Guide de Patagonie : Survol de la Patagonie

Patagonie.
Patagonie.
Géographie

On peut distinguer deux grandes zones en Patagonie continentale. La cordillère des Andes est une véritable épine dorsale (est/ouest), qui bouleverse sensiblement le climat.

Le versant chilien présente une végétation exubérante, une forêt impénétrable en maints endroits, et les précipitations sont extrêmement abondantes (jusqu'à 4 000 mm/an). La côte maritime pacifique est un vaste réseau de fjords et de canaux, un paysage déchiqueté et bouleversant, une image de fin du monde accentuée par un climat terrifiant la plupart du temps. La Route australe se glisse péniblement sur le mince bout de terre qui appartient au Chili, mais se termine à Villa O'Higgins, sans pouvoir rallier la ville de Puerto Natales, tout au sud. Des projets existent pour poursuivre la construction de la route ; un travail de titan qui suppose l'édification de dizaines de ponts, entre autres.

Les volcans tapissent les terres chiliennes du nord au sud et apportent au paysage une splendeur mystique et vertigineuse. Avec ses 2 000 volcans, c'est le deuxième pays, après l'Indonésie, à receler la plus grande chaîne de volcans dans le monde. Heureusement la grande majorité d'entre eux sont éteints ou endormis, mais aujourd'hui 500 volcans sont considérés comme actifs (un volcan est considéré comme volcan actif s'il a eu une éruption durant les derniers 10 000 ans). Certains sont plus surveillés que d'autres, notamment les volcans Azur, Hudson, San Pedro et Villarica. Ce dernier est d'ailleurs entré en éruption en mars 2015 entraînant l'évacuation de plusieurs milliers de personnes. Du haut de ses 2 847 mètres, il est souvent considéré comme le volcan le plus dangereux du pays. Un mois plus tard, le volcan Calbuco, tout près de Puerto Montt, considéré lui aussi comme l'un des volcans les plus dangereux, s'est réveillé après 43 ans de sommeil. Une double éruption pour ce volcan, dont la colonne de fumée a atteint près de 20 km et le nuage de cendres s'est déporté jusqu'à Bariloche en Argentine. Pourtant, il semblerait bien que les Chiliens se soient habitués aux soubresauts de ces géants de feu : ils les admirent autant qu'ils les craignent ! Leurs beautés attirent désormais un grand nombre de touristes (l'ascension du Villarica est devenue un incontournable de la région de Pucón), et n'oublions pas que le Chili détient également le record du volcan actif le plus haut de la planète : le " Ojos del salado " culmine à 6 891 mètres et il est le deuxième plus grand mont d'Amérique (après l'Aconcagua en Argentine).

La Patagonie argentine, de son côté, recouvre une superficie d'environ 880 000 km2 (une fois et demie la France). Trois secteurs géomorphologiques se détachent : le secteur andin (depuis le 37e parallèle exactement jusqu'à l'île des Etats) ; le secteur central, qui se caractérise par ce que l'on appelle des mesetas patagoniques (sortes de petits plateaux), traversées par de nombreux fleuves (à l'origine d'accidents géographiques comme des canyons, des collines...) ; et le secteur côtier, au bord de l'Atlantique, défini par des falaises assez imposantes, de temps à autre entrecoupées de plages, de golfes, de rades, d'estuaires...

Il faut savoir que la cordillère des Andes ne forme pas une chaîne ininterrompue : des cordons isolés sont reliés entre eux par de vastes vallées, très encaissées et baignées par des lacs et des rivières qui naissent toutes sur le versant est (en Argentine, par exemple, les ríos Negro, Limay, Neuquén, Chubut, Chico, Deseado, Santa Cruz, Gallegos). Comme les vallées existaient avant l'émergence définitive des Andes patagoniques, les rivières purent conserver leur action corrosive sur le pendant ouest, jusqu'à la côte pacifique. Pendant la période glaciaire, les lits furent agrandis, donnant naissance aux lacs qu'on observe actuellement. L'importance de la glaciation est certaine dans cette région : les sommets andins sont d'ailleurs recouverts de glaciers, et les massifs présentent des pics aigus très escarpés (ces roches, encastrées dans les sédiments, ont résisté à l'érosion glaciaire du fait de leur dureté, apparaissant à l'air libre en des silhouettes fantaisistes). Les vents du Pacifique qui charrient leur flot de pluie s'écrasent sur la cordillère (ce qui explique aussi les précipitations sur le versant ouest) ; le climat y est moins rude qu'au Chili, mais les vents se livrent à une guerre féroce avec les étendues plates, libres de toute entrave.

