Guide de Patagonie : Population et langues

Gaucho.
Gaucho.
Les peuples méridionaux : Tehuelche et Mapuche

Originairement, ils occupaient la partie chilienne des Andes, mais dès le XVIIIe siècle les assauts des colons espagnols (qui jusqu'à alors s'étaient cantonnés au nord du río Bío Bío) les obligèrent à migrer vers d'autres cieux (ils en profitèrent pour apprendre à monter à cheval), jusqu'en Patagonie argentine. Ils se mélangèrent ainsi aux Tehuelche et leur imposèrent même leurs coutumes et leur langue (étant culturellement plus avancés et de tempérament beaucoup plus belliqueux). On peut même dire qu'ils les asservirent. D'un autre côté, les Blancs entreprirent de les chasser ou de les métisser ; aussi, le peuple des Tehuelche disparut bel et bien de la carte du monde.

Bien peu de groupements mapuche, aujourd'hui, descendent du foyer originaire indigène ; la plupart sont constitués de familles dispersées, rassemblées pour le meilleur ou pour le pire, et bien souvent métissées (au moins culturellement).

Le massacre de la conquête économique du XIXe siècle n'a toutefois pas éradiqué la présence indigène dans cette zone. Car pour les Blancs aussi, le climat était rude, la terre peu fertile : seul était rendu possible l'élevage d'ovins ou de caprins.

Aujourd'hui, on considère qu'il subsiste environ 600 000 Mapuche au Chili, peut-être 200 000 à 300 000 en Argentine ; mais beaucoup de jeunes fuient vers les villes en quête d'un bien-être économique que les nouveaux moyens de communication leur promettent.

Quant à leur langue (le mapudungun), elle ne possédait pas d'expression écrite ; la transmission des légendes et de leur histoire s'effectuait par voie orale. De manière assez ironique (si l'on veut), et comme en d'autres occasions, l'écriture mapuche naquit avec l'expansion des Espagnols et l'évangélisation qui s'ensuivit : il fallait bien que les gens comprennent un minimum la langue ibérique, et donc il fallait publier des dictionnaires bilingues !

Les Fuégiens

Il faut bien le dire : malgré des descriptions et des études d'ordre géographique ou ethnologique, on connaît mal l'histoire et les moeurs des Fuégiens (extrême sud du continent et autour de la Terre de Feu). Des chiffres très incertains font état de l'évolution de leur population (d'après l'ouvrage d'Annette Laming) ; on estime qu'environ 11 500 indigènes peuplaient la Terre de Feu au début du génocide, en 1880. Les derniers chiffres remontent à plusieurs décennies ; aujourd'hui, par exemple, il ne reste plus aucun Alakaluf de pur sang.

Les Alakalufs ou Kaweskars. Les derniers survivants se trouvèrent reclus sur l'île Wellington, et à Puerto Eden (la mal nommée). Ou, pour reprendre les mots de Jean Raspail : " Au dernier recensement connu de 1971, il ne restait que quarante-sept survivants. C'était il y a longtemps. Personne ne les a jamais revus, il n'y a pas eu de nouveau recensement.  "

Annette Laming, dans son ouvrage, Tout au bout du monde, paru en 1954, décrivait ainsi ce triste monde déstructuré : " Ces gens dans leur hutte, certes, vivent encore des lambeaux de leur vie traditionnelle, celle que l'humanité a vécue pendant des dizaines de milliers d'années. Nous savions que les hommes n'avaient eu pour tout outil que la coquille, l'os et la pierre, pour tout compagnon que le chien, pour toute nourriture que les produits de leur chasse et de leur pêche. Ce que nous ne savions pas, c'est ce qu'ils pensaient, leur vie intérieure, leurs aspirations et leurs craintes... Or, ce voyage ne nous l'aura pas appris. Le fossé est trop profond. Le voyageur, le passant ne sauront rien de cette pauvre écume d'humanité, sinon qu'elle cherche à manger, à se chauffer. En revanche, il aura eu sous les yeux, réduite à des conditions élémentaires, la tragédie de l'absorption, de la digestion d'un groupe humain par un autre plus évolué. Déjà les archipels sont redevenus déserts. Une fois seulement, au cours de cinquante-sept jours de navigation, nous avons croisé une embarcation d'Indiens. Il pleuvait. Du canot traditionnel, creusé dans un tronc d'arbre et rehaussé de planches, une fumée s'élevait. Les Indiens au cours de leur randonnée emportent toujours avec eux le feu qu'ils disposent au centre du canot sur un petit plancher d'argile. Des silhouettes, un homme, trois femmes, quelques enfants, se recroquevillaient sous la pluie. Le canot, après un court instant d'hésitation, s'est éloigné sans chercher à aborder le Sobenes. On ne peut rien imaginer de plus poignant qu'un canot d'Indiens s'éloignant sous la pluie battante, se fondant dans cette grisaille de la mer, du ciel et de la pierre, minuscule centre de vie dans la solitude et la désolation des archipels. "

