Guide de Patagonie : Politique et économie

Politique

Terre mythique avant tout, la Patagonie fut pourtant partagée administrativement entre l'Argentine et le Chili en 1881. Il faut donc parler de deux Patagonie au plan politique.

Structure étatique

L'Argentine est une république présidentielle et fédérale, régie par la Constitution de 1853 et amendée à plusieurs reprises. Le président, qui est à la fois le chef de l'Etat et le chef du gouvernement, est élu au suffrage universel direct pour quatre ans. Le pouvoir législatif est aux mains du Congrès, divisé en deux assemblées, élues au suffrage universel direct : le Sénat, avec 72 membres (mandat de six ans) et la Chambre des députés (257 membres, élus pour quatre ans). Le pouvoir judiciaire, indépendant, est représenté par les tribunaux fédéraux et la Cour suprême, dont les neuf membres sont choisis par le président avec l'aval du Sénat. Chaque province de la République élit ses gouverneurs et son propre corps législatif.

La Patagonie argentine occupe cinq provinces du pays : Neuquén, Río Negro, Chubut, Santa Cruz et Terre de Feu, sur une superficie de 786 983 km2. Ces provinces sont subdivisées en départements et en municipalités. Le plus haut responsable politique est le gouverneur. La population de ces cinq provinces était de 2 124 492 habitants, soit environ 2,7 habitants au km2.

Le Chili est une démocratie républicaine forte de trois pouvoirs, régie par la Constitution de 1980 amendée à plusieurs reprises (notamment en septembre 2005) : le président de la République, élu au suffrage universel direct tous les quatre ans (il ne peut pas se représenter) ; le pouvoir législatif, représenté par le Congrès national qui siège à Valparaíso et divisé entre le Sénat (fort de 38 membres élus au suffrage universel direct, renouvelé par moitié tous les quatre ans) et la Chambre des députés (120 membres élus tous les quatre ans) ; le pouvoir judiciaire, composé des tribunaux de première instance, de cours d'appel et d'une Cour suprême.

Le Chili est divisé en quinze régions depuis 2007. La Patagonie chilienne occupe cinq régions sur une superficie de 353 539 km: l'Araucanie, la région des Fleuves, la région des Lacs, Aysén et Magallanes. Nous avons aussi inclus Chiloé dans ce guide, car la colonisation de la Patagonie chilienne (Aysén et Magallanes notamment) s'est surtout faite depuis cet archipel. En 2012, on parle de 2 313 904 habitants en Patagonie chilienne, soit une densité d'environ 6,5 habitants au km2.

Économie
Principales ressources

Les principales ressources de la Patagonie sont le pétrole, le gaz naturel et l'élevage d'ovidés en Argentine, l'aquaculture et la pêche en Argentine et au Chili. Le tourisme est aujourd'hui en pleine expansion.

La Patagonie argentine n'est pas un producteur important de pétrole : guère plus de 194 de barils de pétrole en 2014. Elle fournit cependant 75 % des réserves nationales grâce aux deux bassins de la province de Neuquén et San Jorge sur la côte atlantique. L'Argentine est le premier producteur de gaz naturel en Amérique latine avec 35,4 km3 en 2015.

Aujourd'hui toutefois, les réserves de pétrole et de gaz s'épuisent : le pays est passé au cours des années 2000 d'exportateur à importateur d'hydrocarbures. L'enjeu actuel est donc de développer les productions offshore, notamment dans le Grand Sud. En 2010 a été mis à jour un vaste gisement de gaz de schiste de 30 000 km2 du nom de Vaca Muerta, dans la province de Neuquén. Malgré l'opposition des environnementalistes et des indiens Mapuche (le gisement est sur leur territoire), le gouvernement est en tractations avec les grandes compagnies pétrolières (Total, Chevron, YPF) pour organiser l'exploitation du gisement.

L'élevage des moutons est une activité toujours importante, même si un lent déclin est amorcé depuis les années 1990, avec la baisse considérable du prix de la laine, la déforestation et le surpâturage. Si, en 1952, la Patagonie possèdait plus de 21 millions de têtes, les chiffres avancés aujourd'hui parlent de 7 millions. La production se concentre sur la laine des moutons Mérinos et Corriedale pour l'exportation.

Enfin, la production de l'aquaculture en Patagonie argentine n'est pas significative.

La production de pétrole au Chili, dans les environs de Punta Arenas, assure 30 % de la consommation nationale, mais est insuffisante pour une complète indépendance.

La pêche est en revanche une activité florissante : le pays détient la 5e place mondiale avec 4 à 5 millions de tonnes annuelles. En 2016, le Chili, deuxième producteur de saumons au monde, a produit 727 800 tonnes de saumon, ce qui lui a rapporté 3,8 milliards de dollars. Cependant, la même année, les élevages du pays furent décimés par une prolifération de micro-algues faisant chuter la production du pays de 20 %. Les quelque 2 400 centres d'aquaculture produisent plus de 90 % de la production nationale, et tous se situent en Patagonie chilienne, fournissant un emploi à plus de 25 000 personnes. A noter qu'on pratique aussi l'ostréiculture, la mytiliculture ou la conchyliculture, notamment l'huître plate chilienne, la moule chilienne, la moule choro, la moule cholga et les algues.