En Terre de Feu, l'épine dorsale change d'orientation : le nord évoque la steppe continentale, et les montagnes apparaissent au sud, peu avant d'atteindre Ushuaia.

Les Andes ne sont pas si hautes en Patagonie  ; plus on descend au sud, d'une manière générale, moins les sommets sont élevés. Mais les nombreuses secousses telluriques ont façonné des massifs édentés, constitués d'aiguilles rocheuses qui font le bonheur des randonneurs et des photographes.

Le Hielo Patagónico est une immense masse de glace, héritage des périodes glaciaires : elle est plus étendue que la ville de Buenos Aires !

Un monde aux frontières encore floues

Les avis divergent et les limites de la Patagonie n'ont jamais été officialisées. Historiquement et politiquement, la Patagonie n'a pas la même définition pour tous et la configuration du territoire change selon les points de vue.

La Patagonie chilienne. En termes de taille, on compare souvent la Patagonie chilienne à la superficie de l'Allemagne. Mais encore une fois, les avis concernant ses limites géographiques divergent. Au Chili, la Patagonie commence pour la majorité au niveau de l'île de Chiloé et de Puerto Montt, là où la nature redevient plus sauvage et les îles sont recouvertes de forêts denses, là où les terres déchiquetées se confondent en fjords et labyrinthes de canaux. Région à faible densité de population, il s'agit de terres presque dépourvues de routes, les déplacements y sont encore difficiles et la construction de la Carretera Austral (qui est sans aucun doute l'une des plus belles routes du monde !) s'est achevée il y a seulement vingt ans. Pour d'autres, la Patagonie chilienne se restreint à la région de Magallanes, qui comprend une partie de l'archipel de la Terre de Feu. Mais les régions du Bío-Bío et de l'Araucanie revendiquent aussi depuis peu la désignation de Patagonie, pour des raisons principalement liées au tourisme. Notez également que les régions du Chili sont notées de I à XV. En partant de Santiago (région Metropolitana), les régions du nord sont numérotées de I à V. Au sud de Santiago, elles sont numérotées de VI (région del Libertador O'Higgins) à XII (région de Magallanes et Antarctique). De manière générale, on compte cinq régions en Patagonie chilienne :

Bío-Bío (VIII), Araucanie (IX), région des Lacs (X), Aysén (XI) et région de Magallanes (XII).

Patagonie argentine. Dans le sud de la province de Buenos Aires, juste au nord du Rio Colorado, un panneau signalétique sur le côté de la Ruta 3 indique sans équivoque que "la Patagonie commence ici". D'une manière générale, la Patagonie argentine comprend les provinces continentales au sud du Rio Colorado (Río Negro, Neuquén, Chubut et Santa Cruz) ainsi que sa partie de l'archipel de la Terre de Feu. Mais selon le géographe Carlos Reboratti de l'Université de Buenos Aires, la Patagonie comprendrait même la province de la Pampa et un secteur de la province du sud de Buenos Aires (en raison de leurs similitudes avec la steppe côtière argentine). De plus, d'après certains scientifiques, il y aurait également plusieurs raisons géologiques d'inclure les îles Malouines, dont la possession par le Royaume-Uni (sous le nom d'îles Falkland) est contestée depuis longtemps par l'Argentine.

Pour bon nombre de touristes étrangers, la porte de la Patagonie commencerait à Bariloche et la région des Lacs, pour la simple et bonne raison que dans l'imaginaire collectif, la région correspond bien aux films que se font les touristes dans leurs têtes : paysages majestueux, lacs, montagnes ou encore forêts. Pour autant, vous l'aurez compris, la Patagonie ne peut se définir que par son aspect environnemental et d'autres facteurs politiques et géographiques doivent aussi être pris en compte.

Climat
Glacier Perito Moreno.
Glacier Perito Moreno.

La configuration géographique du pays justifie bien sûr des disparités au niveau du climat : la cordillère jouit d'un climat humide, l'intérieur des terres d'un climat sec, et la côte Atlantique d'un climat sec atténué par la proximité de l'océan.

Quelques microclimats garantissent des séjours plutôt agréables (ou moins rudes) dans certaines régions. Les légumes, les fleurs s'en donnent à coeur joie, ainsi que les sens visuels et gustatifs. C'est le cas autour d'El Bolsón ou de Los Antiguos en Argentine  ; ou de Chile Chico et de la Laguna Azul dans le parc Torres del Paine, au Chili. Dans ces zones, l'été est en général particulièrement chaud (les températures peuvent atteindre 25 à 30 °C).