Mais aujourd'hui, plus rien de tout cela. Les derniers survivants de " l'apocalypse blanc " sont morts. Un peuple tout entier a disparu.

Le commandant Cousteau témoigne de cette vision d'horreur, lors de son périple dans les eaux patagonnes, dans les années 1970 (impressions qu'il livre dans son ouvrage, La Vie au bout du monde) : " Nous ne nous faisions guère d'illusions sur ce que nous allions trouver en venant ici [...]. Mais la réalité dépasse nos pires craintes. Dans ce camp de Puerto Eden, non seulement une culture disparaît mais un peuple s'éteint physiquement. [...] Ce peuple, jadis fier et jaloux de sa culture, ne vit plus que de mendicité, d'un peu de cueillette de fruits de mer, et de maigres trafics avec les Chiliens. [...] Eux qui, du temps de leur splendeur, montaient de longs canots de planches assemblés par des coutures, vendent aux touristes des modèles réduits de barques d'écorces... " Et son compagnon Michel Deloire poursuit ainsi : " Il y a, dans le regard des Qawashqar, une expression de tristesse constante, de mélancolie inguérissable. Ils ne sont pas vraiment malades, pour la plupart, mais on les dirait perpétuellement abattus. Ils n'ont plus de motivation. Ils traînent leur existence comme un fardeau inutile. Ils passent leurs journées accroupis, à regarder la montagne qui leur fait face. Ou bien même ils ne regardent rien, les yeux dans le vague... Songent-ils à leur passé perdu tandis qu'ils se replient sur eux-mêmes de la sorte, indifférents à tout ce qui les entoure ? [...] Ils vivaient libres, dans une immensité d'îles et de bras de mer ; ils sont emprisonnés - ou presque - dans un camp sordide. "

Les Yámanas. De nos jours, quelques métis (métissés avec des Chilotes surtout, habitants de Chiloé, l'archipel au sud de Puerto Montt) sont encore regroupés à Villa Ukika, près de Puerto Williams, sur l'île Navarino.

Les Onas. Cette tribu, hélas, a disparu : le dernier descendant est décédé en 1999.

Les colonies européennes

L'Argentine a connu une très forte vague d'immigration au milieu du XIXe siècle. Celle-ci était principalement européenne et on comptait un grand nombre d'immigrants italiens, français et espagnols. Toutefois, d'autres pays européens ont fait route vers l'Amérique, comme les Belges qui se sont fortement implantés dans la province d'Entre Ríos.

Gallois. Les Gallois ont été parmi les premiers colons européens à s'installer dans la province de Chubut, dès l'année 1865. La raison pour laquelle les Gallois ont migré vers la Patagonie n'est toutefois pas anodine et est liée à un contexte historique et culturel. En effet, à l'époque, les Gallois se sentaient menacés par l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande. Les Gallois craignaient que leur communauté et leurs moeurs ne disparaissent face à la domination britannique, c'est pourquoi ils ont décidé de s'installer outre-mer afin de préserver leur identité et leur culture. Ils s'installent sur la côte atlantique et fondèrent les villes de Puerto Madryn et Rawson. Au fur et à mesure des décennies, ces villes se développent et adoptent une identité mixte, bien loin de la culture galloise. Il faut partir du côté de Gaimán, fief de la culture galloise en Argentine, pour retrouver le témoignage de l'immigration : des fêtes religieuses commémorent le pays de Galles, la langue galloise a été réintroduite et l'architecture tout comme le drapeau expriment clairement l'identité du petit village. Mais l'expansion des Gallois ne s'arrête pas là puisqu'ils continuèrent à investir les territoires du Sud jusque dans les Andes : ils fondèrent également Esquel et Trevelín.