Place du tourisme

Le tourisme a pris une ampleur sans précédent ces dernières années en Patagonie chilienne et argentine. Les principaux centres sont Bariloche, Puerto Madryn, El Calafate et Ushuaia en Argentine ; Pucón, Puerto Varas, la lagune San Rafael et Puerto Natales au Chili (parc Torres del Paine). Si le tourisme de masse, notamment sud-américain, est très présent, la Patagonie accueille aussi un grand nombre de voyageurs indépendants qui aiment le trek, la pêche (Junin de los Andes est la capitale argentine de la truite, la région d'Aysén est l'un des meilleurs endroits au monde pour la pêche à la mouche), le rafting, l'escalade ou le ski (à Bariloche notamment). Les croisières dans les fjords patagons sont très appréciées.

Enjeux actuels
Inflation et " dollar blue ", deux dangers pour l'économie argentine

L'inflation galopante - officiellement de 11% par an, officieusement de 25 à 35 % par an - est un phénomène qui inquiète à juste titre les Argentins, effrayés par le spectre d'une nouvelle crise économique qui pourrait entraîner une dévaluation du peso et donc de leur épargne. Les classes moyennes et populaires sont les plus pénalisées car les plus riches ont des actifs pour se protéger (biens immobiliers, actions, obligations, devises étrangères). Pour éviter une fuite des capitaux à l'étranger, Cristina Kirchner a mis en place une mesure protectionniste en 2011, limitant le change de pesos contre des dollars sur le marché officiel.

En conséquence, un marché noir parallèle s'est développé ces dernières années. Appelé le " dollar blue ", ce taux de change officieux propose 12 ou 13 pesos pour 1 dollar, contre 8 pesos pour 1 dollar sur le marché officiel. Tout le monde peut aller à Buenos Aires sur la rue principale du Microcentro (comble de l'ironie, le quartier d'affaires de la ville), calle Florida, pour échanger ses dollars, pesos et euros. En y passant, vous entendrez sans arrêt " cambio ! cambio ! " crié par les rabatteurs. Les kiosques à journaux sont des bureaux de change officieux où, muni d'une calculette, un agent vous échange l'argent sans entourloupe (vérifiez quand même que les billets paraissent vrais mais a priori pas d'arnaque). Cependant, depuis ces dernières années, ce taux de change s'annonce moins compétitif avec de minces écarts par rapport au marché officiel.

En résumé, il existe quatre taux de change en Argentine : le taux officiel du dollar bloqué un an sur un compte d'épargne, celui du dollar officiel payé sur un compte courant (20 % de taxes), celui payé en carte de crédit à l'étranger (35 % de taxes) et celui du marché noir : le " dollar blue ".

Pour endiguer ce marché noir mais aussi la baisse du peso sur les marchés internationaux, la présidente Cristina Kirchner décidait en janvier 2014 d'assouplir le contrôle des changes, en autorisant l'achat de dollars par les Argentins au cours officiel de 8 pesos. Un " assouplissement " réservé aux plus riches et insuffisant pour se protéger d'une inflation à 30 % par an : l'achat, limité à 20 % du salaire et avec un plafond de 2 000 dollars par mois, doit se faire par virement bancaire. Pour un salaire très élevé de 20 000 pesos par mois (2 500 dollars), un Argentin ne peut acheter que 400 euros au taux officiel en dollars (moins avantageux que le marché noir), sur lesquels il devra payer 20 % de taxes à l'année. La mesure n'a donc pas impacté le marché noir.

Au lieu de chuter comme prévu, le " blue " s'est maintenu durant les premiers jours après l'annonce, avant de reprendre son ascension. Les petits malins les plus riches ont donc trouvé une astuce très rémunératrices : ils retirent les 2 000 dollars par mois autorisés, pour injecter directement des liquidités sur le marché noir, réalisant une plus-value de 8 000 pesos par mois !

Pire : elle a entraîné une dévaluation historique du peso de 18 % en une semaine. La présidente évoque des pressions spéculatives sur les taux de change des pays émergents en marge de sa rencontre avec la présidente du Brésil Dilma Roussef, et a posté un tweet colérique : " il semble que certains veulent nous faire manger de la soupe, mais cette fois avec une fourchette. Qui ? Toujours les mêmes. ", soient les banques et les multinationales suspectées de vouloir déstabiliser son gouvernement. Axel Kicillof, le ministre argentin de l'Economie, accuse Shell d'avoir participé à la chute du peso en achetant massivement des dollars. L'Etat pourrait sanctionner les entreprises qui se livrent à des attaques sur la monnaie. Si le phénomène est bien réel, il ne fait qu'aggraver la dévaluation inéluctable du peso, car les réserves de change ont fondu de 52 à 29 milliards de dollars en raison des turbulences sur les marchés émergents (répercussion depuis 2009 de la crise économique actuelle en Occident). L'ex-présidente, déjà critiquée pour d'autres raisons, aurait payé la conséquence de ce problème lors des élections de 2015.