Une particularité qu'il convient de relever : le vent souffle beaucoup plus fort en été qu'en hiver ; ainsi, si les rayons du soleil sont moins chauds en avril, par exemple, dans le parc national Torres del Paine, le vent y souffle aussi beaucoup moins fort : de fait, on peut avoir l'impression qu'il fait meilleur, que le temps est plus stable, et les nuages se reflètent paisiblement dans les eaux tranquilles des lacs.

Enfin, joie des voyages aux confins du monde pendant l'été austral : alors que le soleil s'échoue en Europe autour de 17h en janvier, la nuit ne tombe pas avant 23h à Ushuaia, et le soleil reprend ses droits vers 4h du matin. Les nuits sont courtes, c'est bien agréable lorsqu'on aime randonner ; les bons marcheurs pourront se rendre compte qu'il est possible " d'avaler " d'énormes distances en partant à 7h et en s'arrêtant vers 20h !

De fait, on prend vite l'habitude des Chiliens et des Argentins de manger à 22h le soir  : ce qui pose parfois problème d'ailleurs, puisqu'on se couche souvent tard sans en avoir l'impression, et que le temps est (trop) souvent compté  !

En hiver (de fin mai à fin août), tout se complique et la Patagonie devient beaucoup moins accessible surtout en ce qui concerne le Chili. La région des lacs est recouverte de neige, les pluies sont fréquentes et abondantes, ce qui ne permet pas toujours d'être prévisibles dans votre programme. La plupart des sentiers de randonnée sont d'ailleurs fermés durant cette époque, le parc national Torres del Paine et Los Glaciares sont recouverts de neige. En moyenne, les températures chutent de 10 degrés par rapport à l'été. Cela peut paraître supportable mais les pluies et le vent sont glacials, la plupart des infrastructures ne fonctionnent plus et la plupart des établissement ferment : il y a clairement de quoi se décourager ! Toutefois certains touristes s'aventurent du côté des stations de ski, dernière option pour ceux qui recherchent encore le frisson.

Environnement / Écologie

La région souffre d'une véritable détérioration de son écosystème. Les ressources naturelles s'épuisent. L'utilisation abusive des terres pour l'élevage provoque une désertification inéluctable. En outre, le manque de moyens humains (personnel technique, agronomes) et techniques ne permet pas d'espérer de notables changements dans les années à venir. La végétation native est malmenée depuis des décennies, et les essences importées, indésirables souvent, ont conquis l'ensemble du territoire. Aucune politique, ni provinciale, ni nationale, ni privée, n'a vraiment essayé de rompre avec cette triste évolution.

Durant la décennie 2000, l'Argentine est passée d'exportatrice à importatrice d'hydrocarbures. La dernière problématique environnementale en Patagonie argentine concerne l'extraction de gaz de schiste. Le fracking y est, contrairement à la France, autorisé. Les 30 000 km2 du gisement de Vaca Muerta, dans la province de Neuquén, est une aubaine pour le gouvernement et attise la colère des défenseurs de l'environnement (dont les indiens Mapuche) et la convoitise des grandes compagnies pétrolières, comme Chevron, YPF ou Total, qui sont déjà sur le coup.

Aujourd'hui, au Chili, existent plusieurs projets qui ne font pas l'unanimité : la construction de la route entre Hornopirén et Chaitén (critiquée par Douglas Tompkins, qui a aménagé un superbe parc naturel dans cette zone - il l'a cédé à la fondation Pumalin peu avant sa mort en 2015) et surtout de cinq centrales hydroélectriques dans la région d'Aysén, deux sur le río Baker et trois sur le río Pascua. Ce projet énergétique, le plus grand jamais envisagé au Chili (3,2 milliards de US$), vanté par certains comme une nécessité absolue pour le pays, est décrié par les écologistes, les amoureux de la nature... et plus largement par une grande partie de la population : des sondages en avril 2011 indiquaient que 61 % des Chiliens désapprouvaient la construction de ces centrales, malgré l'intense campagne publicitaire menée par ENDESA et Colbún SA, les deux compagnies d'électricité actionnaires de ce projet. Pour connaître l'avis des détracteurs, on peut consulter le site de Patagonia Sin Represas (www.patagoniasinrepresas.com). Le 9 mai 2011, ce projet, appelé HydroAysen, a été définitivement approuvé par une commission à Coyhaique. Près de sept ans plus tard, en décembre 2017, le conseil d'administration de Centrales Hidroeléctricas de Aysén a officiellement mis un terme aux activités de la société et a mis fin au projet. Au-delà des raisons politiques, le directeur général de l'entreprise a déclaré que le projet n'était finalement pas faisable en termes économiques.