Français. A la même période, les Français représentent 10 % de la population argentine, ils sont pour la plupart bretons, savoyards, basques ou encore béarnais. Ils importent avec eux bon nombre d'influences culinaires et artistiques qui s'ancreront par la suite dans la culture argentine. Ils aident également au développement de l'industrie agricole et établissent des colonies dans la province de Buenos Aires.

Allemands. Enfin, bien que l'Argentine soit très souvent perçue comme une terre d'asile pour les anciens nazis en cavale, la première vague d'immigration allemande en Patagonie remonte à la fin du XIXe siècle. Le recensement de Buenos Aires en 1853 comptait pas moins de 2 000 Allemands et la ville de Bariloche accueillait également lors de sa création une forte vague de colons allemands. Le Centro Cívico de Bariloche s'est d'ailleurs érigé à l'emplacement de la maison de commerce, "La Alemana", bâtie en 1895 par l'Allemand Carlos WiedherholdenCôté Chili, ils occupèrent principalement la région de Valdivia et constituaient la principale communauté d'émigrés européens à Valparaíso.

Particularités linguistiques

Chilénismes

Une langue étrange, même pour ceux qui croient dominer l'espagnol ! L'accent argentin, notamment celui de Buenos Aires, pourra dérouter les novices, mais au Chili... c'est encore une autre histoire ! Ils usent et abusent de termes qui n'existent que chez eux, regroupés sous l'expression chilenismo. Parmi lesquels : pololo (petit ami), huevón (utilisé comme une insulte ou de manière affectueuse pour dire "idiot"), bacàn (génial)... Les origines de ces mots et de ces expressions sont assez floues mais prennent racine dans la fusion du castillan avec les langues européennes et les variétés de mots et expressions indigènes. En effet, les Mapuche et les Aymara ont laissé des traces dans le "chilien" d'aujourd'hui, marqué par des sons et des façons de parler différentes. L'expression orale peut vite porter à confusion tant le discours se distingue de la langue espagnole pour laquelle vous avez opté en LV2. D'ailleurs, il se peut que vous entendiez cette phrase, désormais proche du diction " Si tu comprends l'accent chilien, tu comprendras n'importe quel accent ! ". En outre, tout le monde parle très vite, ce qui n'est pas fait pour faciliter la conversation, l'argot revient très fréquemment et certains mangent les " s " en fin de mot, à la manière cubaine. On s'habitue, mais ce n'est pas commode au début. Cachai ? (tu comprends ?)

Le castillan argentin

L'Argentine aussi possède quelques spécificités concernant le castellano qui devraient effaroucher tous ceux dont l'espagnol se limite à un bagage scolaire. La première règle est la suivante : le "ll" suivi d'une voyelle se prononce plus ou moins "ch". De ce fait, caballo (cheval) se prononce "cabacho". Cette distinction vous permettra de repérer très facilement un Argentin dans n'importe quel pays hispanophone, et plus particulièrement celui de Buenos Aires (c'est une particularité surtout présente dans la province de Buenos Aires). Il faut savoir que chaque grande région du pays dispose de ses propres spécificités (l'accent de Cordoba est particulièrement chantant).

Autre changement notable, qui risque de vous dérouter au début : le espagnol est remplacé par le vos, qui s'accompagne d'une conjugaison particulière. Ainsi on dira vos creés à la place de tú crees (et en accentuant sur le dernier " e "), ou vos querés à la place de tú quieres ! La conjugaison se permet ainsi quelques fantaisies : vos tenés du verbe tener, ou même vos sos du verbe ser... au lieu de tú tienes ou tú eres. C'est un peu le bazar, mais, point positif, cette mutation grammaticale est toujours respectée et l'on s'habitue au bout d'un moment. Vous finirez peut-être même par commencer vos phrases d'un " Che ! " ou " Che, loco ! " (ou encore " Che, boludo ! ").

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