En juillet 2014, l'Argentine était au bord de la faillite, qui ne s'est finalement pas produite. Près de 3 ans plus tard, au premier semestre 2017, le pronostic d'inflation était de plus de 21 % selon le ministère de l'Economie argentin.

L'élection de Mauricio Macri à la présidentielle de 2015 marque la fin de 12 ans de péronisme. Le pays connaît, tout comme le Chili fin 2017, un virage politique considérable. Premièrement, l'ex-candidat de centre-droit se focalise sur des réformes de politique économique radicalement différentes : il supprime le contrôle des changes et introduit par ailleurs un mécanisme de taux de change flexible. Il poursuit avec de nombreuses réformes, en remaniant l'Agence nationale de statistiques et en concrétisant la mise en place d'une politique monétaire de ciblage de l'inflation. Début 2016, à l'issue d'un débat musclé, le Sénat annonce que l'Argentine fait son grand retour sur les marchés financiers et clôt une bonne fois pour toutes l'affaire des "fonds vautours" (fonds d'investissements spéculatifs). C'est un succès sur le plan de la dette publique et Macri devient le symbole d'une nouvelle Argentine plus forte, renouant avec la croissance. Cependant, après son doux succès aux législatives d'octobre 2017, Macri poursuit un ambitieux programme de réforme et s'attaque alors aux retraites. Accusé de faire passer cette réforme sur "le dos des pauvres", Macri est lourdement critiqué et un climat de violence s'installe à Buenos Aires peu avant Noël 2017. De nombreuses émeutes transforment la capitale en véritable champ de bataille. Bien que le président affirme la création de milliers d'emplois à terme, la loi visant la réduction de l'augmentation des pensions et le recul du départ à la retraite se transforme en première grande crise pour le président dont le bilan était jusqu'alors positif pour le peuple argentin.

Une économie chilienne dépendante du cours des matières premières

Le Chili a longtemps été défini comme le " jaguar " de l'Amérique latine, avec des taux de croissance de 7 % par an de 1990 à 1997 puis de 4 à 5 % dans les années 2000. Mais, tout comme pour l'Argentine, qui faisait office de " meilleur élève " du Fonds monétaire international avant de s'effondrer en décembre 2001, ce poncif mérite d'être critiqué.

L'économie du pays dépend en effet largement du cours des matières premières et des ressources énergétiques extérieures, et se trouve ainsi confrontée de plein fouet à toutes les fluctuations de la conjoncture mondiale. L'embellie du cuivre au début des années 2000 a participé d'une conjoncture économique nationale extrêmement favorable, mais ne profitant pas vraiment aux secteurs les plus déficitaires de l'économie chilienne (éducation, santé). On construit des routes, des centres commerciaux, mais pas vraiment d'écoles ni d'hôpitaux publics.

Le partage du " gâteau " est très inégalitaire au Chili et des risques d'étranglement de certains pans de la société chilienne peuvent être craints dans les années à venir. Le tissu social (et industriel) reste conjectural et hasardeux. Durant la présidence de Michelle Bachelet, la tendance était à la limitation des dépenses et à la priorisation des investissements sociaux. Pourtant, fin 2017, lors de la fin son mandat, Michelle Bachelet essuyait un échec avec un déficit public croissant. Cependant le pays réussit à maintenir une certaine stabilité et on enregistre des années de croissance régulière jusqu'en 2014 (d'environ 5 % entre 2010 et 2014). L'année suivante, la chute du cours du cuivre entraîne un important ralentissement économique et cela a même des répercussions sur la croissance qui diminue de 1,7 % en 2016.

La classe politique chilienne, divisée le temps des élections présidentielles de 2014, est néanmoins plus ou moins soudée (si l'on excepte le mouvement d'extrême gauche, relativement populaire) autour d'un projet économique qui s'inscrit dans la continuité en matière économique et budgétaire. Les dépenses publiques devraient se focaliser sur les secteurs de la santé, de l'éducation préscolaire, du logement social, de l'emploi et de la promotion des PME.

Cependant, l'élection (encore une fois) de Sebastien Piñera crée un virage politique. Ex-chef d'Etat de 2010 à 2014, conservateur et, précisons-le, homme le plus riche du Chili, Sebastien Piñera prévoit de nombreuses réformes qui viendraient bousculer les réformes progressistes de sa prédécesseur socialiste. Néanmoins, une majorité de Chiliens se voient désormais rassurés par le retour de Piñera à la Moneda : les questions sociales mises de côté, un retour à la croissance économique et à la création d'emplois se dessinent.

Parfois amère et souvent fataliste, la population chilienne semble en effet sans réel projet de société, avec une hiérarchie sociale en décomposition et des disparités flagrantes. Depuis 2016, le pays s'engage vers de nouveaux défis sociaux et environnementaux : pour réduire sa dépendance vis-à-vis des exportations du cuivre (le Chili étant le premier exportateur mondial), le pays investit ces dernières années dans les énergies renouvelables et souhaite se détacher de sa dépendance au commerce international.

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