Au cours de l'année 2000, Kris Tompkins (veuve de l'homme d'affaires Douglas Tompkins) fonde l'ONG Conservación Patagonia dont le principal objectif est de créer de nouveaux parcs nationaux en Patagonie. Fervent protecteur de l'environnement, le couple Tompkins avait à coeur la protection et la restauration des espaces naturels, la conservation de la biodiversité et la défense des communautés indigènes. Parmi les grands projets de la fondation, on notera notamment le parc national Patagonia et le parc national de Monte León.

Parcs nationaux
Au Chili

Les aires protégées du Chili sont administrées par la Conaf (www.conaf.cl).

Actuellement, le pays possède 35 parcs nationaux, 49 réserves nationales et 16 monuments naturels. L'ensemble s'étend sur une superficie d'environ 14,5 millions d'hectares, ce qui constitue 20 % du territoire national. La très grande majorité de ces sites d'intérêt écologique, biologique et touristique est décrite dans la partie " Visite " de ce guide. Voici le détail en Patagonie chilienne :

Les parcs nationaux : Tolhuaca, Conguillío, Villarrica, Huerquehue, Puyehue, Vicente Pérez Rosales, Alerce Andino, Hornopirén, Chiloé, Queulat, Laguna San Rafael, Torres del Paine, Pali Aike, Alberto de Agostini, Cabo de Hornos. Les parcs Pumalín, Melimoyu et Patagonia, donnés à l'Etat chilien par la veuve de l'homme d'affaires américain Douglas Tompkins décédé en 2015, vont rejoindre la liste des parcs nationaux du pays.

Les réserves nationales : Malalcahuello et Nalcas, Micho Choshuenco, Coyhaique, Lago Cochrane, Cerro Castillo, Lago Jeinimeni, Shöen, Río Simpson, Tamango, Mañihuales, Magallanes, Laguna Parrillar.

Les monuments naturels : Alerce Costero, Islotes de Puñihuil, Lahuén Ñadi, Dos Lagunas, Cueva del Milodón, Los Pingüinos.

En Argentine

La création du premier parc national en Argentine remonte à 1934 : il s'agit du Nahuel Huapí, là même où Francisco Moreno (1852-1919) avait généreusement cédé des terres au gouvernement de la République, en 1903. Seuls deux autres pays avaient déjà institué des parcs nationaux sur le continent américain  : les Etats-Unis (Yellowstone en 1872) et le Canada (Banff en 1885).

Aujourd'hui, en Patagonie argentine, les parcs nationaux et les monuments naturels sont les suivants  :

Les parcs nationaux : Lago Puelo, Laguna Blanca, Lanín, Los Alerces, Los Arrayanes, Los Glaciares, Nahuel Huapí, Francisco P. Moreno, Tierra del Fuego.

Les monuments naturels : Ballena Franca Austral, Bosques Petrificados, Huemul del Sur.

Les grands incontournables

Même si en Patagonie la nature est reine et saura vous surprendre à chacune de vos nouvelles découvertes, certains parcs nationaux sont de véritables must à ne pas manquer lors de votre séjour. Voici notre sélection des plus beaux parcs nationaux de Patagonie :

Parc national Torres del Paine : c'est l'un des sites les plus célèbres de la Patagonie chilienne. Créé en 1959, il a été déclaré Réserve de la Biosphère par l'UNESCO en 1978. D'une superficie de 242 242 hectares et d'une altitude qui va de 200 à 3 050 m (le Macizo del Paine), le parc est accessible par trois entrées : Porteria Sarmiento, Laguna Amarga et Rio Serrano. Vous pourrez le découvrir depuis Puerto Natales en bus, en louant une voiture ou en vous lançant sur le fameux trek "W", mais attention prévoyez de bien réserver à l'avance.

Parc national Los Glaciares : situé dans la province de Santa Cruz en Argentine, ce parc compte parmi les plus impressionnants de la Patagonie : montagnes, forêts et glaciers composent principalement cet immense parc de plus de 720 000 hectares. On le découvre au nord à El Chalten avec son célèbre mont Fitz Roy et à El Calafate où se trouve le Perito Moreno, l'un des derniers glaciers au monde qui avance encore.

Parc national Nahuel Huapi : entouré de profondes vallées et de canyons, le parc national Nahuel Huapi est surtout célèbre pour ses lacs et ses rivières, ce qui en fait une étape obligatoire pour découvrir la route des 7 lacs.

