthier a découvert en 1821 des gisements d'un minerai riche en aluminium auquel il donnera le nom de bauxite. Plusieurs exploitations ont extrait ce minerai qui rentre dans la composition du ciment. Aujourd'hui, si elles ne sont plus en activité (depuis les années 1990), le paysage reste marqué : près du Mas Rouge par exemple, l'immense carrière à ciel ouvert a été ennoyée et forme une gigantesque étendue d'eau. Bien auparavant, on a extrait des pierres de taille du sol calcaire pour la construction. L'histoire de Fontvieille est notamment intimement liée à cette exploitation. Si la pierre a servi à la réalisation de la majorité des habitations du centre ancien, elle a également été utilisée comme matériau de base pour les arènes d'Arles et de Nîmes à l'époque romaine. Des carrières demeurent en activité à la sortie du village sur la route menant vers les Alpilles. Mais l'extraction de la pierre n'est pas la seule exploitation du sous-sol du massif. Ainsi, une usine à Orgon, créée en 1955 et qui emploie une soixantaine de personnes, extrait jusqu'à 900 000 tonnes de carbonate de calcium par an.

En Camargue, en revanche, les ressources naturelles se limitent à l'exploitation du sel et à celle du roseau. Avec 5 000 hectares, les roselières de Camargue sont les plus vastes de France. La coupe manuelle, minime aujourd'hui, a laissé place à une exploitation mécanique à grande échelle. Avec 2 000 hectares coupés, et un million de bottes par an, la Camargue assure les trois quarts de la production française. Lié en bottes, le roseau sert à la confection de toitures, de haies brise-vent... Cette activité ne concerne toutefois que quelques exploitants.

Agriculture

Les surfaces agricoles occupent près de la moitié du territoire du Parc naturel régional des Alpilles. On compte encore 1 300 exploitations agricoles, d'une surface moyenne de 30 hectares. Elles emploient l'équivalent de 4 000 personnes : 14 % de la population vit ainsi directement de l'agriculture (contre 5 % à l'échelle du territoire national). C'est dire si l'agriculture tient encore un rôle majeur dans l'économie du territoire. Une agriculture tournée vers le haut de gamme avec pas moins de quatre appellations d'origine contrôlée (AOC) : l'olive, l'huile d'olive, le foin et le vin.

Destinées à l'alimentation animale, les productions fourragères occupent une large place. Il faut signaler la présence, sur la commune de Saint-Martin-de-Crau, de la production du fameux " foin de Crau ", seule production agricole alimentaire à bénéficier d'une AOC. Les autres productions sont liées aux élevages bovins (environ 3 400 têtes) et ovins (80 000 têtes) ainsi qu'aux activités arboricoles (2 400 ha de pêchers, 1 400 ha de pommiers et 800 ha de poiriers) et céréalières (4 900 ha). Viennent ensuite l'oléiculture avec environ 220 000 oliviers plantés ; les productions légumières avec 1 600 hectares dont 415 sous serres et la viticulture avec 1 350 hectares de vignes dont 620 classés en AOC baux-de-provence.

Si le territoire des Alpilles est particulièrement fertile, la Camargue, elle, fut longtemps une terre rebelle à la culture. Le delta du Rhône ne connaît une agriculture développée que depuis un siècle et demi environ. En cause : les débordements du Rhône, les tempêtes marines et la salure des sols. Mais la construction de digues et la maîtrise de l'irrigation et du drainage ont rendu possibles les cultures de céréales, de vignes et de riz.

Avec 18 000 hectares environ, le riz est la production dominante. A l'ouest, sur les sols plus sableux de petite Camargue, la vigne et la culture de l'asperge l'emportent. Au nord, se sont développés le maraîchage et une arboriculture irriguée. L'élevage occupe également une large place en Camargue : celui du taureau (avec une cheptel de 10 000 têtes) et celui du mouton de Camargue, appelé aussi mérinos d'Arles. Les 12 000 têtes qui pâturent dans le Parc naturel régional de Camargue sont issus du croisement de la race locale arlésienne avec le mérinos d'Espagne apprécié pour la finesse de sa laine et pour la qualité de sa viande.

Industries

La part du secteur industriel a fortement diminué dans les Alpilles : elle représente 16% de l'activité. Un chiffre lié à la présence d'entreprises de construction, de conserveries mais également de carrières de pierres et d'une usine à Orgon qui extrait du carbonate de calcium utilisé pour l'industrie du papier, des matières plastiques, de la peinture ainsi que l'industrie du bâtiment, la pharmacie...

La vocation industrielle de la Camargue a, elle, été déterminée par sa proximité de Marseille et de ses savonneries grandes consommatrices de soude dont la fabrication s'effectue à partir du sel, ainsi que sa situation dans l'axe commercial Rhin-Rhône. Trois pôles se sont ainsi développés il y a plus d'un siècle.

La production de sel, à Salin-de-Giraud pour le déneigement, et à Aigues-Mortes pour l'alimentation. Toujours à Salin-de-Giraud, un groupe industriel belge produit du carbonate de chaux employé pour de multiples usages (papeteries, dentifrices, mastics, encres...). Depuis 1981, son unité de chimie minérale s'est doublée d'une unité de chimie pharmaceutique qui produit des principes actifs employés notamment en cardiologie et gastro-entérologie. Enfin, de Port-Saint-Louis-du-Rhône à Fos-sur-Mer se trouvent les 10 000 hectares du complexe de Fos qui comprend une multitude de branches : terminaux portuaires, complexe sidérurgique, raffineries de pétrole, constructions métalliques offshore... soit 400 entreprises.

Tertiaire

La majeure partie de l'emploi appartient au secteur tertiaire comme partout en France. Il englobe les entreprises liées au commerce, aux transports, aux services et bien entendu au tourisme.

Tourisme

Le tourisme est une activité économique très importante pour les territoires des Alpilles et de la Camargue. Si le premier attire autant les amateurs d'histoire, les adeptes du farniente ou les férus de randonnées, le deuxième séduit surtout pour sa quiétude, son aspect sauvage ou de bout du monde. Il attire ainsi une autre catégorie de visiteurs, épris de liberté, comme en témoignent les nombreux camping-cars qui viennent de toutes parts et en toutes saisons.

Le Parc des Alpilles offre une capacité d'environ 20 000 lits touristiques dont 7 300 à Saint-Rémy-de-Provence, 2 000 à Maussane-les-Alpilles et 1 600 à Eygalières. Entre 1988 et 1998, cette capacité a augmenté de 50 % ! On peut constater que l'offre se tourne tout de même vers le tourisme haut de gamme avec une large concentration d'hôtels de luxe : 60 % de la capacité d'accueil est homologuée dans des hôtels 3 et 4 étoiles. Les visiteurs viennent de toute la France et de l'étranger (USA, Angleterre, Belgique, Allemagne...).

La Camargue attire, elle, une clientèle majoritairement française (87 %) avec une prédominance pour une clientèle régionale. Ce sont surtout des familles avec enfants qui séjournent en locations (21 %), dans les hôtels (21 %) ou au camping (17 %). La fréquentation en Camargue est estimée à plus de 800 000 touristes par an, qui a généré 3,2 millions de nuitées touristiques (57 % à Arles, 37 % aux Saintes-Maries-de-la-Mer et 6 % à Port-Saint-Louis-du-Rhône). Soit 210 millions d'euros injectés dans l'économie locale.

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