Parc national Cabo de Hornos : parc terrestre et marin situé en Terre de Feu. Célèbre pour son fameux cap Horn, ses eaux agitées et ses icebergs à la dérive, Cabo de Hornos est le parc national le plus austral de la planète.

Parc national Tierra del Fuego : à 11 km d'Ushuaia, c'est ici que les Andes disparaissent dans la mer, entourées de montagnes, de lacs et de forêts verdoyantes. Plusieurs sentiers mènent à des panoramas magnifiques à découvrir à pied, en voiture, en vélo ou encore en kayak.

Faune et flore

Sur la côte Atlantique. Les grands mammifères marins sont bien représentés sur la côte Atlantique de l'Argentine, vers la péninsule Valdés : baleines, otaries, phoques, dauphins, orques... Des milliers de conures de Patagonie (sortes de perruches) nidifient dans les falaises de Punta Bermeja. Les plages retentissent des cris et des chants des mouettes, goélands, chionis, brassemers, skuas, pétrels, sternes... Un spectacle superbe, à ne pas manquer. Plus au sud, à Punta Loma, on peut admirer des colonies de sternes impressionnantes ; à Punta Tombo, des milliers et des milliers de manchots de Magellan ; au Cabo dos Bahías, des brassemers à tête blanche, des limicoles...

Aujourd'hui, certaines espèces sont protégées par une législation un peu plus responsable : des réserves abritent maintenant des espèces autrefois menacées d'extinction, dorénavant en passe de se reproduire dans de bonnes conditions. Ainsi, les scientifiques peuvent étudier la population des baleines franches australes, en identifiant les individus grâce à la forme des callosités blanches présentes sur leur peau. On sait, de fait, que près de 600 représentants visitent régulièrement les eaux des golfes San José et Nuevo ; mais on sait aussi, d'un autre côté, que la chasse intensive qui a culminé au XIXe et au début du XXe siècle a fait chuter la population mondiale de 100 000 à 3 000 individus.

La steppe. L'ensemble des mesetas qui s'étagent des falaises océanes à l'imposante cordillère des Andes est caractérisé par un climat sec, soumis à des rafales de vent. La végétation y est misérable (pluviométrie inférieure à 200 mm par an). Par contre, certains animaux en ont fait leur lieu de prédilection : le guanaco (un camélidé parent du lama), le ñandú (une espèce d'autruche), le renard gris, la moufette, la mara (appelé un peu à tort lièvre de Patagonie). Les curieux assisteront au plaisant spectacle des tatous nains lorsqu'ils creusent leur terrier dans le sable mais aussi des tinamous en train de racler le sol, des phrygiles, des moqueurs de Patagonie... Ou encore des caracaras chimango, des caracaras huppés, des urubus à tête rouge, des busards de Buffon, des busards bariolés. Dans les lagunes de l'intérieur, réserves d'une abondante avifaune, le cygne à cou noir sympathise avec des grèbes et des canards, des hérons et des aigrettes.

La cordillère. Quand tout à coup le relief s'élève, la végétation change ; les forêts de Nothofagus (hêtres de Patagonie) sont les seules ou presque à pouvoir supporter les conditions climatiques exécrables de cette région. Certains oiseaux sont endémiques, comme le pic de Magellan, la buse de Patagonie, le pepoaza oeil-de-feu ou la conure magellanique. Le condor des Andes, dont le vol majestueux émeut n'importe quel spectateur, laisse planer les mythologies d'autrefois dans des paysages de roche, de glace et de pierre. On trouve également des lamas, des guanacos, des vigognes, des alpagas, des castors, des cerfs et des sangliers. Vous aurez peut-être le privilège d'apercevoir un huemul, ou cerf du sud andin, espèce en danger d'extinction (on peut en croiser du côté d'El Chalten)

Les périodes glaciaires ont dessiné une étrange géographie, folle et torturée, et, comme les vents du Pacifique viennent buter contre la cordillère, les précipitations sont abondantes sur le versant ouest, tout comme sur les sommets ; ainsi, un grand nombre de lacs et lagunes se sont formés, donnant naissance aux rivières patagonnes d'importance, comme le Negro, le Chubut ou le Santa Cruz. On y trouve pas mal de poissons comme la truite arc-en-ciel et le saumon qui sont extrêmement nombreux aux mois de janvier et février.

La Terre de Feu. On peut se demander comment les animaux ont pu traverser le détroit de Magellan pour gagner cette île ; peut-être comme les Onas, lors d'une période glaciaire, et quand l'on peut supposer que l'île était reliée au continent par un mince cordon de glace. Certains animaux, toutefois, n'ont pas fait le déplacement, comme la mara ou le puma ; d'autres ont été introduits, comme le lapin, le renard gris (zorro), le vison, le rat musqué ou le castor ; d'autres sont natifs ou sont venus du continent : le guanaco, le renard rouge, les loutres, certaines espèces de rats. Aujourd'hui, un problème est posé par le grand nombre de castors qui construisent des barrages pour planter leur hutte sur la paisible étendue d'eau ainsi obtenue, inondant la forêt alentour et détruisant ainsi de précieuses essences natives.

Lions de mer (otaries) et dauphins composent l'essentiel de la faune marine, que l'on retrouve plutôt le long des canaux du Sud fuégien. Un très grand nombre de truites a été introduit par l'homme dans les rivières. Morue, lieu, mulet, poissons de roche, calamar ou la centolla (araignée de mer ou crabe géant) s'en donnent à coeur joie vers le large.

En Terre de Feu, 197 espèces d'oiseaux sont représentées. Les spécimens les plus impressionnants sont bien sûr l'albatros hurleur et le condor des Andes. Mais l'on trouve aussi flamants roses, perruches, hiboux, aigles, faucons, éperviers, colibris, moineaux, ibis (son arrivée annonce le printemps), martins-pêcheurs... Près de la mer, huîtriers, canards vapeur (ainsi appelés, peut-être, parce qu'ils sont trop lourds pour s'envoler et qu'ils battent des ailes à la surface de l'eau, évoquant ainsi les roues des bateaux à vapeur), cormorans, sternes, skuas, chionis, manchots de Magellan, gorfou sauteur et albatros à sourcils noirs.

Quelques animaux patagons

Eléphant de mer (Mirounga leonina). Ce pinnipède aime les eaux froides. Il plonge entre 500 m et 1 500 m de profondeur pour chercher sa nourriture, composée de crustacés, poissons ou calamars ; ses plongées durent quand même jusqu'à 25 minutes ! Le printemps austral est une époque importante : il quitte alors la mer et gagne les plages de sable et de galets pour se reproduire. Ce machiste parfait dispose d'un harem conséquent, parfois jusqu'à plusieurs dizaines de femelles.

Lors de son séjour sur terre, sa mission sera de défendre ses compagnes contre les assauts des autres mâles ; au cours de ces affrontements, il gonfle son appendice nasal, d'où son nom " d'éléphant de mer  ". Il est étonnant de constater à quel point cet animal, gauche sur la terre, se déplace avec aisance une fois dans l'eau, malgré ses quelque 5 tonnes (pour les mâles) ! Pendant l'été austral, il repart au large, puis revient sur terre au mois de mars, pour la période de mue, avant de naviguer une nouvelle fois vers le Sud antarctique.

Manchot de Magellan (Spheniscus magellanicus). Lui non plus n'est pas des plus habiles sur terre, mais, sous l'eau, c'est un virtuose ! Il peut atteindre 25 km/h en pleine course. La période de nidification se situe vers la fin du mois d'août. Les couples se forment en septembre, et les oeufs sont pondus un mois plus tard... puis il reste encore quelque 40 jours d'incubation ; ainsi, vers fin janvier, les petits manchots (qui le sont vraiment, pour le coup, c'est-à-dire très gauches !), pesant environ 1 kg, entament leur dure vie de nomade. Ils sont la proie de multiples animaux, comme les renards ou les goélands. Seulement 10 % des petits manchots parviendront au bout de leur première année. Février et mars correspondent à la période des mues. Les manchots perdent alors leurs plumes et ne peuvent se lancer dans la mer, ce qui leur pose un gros problème d'alimentation ; de fait, en avril, quand ils se parent d'un nouveau plumage, ils sont bien maigres. C'est alors l'heure des grandes migrations vers la haute mer et l'hibernation. Parmi les sites d'observation privilégiés, citons du côté chilien la Pingüinera Seno Otway, près de Punta Arenas, et en Argentine l'Isla Yécapasela, dans les environs d'Ushuaia, et la réserve de Punta Tumbo, au sud de Trelew.

Guanaco (Lama guanicoe). C'est un camélidé comme le lama, l'alpaca ou la vigogne. Il mange peu, et la diète des graminées australes (ainsi que de l'altiplano andin, tout au nord) lui convient ; animal grégaire, diurne, il mesure environ 1,60 m de hauteur, pèse environ 120 kg et se meut en groupes de 5 à 20 individus. Comme pour les vigognes, il s'agit soit d'un mâle et de son harem, soit d'un groupe de jeunes mâles (appelés chulengos) qui, un jour, se mesureront aux " chefs de tribus " pour les en déloger, dans l'idée de former leur propre harem. Les naissances ont lieu en hiver, la femelle ne mettant bas qu'un seul petit. La gestation dure onze mois. Quand le printemps arrive, après avoir tété environ trois mois, les jeunes peuvent enfin se nourrir par eux-mêmes. On estime à près de 7 millions d'individus la population de guanacos en Patagonie à l'arrivée des colons et des moutons ; aujourd'hui, on n'en compte pas plus de 600 000.

Pudú. C'est le plus petit cervidé du monde, repérable grâce à ses petites pattes et sa forme arrondie. Sa taille est comparable à celui d'un lièvre : 15 kilos pour une hauteur générale de 35 cm. On distingue deux espèces de pudús : le pudú du nord et celui du sud. Le premier vit au nord de la cordillère des Andes et a un pelage brun foncé orangé sur le cou. Le pudú du sud vit dans les forêts denses de Patagonie chilienne et argentine, il peut monter à de fortes altitudes au-delà de 3 000 mètres. Son pelage le protège davantage du froid et est entièrement brun-roux. Cependant, il reste discret et il est très difficile d'en croiser. L'espèce a été classée comme espèce vulnérable par l'UICN, elle a presque disparu d'Argentine suite à une chasse excessive de l'homme et à cause de la déforestation.

Ñandú. De la famille des reidos (tout comme l'émeu), le ñandú (ou nandou d'Amérique) se trouve exclusivement en Amérique du Sud. Il vit dans les plaines et dans des régions plus montagneuses. Tout d'abord appelé "autruche indienne" (suite à la confusion des premiers colons), cet oiseau peut atteindre 1,50 m et est particulièrement doué pour la course même s'il n'est pas parvenu à échapper aux attaques de l'homme... Particulièrement persécute et menacé, il a été tout d'abord chassé par les gauchos qui raffolaient de sa viande, ils ont ensuite été l'objet de nombreuses convoitises pour leurs plumes et leur peau. Elles servaient à fabriquer des portefeuilles, des étuis, des bijoux ou encore du textiles. Les oeufs sont également consommés à la braise par les Argentins.

Mara. Le mara est une espèce de rongeur très semblable à un lièvre, ce qui lui doit d'ailleurs aussi le nom de "lièvre de Patagonie". On le retrouve davantage en Argentine où il vit dans les steppes désertiques. Particulièrement athlétique pour sa taille (ses oreilles et ses pattes sont particulièrement longues), il peut courir et sprinter à 50 km/h avec des pointes à 80 km/h. Monogame, le mara se choisit un compagnon pour le reste de ses jours avec qui il construit un terrier. Ce dernier peut atteindre 10 mètres de profondeur et accueille les différentes portées du couple de maras (de 1 à 3 petits tous les ans).

Deux animaux érigés monuments nationaux

En Argentine, deux espèces ont été érigées en monuments nationaux pour éviter leur extinction.

Monument naturel Ballena Franca Austral. Il ne s'agit pas d'un site, mais d'un animal : la baleine franche australe, protégée depuis 1984 en Argentine. Ce mammifère marin de 12 m ou 13 m de longueur peut peser entre 30 et 40 tonnes à l'âge adulte. Sa tête occupe environ un quart de la totalité du corps.

Le lieu le plus approprié où l'on pourra admirer son jet puissant est bien sûr le golfe San José et le golfe Nuevo, près de Puerto Madryn, sur la côte atlantique patagonne, et ce pendant les mois de juillet à décembre plus ou moins. Dès la fin novembre, les baleines partent en quête de krill (leur aliment principal) dans les océans austraux.

Au Chili, le parc marin Francisco Coloane, au sud de Punta Arenas, héberge une colonie de baleines à bosse  ; l'expédition est très peu touristique encore et de toute beauté.

Monument naturel Huemul del Sur. Là encore, il ne s'agit pas de sauvegarder un site, mais un animal. Ce petit cervidé descend des hauteurs andines vers les vallées en hiver, et y remonte dare-dare en été. Son pelage est de couleur marron, ses yeux sont brillants, ses oreilles sont assez grandes. Chassé impunément pendant le XXe siècle par les hommes ou par les chiens, il est en voie d'extinction à l'échelle de la planète. Aujourd'hui, plusieurs parcs nationaux essaient d'assurer sa survie sur le sol argentin.

Du côté chilien, une " route du Huemul  " a été mise en place près de Cochrane et de la réserve nationale Tamango. L'entrepreneur Douglas Tompkins était lié au projet Conservación Patagónica, qui possède 70 000 hectares dans cette région et qui vise à la création d'un parc national cette année, afin de protéger ce cervidé.

Faune préhistorique

Le Mylodon. Herman Eberhardt, un colon, fonde Puerto Consuelo à quelques kilomètres au nord-ouest de l'actuelle Puerto Natales, en 1893. Cherchant alentour les meilleurs pâturages possibles, il trouve, deux ans plus tard, l'entrée d'une caverne imposante dans les collines alentour. A l'intérieur, ébahi, il met au jour une toison rousse, épaisse, incrustée d'osselets. Personne ne sait ce que c'est. Aussi décide-t-on de ramener cette étrange trouvaille à la ferme... où elle restera à la merci des intempéries pendant plusieurs années.

Le hasard amène un scientifique suédois, Otto Nordenskjöld, dans les parages. Intrigué, il se penche sur la découverte et son esprit s'emballe : cette peau appartenait à un animal préhistorique herbivore, appelé mylodon darwinii (ou paresseux géant, aussi corpulent qu'un boeuf). Cette bestiole insolite aurait disparu de la surface du globe à la fin de l'époque quaternaire.

Cette annonce fait grand bruit dans le milieu scientifique et anime les conversations en Europe. On se prend déjà à croire à une possible chasse aux mylodons, que l'on dit encore vivants dans quelque vallée glaciaire de ces confins du monde ! Le Daily Express organisera même une expédition à sa recherche... mais peine perdue.

Plus sérieusement, des paléontologues explorent la fameuse caverne. On met au jour des évidences de vie humaine, et des ossements bel et bien réels de l'hippidum, l'ancêtre du cheval ; d'autres preuves attachées au mylodon sont également dénichées. Mais quelques entrepreneurs sans scrupules se mêlent aussi de l'affaire, et perforent l'antre de la caverne à coup de dynamite... ce qui explique les proportions de la grotte que l'on peut admirer aujourd'hui.

Les hypothèses fusent sur l'existence de cet animal fantastique... et pourtant bien réel. On ne savait pas s'il était contemporain des hommes... Si ceux-ci l'avaient domestiqué... La datation au carbone 14 donna un premier élément de réponse : le mylodon a disparu il y a plusieurs milliers d'années. La fameuse toison a été dépecée suite aux convoitises les plus diverses ; quelques morceaux sont encore exposés au British Museum de Londres, et au Museo Salesiano de Punta Arenas au Chili (en compagnie de quelques excréments, en très bon état de conservation). Bruce Chatwin avoue qu'une partie au moins se trouve... dans le buffet de sa grand-mère ! (il ajoute que cette pièce mystérieuse fut même à l'origine de sa passion singulière pour ce bout du monde, qui le mènera à entreprendre un voyage devenu mythique, grâce à son ouvrage En Patagonie).

On peut aujourd'hui visiter la Cueva del Milodón près de Puerto Natales ; c'est un Monument naturel chilien, et une réplique grandeur nature a été instituée à l'entrée pour émoustiller l'imagination des voyageurs.

En Argentine, on pourra observer le squelette d'un cousin du mylodon, le Megatherium, au Centro Interpretativo Histórica d'El Calafate.

Patagotitan mayorum. Au cours de l'année 2012, un employé d'un ranch avait signalé la présence d'ossements fossilisés sur ses terres. Une fois arrivés sur place, les paléontologues ont fait une étonnante découverte : 150 fossiles ont été déterrés et pas moins de six animaux identifiés. Il y a environ 100 millions d'années, ces jeunes titanosaures furent l'espèce de dinosaures terrestres la plus grande jamais identifiée à ce jour. Son nom : patagotitan mayorum. Après plusieurs d'années d'études, l'équipe de paléontologues chargée de déterrer les fossiles a officialisé ce nom dans une étude scientifique publiée à l'été 2017. Ils ont également conclu que le dinosaure pesait près de 70 tonnes (soit le poids de 10 éléphants), mesurait jusqu'à 37 mètres et atteignaient 8 mètres au garrot. Son appellation est bien sûr un hommage à la région de Patagonie où il a été découvert mais aussi un clin d'oeil à la famille Mayo, propriétaire du ranch, qui a accueilli l'équipe de paléontologues durant les fouilles. Pour l'instant, les raisons pour lesquelles ces dinosaures étaient si grands sont encore mal connues, des travaux et études à venir vont se consacrer à de nouvelles hypothèses sur l'évolution des dinosaures.

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